Comme ça s'écrit…


Annecy 2018, forum olympique

Posted in Admiration par Laurent Gidon le 23 juin, 2011
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Hier, en passant chez mon comptable, je découvre… qu’encore une fois je ne vais pas payer d’impôts, faute de revenus suffisants, ce qui m’embête parce que j’aimerais pouvoir mieux contribuer à l’épanouissement financier de la société.

Non, c’est pas ça : coupez, on la refait. C’est vrai, pour les impôts, mais ce n’est pas le sujet.

Donc hier, en sortant de chez mon comptable, je découvre que l’entreprise voisine est une agence de conseil en communication nouvellement installée dans ces locaux et avec laquelle j’avais eu des contacts voici une dizaine d’années. Content de voir que ce professionnel avait survécu aux crises successives qui nous accablent, mon bon Monsieur, je pousse la porte et tombe sur un second professionnel nouvellement engagé par le premier. Bref… la discussion à trois s’engage, sur l’air de «tu vas bien tu fais quoi?»
Je fais quoi ? Entre autres, je travaille pour la candidature olympique d’Annecy 2018

Un ange passe avant de s’enfuir à tire d’aile.
Ricanements.
Puis injonction : « ne parle pas des JO, pas ici, pas avec nous ! »

Croyant retrouver d’anciens collègues, je tombe sur un repaire d’anti.
De ceux qui salopent la région en taguant tout ce qui se rapporte à la candidature.
De ceux qui venaient déposer des étrons humains dans la boîte aux lettres du Club 2018. D’accord, c’est bio comme activisme, mais il faut imaginer tout le parcours du colis, depuis la récupération à l’orifice de production jusqu’à la dépose sur site en passant par les stockages et manipulations successives, pour se faire une idée de l’abnégation de ces militants. Des acharnés avec lesquels j’ai pu débattre lors d’une réunion politique. Hermétiques à toute argumentation, mais prompts à sortir la bombe de peinture ou la crotte postale.
Enfin, ceux que j’ai en face de moi sont plutôt du genre gueulard. Ils laissent la merde aux autres mais n’hésiteront pas à sortir les grands mots. Le patron me le fait savoir avec fougue et vigueur, finissant par claquer la porte de son bureau pour s’y enfermer et bouder, puis en jaillissant pour me virer manu militari de son agence.

Sujet sensible, ces JO annéciens.

J’ai d’ailleurs été moi-même plutôt contre au début, parlant sans vraiment savoir de gabegie et de compromissions en chaîne. J’avais plutôt tort.
Depuis, je me suis vraiment penché sur le dossier. Et sur les gens qui y travaillent. Je les ai rencontrés, interviewés, j’ai lu ce qui était prévu et comparé avec ce qu’on me disait, de pour comme de contre.
J’ai été convaincu par deux éléments parallèles : la modestie du projet, et la sincérité de ses promoteurs.

Ce sont des gens de la montagne, comme moi, qui vivent ici parfois depuis avant ma naissance, et n’ont aucune envie de voir saloper leur cadre de vie et celui de leurs enfants. Ils ont bossé pour répondre au cahier des charges en dépensant une fraction de ce que dépensent les candidatures concurrentes. Ils ont surtout parié sur la fin du gigantisme olympique et un retour aux valeurs d’entente, de respect, de nature. Ils se sont adressés à des organisations indépendantes pour à la fois proposer des solutions environnementales et évaluer l’impact du projet.

Avec des gens comme ça, avec un projet ainsi conçu, avec des retombées environnementales positives qui vont nous faire gagner vingt ans sur la nécessaire évolution des comportements, avec des chefs d’entreprises qui parlent enfin d’assumer leur rôle social et écologique au lieu de se replier sur leurs profits à court terme, avec tout ça oui, je soutiens Annecy 2018.
Je m’y suis donc engagé, professionnellement.
Parce qu’à un moment, il faut prendre ses responsabilités.

Les JO 2018 vont avoir lieu, de toute façon. Autant qu’ils aient lieu chez moi, avec modestie, d’une façon saine et positive, en défendant des valeurs auxquelles j’adhère, plutôt que de s’en débarrasser en laissant la Corée ou l’Allemagne assumer la dépense et flatter les sponsors.

Le 6 juillet prochain, le Comité International Olympique prendra sa décision. S’il se fonde sur la qualité du dossier plus que sur des considérations géopolitiques ou sur le poids financier, Annecy devrait l’emporter.

D’ici là, j’aurais fait ma part et assumé mon soutien.
Notamment au travers d’une série de films courts que j’ai eu le plaisir d’écrire en collaboration avec le Club 2018. Ils seront diffusés sur France Télévision à partir de dimanche.
Du concepteur (moi) aux différents producteurs, chacun a travaillé sans compter et réduit sa facture pour l’occasion. Pas un euro d’argent public n’a été dépensé dans cette campagne.

Maintenant, c’est à vous de voir. Je suis prêt à en parler.

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