Comme ça s'écrit…


Au salon, avec mes (gros) sabots

Voilà, c’est fait, plié, remballé : le salon de Cluses, c’est fini. Et c’était super.
Alors je voudrais, dans le désordre…
– Féliciter l’organisation pour la qualité du lieu et de l’ambiance, car il n’est pas simple de donner une vraie atmosphère à un salon, même littéraire.
– Remercier les bénévoles qui nous ont maternés avec efficacité et tendresse pendant deux jours.
– Complimenter la librairie Jules et Jim de Cluses, pour d’une part avoir fait venir assez de livres du Navire et de Griffe d’Ence, et d’autre part avoir eu le talent de monter le plus beau stand du salon, un véritable cocon d’amour où les visiteurs comme les auteurs se sentaient bien et pouvaient discuter avec un plaisir gourmand.
– Prier mes collègues auteurs de m’excuser pour avoir si ouvertement fait le camelot afin de vendre le plus possible d’Aria des Brumes et de Ouvre-Toi !
– Soutenir François et Renaud, patrons des éditions du Chemin de Fer, qui malgré la qualité de leurs ouvrages n’ont pas trouvé leur public à Cluses (mais allez voir, vous m’en direz !).
– Rappeler au grand moniteur de ski de Morillond dont je n’ai pas retenu le nom, malgré mes efforts, de me contacter par mail ou ici, puisqu’il a ma carte.

Je crois que j’ai fait le tour.
Alors, comment ça s’est passé ? Bien, très bien, même. J’ai déjeuné deux fois avec Martin Page, qui est très gentiment venu lire la quatrième de couv et les premières lignes de mon Aria. J’ai eu Laurence Tardieu et Arnaud Rykner longuement en face de moi, discuté choix graphique des couvertures avec Elisabeth Brami, regardé longuement dessiner Sandra Poirot-Cherif et Delphine Jacquot, parlé BD et influence du judaïsme avec Marianne Eskenazi. Marc Vassart était en pleine forme, aussi lucide et chafouin que lorsqu’il avait expliqué, lors d’une conférence à Epinal, que l’homme allait probablement survivre à la disparition des abeilles et que ce n’était pas une bonne nouvelle (pour l’homme qui survivra). J’ai eu en main son nouveau roman sorti chez le Diable Vauvert, et c’est une tuerie (rien que la couverture, baba je reste).

Il ne s’agissait pas d’un salon spécialisé dans l’imaginaire, j’ai donc dû argumenter en faveur de la SF en général pour séduire et convaincre. Les visiteurs venus pour le thème « des mots et de l’amour » se trouvaient un peu secoués par mon discours (« Elle est fraîche, ma SF, elle est fraîche ! ») sur Aria des Brumes, mais finalement, ils ont été assez nombreux à se laisser tenter. Merci à eux pour leur ouverture d’esprit. Le clusien, quoiqu’industrieux et volontiers taiseux, est en effet très ouvert d’esprit en matière de littérature.
Bien sûr, il y a eu des moments difficiles. On ne dira jamais assez la solitude de l’écriveur brutalement transformé en marchand de foire, qui mouille la chemise par respect pour son éditeur sous le regard effaré et (un rien) méprisant des autres, ceux qui ont une tête connue et suffisamment d’articles dans la presse pour ne pas avoir à le faire, l’article, alors que les visiteurs se pressent devant leur table. Il m’ont peut-être pris pour une pute racoleuse au rabais, et bruyante en plus. Jusqu’à la libraire, charmante et très professionnelle au demeurant, qui, à défaut de s’intéresser à mes livres, à cru me complimenter en disant que j’étais un bon commercial. Je me serais bien contenté de n’être qu’un auteur à ses yeux. Dans ces cas-là, on met sa fierté dans sa poche, on se rappelle qu’on n’est pas là pour copiner avec les grands mais pour vendre, et on s’intéresse au lecteur potentiel sans quêter l’approbation de ses pairs. L’adoubement de la profession, ce n’est pas pour tout de suite…
Quelques photos, pour voir…

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Monsieur l’adjoint au Maire de Cluses, Aria en mains, avec derrière lui Sandra et Delphine, mes voisines de table.

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Marc Vassart, toujours très Marc et très Vassart.

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Mes voisins d’en face, Laurence Tardieu et Arnaud Rykner.

Une dernière chose en forme d’interrogation mathématique : quelle est la probabilité pour que, en fin de salon, deux éditeurs de Nevers nous entendent dire qu’on rentrait sur Annecy, nous demandent si on peut les ramener, puis arrivent à caser leurs cartons avec quatre personnes dans une CitroOne, acceptent qu’on les dépose à Poisy, petit village ou j’ai grandi et où les attend une amie qui les loge, et que, finalement, je découvre au bout de cette accumulation de hasards improbables que leur amie est la compagne d’un copain d’enfance que je n’ai pas revu depuis trente ans ? Hein, vous me calculez ça ?
Moi je retourne bosser. Vendeur, c’est bien, mais écriveur c’est plus mon truc.

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4 Réponses to 'Au salon, avec mes (gros) sabots'

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  1. Guylou said,

    Ben, et toi, tu t’es pas mis en photo ! T’es même pas un bon commercial alors !
    Je suis fan de Laurence Tardieu, un peu haineuse aussi : elle a écrit juste le livre que je voulais écrire ou que je pouvais ou que j’aurais dû… Bon, c’est pas grave, elle me l’a dédicacé.
    Sinon, je t’ai vu aux infos ce matin. C’était bien toi le premier skieur de La Clusaz, non ?

    Et puis, bravo !

  2. Don Lorenjy said,

    Merci Guylou de noter que je suis aussi mauvais photographe que mauvais commercial et mauvais auteur… Tu reviens quand tu veux, hein ? ;)

    Blague à part, Laurence Tardieu m’a fait l’effet de quelqu’un de lumineux. Mais je n’ai jamais lu ses livres, et je crois que je l’ai vexée un peu en disant que je n’étais pas dans le trip "j’écris sinon je meurs". Mais elle s’en remettra (elle m’a déjà oublié).

  3. Stéphanie said,

    aaaaahhhh un salon du livre juste à côté de chez mes parents!
    avec du beau monde en plus! je vais essayer de le noter pour l’année prochaine

  4. Don Lorenjy said,

    Oui, il est bien ce salon. Après, ça peut dépendre du thème (l’an dernier, c’était l’écriture et la bouffe).
    De toute façon, il y a une vraie ambiance, avec des animations pour tous les âges.


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