Un bout de route ensemble
Tout a déjà été dit sur La Route, de Cormac Mac Carthy. Et son contraire. Ce que j’ai lu de mieux vient sans doute du blog de Marco, il y a déjà quelques semaines, sous le titre « Les histoires les plus simples ».
Alors je ne vais pas en rajouter.
En fait si. Parce que ça me trottine, cette affaire de route, un peu comme m’avait fatigué l’affaire bienveillante l’an dernier. Comment un livre dont tout le monde parle, que tout le monde a lu ou doit lire, que tout le monde a disséqué en public sans se priver, comment un tel livre peut-il encore me faire envie ? Je me connais, je vais résister à la mode et m’enorgueillir discrètement de ne pas avoir cédé.
Et pourtant, dès que la couverture blanche au bandeau rouge s’est affiché dans le rayon nouveautés de ma bibliothèque villageoise, je l’ai pris. Pour voir.
Je m’y suis engagé à reculons. On m’avait tout dit, la rudesse, l’âpreté, cette langue qu’on qualifiait de sèche, ces références bibliques qui me passeraient au-dessus du citron (bonne manière de ne pas me le presser).
On avait tellement glosé que l’on avait oublié l’essentiel, ou alors je n’ai pas su le trouver dans la masse : ce bouquin est une expérience personnelle, tellement intime qu’elle est intraduisible en quelques mots. Même les miens, donc je ne vais pas essayer.
Tout ce que je peut dire, c’est ça : La Route est un livre qui oblige à se positionner. Il m’a confronté au bout de ma route, quand il n’y a plus rien. Que me reste-t-il ? Ça me regarde. Ça vous regarde si vous le parcourez.
Il vient un moment où il faut s’arrêter, regarder et se taire ; et là, c’est le moment.

sur 13 mai, 2008 sur 8:31
J’ai un problème avec mon agrégateur de flux, total je n’avais pas vu tes deux derniers articles. Pour la Route je résiste encore mais pour combien de temps ?
sur 13 mai, 2008 sur 8:56
Sinon, quand on a encore des réticences, on peut lire “La Route” en écoutant la chanson de Raphaël “Sur la Route”: sur la rou-teu, la, lala, lala-lala, sur la rou-teu, la, lalal,lala-lala… ça amène de la légèreté.
Ou encore: lire “La Route” en marchant sur la route (perso: la rue Bouvard, aussi déprimante qu’un monde après l’apocalypse); ça donne une lecture un peu cahotante, mais très suggestive.
…. Ok, je sors.
sur 14 mai, 2008 sur 11:57
C’est à l’agrégateur qu’il faut résister, Loïs !
Et Marco, tu en es déjà à relire La Route alors que d’autres n’en sont qu’à relire Proust ? Quel visionnaire tu es toi (même rue Bouvard) !