Aria des Brumes et autres trucs


A l’ombre des morilles en fleurs

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 20 mai, 2008
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J’ai une théorie en ce qui concerne les morilles.

Pour en trouver dans un endroit donné, deux conditions complétives doivent être réunies :

1- il faut qu’il y en ait,

2 - il faut qu’on puisse les voir.

Voilà, ça n’a l’air de rien, mais pour peu que vous ayez déjà cherché quelque chose sans le trouver, vous voyez très bien ce que je veux dire par-là.

Certains appellent ça la théorie du réverbère, celle qui nous pousse à chercher nos clefs uniquement dans le cône de lumière éclairé par un réverbère. Elles peuvent être tombées ailleurs, mais comme on n’y voit rien, pourquoi chercher ailleurs, hein ?

Mais la théorie des morilles me paraît plus riche. En fait, dans l’histoire des morilles, on peut introduire un élément supplémentaire. Que dis-je un élément… soyons fous, introduisons deux éléments supplémentaires : le temps et l’espace.

Ce qui nous amène à la double question suivante : pour trouver des morilles, jusqu’où allons-nous chercher, et jusqu’à quand ?

C’est très intéressant comme question, dès qu’on s’y arrête un instant. Par exemple, si je n’ai rien trouvé à un endroit où je pensais en trouver (parce qu’il y en avait l’an dernier, par exemple), dois-je continuer à chercher plus loin ou chercher mieux là où j’ai déjà cherché ? Si je décide d’aller voir plus loin, il faudra bien que je m’arrête à un moment, et même alors, ai-je intérêt à faire un pas de plus, pour voir ? De même, si au bout d’un certain temps de base (disons une heure) je n’ai rien trouvé : quelles chances ai-je de trouver des morilles en rajoutant cinq minutes de recherche ? Et une minute de plus après les cinq minutes ? Et aussi : est-ce que le temps passé à chercher des morilles sans en trouver est du temps perdu ?

Les esprits chagrins se demanderont sur quel collier je compte enfiler ces tristes perles. Qu’à cela ne tienne, expliquons-nous. Sachant que vous êtes sur un blog d’obédience littéraire, vous verrez tout de suite quel enseignement tirer de la théorie des morilles et de ces questions corollaires, disons… en l’appliquant au travail sur un manuscrit. Jusqu’où chercher à l’améliorer, et combien de temps passer à cette recherche avant d’estimer qu’on ne fera rien de mieux ? Le lecteur fera-t-il la différence ? (non, bien sûr, puisqu’il n’aura pas lu les versions non-corrigées) Est-ce que cela changera quoi que ce soit au monde qui nous entoure ?

Mais vous pouvez aussi vous risquer dans le grand rien et appliquer ses fécondes interrogations à votre vie entière. Nous passerions alors d’une causerie littéraire à un grand fourre-tout existentiel, mais pourquoi pas… Alors, faut-il vivre jusqu’à avoir trouver une morille ? Si je vivais un instant de plus, aurais-je vraiment une chance de trouver une autre morille ? A partir de combien de morilles trouvées peut-on estimer avoir réussi sa vie ? Et surtout : il y a deux conditions complétives à réunir pour trouver le sens de sa vie :

1 - il faut que cette vie ait un sens,

2 - il faut que nous soyons capables de le discerner.

Bonne nuit les petits… Muhahahaha !

5 Réponses vers 'A l’ombre des morilles en fleurs'

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  1. Citrouille a dit,

    sur 20 mai, 2008 sur 7:50

    T’es pénible ! Moi qui espérais dormir d’un sommeil paisible, me voilà avec des questions existentielles que je n’ai pas cherché pour ne pas les trouver et qui m’assaillent alors que je viens rendre une visite amicale a un mien ami auteur.

    Je te déteste… mais j’aime beaucoup le titre de ton post. ;-)

  2. Don Lorenjy a dit,

    sur 20 mai, 2008 sur 7:58

    Moi aussi je t’aime, jeune fille en fleur à l’ombre fraîche…
    (ça tient toujours, notre rencard de dans deux jours ?)

  3. Citrouille a dit,

    sur 20 mai, 2008 sur 8:11

    Si les trains veulent bien me transporter jusqu’à toi, je serai au rendez-vous.

  4. EmmaBovary a dit,

    sur 21 mai, 2008 sur 9:39

    J’étais plutôt douée pour trouver des morilles avant, quand j’étais petite! Maintenant, un peu moins… Tiens, ça me fait penser à un poulet au vin jaune et aux morilles que j’ai mangé en pays jurassien: c’était absolument divin!
    Et sinon, comment va la vie? :)

  5. Marie a dit,

    sur 29 mai, 2008 sur 5:08

    Pour les morilles, je peux bien participer à cette interrogation existentielle en t’apportant deux-trois petites astuces là : http://lapiqure.blogspirit.com/archive/2007/04/12/petites-astuces.html#comments

    Sinon, j’ajoute que ça dépend des conditions météos : trop chaud, trop de bise, pas de pluie : pas bon du tout. Impératif de chausser les bottes les lendemains d’orage. Sinon, ça m’a tout l’air d’être fini pour la saison. Mais en juin, poussent les bolets d’été et les chanterelles communes, et ça, c’est cool aussi.

    Pour le reste, pas de solutions. Je m’interroge aussi.

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