Comme ça s'écrit…


Dieu, la bascule (et autres trucs)

Posted in Non classé par Laurent Gidon le 24 octobre, 2007
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Revenons sur une notion aussi hasardeuse que pénible à soutenir : l’auteur est-il Dieu ?
Croyez-moi, oui ! Et c’est le pied. Écrivez, faites lire, et vous serez Dieu dans deux mondes.

Dans votre roman, vous faites ce que vous voulez, tant qu’on y croit, vous pouvez même vous inventer des contraintes rien que pour le fun.
Par exemple, cette idée de bascule dans le récit (le point 2 d’un billet précédent sur la trame)… sans rien dire à personne, je me suis amusé à la placer après le chapitre 7. Je veux qu’elle soit au milieu du récit, donc il me faudra 7 autres chapitres ensuite, pas plus, pas moins. Je pousse même le vice jusqu’à compter les caractères pour qu’il y en ait exactement autant avant et après. Comme j’ai déjà un prologue, j’ajouterai un épilogue, question de symétrie. Lequel épilogue sera aussi conté par le héros lui-même, c’est normal. Et mon chapitre bascule ne pourra pas être un chapitre standard. Il viendra s’intercaler, sans numéro, entre le 7 et le 8 pour fournir un axe à la symétrie. Il reprendra bien sûr la narration directe du prologue… je l’appellerai donc « interlogue ». Dieu se marre tout seul.

Et Dieu, vous l’êtes aussi dans l’imaginaire du lecteur cobaye. Vous êtes omniscient et omnipotent car vous maîtrisez ce qu’il sait et ce qui se passera. Si vous êtes un mauvais Dieu, le lecteur ne sait pas ce qu’il doit savoir pour comprendre, ou alors il devine ce que vous lui cachez. Encore que s’il devine, vous pouvez toujours changer la suite (d’où l’intérêt de faire lire en cours d’écriture, MuuuuHaHaHaaa !). C’est manipulatoire en diable, et je certifie que si Dieu existe, c’est un tapoteur de clavier qui glousse en pensant aux réactions de son épouse quand elle lira son texte.

Voilà, écrire c’est drôle, mangez-en !
Mais préparez-vous à être contesté dans votre divinité. Inutile de vous dire qu’après travail, la bascule n’est plus du tout au milieu, la symétrie s’est évaporée dans les limbes, le bouquin a gagné ce que mon ego y a perdu et c’est tant mieux.
Pourquoi, comment ? On y reviendra quand vous aurez rencontré l’éditeur (oui, j’ai un éditeur et j’en suis ravi).

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13 Réponses to 'Dieu, la bascule (et autres trucs)'

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  1. Citrouille said,

    Extraordinaire ! Quelle révélation ! Dieu a une épouse ! :p

  2. Denis said,

    Tout ça me semble être une bonne grosse opération de promo.
    Le livre est-il à la hauteur ? Permission d’en douter… Sinon, pourquoi ne pas compter sur les critiques et le bouche-à-oreille à la sortie ? Manque de confiance de Dieu ?

  3. Don Lorenjy said,

    Sacré Denis, toi ici aussi ?
    De la promotion ? Oui, certainement… C’est une politesse qu’un auteur doit à son éditeur, ni plus ni moins.
    Et puis, certains trouvent peut-être ça un peu intéressant en soi, sans penser à acheter le livre plus tard.
    Quant à la confiance… merci de l’idée, ça fera un billet plus tard.

  4. Franade said,

    Bonjour,

    Si je me permets de vous livrer ce commentaire, c’est parce que vous êtes récemment intervenu(e) sur le site arretsurimages.net créé par Daniel Schneidermann, et que vous en êtes peut-être un(e) abonné(e).

    Loin de livrer une information objective, ce site est lourdement censuré ce qui peut entraîner le genre de situation décrite sur cette page:

    http://www.lepost.fr/article/2007/10/23/1040801_non-a-la-xenophobie-et-a-la-censure-sur-si-net_1_0_1.html

    Ne laissez pas une telle manipulation d’opinions se créer sur le Net. Ne laissez pas l’information sur le Net devenir, à cause de la censure, pire que ce qu’elle est dans les autres médias.

    Merci pour votre attention.

  5. Don Lorenjy said,

    Vous constaterez que je ne censure pas, bien que votre commentaire ne soit ni dans le ton ni dans l’humeur de ce lieu.
    Les quelques lecteurs de ce blog sont des grandes personnes et jugeront par eux-mêmes, n’est-ce pas ?

  6. wiliam said,

    (certes, Don Lo, mais à ta place, j’aurais tranché dans le vif malgré tout…)

    J’attends toujours avec impatience ton prochain chapitre (intitulé « l’éditeur, ce surdieu » ?)

  7. Don Lorenjy said,

    Aaaah, réjouis-toi ami Wiliam : l’éditeur arrive… et c’est une déesse !

  8. Alain said,

    Prologue, interlogue… et ton livre à 8+1+8 chapitres, c’est quoi ? un heptadécalogue ?

  9. Don Lorenjy said,

    ça sonne bien, mais non. L’interlogue ne compte pas. Héxadéca, plutôt.
    Merci Maître Capello, je vois des mouches qui auront du mal à s’asseoir…

  10. Alain said,

    Cela me rappelle l’un des « Contes de la folie ordinaire » de Bukowski (dont l’âme à ce jour est conservée dans un bocal rempli de vin blanc)… son titre était « La politique est l’art d’enc… les mouches »

  11. Don Lorenjy said,

    ;) c’est bien l’idée !


  12. [...] Le « là » en question se situe en plein milieu du chapitre 13. J’avais prévu un élégant duel au sabre, suivi de la mort d’un des personnages principaux. En le relisant, je découvre une ahurissante guignolade, entre Kill Bill et l’Exorciste. Pourtant, j’aimais bien mon duel… et puis il s’y disait des choses importantes. Tant pis, il faut refaire. Et puis alors la fin… même au pas de charge, l’épilogue fait dans les 30 pages ! Hélène m’avait déjà débusqué quelques perles dans le manuscrit, mais là c’est tout le collier qui part en sucette. Yep, on a du taff… Avant de reprendre le clavier pour entrer dans le lourd, je me contente de quelques lignes de synopsis : il se passerait ça, le héros dirait ça, et puis on apprendrait ça, et patati, et badaboum ! Réflexe pro, toujours s’assurer qu’on est dans la plaque avant d’entamer le gras du boulot. Et j’attends les Imaginales pour en parler de vive voix (mais vous le savez déjà). Ensuite, c’est facile : y a qu’à faire comme on a dit. Je déroule le synopsis, au long d’un chapitre 15, puis 16, avant de boucler sur un épilogue qui en est enfin un. Et la bascule dans tout ça ? Plus de bascule ! Au trou la bascule et tant pis pour Dieu. [...]


  13. [...] 14, 2008 L’auteur a beau ne pas se prendre pour une crotte, il n’en est pas moins Dieu (voir un billet déjà lointain). Et comme tout dieu qui se respecte, à l’occasion il va faire un tour dans sa création [...]


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