Vous pouvez répéter la question ?
On pourrait commencer par « Il y a une chose à laquelle un tout petit tout jeune tout nouvel auteur (vous me reconnaissez ?) n’est pas préparé… » Mais en fait, il y a plein de choses auxquelles on n’est pas préparé, dès qu’on se lance dans un domaine inconnu, ou qu’on change de chaussures.
Donc, parmi tous les trucs qui m’ont cueilli sans préparation, s’il y en a un qui m’a bien fait pousser les cheveux dernièrement, c’est de construire un chalet de madriers à toit plat au fond du jardin. Mais c’est assez loin du sujet de ce blog, revenons à nos questions.
Donc ouais, voilà, on y arrive… votre humble serviteur, tout rose avec la fierté, s’est vu proposer des questions par des gens très bien qui avaient la ferme et légitime intention d’obtenir des réponses pas trop tartes.
J’en entends dans le fond qui leur auraient conseillé de s’adresser ailleurs… C’est vrai. Enfin, c’était un peu vrai, au moins au début. Parce que, répondre sereinement à « dans le roman tout est écrit au présent, ce n’était pas un peu casse-gueule ? » ou à « D’où vous vient l’acuité socio-communautaire qui caractérise Aria des Brumes ? » sans bafouiller des « ben… chais pô, ça m’est v’nu comme ça », je trouve que ça mérite un peu d’entraînement. Ou de temps. Ou de réflexion. Ou de talent. Ou de faire appel à un ami tout en sortant un joker à 50%. Bref, sur le coup, ça m’a cueilli sévère.
Mais…
D’abord, le temps de la réflexion, je l’ai pris. Et ce n’était pas du temps perdu, croyez-moi (oui, croyez en moi, le sens de la vie c’est par là). Je ne suis pas un théoricien du truc journalo-médiatique, mais j’ai un peu l’impression maintenant qu’une interview bien menée aide autant l’auteur que le lecteur à en savoir plus sur ce qu’il a prosé. Ça l’oblige à réfléchir, l’auteur, sur des questions qu’il ne se serait peut-être pas posées lui-même. Sur le coup, il se prend au jeu, oublie la promo et s’allonge sur le divan pour sortir des trucs du profond de chez lui en bas.
Par exemple, on lui demande « Le personnage de Shepher fait preuve d’une passion et de blessures morales qui le distinguent des autres personnages. Est-ce le point de vue et le questionnement personnels de l’auteur qui s’expriment et se libèrent à travers lui ? » Pour répondre avec un rien d’honnêteté, il faut creuser. Lâcher le voile, tomber la carapace, écorner le masque, dites-le comme vous voulez, se foutre un rien à poil, quoi. Ou alors on raconte des vernes et c’est tant pis pour tout le monde (bon, peut-être pas le monde entier… disons l’auteur, l’interviewer et les lecteurs).
Alors on saute de question en question comme dans un poker déshabilleur. Les premières, c’est facile, elles reviennent souvent, c’est le parcours imposé nécessaire pour faire connaissance, on voit trois cartes, pas de souci, mise minimale. En général, ces questions tournent autour du thème du livre, de sa genèse, et pour un primo-publiant, sur la rencontre avec l’éditeur. Pas de quoi mettre la liquette en danger, même s’il y a déjà moyen de livrer un peu de croustillant, surtout dans la façon de répondre la même chose à une même question, mais différemment. Je n’ai pas de conseil à donner, mais j’en ai déjà donné dans un illustre billet titré “ça parle de quoi donc”, où j’expliquais combien il est futé de se préparer à répondre aux questions de base. Alors on y va cool, on répond sans stress, l’interview quel bonheur !
Et puis toc ! l’interviewer abat ses cartes maîtresses. Rendez-vous compte, il a peut-être une couleur ! Je veux dire : une tonalité, une idée à lui sur ce qu’il veut savoir, une lecture personnelle du livre qu’il traduit en questions bien précises. Sur Actu-SF, la tonalité est nettement socio-politique. Chez Les Histoires Sans Fin on est plus dans la technique d’écriture et la relation avec le lecteur. Pour Ado-Livre, les questions tournent autour du travail d’auteur et de l’orientation jeunesse.
Pas question de bluffer. Il faut se positionner, chercher les pourquoi et les comment de ce truc, ce livre, là, qui jusqu’ici tenait tout seul sans avoir à se justifier. Alors, quelle est ma vision du monde qui transparaît dans Aria des Brumes ? Quel est le personnage auquel je m’identifie, ou celui qui pourrait me représenter en société quand je ne veux pas sortir sans costume ? Et quel message pensais-je délivrer à la jeunesse avide de repères en écrivant cette petite histoire ? Et pourquoi avoir choisi la SF pour délivrer ce message ? Et pourquoi ai-je évité le thème de la religion ? Et quelles conclusions tirer de cette expérience ?
Que puis-je répondre, moi qui croyais encore il y a peu avoir pondu une petite histoire juste pour faire plaisir à mon épouse ? Alors j’ai réfléchi. Ce sont de bonnes questions et je vous remercie de me les avoir posées.
Maintenant, j’ai vu dans le programme des Imaginales que j’allais participer à des cafés littéraires, avec des pointures comme Pierre Bottero (mon fils dévore ses bouquins) ou Monsieur Werber himself. Et là, pas de temps de réflexion, le saut dans le vide, élastique distendu et trouillomètre à zéro. A ne pas manquer si vous voulez me voir bafouiller « ben… chais pô, ça m’est v’nu comme ça ».
Weather bitch !
La météo est une saleté.
Attention : pas la noble institution française de prévision, mais, et par glissement sémantique, les conditions météorologiques qui prévalent au long de ce printemps pourri. Entendez par là que l’auteur en dédicaces est un peu comme le paysan de naguère. Il y a trois sortes de temps qu’il n’aime pas : le beau temps, le mauvais temps, et le temps en général.
Cette brève et réfutable introduction pour vous dire que, quand on prévoit de rencontrer la foule des lecteurs enthousiastes lors d’une après-midi de dédicaces dans une grande (la plus grande ?) librairie de la ville, on la trouve un peu amère de ne voir arriver qu’une personne par heure sous prétexte qu’il fait enfin beau après une semaine de pluie.
Oui, j’ose l’admettre ici, la foule enthousiaste a préféré courir la montagne ou les terrasses ensoleillées plutôt que venir cueillir sur mon visage le sourire qu’aurait fait naître sa visite. Et s’il avait fait mauvais ? On m’aurait sans doute expliqué que, lassée par la persistance de ce temps de merde, la foule enthousiaste a préféré rester à la maison regarder Derrick. J’aurais compris tout aussi bien…
Oui, cet enfoiré de soleil a détourné les annéciens du grand raout culturel que représentaient quatre auteurs alignés pour lui parler de leurs œuvres et au besoin les lui vendre, sans oublier de les signer en ajoutant quelques mots dont la drôlerie bien sentie et personnalisée les aurait fait se gausser d’émotion sincère lorsque, dans quelque vingt ou trente ans, ils auraient ressorti le volume poussiéreux mais religieusement conservé pour l’édification des générations futures. Weather Bitch !!! (judicieusement traduit “Météo pouff” dans un épisode de Friends, mais ce n’est pas le sujet)
D’autant qu’en matière d’auteurs, nous étions cinq et non quatre, de plus adjoints d’un éditeur qui - sacerdoce - se déplace pour accompagner chacun de ses poulains (en l’occurrence Joëlle Incandela, une pouliche donc) sur leurs lieux de dédicaces. Bref, une brochette de six, à faire peur, le long d’une table jonchée de chefs-d’œuvres, et miraculeusement laissés en paix tout au long de l’après-midi sous le fallacieux prétexte que dehors il faisait bon. Nous avons parlé entre nous, échangé des recettes de cuisine, discuté tricot et patron de gilet au crochet, promis de partir en week-end ensemble et compté sur les doigts d’un manchot le nombre de nos exemplaires vendus. C’était très fun et totalement décomplexé. J’ai bien aimé. Même quand ma mère est venu m’acheter un exemplaire, par pitié.
Un grand moment d’émotion aussi, quand Anilori (rencontrée virtuellement sur le forum Outremonde) s’est timidement approchée pour m’offrir un FanArt d’Aria qu’elle avait dessiné pour moi tout seul. Mon premier FanArt !!! Tellement premier que je ne savais pas ce que c’était… la honte. Je vous explique : c’est une œuvre d’art inspirée d’une autre œuvre (d’art aussi, donc : chouette !). C’était d’un beau ! Presque aussi jouissif que la tête des autres auteurs à mes côtés (désolé les gars, j’ai mon FanArt et pis pas vous, mais ça viendra, persévérez). Merci Anilori, t’es super !
Ceci dit, Monsieur et Madame Decitre, je suis prêt à recommencer l’expérience et faire front à la foule enthousiaste dans votre bien beau magasin quand vous voudrez. Veillez juste que ce soit un jour où la météo ne prévoit ni beau ni mauvais. Vous verrez, on fera un carton !
Voilà, Don Lo et ses petits camarades. Ne les dérangez pas, ils sont au fond du magasin pour la sieste.
Je pose 40… et je retiens quoi ?
Après m’être bien couvert de ridicule à défendre publiquement des positions qui ne regardent que moi, me voici prêt à reprendre la casquette du jeune auteur enthousiaste, tout frétillant à la lecture des critiques sur son livre tout neuf.
Non, attendez, encore un truc… Ceux qui ont regardé le remarquable “68″ de Patrick Rotman ont-il été, comme moi, sensibles à la troublante similitude entre cette année-là et ce que nous vivons en ce moment ? Des JO ternis par la violence avant même leur ouverture, un bourbier de guerre où l’on ne sait plus qui soutenir (ceux qui meurent : je suis toujours du côté de ceux qui meurent, sauf lorsqu’ils prennent les commandes d’un avion de ligne), de l’agitation dans nos belles démocraties, agitation qui voit s’élever pour ou contre elle des voix intellectuelles et discordantes… et pourtant. La similitude s’arrête là.
Où sont en 2008 les rêves de vivre ensemble, de flower power, d’amour libre et de course nu dans les prés verts ? Où sont surtout les Janis Joplin, les Jimi Hendrix, les Jim Morrison… tous les talents qui portaient ces idées avec autant de naturel que le poil long et les cotons indiens, qui posaient les bases musicales et poétiques de toute une génération de contestants, qui mettaient un peu d’éternité dans la révolte ? Où sont-ils, ceux d’aujourd’hui dont le son, les mots, l’énergie, nous feront encore vibrer 40 ans après ?
En 2008, qui prend le relais dans le gueuloir ? 40 ans de posés, et je ne retiens rien de mieux que le son de 68. Est-ce l’argent ou le goût des gens, mais on a les grands artistes qu’on mérite.
Donc, c’est fini tout ça, je ne vous embête plus avec mes rengaines, et revenons à nos moutons : Aria des Brumes.
Il y a un gars, un gars qui n’a peut-être pas la visibilité des Doors, des Who ou des Led Zep, mais dont la voix d’aujourd’hui m’a fait chaud tout partout. Non, il ne chante pas dans le micro (encore que, peut-être…), non il ne se secoue pas sur scène devant des milliers de hippies subjugués (encore que), mais il lit et il écrit.
C’est Thimotée Rey. Vous en avez lu de lui, si vous choisissez bien vos anthos de l’imaginaire et vos fanzines. Il publie à la mitraillette, des nouvelles et des illustrations, voire des recettes de cuisines qui font passer Einstein pour un aimable touilleur.
Ce Tim’O vient de me faire le grand honneur et le confondant plaisir d’écrire une critique sur Aria des Brumes. Il n’est pas question que j’en donne des extraits ici : un tel monument (sa critique) doit être pris dans son ensemble et fouillé jusqu’au plus profond recoin. Alors allez-y, c’est sur Parchemins & Traverses, éditeur et chroniqueur de l’imaginaire. Prenez votre temps, c’est du lourd, de l’analyse érudite, de l’argumentation comme j’en ai rarement lu, une critique rétroactive qui transformerait presque son objet en chef d’œuvre (heureusement que TimO nuance son propos et évite ce travers).
Timothée, tu es peut-être pour moi ce qu’il restera de 2008 (bon, au moins de son début).
Vos avis sur Aria (clap clap clap, troisième)
Commençons par une citation, ça pose toujours. Et une de Claude Ecken encore, ce qui va envoyer ce blog dans les sphères très hautes de l’intelligence et de la sensibilité (merci Claude, c’est à vous que ce début de billet rend hommage). Donc :
“Aujourd’hui, on ne peut bien parler du présent qu’au futur.” Claude Ecken (je vous l’ai déjà dit)
Bon, en dehors du fait qu’Aria des Brumes est écrit au présent, cette formule de M. Ecken m’est immédiatement venue à l’esprit lorsque j’ai lu la critique de Karine, alias Lhisbei, sur le blog du Répertoire de la Science-Fiction. En effet, lorsque Lhisbei écrit :
Aria des Brumes ouvre des perspectives de réflexion, de spéculation sur des futurs possibles, des choix de société.
J’ai l’impression toute frémissante d’avoir scrupuleusement obéi à Claude Ecken. Voilà, sans fard, tel quel, comme je vous le dis. En même temps, je n’ai pas fait exprès. Comme il m’est déjà arrivé de le dire, en bossant sur Aria je ne pensais qu’à l’histoire. Après, que certaines idées sur la vie, l’univers et tout le reste se soient glissées dans le manuscrit, c’est absolument à l’insu de mon plein gré (autre citation cyclique).
Ceci dit, la critique, ou plutôt l’avis de Lhisbei (puisque elle-même se refuse le statut de critique) m’est allé droit au cœur. Je vous laisse lire.
Juste une chose encore : cette critique, je suis allé la chercher. En me baladant sur les blogs, en laissant des messages, en osant.
Oui, on peut oser, amis auteurs (ou futurs auteurs). On peut faire fi de son «quant à soi» et se dire : mon bouquin, là, avec tout ce que j’y ai mis, défauts compris, j’aimerais que cette personne le lise et dise ce qu’elle en pense, bien ou mal. Et tant pis pour l’image, la modestie, ce que pensent ceux qui pensent que vous en faites trop. Quand un éditeur a pris le risque de publier votre livre avec ses sous (ouais Marco et Yann, je sais, il y a débat là-dessus aussi), en faire trop ce n’est pas encore assez. Alors on se colle la timidité dans la poche avec son mouchoir dessus, et on y va. En faisant confiance à la personne pour faire une critique honnête, sans laisser interférer la relation qu’on a commencée à tisser avec elle.
Voilà. Conclusion : merci Karine/Lhisbei.
Mais que je suis donc djeuns !
Sur les conseils avisés de Blandine Longre (ai-je été bien avisé de les suivre ? on verra…), je me suis penché sur le cas Myspace. Autant vous dire tout de suite que je ne me suis pas encore relevé. On a beau faire on a beau dire, quand on a passé l’âge il ne revient pas (Ha Ha).
Traduction : je n’y comprends rien de rien.
À quoi ça sert, ce truc ? Je tape myspace dans google, et je vois une page avec des tas de petites images et un cadre avec « Myspace pour tous » en gros, et « Crée ton propre espace et montre aux autres qui tu es. »
Honnêtement, sans vouloir dire du mal de mon nombril, je ne vois pas l’intérêt. Enfin si : créer de l’espace, je veux bien. Je ne sais pas ce que j’en ferais, mais c’est le seul truc qui me paraisse vraiment luxe de nos jours, la place… Ça et les amis qui passent dans mon espace où il y a toujours de la place, n’est-ce pas ? Alors créons de l’espace, on pourra toujours y ranger des trucs (c’est fou ce que ça prend comme place les skis, les planches à voile, les vélos, les cordes et les crampons…). Sauf que de l’espace, j’en ai déjà, et juste assez si vous m’en croyez mignonne, surtout les jours de serpillière ou de carreaux.
Quant aux amis, on en a jamais troooop (bango !). Mais des vrais, des qui respirent le même air que moi, laissent des traces sur le lino, du chaud dans le canapé et travaillent à voir venir le fond des bouteilles.
Parce que Myspace me propose de créer mon propre réseau d’amis. Propre comme « à moi tout seul » ? Les beaux amis que voilà, propriété privée de moi, réseau fermé, même pas sous creative commons…
Je galèje, on s’en doute. Et je ne suis sans doute pas le premier béotien à poil dur qui enfile des perles sur le concept Myspace. N’empêche que, tout vilain communicant que je sois, je trouve qu’un service qui ne dit pas plus clairement ce qu’il propose n’aura certainement aucun succès…
Ah… c’est trop tard ? Déjà un succès planétaire ? J’ai peut-être juste raté le train…
Bon, passons le cerbère de la page d’accueil pour plonger dans la page « Informations ».
Et là, j’ai beau faire mon djeuns à deux balles net, c’est cata et strophique main dans la main jusqu’au jugement dernier. Car au lieu de m’informer, on me balance une FAQ à faire fuir Freddy Kruger et la cassette de Ring.
Jugez plutôt :
1. Comment supprimer le profil de mon enfant de MySpace ?
2. Comment supprimer le faux profil d’un enseignant/membre de faculté ?
3. Je pense qu’un utilisateur a corrompu mon compte : je ne parviens pas à me connecter et les choses semblent avoir changé !
4. Comment rendre mon profil privé ?
5. MySpace est-il gratuit ?
Avouez que ça fait peur. Comme si on vous vendait une voiture (alors que ça n’existe pas encore, ou en tout cas vous ne savez pas à quoi ça sert) en vous informant sur comment éviter de vous faire arnaquer au péage, comment ne pas vous faire voler votre autoradio, comment changer une roue crevée et comment empêcher que vos gosses se tirent en week-end avec la vôtre (de tire). En terme marketing, c’est pas seulement nul : ça relève du pénal. Franchement, je ne lui prédis pas une carrière mirifique, à ce Myspace…
Ah… trop tard ? Bon.
Allez, je vous la fais courte. Vous me reconnaissez, j’ose tout. Je clique donc sur « Inscription » et tombe sur un formulaire qui m’enjoint de rejoindre Myspace ici !
Après des tas de questions indiscrètes sur mon nom, mon prénom, mon âge et ma région, on me prévient que je dois lire les conditions d’utilisations, où j’apprends que
3. Tarifs. Vous acceptez que MySpace se réserve la possibilité de facturer des redevances pour toute partie des Services MySpace et de modifier ses tarifs (le cas échéant) de temps à autre, à sa discrétion.
Ce qui vaut réponse au point 5 de la FAQ (voir plus haut). Mais vous le savez, vous êtes tous chez Myspace depuis lurette qu’elle est belle, et donc vous vous en secouez le gras, comme moi.
Ensuite, on me demande une photo, puis d’inviter mes amis… Je n’aime pas déranger les gens pour rien, surtout mes amis. Donc ne vous étonnez pas de ne rien recevoir : c’est normal, passez plutôt à la maison, tout le monde sera content de vous voir.
Voilà, c’est fait… je suis sur Myspace maintenant. Ça le fait grave, non ?
Bon, heureusement que Blandine m’a promis de m’aider à peaufiner un profil un peu plus classe, parce que là… comment que je fais pas djeuns, c’en est pitié.
Ceci dit, un truc qui sert juste à rencontrer des gens qui pensent comme vous et font les mêmes trucs que vous, c’est over flippant (djeuns ?). Je préfère les autres, qui font et pensent pas pareil. Ils ne sont pas toujours de tout repos, mais y a de l’aspérité, du grain à moudre, de la discuss jusqu’à point d’heure sur tout et rien qui vont si bien ensemble, marions-les. Sur Myspace (ou Yourspace, on verra) ça va être dur… Encore que…
J’ai vu le profil du Capitaine du Navire. Faut reconnaître, elle n’est pas la dernière pour la déconne, et ça se sent, même de profil. Sauf que je préfère l’avoir en face, na !
Ça verse à pleut !
Je vous avais laissés tout pétris d’allégresse par les commentaires de Blandine Longre sur mon Aria à moi. Une gloire ne tombant jamais seule (entendez-vous le drapé froufroutant de la chute de gloire tout autour de votre auteur chéri), voici que le téléphone sonne et me saisit en pleine rédaction d’un futur billet.
On me siffle et je décroche (n’en déplaise à Cocteau ou Guitry, je ne sais plus).
Moi : Allôôô (classique)
Lui : Bonjour, vous êtes bien Don Lorenjy ? (léger accès belge)
Moi : Heuuu… Ouiiiii… (ça dépasse les 7000 tours entre mes hémisphères : suis-je bien Don Lo, ou seulement le véhicule corporel d’une hypothèse qui pourrait s’appeler ainsi).
Lui : Je suis Benoît Anciaux, du magazine Ado-Livres, en Belgique. (lui au moins est sûr d’être qui il est) Une de nos collaboratrices a lu votre livre…
Moi : Ah… elle a aimé ? (ce doute qui me taraude…)
Lui : Elle a adoré, et elle veut vous interviewer… C’est possible ?
Alors Benoît, sachez que vous pourrez toujours interrompre ma rédaction bloguesque pour m’annoncer de telles nouvelles et me poser de telles questions.
Sachez aussi que j’accepte l’interview avec une joie non dissimulée quoique teintée d’angoisse (pas de bêtises… ne pas dire de bêtises !).
Sachez enfin que plus jamais je ne m’abaisserai à raconter d’histoires belges.
Tenez, juste une dernière : savez-vous comment un français se suicide ? (ici, placer un geste de la main formant un pistolet qui tire vingt bons centimètres au-dessus de votre tête) Comme ça, en plein dans son complexe de supériorité…
Une info encore : c’est le magazine Ado Livres qui a permis aux Virus de L’ombre d’Hicham Charif (chez Le Navire en Pleine Ville, bien sûr) d’être sélectionné pour le prix Farniente 2008. Ah oui, tiens, Hicham a remporté ce prix (qui récompense le livre préféré des lycéens belges) dans la catégorie Une Basket (à quand la paire ?). Bravo Hicham et vive le Navire !
On air !
Ce demain lundi, la très attendue interview du très tempestif Don Lorenjy (l’intempestivité, je suis contre !), auteur du totalement indispensaire Aria des Brumes (joli roman SF bien titré puisqu’il y a Aria dedans, et du brouillard aussi parfois) sera multidifusée (parce que cinq c’est mieux qu’une, comme dis ma main droite) sur l’extrêmement sommitale Radio Semnoz (91.5 sur Annecy, 97.9 si vous êtes plutôt du côté de Rumilly, mais ça porte sur cette fréquence jusqu’à la Balme de Sillingy, parce que la Mandalaz fait un peu écran et masque le Semnoz) aux horaires suivants : 7h20 , 12h15 , 18h15 et 23h25 (ce qui ne fait que 4, mais je dis Pouce !).
Avis donc à ceux qui ont de grandes antennes ou qui sont du coin (ça marche aussi), ils pourront entendre ma douce voix - et celle de l’encore plus douce Virginia - dire du bien d’Aria et déclamer (entre autres âneries) un extrait du prologue. Oui, je lis un extrait, et à la radio en plus ! Ce qui me permet de conclure : lundi, c’est radio lit !
Et bonne semaine à tous, merci de votre attention, à vous les studios…

Radis, Hoooo !
Oh là làààà ! Désolé, je ne vois pas comment je vais retomber sur mes pieds avec un titre pareil. Mais bon, c’est posé et – bien que la moderne technique me permette de le modifier – on va dire que c’est une sorte de geste, comme un peintre qui aurait slashé sa toile et se trouve bien obligé d’exploiter de qu’il en reste.
Donc, radio…
Non, mais vous avez vu ? Voilà que je me compare à un artiste, un vrai (aparté : mon beau-père considère que l’écriture ne compte pas parmi les arts majeurs, alors que la peinture, la musiqure, la sculpture et l’acupuncture, si), comme si ce blog était une œuvre… Pffff !
Donc, la radio(thérapie ?)…
Au début, j’étais tout coincé : qu’est-ce donc que j’allais dire ? Mais vu que Citrouille elle-même, ainsi que ma nature gentiment décontractée, m’avaient encouragé à ne pas m’en faire, je suis arrivé assez à la cool. Honnêtement, j’ai bien fait. Il n’y avait là-bas que des professionnels dont le boulot consiste à me mettre à l’aise pour que je réponde sans aboyer trop fort aux questions qu’on me pose. On allait parler d’Aria des Brumes : les réponses je les connais, j’ai déjà écrit le truc, faut pas stresser. D’autant qu’au début, c’était quasi les mêmes questions que celles qu’on m’a posées sans arrêt quand je tenais ma table de dédicace dans mon hypermarché voisin. Donc tranquille, j’assure la prestation.
Oui, j’ai écrit ce roman pour m’amuser, pour faire plaisir à mon épouse, et pour le plaisir de ceux qui le liront. Non, ce n’était pas difficile, quand on écrit pour quelqu’un ça motive à pousser jusqu’au bout. Oui, les premiers retours sont bons, c’est encourageant et je suis bien content. Non, ce n’est pas un roman trop SF, d’ailleurs il plaît aussi à ceux qui n’aiment pas la SF…
Et puis crac ! « Il y a quand même un style, non ? Une écriture qu’on sent assez travaillée, parfois il faut relire pour bien comprendre. »
Aïe ! Est-ce que j’écris compliqué ? Terreur… Le truc horrible qui fait irrémédiablement fuir l’auditeur alors qu’il se voyait déjà en lecteur.
Réponse (à peu près, de mémoire) : « En fait, ça se passe à deux niveaux. Quand il s’agit de décrire un lieu, un personnage, un développement, c’est vrai que je cherche un ton ou un rythme qui cadre avec ce que j’ai en tête. Un peu comme si j’écrivais avec une caméra, en plans cinématographiques. Mais pour les dialogues et les actions rapides, je privilégie l’efficacité d’une écriture plus simple. Ce sont toujours les personnages et l’histoire qui dictent le style… » Ouf, bien rattrapé ! Lecteur potentiel, reviens à moi.
« Oui, mais quand même, parfois on a l’impression que vous vous amusez, comme un petit garçon qui s’invente une histoire… Il y a des mots, des expressions… »
Merci pour la perche. Cette Virginia a vraiment du talent ! Évidemment que je m’amuse. Sinon, tout le monde s’ennuie. Et si je m’invente un personnage un peu épais, juste pour le plaisir de lui coller des dialogues sans finesse, c’est pour de rire. Et hop ! Relancé sur le plaisir, le Don Lo. Après, il n’y a qu’à dérouler. Trop forts, ces pros de l’info !
Bon, en gros, ça s’est plutôt bien passé. Juste un regret : la directrice d’antenne, depuis la régie, nous donnait le décompte du temps restant et je n’ai pas pu parler du Navire. « Votre temps de parole est écoulé ! »
Alors, je ne vois qu’une solution : j’écris un autre roman pour le Navire, on le publie vite fait, et je retourne à la radio parler de mon éditeur. Facile, non ?
Y a plus qu’à…
Et les radis ? M’embêtez pas avec les radis. Pas de radis… Perdus dans les Brumes.
Sur les ondes…
Je vais passer à la radio. Dit comme ça, on ne voit pas bien l’intérêt, mais c’est pourtant la vérité vraie. Une radio de chez moi me propose une interview pour parler d’Aria des Brumes. Ce qui nous reconnecte avec l’intitulé de ce blog, ouf, tout est d’aplomb.
Mais je vais dire quoi ? Raconter l’histoire ? Faire une lecture en directe ? Parler de moi (horreur !) ? Les plus aguerris d’entre vous sauteront sur l’occasion pour me servir illico que « t’as qu’à laisser faire le journaliste qui va t’interviewer, hé truffe paranoïde ! » Et c’est vrai, les aguerris ont raison. Le journaliste avec lequel je suis en contact est une charmante jeune Virginia. Nous avons correspondu en échangeant des courriels dont la haute tenue augure d’une entrevue tutoyant les sommets. En même temps c’est normal, la station s’appelant Radio Semnoz (et le Semnoz étant la montagne qui domine la rive gauche du lac d’Annecy, ceci pour l’édification du visiteur). Ainsi, à cette longue affirmation de ma part :
Concernant l’interview, je vous l’accorde avec plaisir, tout comme à votre directrice d’antenne. Aria des Brumes est en phase de lancement : la plupart des amis et contacts dont je m’enorgueillis (ça c’est classe comme mot) sont en train de l’acheter ou de le commander. Attendre un peu pour une interview permettra de placer une salutaire piqûre de rappel.
La délicieuse Virginia répondit :
Je pense dès lors que se serait bien pour mon expérience professionnelle de m’occuper de ce cas littéraire que vous êtes; qui plus est maintenant que nous avons établi contact, autant continuer sur la voie qui est tracée.
Enorgueillis, c’est, à n’en point douter, incommensurablement charmant, comme terme !
Les gens qui savent vivre et parler me ravissent.
Donc, je me livre dès mardi entre les mains questionnantes de Virginia. Ceux dont les vacances les pousseront jusqu’à nos rivages pourront suivre sur 91.5 FM. Pour les autres, je tenterai de récupérer un MP3 bloguable. De toute façon, je vous raconterai.
Aria des Brumes à la radio… ce n’est pas encore la télé, mais déjà c’est classe (pas belle expression, c’est clair, et puis la télé c’est Bling Bling alors que la radio c’est… on verra). A mardi donc !
Sinon, bonne nouvelle (surtout pour moi) : avec les dédicaces et les journées au ski, j’étais bloqué depuis près de deux semaines sur le chapitre 7 du truc que je suis en train d’écrire… et je viens de m’apercevoir qu’en fait j’en suis au chapitre 8. C’est petit, comme nouvelle, mais ça fait plaisir. Pas à vous ?
Au paquet, droit dedans !
Un jour je vais crever. Ce n’est pas une bonne nouvelle, surtout pour moi, mais il faut s’y faire. Et ce jour-là, je saurai au moins un truc : il y a deux ou trois choses dont je n’aurai pas à rougir. Mes enfants, par exemple. Très réussis, mes enfants. Mon épouse confirmera. Et puis quelques rencontres. Par exemple et pour aller au plus court, celles que j’ai faites dans un certain hypermarché où d’ordinaire je viens puiser ce que je ne trouve pas dans le magasin bio d’à côté (ils ne font pas encore de PQ bio, en tout cas pas près de chez moi).
Voilà, quitte à froisser les libraires qui intransigent sur les limites qu’un auteur ne doit pas franchir, j’ai répondu à l’invitation d’un hypermarché pour dédicacer Aria des Brumes. Oui, une invitation, et de la part d’un hypermarché en plus. Parce qu’il faut vous dire que certains libraires intransigent sur tout un tas de trucs. Vous venez leur parler d’un livre que vous avez écrit et qui va sortir bientôt, vous l’auteur piteusement local qui comptait à ce titre pouvoir se rendre utile auprès des libraires, finalement assez locaux eux aussi. L’auteur local se voit alors répondre qu’on (le libraire) ne connaît pas son éditeur, ce qui vous classe d’emblée parmi les minables « compte d’auteur », ou qu’on n’a pas le temps vu qu’il y a toutes les caisses de vrais livres de vrais auteurs chez de vrais éditeurs à décharger, ou qu’on n’a pas de clientèle pour de la science-fiction (la science-fiction ça tache, c’est sale dans les rayons), mais vous aurez compris que je ne parle pas là des libraires enthousiastes qui font heureusement la majorité.
Alors que le responsable du rayon livre de l’hypermarché (qui n’a rien d’autre à foutre, c’est bien connu), prend lui le temps de vous recevoir, de regarder votre ouvrage, de se renseigner auprès du distributeur puis de l’éditeur sur la meilleure façon de faire venir à temps une belle caisse d’Aria des Brumes, puis enfin vous installe une jolie table en plein dans le passage et vous reçoit comme un prince ! Regardez la photo… vous voyez l’énorme panneau au-dessus de la table, mais vous ne voyez pas le café qu’on m’apporte, les viennoiseries croustillantes, et toutes les petites attentions qui font que vous êtes content d’être là. Joli tableau, non ?
Nuançons un chouïa…
Il est vrai que la réception par l’organisateur était sarkozyenne (pour ne pas dire royale). En revanche, le public venu faire ses courses… disons qu’en toute légitimité et dans sa grande majorité il n’en avait rien à talquer. Et je le comprends. En face de moi, quatre jolies animatrices se décarcassent pour que le saucisson, la tomme et le vin de Savoie aient l’air aussi aguichants qu’une Loanna d’eau douce. En période de raclette, de tartiflette et de sports d’hiver, la concurrence est rude. Alors, du livre, hein ? Et de la SF en plus… Pfff !
Passons sur les passants qui passent, lèvent le nez sur moi comme un chien lèverait la patte et répondent à mon « Bonjour ! » aussi engageant que souriant par un regard de poisson mort. Ils ont des vies difficiles et ne comptent pas sur moi pour l’améliorer. Passons aussi sur les voisins, les connaissances, ces gens que je croise chaque jour à l’école de nos enfants, et qui détournent la tête dès qu’ils m’ont reconnus par peur d’avoir à sourire. Passons sur le refus le plus con (« je n’achète que des livres à couverture cartonnée, sinon ça ne va pas dans ma bibliothèque ») et arrêtons-nous sur le plus justifié (« Je pas parler la langue » d’un Écossais de passage, qui est quand même resté discuter un bon moment quand il s’est aperçu que moi je parlais sa langue, et a même incité sa fillette à serrer la main d’un « french writer »). Passons donc, pour parler des autres, les vrais bonheurs, les partagés.
Il y a eu ce jeune homme timide qui aime la SF et se trouve tout ému de voir un auteur en vrai, prend le livre avec dévotion, revient deux jours après juste pour me dire qu’il en est au chapitre 4 et que vraiment c’est super. Et cet ancien bibliothécaire qui passe vers 21 heures le vendredi soir dans le grand magasin vide et m’apporte un peu de sa chaleur. Et cet auteur qui n’ose même pas me dire son nom de manière intelligible (mais il dit avoir quand même publié Vitrail chez Acte Sud), caresse la couverture d’une paume révérencieuse, ouvre avec délectation pour commencer sa lecture dans sa bulle de bonheur au milieu des annonces commerciales et des chocs de caddies. Il y a eu Marie, bien sûr, qui préfère Ayerdhal mais tente Don Lo quand même (coucou Marie, et merci). Il y a eu les trois Sylvie d’affilée, la dernière refusant de croire que si, je viens bien de dédicacer Aria à deux autres Sylvie, juste avant. Il y a eu ces dames d’âge mûr qui me prennent en pitié et vienne m’acheter un livre pour leur fils, leur neveu, leur voisin, juste parce que j’ai l’air si seul à ma table. Incroyable, d’ailleurs, le nombre de dames d’âge mûr à qui j’ai vendu mon Aria, alors qu’à priori je les aurais bêtement classées hors cible. Les idées qu’on se fait… Comme ce couple dont la mise un peu négligée aurait rebuté de moins sagaces, et qui passe une demi-heure a discuter avec moi de Jack Vance, de John Irving, de Pierre Bordage et de tous les bonheurs qu’ils glanent au fil des pages. Eux et tous les autres qui m’ont surpris à s’intéresser au pauvre auteur jeté au milieu des Offres Spéciales, ils rattrapent haut la main ces quelques grandes bourgeoises bien mises qui ont eu l’élégance de m’utiliser comme paillasson de leur morgue.
Donc, merci. Merci à tous ceux qui se sont arrêtés, pour un mot ou un quart d’heure, à ceux qui ont tenté l’aventure d’Aria sur ma bonne mine ou sur la foi du résumé, à ceux qui ont refusé l’obstacle au dernier moment et je les comprends – les 17 euros d’Aria comptant parfois pour plus du quart de leur caddie, à ceux qui m’ont prévenu dès le début qu’ils n’achèteraient pas (et s’y sont tenus) mais qui ont bien voulu parler de tout et de rien parce qu’on était là, ensemble, c’est tout (hum). Et merci à l’hypermarché de m’avoir donné cette chance.
Voilà. Si maintenant un libraire me propose aussi de venir dédicacer dans sa boutique, croyez bien que j’accepterais tout pareil. Mais il ne faudra pas me reprocher d’être allé au paquet avant : j’ai aimé ça !