Aria des Brumes


Faisons-nous des amis !

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 28 janvier, 2008
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Ceux qui ont lu Aria des Brumes jusqu’au bout (et il y en a) savent que les remerciements de l’auteur commencent par «Comme tout le monde, je n’arrive pas à grand chose de bon tout seul».

Il faut avouer que comme banalité, ça se pose un peu là… mais aussi que c’est vachement banalement vrai.
Pour rester dans ce qui nous préoccupe, prenons l’exemple du « lancé de bouquin en librairie ». Pour que ça marche, il faut du monde : une vraie équipe. L’auteur, on l’a, c’est moi, n’y revenons pas. L’éditeur, très utile pour faire retravailler l’auteur, c’est Le Navire en Pleine Ville, pas de problème. Et après ?
Un libraire, UN LIBRAIRE ! crient ceux du fond. Ouais, un libraire, d’accord. Donc l’éditeur va prendre sa petite camionnette (sa chaloupe, en l’occurrence), charger les cartons, et partir faire le tour de France des libraires pour livrer, telle la cigogne du printemps, les beaux bébés livres tout chauds. Et la marmotte ? Elle fume le chocolat sans le sortir du papier d’alu ?

Non, mes amis, mes frères, ne croyez pas la pub : elle vous ment. Croyez-Moi, c’est quand même mieux.
Donc, en vérité je vous le dis, entre éditeur et libraire il y a un diffuseur, sorte d’archange chargé d’annoncer la bonne parole et expliquer à un libraire pourquoi un livre qu’il n’a pas lu (l’archange) vaut le coup d’être vendu, je vous en mets une douzaine ma bonne dame ?

Chez nous, le diffuseur fait bien son boulot. Et heureusement, parce que du boulot, il en a.

Sachez que j’ai eu l’outrecuidance (oui, j’outrecuide et je danse, à mes moments perdus) d’envoyer un courriel à notre diffuseur, pour bêtement lui reprocher de n’avoir réussi qu’à placer un seul Aria en première semaine sur toute la région d’Annecy.
Voici ce qu’il me répondit, et c’est bien fait pour moi :

Monsieur
J’ai bien reçu vos remarques. Nous ne nous connaissons pas, mais soyez assuré que nous portons avec ferveur chaque livre que nous avons à vendre. Nous ne sommes qu’une petite équipe( 7 personnes pour la France, la Belgique, la Suisse) qui vend à peu près 70 titres par mois. Bien sûr nous ne pouvons pas aller partout. A Annecy nous avons deux libraires “relais” l’Imaginaire qui a pris 4 ex de votre livre et la Fnac. Les deux librairies spécialisées n’ont pas de compte chez nous.
Dans la proche région vous êtes présent à Grenoble, Chambery, Bourg en Bresse, Vevey, Aix les Bains, Thonon…
Nos efforts rejoignent les vôtres.
Bien à vous

Bon, en dehors du fait que la Librairie Imaginaire n’a commandé ses 4 Aria seulement après que je suis allé la supplier à genoux, avouez que c’est bien tourné et que je n’avais qu’à attendre un peu que les lecteurs se manifestent avant de râler. Mais il en ressort surtout que nous ne sommes pas seuls sur le Navire : le diffuseur bosse, et avec ferveur. Un archange, je vous dis. Merci (je lui dis).

Voilà. Une équipe, une vraie. Et ça marche.
Tiens, il y a quelqu’un qui n’est pas dans l’équipe, mais qui fait aussi du bon boulot. C’est le critique. J’attends d’en avoir plus à vous raconter, mais sachez déjà que la première critique de Aria des Brumes est en ligne sur le site de Khimaira, et bientôt peut-être dans la version papier du magazine qui le vaut bien.
Et là, je suis tout rose de modestie malmenée : cette critique est non seulement bonne, mais montre que Sophie Dabat a tout compris du livre et de ce que j’avais voulu y mettre. Voici entre autres ce qu’elle écrit :

Ce premier roman du jeune auteur Don Lorenjy est un très beau texte dont les nombreux thèmes de réflexion, centrés sur l’humanité, l’évolution, le développement personnel et le regard des autres, font écho à la critique de l’auteur sur une société inhumaine qui traite les hommes comme des machines, envisage le destin d’une planète en termes de rentabilité et détruit pour mieux posséder.

Ça fait plaisir (”jeune auteur”, surtout !).
Si j’osais, je m’en ferais une amie aussi, tiens…

Tirons la couverture

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 7 janvier, 2008
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Puisque nous avons un janvier tropical et que la mousson m’empêche d’aller skier, retour sur les événements passés.
Cet été par exemple, en dehors de quelques coups de soleil, j’ai reçu un mail qui m’a fait un sacré choc. Vous allez me trouver bien émotif, mais quand même…

Qu’est-ce donc qui allait me décoller la pulpe comme ça, en pleine saison des maillots, des roucoulades plagiques et des véliplanches bien secouées dans les vagues ? Rien d’autre que le premier projet de couverture pour Aria (des Brumes… “Aria des Brumes”, c’est le titre). Le beau Navire voulait juste savoir si ça me convenait.

Bon, le choc, ce n’était pas la couverture elle-même (encore que… elle était bien, forte, tout ça, mais pas choquante), c’était le simple fait qu’il existe une couverture. Que des graphistes s’étaient pris le trognon pour lui donner un visage, à mon Aria. Parce que, depuis le temps que je travaillais dessus, ce roman n’avait pas encore dépassé le stade de l’octet au kilo dans mon PC (à la limite, quelques pixels fuyants sur l’écran). Et là, d’un coup, Bam ! une couverture ! ! ! Du visuel, de l’existant.

Si j’étais parfaitement honnête, je tiendrais compte du fait qu’il ne s’agissait encore que d’une pelleté de pixels envoyée par mail. Mais l’honnêteté n’est que le manteau rapiécé de ceux qui ne savent pas mystifier leurs contemporains, et moi j’ai une couverture, et toute neuve en plus.

Là, il faut quand même que j’admette un truc : j’avais une idée pour la couv’. Oh, pas une idée du siècle… juste une idée à moi. Je vous la dis ? Je vous la dis.
On aurait vu une sorte de personnage noir, très mince, à la Giacometti, qui surgirait de la brume. Un peu comme le squelette métallique du Terminator sortant du camion en flamme à la fin du 1. Sans les yeux rouges.
Les graphistes du Navire ont eu une idée vachement autre (et vachement plus Navire). Et franchement, à part une clé dans le dos du personnage, leur idée m’a bien plu. La clé me plaisait aussi (un personnage à la recherche de son libre arbitre et qu’on remonte comme un lapin Duracell, ça me faisait marrer) mais il y avait un côté trop concept pub, distanciation ironique, second degré, marketing éditorial, clin d’oeil en douce au lecteur qui passe… bref, ils ont enlevé la clé.

Voilà, maintenant, la couverture c’est quelque chose comme ça :


Enfin, la dernière version que j’ai eue. Depuis, avant qu’elle parte se faire imprimer la face, elle a pu changer un peu. Il y a peut-être eu des ajustements de couleur (surtout dans la typo du titre) du lissage de détail, mais en gros on tient le bébé. Vous en dites quoi ? (lâchez-vous, tout’façon c’est fait)
Maintenant, que je me sois amusé un peu avec ‘toshop, rien de grave (et puis je vous rappelle que l’auteur est Dieu, et que Dieu a bien le droit de touiller sur ‘toshop pour se tirer la couverture à lui). J’ai sorti ça :

Je sais, les droits sur Giacometti, le respect dû aux œuvres de vrai art, les graphistes pro qui vont me sortir les canons sur le pont du Navire, tout ça… Monsieur l’auteur, ça va pas être possible. Je sais ! Mais quand vous lirez Aria, que vous croiserez un certain Carl qui peine à sortir de la brume, sachez que je me l’imagine un peu comme ça, et merci Alberto.
Allez, à la prochaine.

Edit : tenez, y a pas que moi, même Pierre Assouline met du Giacometti dans son blog.

Futur auteur, choisis-toi un agent !

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 19 décembre, 2007
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Cet article va être court et s’éloigne résolument de toute polémique.

En France à ce qu’il semble, le seul moyen d’avoir un bon agent littéraire n’est pas de le choisir, mais d’être choisi par lui. Directement. Ou alors il faut avoir déjà vendu quelques milliers d’exemplaires, ou être le fils de… (vous pouvez garantir de ramasser le prochain Goncourt, mais parfois ça rate).

D’autres agents font de la retape sur Internet, histoire de vous soutirer 900 euros (neuf cents !) en vous promettant de vous représenter efficacement, de vendre votre manuscrit et de vous rapporter plein de sous. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Il va sans dire qu’ils étaient prêts à tout pour défendre les couleurs brumeuses d’Aria (sauf à renoncer à leur chèque, ni même à en baisser le montant). Mais ce sont des gens d’un commerce très agréable et je recommande à quiconque de les contacter pour passer un bon moment au téléphone. Vous trouverez leurs coordonnées par vous-mêmes. Sachez juste qu’ils ont en toute modestie pris pour raison sociale l’intitulé de leur branche d’activité.
Saluez-les de ma part, ils sont vraiment charmants. Mais gardez vos neuf cents euros (vous pouvez même me rétrocéder une commission de 10% pour vous avoir évité cette dépense inutile).

Voilà, c’est tout.

Ah non : allez lire l’interview de Chéreau chez Yann. Voilà, maintenant c’est tout.

Ah non, allez lire la nouvelle de Marco chez Wrath.

Mais que fait l’Élysée ?

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 17 décembre, 2007
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Ce billet serait polémique s’il était lu par plus de dix personnes. Donc pas de danger, on peut y aller.
En visitant le blog de Pierre Assouline, on apprend des tas de choses, et notamment que notre Président estime qu’il se publie trop de livres. On ne va pas s’égarer à lui réponde (pas à Pierre, à qui je ne la jette pas) que la France est un pays libre où chacun mène sa petite entreprise et méconnaît la crise, mais plutôt se poser la question sous son angle à lui : à quoi cela sert-il de publier Aria des Brumes en janvier prochain (pub pas trop subliminale), alors que quelques quatre cents nouveautés, dont près de cent cinquante premiers romans, vont se battre pour une place au soleil dans le porte-monnaie des lecteurs ?
Bon, je pose la question pour Aria parce que je connais la réponse, mais elle vaut pour tous ceux qui sortent un livre.
La réponse, donc : parce qu’on y croit !

C’est bête, Monsieur le Président, mais nous sommes un peu comme vous lorsque vous avez engagé votre campagne publicitaire en vous rasant. Et pourtant, pour vous, c’était plus dur, il n’y avait qu’une place. Alors qu’un lecteur bien né n’hésitera pas à s’offrir plusieurs bouquins, même en janvier. On a une chance. C’est tout. Les éditeurs pensent que des gens vont acheter et lire leurs livres, parce que les éditeurs pensent que ces livres sont intéressants. Un peu comme les politiques, qui croient que leurs magouilles idées vont sauver la France.
Est-ce parce que vous-même avez eu le droit d’encombrer les écrans avec des spots à votre gloire que vous estimez devoir rendre la pareil aux éditeurs ? (oui, notre Président souhaite que l’on puisse faire la pub des livres à la télé, mais au prix du spot, il n’y aura que GalliGrasSeuil pour se les payer) Ou plus simplement pour permettre à ceux qui se taillent déjà la plus grosse part des revenus du livres de ramasser aussi les miettes du gâteau en étouffant définitivement les petits moineaux qui ont l’impudence de croire, eux aussi, être à même de débusquer de belles voix assourdies par le tintamarre ambiant pour leur donner une petite chance, toute petite, minuscule : la publication, même confidentielle, de leur histoire.
Ouais, c’est facile de faire des phrases longues quand personne n’est là pour me couper la parole.

N’empêche que sur le fond, ils ont peut-être raison, tous ces petits éditeurs qui publient trop de livres : dans un pays libre, chacun à le droit d’y croire et d’espérer toucher les lecteurs, quelques lecteurs, même pas beaucoup de lecteurs, en écrivant quelque chose et en le publiant. C’est la grande différence avec votre bizness à vous, les politiques. Nous, nous n’avons pas besoin que les autres perdent pour gagner un peu.

Alors le Navire en Pleine Ville publie Aria des Brumes en janvier, sans pub à la télé. Et on y croit. Je compte juste sur les dix premiers qui le liront (cent ? OK, cent !) et l’aimeront un peu, pour d’abord aller le dire à leur libraire (on oublie trop souvent de remercier son libraire pour les plaisirs qu’on a eus grâce à lui), et ensuite en parler autour d’eux. Pas sur TF1, hein ? Dans votre quartier, ça suffira…

Et comme cela, je pourrai remercier mon éditeur d’y avoir cru, et mon éditeur me remerciera en me téléphonant de temps en temps, juste pour me dire où en sont les choses, ou pour me demander où j’en suis de la suite… Oui, ça se passe comme ça entre auteur et éditeur. Et quand ce n’est pas tout à fait comme ça, on en parle sur les blogs. Quel joli monde que le nôtre. Et vous voudriez mettre la télé dans l’affaire ? Allons, Monsieur le Président !

Tenez, la prochaine fois que je voudrai courir un lièvre, je vous dirai ce que je pense de la polémique autour de Thierry Magnier (encore que le Navire le dise mieux que moi) et de la loi sur la littérature jeunesse en général. Parce que, quand même : Prout !
(pas Proust, hein ? Prout !)

PseuDonLo en remet une couche

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 15 décembre, 2007
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Il faut que vous sachiez en préambule qu’hier, c’était comme avant hier : soleil et encore plein de poudre vierge à aller signer. Alors j’y suis retourné. D’où la deuxième première trace que voici :

Déjà, c’est plus raide, non ? (y avait bien du 35/40° en haut, tôlé par le vent, d’où la courbe précautionneuse parce qu’en cas d’avalanche, j’étais un peu tout seul, mais bon, je vous dis ça, qui s’en tamponne, hein ?)
Bon… j’y ai passé la journée, à monter, puis à descendre, ce qui fait que je n’ai pas eu le temps d’écrire grand chose. Sauf que j’avais un petit billet d’avance, tapoté un jour où on me cherchait des poux dans le pseudo. Donc voilà. C’est du réchauffé.

Si vous croyez encore qu’Aria des Brumes a été écrit par Don Lorenjy, vous vous grattez l’omoplate de l’index gauche en passant par l’œil droit. Nenni tout plein, cette aventure, que dis-je cette aventure, ce Planet Opera, n’a pas été composé par un certain Don Lorenjy, mais par quelqu’un d’autre qui s’appelait pareil.
Moi.

A part les deux balles que m’a coûté cette blague, expliquons-nous un peu sur le pseudonyme, ça ne coûte rien.
Pourquoi ne pas signer de mon vrai nom (Pierre Poljack, comme chacun sait) ? Aurais-je honte de ce grand œuvre inaugurant la fusion du planétaire Vancien et de l’humanisme Nietschien dans le creuset d’une politique Gandhienne ? Honte, moi ? Allons donc ! Depuis le temps que je vous en parle… je n’avais qu’à me taire.
Ni honte ni peur d’une célébrité galopante dont les premières foulées ont martelé ce blog (ha ha !).

Alors quoi ? Alors rien. Sur le coup, ça m’a semblé être une bonne idée. Un pseudo, c’est un peu comme un manteau qu’on met pour sortir : il cache tout sauf la tête, et on le raccroche au porte-pseudo quand on rentre à la maison. Après, suivant les occasions (voire, les saisons) on aura plusieurs manteaux. Une façon de prévenir le lecteur : quand on lit du Don Lorenjy, c’est plutôt de la SF ou de l’imaginaire sous toutes ses formes (saviez-vous que j’ai écrit une nouvelle de fantasy avec nains et dragons ? vous l’ignoriez ? vous vous en foutez ?). Quand je joue au polar noir et grinçant, je change de veste et porte celle d’un fieffé coquin : Eddi Garr (en mémoire des chaussures qui grincent du méchant Edgar des Aristochats). C’est comme ça. Les gens le savent que je ne sors pas sans pseudo ni San Antonio.

En plus, comme ni Don ni Eddi ne sont dans l’annuaire, ceux qui me cherchent ne me trouvent que sur la toile, et c’est très bien. Je ne vais quand même pas me laisser déranger chez moi par des jets de petites culottes de groupies hurlantes contre mes vitres : devenir une star, oui, en supporter les conséquences que Voici, non ! (ceux qui n’auraient pas compris qu’il se cache une sorte de second degré derrière ce paragraphe n’auront qu’à m’envoyer leur numéro de Carte Bleue)

Et puis, comme dit Patrick Besson, “Tous les écrivains devraient avoir un pseudonyme, ne serait-ce que parce qu’ils ne sont pas la personne qui écrit leurs livres, mais une autre qui les voit faire, étonnée.”
Voilà.

Mais pourquoi Don Lo(renjy) ? Bah… Je cherchais un truc qui soit mon nom sans l’être (Laurent Gidon, comme chacun l’a oublié). Alors j’ai rotaté les syllabes et c’est retombé ainsi.

Certes, on peut me reprocher le côté poseur de ce Don. On ne s’en est pas privé. Que dire, sinon que j’y voyais plutôt la démarche bancale et le phrasé couinant d’un autre Don, ‘ald Duck pour le coup. Mais j’assume : Don Lo, marque déposée aux côtés de Don Corleone et de Don Luis Camara (histoire de taquiner les extrêmes). Lâchez-vous pour critiquer, ça me tiendra chaud l’hiver.
La seule personne dont j’écoute l’opinion en la matière est l’éditeur urbain au long cours qui a parié sur Aria des Brumes. Il m’est arrivé bien sûr de lui demander son avis.
— Dis Hélène… pour le pseudo, Don Lorenjy ça va ?
— Ça va.
Dont acte.
Et vous, ça va ?

Et ça c’est juste pour montrer qu’on peut vivre et écrire loin de Paris sans que ce soit pourri (toph prise hier sur la route de Manigod, pour ceux qui situent).

Il y a des jours…

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 13 décembre, 2007
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Alors ça y est, j’ai fini la relecture sur les épreuves d’Aria des Brumes.

C’est dur à dire, mais malgré des corrections à n’en plus pouvoir sur fichier, j’en ai encore sorti plus de cent pages avec des fautes. Ou des répétitions. Ou des phrases tellement remaniées qu’elles ne veulent plus rien dire. Ou carrément des bouts de mots mal effacés, mal déplacés, mal fichus, qui viennent déparer le bel ordonnancement que tout lecteur est en droit d’attendre d’un roman en langue française.

Autant de pétouilles après des mois de travail, c’est la honte. Mais c’est réparé, mis dans l’enveloppe, expédié au Navire (qui doit croiser quelque part dans le Sud de la France, du côté d’en bas, le facteur trouvera bien). Voila. C’est fait. Je peux passer à autre chose…

Et ça tombe bien, parce qu’aujourd’hui, les nuages se sont enfin fait la malle. Il y avait comme un frémissement du côté des spatules. Très net.  Sur la route, on voyait déjà les choses comme ça :

Ensuite, à la montée, ça donnait quelque chose comme…

Après, il ne restait plus qu’à faire la première trace… que voici :

Bon, d’accord, il a fallu monter à pieds, la poudre était un peu trop lourde pour la faible pente et je me suis collé une ampoule au pied gauche. Mais je dirais que pour une première sortie, c’était globalement positif.

Pourquoi vous raconter tout cela ? Qu’y a-t-il de littéraire ou d’éditorial là-dedans ? Rien ? Presque rien… Disons que c’est juste pour faire envie aux wannabies auteurs avec autre chose que la prochaine publication d’un roman. Et puis parce que Léo Scheer me traite de Maître du Monde, alors j’ai bien le droit d’en profiter un peu. Et puis aussi parce que la vie n’est pas faite que de petits signes tapotés sur un clavier. Et enfin pour faire passer la honte d’avoir eu autant à corriger sur les épreuves.

Une question à tous ceux qui écrivent : c’est juste moi, ou c’est dur pour tout le monde d’éviter les bourdes, pétouilles et âneries en tous genres ?

Un peu de correction, s’il vous plaît !

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 9 décembre, 2007
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Si on fait un bref retour en arrière, on se rappellera comment s’est passé la fin de l’écriture d’Aria des Brumes : le 25 décembre approchant, le Père Noël se faisait de plus en plus insistant pour que je termine le chapitre 14 et l’épilogue, afin d’en garnir sa hotte. Il y avait une certaine urgence à boucler.
Faites confiance à un éditeur qui connaît son métier pour vous apprendre le vôtre. Je reçois mon manuscrit plein d’annotations (j’y reviendrai), et notamment :

« Bon c’est là que je décroche, Don. La scène de baston entre /spoiler/ et /spoiler/ n’est ni psychologiquement bien amenée, ni très efficace, un peu « too much ». Et ton épilogue mérite plus que largement un vrai développement, sur l’équivalent de trois ou quatre chapitres. Tu nous laisses sur notre faim, c’est affreusement frustrant. »

Le « là » en question se situe en plein milieu du chapitre 13. J’avais prévu un élégant duel au sabre, suivi de la mort d’un des personnages principaux. En le relisant, je découvre une ahurissante guignolade, entre Kill Bill et l’Exorciste.
Pourtant, j’aimais bien mon duel… et puis il s’y disait des choses importantes. Tant pis, il faut refaire.
Et puis alors la fin… même au pas de charge, l’épilogue fait dans les 30 pages ! Hélène m’avait déjà débusqué quelques perles dans le manuscrit, mais là c’est tout le collier qui part en sucette.
Yep, on a du taff… Avant de reprendre le clavier pour entrer dans le lourd, je me contente de quelques lignes de synopsis : il se passerait ça, le héros dirait ça, et puis on apprendrait ça, et patati, et badaboum ! Réflexe pro, toujours s’assurer qu’on est dans la plaque avant d’entamer le gras du boulot.
Et j’attends les Imaginales pour en parler de vive voix (mais vous le savez déjà).
Ensuite, c’est facile : y a qu’à faire comme on a dit. Je déroule le synopsis, au long d’un chapitre 15, puis 16, avant de boucler sur un épilogue qui en est enfin un.
Et la bascule dans tout ça ? Plus de bascule ! Au trou la bascule et tant pis pour Dieu.

Enfin si : l’histoire se paye toujours un revirement à 180 degrés, mais ce n’est plus du tout au milieu. De toute façon, ça n’avait d’importance que pour moi, alors…
J’emballe l’affaire, tout étreint de fierté, et renvoie un fichier bien propre, impatient de recevoir les louanges énamourées de mon éditeur à moi.
Et je reçois ça dans ma boîte mail :

« Bon encore quelques bricoles çà et là et surtout, à mon avis, du boulot sur quelques trois ou quatre des dernières pages. Je veux bien croire qu’il y ait des /spoiler/ à sauver dans le tas, mais le tien a tout du miracle, et son retournement est du coup, presque carrément risible. »

Arghhh… ça fait maaaal.
Je me sens tout petit. La vache, auteur c’est dur !
Mais bon, entre temps j’ai signé le contrat.
Un contrat d’édition ? Ouais ! Avec un chèque d’à valoir tout propre.
Ça ressemble à quoi ? Ha haaaaa, en tant que maître du monde, je vous en parlerai une autre fois.

La vraie vie est Imaginales

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 4 décembre, 2007
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Allant à contre courant de tout ce qui se fait dans la blogosphère, je vais aujourd’hui parler de moi (et c’est ici qu’on ajoute « lol », pour bien appuyer le second degré). Enfin, de moi et d’autres, puisque…

En février 2006, une maison d’édition en pleine création lance un appel à textes sur le thème « Ouvre-toi ». J’ai trouvé ça assez open, je me suis donc fendu d’un texte que je pensais rigolo et que j’ai appelé « Suzanne On Line ».
Pouf pouf, premier essai, première publication : Suzanne est retenue pour l’anthologie des éditions Griffe d’Encre (allez-y les jaloux, soyez durs, mais que personne ne sous-entende que j’ai couché, tout s’est passé par courriel). Donc, le pseudo « Don Lorenjy » apparaît pour la première fois sur papier imprimé. Cet événement planétaire n’a rien à voir avec Aria, jusqu’au moment où… les Griffe d’Encre me proposent de les rejoindre aux Imaginales pour dédicacer en compagnie des co-auteurs tous ces précieux volumes que le monde de l’imaginaire réuni à Épinal va s’arracher.

Coïncidence 1 : je viens de recevoir d’Hélène Ramdani, patronne du Navire en Pleine Ville, des propositions de corrections sur le manuscrit d’Aria.
Coïncidence 2 : Hélène sera aux Imaginales en compagnie de Lilian Bathelot, venu défendre « C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc » (mazette, quel titre !), de Pascale son attachée de presse et de Christou bien sûr. Nous prenons un rendez-vous informel, sur le ton de « on arrivera bien à se trouver ».

Dès que j’arrive sur le stand Griffe d’Encre, je suis prévenu que quelqu’un cherche à me voir. Quelqu’un d’impatient et de connu. Mais qu’il faut d’abord que je rattrape mon retard de dédicace. Je m’y mets, c’est la première fois, et j’adore ça. Vraiment : le contact avec les lecteurs, les mots pour faire plaisir, sans forfanterie c’est le pied.

Je remarque bien que parfois, une main preste retourne le carton qui annonce « Don Lorenjy » au passant qui passe. Comme si on avait peur qu’un importun fureteur me dérange en pleine promotion de ma part de cette belle œuvre collective qu’est “Ouvre-toi !”. Mais pris par la fièvre du star système, je néglige. Aux rares moments creux, je cherche Hélène : jamais rencontré, comment la reconnaître ?

Heureusement, une âme secourable finit par me dire : « regarde là-bas, c’est elle… »
Oh oui que c’est elle ! Entourée d’une cour d’amis auteurs et éditeurs hypnotisés, une passionaria brasse, embrasse, éclate de rire, clame et réclame sur tous les tons une passion décoiffante pour ce qu’elle fait : des livres.
Elle est encore loin, je suis coincé derrière ma table de dédicace, mais tant pis. Il faut que ça se passe maintenant !

J’attends qu’elle reprenne son souffle et je me lève de ma petite chaise. J’ai pris la précaution de me floquer un T-Shirt avec un énorme Don Lo dessus (mégalo, moi ?). D’un geste je désigne mon logo, et j’ouvre grand les bras avec un clin d’œil.

Je n’avais jamais vu un visage s’éclairer autant. Vous tous les dragueurs, baratineurs et Don Juan de salon, vous auriez été là que vous m’auriez demandé à genoux mon truc à moi.
La dame plante tout son petit monde et court vers moi. On se tombe dans les bras. On en a les larmes tellement on est content de se voir enfin. Je m’y attendais, mais pourtant ça réchauffe en moi des endroits que les autres rencontres n’atteignent pas. Devant l’assistance médusée, la maîtresse du Navire sort la corne de brume pour me lancer : « Don Lo, ton roman, je le veux. Tu entends : je le veux ! »
Qu’auriez-vous fait à ma place ? Je le lui ai donné.

Ensuite ? On s’est calé sur un canapé pour refaire Aria (un peu) et le reste du monde (beaucoup). Il y a du boulot. Sur Aria aussi. J’y reviendrai.

L’édition, sa vie son oeuvre

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 26 novembre, 2007
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Il est de bon ton dans la blogosphère littéraire de dire pis que pendre des éditeurs.
De même, ça le fait bien dans les milieux de l’imaginaire de casser ceux qui nous refourguent leur fantasydaube (notez le glissement sémantique, on n’est plus dans la haute).

Les éditeurs sont méchants, attaquons-les : vous ne trouverez pas un auteur déçu pour me contredire. N’étant en rien déçu, je vais de ce pas me contredire moi-même.

C’est la saison des prix et des scandales. On lit ici ou que le fond a été atteint cette année. Hum… OK.
Un éditeur qui se démène pour que son poulain ait le prix ou que son concurrent ne l’ait pas, cet éditeur-là fait une bonne moitié de son boulot. C’est un business, les gars ! Il faut vendre, et piquer des ventes aux autres : le temps des lecteurs n’est pas élastique, et leur porte-monnaie non plus. La morale ou l’esthétique n’ont rien à voir là-dedans (demandez à n’importe quel libéroéconomiste). Encore que… l’esthétique… Ben oui, c’est l’autre moitié du boulot de l’éditeur : aider l’auteur à écrire le meilleur bouquin possible. Et ils le font, bien. Sans les avoir tous lus, je me dis que les titres des différentes listes des différents prix sont tous probablement bons, chacun avec ses qualités propres. Alors, savoir que l’un a magouillé au détriment de l’autre n’enlève rien à la qualité des œuvres. Après, le classement…

Et dans l’imaginaire ? Si je dis que tel éditeur vend de la Fantasy à la chaîne juste pour faire du chiffre, je n’invente rien parce qu’il le dit lui-même. Ce qui permet à ce même éditeur de sortir des bouquins plus ambitieux, excellemment traduits et qui m’ont procuré certains de mes plus intenses plaisirs de lecture. Après, que les forums s’en émeuvent…

Tout cela pour dire quoi ? Qu’on ne peut pas reprocher à un éditeur de faire son boulot s’il le fait bien (ce boulot n’étant pas que de répondre par lettre personnalisée à tous ceux qui leur ont envoyé un manuscrit), et qu’on ferait mieux de motiver d’autres acteurs de la chaîne du livre à faire le leur correctement, ou en tout cas avec autant d’efficacité. Libraires, bibliothécaires, organisateurs de salons… le choix est large.

Je ne veux pas Paul et Mickey, mais je me doute qu’ils vont venir me dire ce qu’ils en pensent.

Le rapport avec Aria des Brumes ? Facile : depuis que je suis entré en contact avec le Navire en Pleine Ville, j’ai vu combien un éditeur qui fait bien son boulot se démène pour que des gens comme vous et moi finissent par lire ses livres. Il y a de la passion là-dessous, et pas que du business.
La prochaine fois, je vous dirai pourquoi.
En attendant, vous reprendrez bien un tour de blog ?

Mon édito est un bô batô !

Publié dans Edition par Don Lorenjy sur le 24 novembre, 2007
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Qu’est-ce que je serais prêt à faire pour que mon bouquin soit publié ? Rien.
Entendons-nous bien : rien de plus que l’écrire et le retravailler.
Mais certainement pas faire jouer des relations (que je n’ai pas), assiéger l’éditeur, menacer, supplier, me promener nu sur les Champs Élysées ou changer de coiffure…

Pourquoi ? Parce que j’attends d’un éditeur qu’il choisisse mon livre seulement s’il lui plaît et pas sous la contrainte ou par lassitude. J’attends qu’il fasse preuve d’enthousiasme. J’attends qu’il me pousse à retravailler et me fasse confiance quand je suis sûr. J’attends qu’il joue sa vie et son honneur pour me défendre ensuite. J’attends… et j’aurais pu attendre longtemps.

Sauf que, parmi les multiples envois de manuscrits et de fichiers Word, ça a finit par mordre (rappelez-vous).
Et ça mord fort !

Une jeune personne de presque mon âge me répond, lorsque je lui demande si le fait qu’Aria l’intéresse signifie qu’elle envisage de le publier :
« Écoutez, cher Monsieur, on ne se casse pas les pieds sur un manuscrit uniquement pour l’édification de l’auteur débutant. Alors prenez connaissance de mes remarques et mettez-vous au boulot ! »
Voilà, j’ai trouvé un éditeur qui… un éditeur que… une éditrice, quoi.

Les plus sagaces d’entre vous auront noté un indice qui ne trompe pas au frontispice (j’aime ces mots qui me donnent de l’importance) de l’ancien thème du blogos. Non ? Allez, je vous aide : dans le coin en bas à droite de l’image, il y avait ce bateau, avec des immeubles autour… C’est pas pour faire joli : c’est un logo !
Quitte à faire blémir Naomi Klein, je tiens à dire que je suis très content de présenter ici le logo de mon éditeur, le Navire en Pleine Ville (pas à dire, j’aime ce nom, ça en jette).


Notez bien : Le Navire en Pleine Ville. C’est mon éditeur.

Comment ? Je ne suis pas publié chez Galligrasseuil ? Non.
Et c’est tant mieux.
Parce que Hélène Ramdani du beau Navire joue sa vie et son honneur sur Aria des Brumes comme sur chacune de ses parutions.
Parce qu’elle sait faire claquer le fouet ou couler le miel pour me pouser à retravailler mon bouquin.
Parce que c’est une femme qui serait très gênée de me voir écrire tout le bien que je pense d’elle…
Alors j’arrête, mais le Navire, je vous en reparlerai.

En attendant, allez donc faire un tour chez Sérial Lecteur ou Patricia Parry, qui elle est éditée au Seuil !

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