Un printemps au poêle !
Nous avons remplacé la cheminée par un poêle. Une bête de pierre qu’il faut apprivoiser. Sa ration de bois se pèse au dixième de kilo, dit la brochure. Nous commençons par l’amadouer avec un peu de palette refendue à la hachette. L’allumage se fait par le haut. Oui, dans cette gueule-là le feu descend. Nous suivons les instructions sans trop y croire. La colonne de pierre baille en attendant l’allumette qui va tordre le papier froissé, tout en haut de la pile. La flamme hésite. Elle cherche l’air quand je referme la porte guillotine de verre. Le tourbillon monte, puis rabat la danse naissante. La cagette ne prend qu’après avoir été bien léchée. Puis le bois dur, qui noircit avant d’expectorer une flammèche.
C’est vrai, ça flambe. Un feu orange occupe tout le foyer et déborde, avalé par le circuit de double combustion. La chaleur traverse le verre immédiatement. Nous nous congratulons : il fallait plus d’une demi-heure à notre vieille cheminée ronflante pour nous faire l’obole d’une vague tiédeur derrière sa vitre cramée de suie.
Il n’y a pas de hasard : bien que nous soyons à la mi-mai, la température extérieure plonge. On a prévu de la neige à mille quatre cents mètres demain. Juste à temps pour tester l’installation. Ce soir, le poêle rayonne. Tout sourit, les enfants, nous, même la maison saoulée de plâtre et de poussière après un mois de travaux. Une sorte de dieu jovial a pris possession du séjour. Une idole taillée à la serpe mais qui cache des appétits de Commandeur. Il se gave de chaleur, toute celle qui ne gicle pas sur nous directement. Il la garde au chaud, dans ses bourrelets d’une roche tirée d’un vieux volcan nordique. Il va nous la rendre toute la nuit, généreux. Moi qui l’avait traité de pierre tombale !
Vivement l’hiver…
Tulikivi, le Dieu chaud venu du froid
le 18 mai, 2011 le 9:09
Gloire au dieu Tulikivi !
le 18 mai, 2011 le 10:05
Le petit bois est son prophète !