Comme ça s'écrit…


Broken land

Posted in Admiration par Laurent Gidon le 6 juin, 2011

Je lis Sur la route dans l’édition du rouleau original. Le traducteur admet avoir apporté le minimum de corrections pour rendre le texte intelligible, notamment en coupant certains mots attachés ou en développant des abréviations récurrentes. Le reste est le fait de l’auteur.
Mais tout de même, chaque fois qu’il me semble croiser une coquille je me demande si c’est une erreur éditoriale, ou si Kerouac l’a vraiment écrit ainsi. Un des préfaciers affirme qu’il n’y a pas de version authentique de Sur la route, mais que l’authenticité se développe dans ce va-et-vient permanent d’une version à l’autre. Il faudrait demander à l’auteur. Qui n’en savait peut-être rien lui-même.

Cela me fait indirectement penser à Djeeb le Chanceur. La seule version disponible a été imprimée à partir d’un fichier erroné. Il y reste toutes les coquilles que j’avais corrigées sur épreuves, et surtout aucune des modifications de texte n’y a été portée. C’est ce qui est en vente, je n’y peux rien. On n’envoie pas les exemplaires au pilon pour si peu, pas en fantasy, genre mineur et consommable.
En revanche, je me souviens précisément de ma gêne à vanter ce livre aux acheteurs potentiels lors de dédicaces. Oui, Djeeb était mon roman plaisir, oui j’étais fier de ce que j’avais écrit, oui j’avais envie de partager ce plaisir et cette fierté, mais non, ce qui était sur la table n’en était pas représentatif : une grosse poignée de sable en gâchait la fluidité. Tombeau de mes illusions (je grandiloque si je veux).

J’ai un moment rêvé que ce Djeeb puisse être réimprimé, lorsque au moment des Fêtes le distributeur disait arriver au bout du stock. Mais les retours massifs de librairies ont plombé cet espoir.
Espoir reporté sur Djeeb l’Encourseur. Nous avions fait du bon travail, malgré les délais imposés pour la relecture d’épreuves (48 heures, pas une de plus, je n’ai jamais compris pourquoi). En ouvrant le premier exemplaire imprimé reçu, je cherchai les corrections demandées pour vérifier qu’elles avait été faites. Ouf, oui. Toutes sauf une, à quelques pages de la fin, et sur le mot « faute » justement. J’en rigole encore.

Je pouvais enfin être fier de mon travail, ou plutôt de son apparence. Mais cela n’a pas suffi. Dans une interview, Philippe Djian dit qu’il faut être à la hauteur des gens qu’on a admirés. Il est marrant, Djian : je veux bien être à la hauteur de Vance, de Clarke ou de Brunner ! Vous y croyez, vous ? Sur mes terres brisées ?
Allons…

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2 Réponses to 'Broken land'

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  1. Oph said,

    Moi, à la sortie d’Aria et persuadée d’avoir vu une progression entre ce roman (déjà très bon) et les Djeeb, je te le dis clairement : oui, j’y crois, à fond les ballons !

    • Don Lorenjy said,

      Progression ? Merci. Et aussi évolution : temps d’aller voir ailleurs…


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