Aria, Djeeb… what else ?


Abdication

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 29 août, 2009

Attention, philo de comptoir. Enfin, philo… Plus une intuition qu’une réflexion, et vous n’aurez pas grand mal à la réfuter, d’autant que je ne connais ni ne maîtrise aucun concept permettant de l’étayer. Donc voici :

Nous vivrions une abdication de notre pouvoir sur nous-mêmes, compensée par une illusion de pouvoir sur les autres.

Peut-être n’est-ce pas nouveau (à la différence de l’homme nouveau), mais cela me paraît s’exacerber.

J’appelle pouvoir sur moi-même ce que je suis à mes yeux, ce que je fais, ce que je m’autorise ou m’interdit, ce dont je rêve, ce que je veux être, ce que j’aime, ce qui me fait plaisir, ce qui me fait peur, ce que je supporte et ce que je ne supporte pas, ce pour quoi je m’engage ou m’enrage, pour une petite part ce que je crois et ce que je sais, pour une grande part ce que je ressens.

J’ai abdiqué ce que je suis à mes yeux en me comparant à des modèles tellement présents que je n’ai plus aucun pouvoir discriminant entre la fable et le souhaitable. Ils sont partout, dans les images et les mots. Je veux être Superman et séduire comme George Clooney, claquer du fric et passer à la télé. Je ne suis rien et ne fait rien de tout ça, ma valeur intérieure en souffre.

J’ai abdiqué le pouvoir d’être utile à mon prochain, de justifier ma vie en relation avec les autres : je peux ne servir à rien tant que je suis payé pour cela.

Le bien c’est la loi, le mal sa transgression : j’abdique toute morale personnelle pour me plier à ce diktat. Rester dans les clous est suffisant. Ne pas être hors la loi tient lieu d’éthique.

Mes rêves, mes envies, mes projets me sont servis par la publicité, certes, mais bien au-delà par l’omniprésence de la vie des autres, plus forts, plus riches, mieux logés, mieux mariés… ou a contrario miséreux, malheureux, dépossédés, détruits, comme repoussoir. J’abdique ma volonté d’être comme la bille du flipper sa trajectoire.

Mes peurs même me sont extérieures. On me promet la sécurité en désignant les coupables à éradiquer, sans discernement au sein des catégories, et surtout sans avoir à me sentir responsable : malbouffe, sans papier, tabac, intégristes, alcool au volant, jeunes à capuche… Une inquiétude ? Je prie et compose le 15.

Ce que je crois est perverti par tout ce que m’assène l’écran sans filtre ni raison (si, si, les boules de lavage produisent des rayons qui cassent la saleté du linge sans perturber l’environnement !), et le peu que je sais se noie dans l’océan de ce que je ne sais pas alimenté par les fleuves de mes erreurs. Je renonce à mémoriser, à creuser, en poursuivant l’illusion de pouvoir tout survoler et de ne rien avoir à retenir, puisque je sais où trouver. J’abdique, dans la plus grande bibliothèque du monde, le pouvoir d’ouvrir un livre car ce serait renoncer au même instant à tous les autres.

J’abdique le pouvoir de m’indigner à bon escient, calibré que je suis par le déluge émotionnel que m’imposeront les médias dès que je tenterai de savoir ce que je ne peux pas aller voir par moi-même. Fermer le robinet, fermer les yeux, n’y changera rien : on m’en parlera, on me sommera de réagir, sans réflexion. Pire, on me rhétorisera que « si je tolère ça, c’est que… », pour bien me rappeler le mode binaire dans lequel nous apprenons à être pour les uns et contre les autres, dans des combats qui sont de toute façon combattus par d’autres, loin d’ici. Jusqu’à ce qu’ils se rapprochent.

Heureusement, cette chaîne d’abdications a sa compensation. Quel pouvoir ai-je gagné en abandonnant tous les autres ?
Celui d’acheter, sans question, sans implication, sans responsabilité (puisque c’est à vendre), si j’ai de l’argent.
Et si je n’en ai pas, celui d’exiger. Exiger la sécurité, la santé, la liberté, le revenu minimum, la retraite et la qualité de l’air, exiger tout ce que me doivent les institutions, sans avoir à y participer, sans m’abaisser, sans avoir à demander à des individus, sans avoir à me justifier.

Acheter et exiger. J’ai ces pouvoirs sur les autres, et ils suffisent à ravaler ma rancœur.

Il y a un nouvel homme nouveau ? (bis)

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 20 août, 2009
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Ce petit texte un peu caustique (ça nous soude) avait été mis en ligne sur le blog de feu Le Navire en Pleine Ville. En chipotant du détail avec Lilithlanoire, je m’en suis souvenu. Et, trouvant qu’il n’avait pas tant de rides que ça, j’ai décidé de vous le resservir. Bien lavé, c’est comme neuf…


Il y a un nouvel homme nouveau ?

À chaque soubresaut de l’humanité, on nous prédit un homme nouveau. Il avance caché, les obtus ne veulent pas le voir. On a pourtant toujours fondé sur lui de grands espoirs. C’est vrai qu’il a un jour inventé le feu, la civilisation, Dieu et ses religions, la renaissance, l’économie de marché, la bombe et même la fin de l’histoire. C’est vrai qu’autour de lui, beaucoup de choses ont changé. Mais lui, l’homme nouveau, n’était-il pas un peu répétitif, avec toujours les mêmes besoins, les mêmes ambitions, et surtout les mêmes travers ?
Eh bien cela va changer pour de vrai.
Même Michel Serre (philosophe bien connu puisque assez médiatique) nous le dit. « Nous vivons un moment de grande rupture dans l’histoire de l’humanité… » Tel quel. Sans que cela soit dû à Monsieur Sarkozy.  Et le même Serre d’ajouter « Mais personne ne le voit venir. »
Alors là, je m’insurge.

L’homme nouveau existe, je l’ai vu venir, puisque j’en suis un.  Je m’explique.
L’homme ancien reposait sur une conception tellement évidente qu’il a fallu un hurluberlu comme Boris Cyrulnick pour nous la rappeler : l’homme sans ses semblables n’est pas un homme. On ne devient homme qu’avec le contact des autres, leur frottement nous façonne individuellement, l’autre en interaction nous est nécessaire rien que pour exister en nous-mêmes .
Bon.
Mais ça, c’était l’homme ancien.
L’homme nouveau n’a pas besoin des hommes, lui. Pas en tant qu’individus. Il a seulement besoin de l’homme en général.
Un peu comme une idée qui rassure. Et surtout comme un réservoir.

Avant, l’homme avait besoin de son voisin, ou au moins de composer avec lui, ne serait-ce que pour pas prendre un coup de fourche en pleine face. Il fallait se serrer les coudes pour bosser, arriver à quelque chose, améliorer un peu la soupe. Alors il fallait se connaître, s’apprivoiser, se supporter.

Aujourd’hui, je n’ai plus besoin d’homme concret. Et beaucoup moins d’efforts à faire pour être supportable. Dès que je suis insatisfait, je change : de marque, de magasin, de collaborateur, voire de patron (si je peux… mais si, bien sûr que je peux, c’est une question de choix).
On m’objectera que ça ne date pas d’hier. Je répondrai que oui, que depuis la première vague de mondialisation industrielle (XIXème siècle disent les historioéconomistes) la tendance est à la création d’outils et de moyens de transport visant à accroître l’interchangeabilité et le désancrage territorial (des matériaux, des produits, des hommes). Mais ce n’est que depuis une vingtaine d’années que cette tendance a dépassé le domaine physique pour s’étendre à la communication entre personnes, des idées, du simple bavardage, et surtout des sentiments (en gros, depuis 3615 Ulla). C’est donc là, pour moi, que l’homme nouveau prend naissance, dans cette possibilité d’échange intime virtuel et désincarné, qui n’a plus besoin de l’autre en face pour être satisfaisante. Et nous sommes les premiers adultes à avoir trempé dans ce bain tout au long de notre construction.

On me rétorquera aussi que de plus en plus de personnes s’engagent au service des autres, que l’humanitaire proche ou lointain est la preuve que l’homme va toujours au contact de l’homme. Je dirais encore oui, mais non et non. Oui parce que c’est vrai, y en a, de l’engagement et de la charité internationale. Non parce que ces engagements cohabitent, et souvent chez les mêmes personnes, avec une totale indifférence à des maux plus proches et plus intimes, souvent dans leur famille même. Et non aussi, parce qu’ils concernent de la réparation, pas de l’échange quotidien. Avoir besoin du mal des autres pour jouer au pompier est une chose. Avoir besoin de l’autre présent pour devenir soi en est une autre. Une preuve ? Allez, une seule : ce texte. Être lu, voire critiqué, par vous, si éloignés et désincarnés, suffit à mon épanouissement personnel. Mais je ne prendrais pas le risque d’aller en parler à mon voisin, par peur de ce qu’il pourrait penser de moi, et de ce que cela pourra mettre en danger notre relation au quotidien (faite d’ignorance maquillée en faux respect). Je n’ai pas besoin de penser avec lui et de supporter son jugement (voire d’évoluer avec lui), vous me suffisez. Et tout est à l’avenant.

Dans un souci de facilité et de sécurité, les prestataires qui me facilitent la vie sont interchangeables, du producteur de nourriture ou de voiture jusqu’à mes reproducteurs eux-mêmes (je sais, on dit parents). Les familles recomposées fonctionnent parfois très bien, sur un principe d’affinités électives. Si je préfère le nouveau mec de ma mère, il deviendra mon père mieux que mon père. Si mes amis m’ennuient ou disent juste une fois quelque chose qui me déplaît, je change d’amis : il me suffit d’aller sur Internet, dans cet immense réservoir d’amis potentiels qui pensent comme moi. Je n’ai aucun contact réel ? Tant mieux ! Au moindre désaccord, j’en changerai d’autant plus facilement. Alors qu’avant, il fallait que je supporte la brouille avec des proches, m’arranger pour ne pas les croiser à l’école ou à la boulangerie (à la bibliothèque ou au théâtre ? d’accord…).

Je n’ai plus besoin de mon conjoint, ni même de mes enfants. Pas durablement. Tout m’incite à prendre et à laisser, à papillonner au gré de mes lubies, c’est ma liberté devenue sacrée. L’amour peut naître et passer sans que ma vie en soit changée. Mes enfants peuvent enfin être eux-mêmes, puisque je n’ai plus besoin d’eux à mes côtés pour prendre ma suite, assurer mes vieux jours, prolonger la lignée (pfff, quelle idée !). Mon avenir est protégé par un autre système de régulation, beaucoup plus large et rassurant. Toute ma vie fonctionne sur ce que j’aime ou n’aime pas. Je ne m’engage que tant que cela me plaît. Et puis je dégage. Le réservoir d’hommes sur lequel m’appuyer est immense.
Je n’ai plus besoin des quelques humains près de moi, juste de savoir qu’il reste encore, quelque part, assez d’humain en général pour que tout continue de tourner. Je suis l’homme nouveau. Vous me reconnaissez ?

Belle et brève

Publié dans Djeeb, Tout le reste par Don Lorenjy sur le 15 juillet, 2009
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Il y a tout juste deux étés, mon cœur a commencé à avoir des ratés. De brefs arrêts, comme un inspiration retenue, suivis de déflagrations anarchiques. Peut-être cela se produisait-il pendant que je jouais au foot avec les enfants ou quand je me faisais tabasser en planche dans les vagues et le vent, mais je le sentais uniquement au repos. Le soir avant de m’endormir, par exemple. Et je ne m’endormais pas.

Pour la première fois, j’ai senti la fin possible.
Pas une fin imprévue, comme un accident, une grosse maladie pourrie ou un méchant qui m’aurait voulu plus de mal que les autres, non. Une fin normale, sans raison, programmée. Mon cœur pouvait s’arrêter, sans que je n’y puisse rien.

En fait, on a tous sans doute une approche personnelle de sa propre mort. Chacun s’en fait une idée. La vôtre je ne sais pas. La mienne en tout cas a changé, avec ces ratés cardiaques. Ça pouvait me tomber dessus n’importe quand, et je le sentais, là, au-dedans, comme une répétition générale. Genre « Tout est en place, on peut mourir quand vous voulez. » Et ça repartait. Jusqu’à quand ?

On a fait des tests, bien sûr. J’ai pédalé comme un hamster dans sa roue, avec des électrodes partout, à m’en faire péter la rate. Le cardiologue m’a rassuré : des extrasystoles, pas plus. Pas grave. J’avais passé quarante ans, c’était tout. J’avais le temps. Jusqu’à quand ?

Jusque là, j’avais cru pouvoir y échapper. Pas intellectuellement : on sait bien qu’un jour on va mourir. Mais émotionnellement, quelque chose de l’ordre de la foi : les autres oui, mais pas moi, j’y crois pas. Pas moi. Sans explication logique. Juste pas moi. La science, je l’emmerde, les millénaires de cadavres empilés les uns sur les autres, la conclusion qui s’impose ne me concerne pas. Pas moi. Et patatra !
Bonjour la révélation.

Depuis, je suis en sursis. Comme tout le monde, mais avant je n’en avais pas une conscience aussi intime. Chaque bégaiement de mon palpitant me le rappelle. Parfois plusieurs fois par jour.

Tout ça pour dire que les premières critiques de Djeeb le Chanceur sont plutôt bonnes.
Nébal, Angua et Bruno Para l’ont trouvé assez bien écrit pour avoir envie d’aller au bout.

Après, le fond, l’histoire… peut-être en attendaient-ils trop : ce n’est qu’un roman pour le plaisir, pas une grande œuvre de Fantasy. Deux au moins l’ont trouvé agréable à lire, ce qui me sauve. Avoir été agréable à quelques-uns de mes contemporains, ça me suffit, le reste peut attendre. Viens, mon cœur, on va danser !

Djeeb Couv low

Tous en ligue !

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 23 juin, 2009
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On dirait que ça s’agite dans le marigot de l’imaginaire en France.
Pendant qu’ici ou là on s’écharpe pour savoir ce que recouvre ce terme (imaginaire, c’est pas un genre, même pas un mauvais, ça veut rien dire, disent les uns ; mais si, d’ailleurs tout le monde comprend intuitivement, disent les autres ; justement répondent les uns, la base du raisonnement contre intuitif c’est de remettre en cause ce qui paraît évident pour poser les bonnes questions et foutre en l’air cet idiot de terme d’imaginaire ; va chier ! concluent les autres), ailleurs on s’organise.

Il y a eu la Ligue de L’Imaginaire. Les majuscules sont intentionnelles. Ce collectif d’auteurs n’a pas d’ambition particulière. En tout cas pas d’autre que de représenter à eux tout seuls « L’Imaginaire » français, le vrai, celui qui se vend. C’est bien. Au moins, ça va aider Madame Michu à choisir en supermarché le prochain bouquin qu’elle va offrir à son neveu Kevin qui lit que des trucs de djeuns qu’elle comprend pas mais y a des dragons et des papillons qui font la fin du monde ou l’inverse.

La réaction ne s’est pas fait attendre. La ligue deu est née, juste un peu avant la Ligue de L’Imaginaire si l’on en croit son rétropédalage temporel. J’adhère (pas à la ligue deu, ils ne voudraient pas de moi, mais à l’idée de rétropédalage).

Ah, la ligue deu… Rien que de beaux auteurs que je respecte (et même un que j’ai lu). Ils sont drôles : Jérôme,  sacré toi !

Ils traitent de l’ImagInaIre, qui le vaut bien. Ils méritent leur absence de majuscule et tout le bien qu’on en penserait si on pensait.

Leur ligue à eux (qui s’est enrichie notamment du capitaine du Navire), pouvait au début passer pour une aimable blague un rien potache. Une réponse du berger des étoiles à la bergère des bacs Fnac. Et puis, on dirait qu’ils prennent ça au sérieux… ce qui à mon sens certifie la blague de qualité.

Bref, tout ça pour dire que ma lettre aux critiques littéraires tombe à pic.
D’accord, ils n’ont pas encore répondu (Josyane, François, Nathalie, Hubert, Daniel, c’est quand vous voulez), mais franchement, ils ne peuvent plus continuer à ne pas s’intéresser à l’imaginaire, ne serait-ce que parce qu’on ne sait pas encore bien ce que c’est.

Moi, en tout cas, je.

Adhérez à la Ligue Djeeb, la seule qui

Adhérez à la Ligue Djeeb, la seule qui

Things to do in Paris when you’re dead

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 11 mai, 2009
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J’étais mort, et je ne le savais pas. Mais quelque chose m’a ressuscité. L’autre, mon ami, mon frère : l’humain.
Dis comme ça, on peut trouver que je grandiloque ma mère. Et c’est vrai, j’image un peu, j’exagère, je chantourne.
Pourtant, c’est pas loin.

On était debout depuis quatre heures du mat’ pour descendre des montagnes jusqu’à la Capitale. J’étais mort de fatigue, mal dormi, trop de train, de métro, de Louvre et de tombes égyptiennes. Ça vous détruit, sur la durée.

Mais comme j’avais un peu préparé mon voyage parisien, vendredi dernier j’ai pu rencontrer Irène Delse, Fred Ricou et sa copine Sandrine (qui travaille chez Archipel). Pour se redonner un peu d’envie de vivre, rien ne vaut quelque bières et autant d’amitié avec des gens bien. On a parlé, de livres, de villes, de tout et jamais de rien. C’était bien.

Ce qui fait que le lendemain, à nouveau démoli par quelques excès by night, je me suis refait la même prescription. En changeant de lieu, mais pas d’ordonnance. Cette fois-ci, c’est chez Scylla que j’ai cafeté avec Célia, Stéphane Beauverger, Benjamin, Anne, Olivier, et bien sûr Xavier, maître des lieux. On a parlé, de livres, de films, de séries télé, de gens, et c’était bien.

Voilà, rien d’autre. C’était juste pour dire qu’Internet c’est de la balle, mais que la vraie vie ça enfonce tout. Vous le saviez ? Moi aussi. Mais ça méritait une piqûre de rappel.

Et Djeeb, pendant ce temps ? Il prépare son voyage à Arles (moins portuaire comme ville, mais tout aussi importante qu’Ambeliane, si on regarde bien). On en reparlera.

La SF qui va (enfin) sauver le monde

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 1 avril, 2009
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Voilà, ça y est, ça nous manquait, mais c’est fait : un collectif d’auteurs de science-fiction a décidé de tourner le dos aux facilités de leur genre (souvent empruntées au thriller ou au roman de guerre) pour s’intéresser à une prospective plus utile, attachée à défricher et proposer de vraies solutions aux problèmes de notre monde.

Fini de tirer des sornettes d’alarme, fini les guerres galactiques, les gentillesses post-apocalyptiques, les uchronies bagarreuses, le cyberpunk massacreur et le planète opéra boum. On va penser po-si-tif ! Et ils vont l’écrire.
Nous allons enfin découvrir de quoi l’avenir pourrait être fait, et non défait. Au lieu de (pré)-voir , dans toutes les anticipations, nos arrière-petits-enfants s’entre-tuer, se torturer, se dépecer, se faire exterminer par des martiens à rictus ou par des catastrophes planétaires, nous aurons le plaisir de les suivre à la découverte de nouvelles façons de vivre ensemble, de se frotter les uns aux autres, de se parler, et accessoirement de se tirer du guêpier où nos errements les auront fourrés.

Ce nouveau courant, qu’on appelle déjà New Rub de l’autre côté de la toile, est appelé à faire fureur.
Il est vrai qu’il était temps. D’abord, à force d’imaginer le pire, les auteurs de toutes les mouvances SF précédentes avaient fini par le faire arriver, ce que nous constatons tous les jours un peu plus.
Et puis, si l’une des solutions littéraires, encore à expérimenter par ces nouveaux abolitionnistes des frontières humaines, réussit à prouver son efficacité dans la réalité, il faudra bien avouer que ce sera notre première et seule planche de salut. Un avenir radieux s’ouvre à nous, et ça commence aujourd’hui.

poisson_bocal

Littérature printanière

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 17 mars, 2009
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Il va falloir vous y faire : amateurs du beau verbe et de la langue enchantée, vous n’êtes plus en majorité lors de vos passages en ces lieux.

Oui, depuis hier, mon billet titré “A l’ombre des morilles en fleur” est devenu le plus lu de ce blog, devant celui traitant de la polémique au sujet de Thierry Magnier, déjà vieille d’un an voire plus.

Oui, les internautes cherchant une méthode infaillible pour dégotter de la morille fraîche viennent en masse, bernés par cet air de printemps et mon titre provocateur.

Oui, le jardin revit, la primevère pousse la chansonnette, et même le salon du livre en boîte n’a pas réussi à m’éloigner de cette nature qui me revigore en pleine montée de sève, alors que flûte, j’ai quand même une nouvelle à écrire pour la fin mars (vous avez bien lu, un inconscient m’a commandé une nouvelle, ça fait déjà un an, et je batifole dans la luzerne à peine éveillée au lieu de produire du jus de clavier).

Oui, la littérature et l’imaginaire, on s’en talque, ce qui compte c’est de bouffer, et pour ça il faut chasser l’ascomycète sauvage.

Oui, alors que le monde et l’homme s’entretuent dans d’horribles souffrances, alors que la vie n’est que ce que l’on en fait (c’est à dire rien ou pire, dans la plupart des cas), alors que l’on crève de ne plus lire de belles histoires puisque la mode est à l’horrible thriller post-apo nous narrant notre navrante fin, on se presse ici dans l’espoir d’y découvrir quelque champignon crépu goûtu à sauter au beurre avec une pressée d’ail.

Finalement, c’est réconfortant.

J’allais le dire, et d’ailleurs j’y retourne.

500 euros, 500 secondes, j’ai le temps…

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 3 mars, 2009
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Comme je me suis fait taguer par Irène Delse, je pique son message pour faire le mien. Tout ce qui n’est pas d’elle est de moi.

Et non, ce n’est pas la suite de 300. Mais ce que l’on ferait si on n’avait plus que 500 Euros en poche et 500 secondes à vivre. J’y peux rien, c’est les règles du jeu.

1. Avoir un blog.

OK. C’est fait.

2. Écrire un article relatant ce que vous feriez s’il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit en 3 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination.

Au début, je m’étais dit que j’enverrais les 500 euros à un nécessiteux mal logé à l’Élysée et que j’attendrais la fin des secondes qui restent en regardant passer le temps qui passe.
Et puis en fait non, c’est pas la peine, ça ne changerais pas le monde (ça ne lui changerait même pas le fermoir de sa Rolex).

A la place, je crois que je prendrais ma femme par la main et mes enfants dans les yeux pour leur dire que Papa va partir, que c’est pas grave, qu’ils peuvent se partager les 500 euros ou les claquer pour aller se taper la cloche/faire une toile/gaver de poudreuse suivant les appétits, la météo ou les conditions de neige, en pensant à moi encore un peu et puis de moins en moins. Et puis on se serrerait très fort à plus se lâcher, alors que pourtant… mais surtout on ne compterait pas combien de minutes font 500 secondes pour se laisser prendre par surprise, c’est meilleur.

3. Relancer la chaîne en invitant 5 de vos amis à répondre à leur tour à la question.

Non, mais ça va pas ? Je casse la chaîne. Celui qui passe (Yap ? Martin ? Polipoterne ? Lucie ? un autre ?) et qui veut la reprendre à son compte, qu’il se sente bienvenu, je n’y serai pour rien. Il ne me reste déjà plus que 227 secondes, je ne vais pas gâcher. A plus…

4. Faire référence à cet article et à ces mini-règles afin que l’on puisse tracer tous les participants.

Eh bien, coucou, alors… ;)

5. Intituler votre article “500 euros et 500 secondes par Votre Nom”
Ah ben non, tiens. Pattafait.
498, 499, hop, c’est fini !

Ceci dit, je ne suis pas le premier à dire des âneries sur le sujet. Y a qu’à Googler, ça tombe comme des mouches.

C’est pas Paris, mais c’est pas pourri…

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 9 décembre, 2008
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D’accord, j’admets, je regrette vachement le temps où je vivais à Paris. Si, vraiment.

Mais en fait, avoir ça à une demi-heure de voiture de chez soi, ça compense un peu :

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Après, chacun fait ce qu’il veut, hein ? Ce matin par exemple, j’ai mis les peaux sous les skis et je suis monté un peu, pour voir. C’était bien. Rien de très littéraire, ni même de publicitaire, absolument pas rémunérateur, et pourtant bien quand même.

Je n’avais pas d’objectif, mais arrivé au sommet, il a bien fallu que je m’arrête.

Il y avait ça devant :

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Et ça derrière (au sommet, on voit tout autour, c’est pour ça que c’est le sommet) :

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Au sommet, je n’étais pas tout seul, puisqu’il y avait Job (le choucas, renseignez-vous), qui est venu becqueter mes fruits secs direct dans ma boîte. C’est ahurissant ce que ça ose, le choucas, en temps de crise.

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Bon, j’ai nourri Job, j’ai décollé les peaux des planches, j’ai pris le temps de regarder autour… Qu’est-ce que vous auriez fait d’autre à ma place ? Pareil : je suis redescendu. Sauf que je n’étais pas le premier.

La voie normale était pourrie de traces que c’en était misère. Je n’allais quand même pas me gâcher les spatules dans de la trafolle toute vilaine. Vous auriez fait pareil, je suis sûr : suivre l’arrête vers l’est, et engager drè dans le pentu, sans trop regarder si ça tient. Évidemment, à cet endroit-là, ça craint un peu côté avalanches. Remarquez bien, c’est un peu pour ça que j’ai pu y faire la première trace dans 40 centimètres de fraîche toute vierge. Les autres, ils préfèrent la voie normale… Merci les autres !

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Bon, c’est vrai, la coulée est un peu partie, et il a fallu que j’évacue sur la gauche avant que ça me rattrape les fesses. Mais quand même, c’était chouette. Et puis c’est ma première vraie trace dans le raide cette année.

D’autant qu’en-dessous, c’était juste la portion inaccessible de la combe nord. Que j’ai enquillée derechef, tout seul et tout content.

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Voilà.

Bilan de l’affaire :

- à peine plus d’1 heure de voiture tout compris (CO2 mon amour)

- 2 heures de montée à petites foulées (et que je te prends une photo, et que je regarde c’est beau…)

- 15 minutes de tête-à-tête avec Job

- 10 à 12 minutes de descente bien avoinée…

… moi je dis, c’est pas Paris, mais c’est pas pourri comme journée. D’accord, pas une ligne d’écrite (à part celles-ci), mais les spatules dans la poudre, ça vaut bien le stylo ou le clavier, pour écrire des lettres d’amour à ma nature que j’aime.

Ah si tenez, j’oubliais : j’ai reçu les premières propositions de corrections pour un recueil de nouvelles à moi que j’ai (il va sortir un jour, je vous en reparlerai). Happy me !

Ma vie en live

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 25 novembre, 2008
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Que peut-il arriver de mieux à un écriveur ?
Qu’on lui demande d’écrire, sans doute.

Le succès, les millions, la gloire, tout ça, on va dire que c’est annexe, mais qu’on se déplace pour vous demander de faire ce que vous aimez faire, ça c’est le pied oversize !

Et justement, c’est ce qui m’arrive. Chouette !

Seulement, on me demande d’écrire le site internet d’une entreprise qui fait tout pour la maison, la news letter d’une autre (je n’ai pas encore bien compris ce qu’elle fait), la plaquette institutionnelle d’une troisième, et le plan promotionnel d’une société qui et que… On va même me payer, pour ça.

Alors voilà, pour le moment, le roman sur les femmes qui vont changer le monde, la nouvelle sur la guerre qui fait changer les hommes, et tout le reste à plumes, ça passe au second plan.
Parce que je ne peux pas vivre que d’écriture et de neige fraîche.
Parce que les salons littéraires, c’est bien, mais ça ne remplit pas le frigo.
Parce qu’ils n’y a toujours pas d’éditeur qui m’offre un pont d’or pour publier Djeeb le Chanceur.
Et parce qu’il n’y a pas encore eu assez d’acheteurs d’Aria des Brumes (que je remercie pourtant tous, individuellement et chaleureusement) pour que je puisse offrir mieux qu’un menu best off plus par mois à chacun de mes enfants.

Donc je vais bosser pour de vrai, et content en plus, parce que mes clients le valent bien (et mon banquier aussi).
Voilà, c’était ma vie en direct de l’agence CALM Création, à vous les studios.
Et à bientôt, les gens.

(puisque je vous tiens, cliquez là, pour que des enfants qui ont encore moins que les miens puissent quand même recevoir des cadeaux à Noël – en plus c’est marrant)

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