Comme ça s'écrit…


Mais où donc cela va-t-il ?

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 22 octobre, 2007
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Effrayé (à juste titre) de me voir m’embarquer dans cette affaire sans but ni bagage, certain commentateur (coucou Wiliam) se demandait si j’avais une trame.
Bonne question.

Une idée est-elle une trame ? Elle peut le devenir… Ce serait chouette dit le méthodiste. C’est un carcan rétorque l’anarchiste. Est-ce bien nécessaire, questionne l’àquoibonniste ? C’est pas le problème conclut l’auteuriste.
Disons juste que, en gros, je sais où je vais car :
1. Je veux qu’il se pose certaines questions au début
2. Je veux qu’une sorte de bascule du récit rende ces questions sans fondement en posant un wagon d’autres interrogations (admirez ma science des synonymes)
3. Je veux et exige (et croyez-moi, je vais généreusement me l’octroyer) que tous ces nœuds soient tranchés dans un affrontement final à double détente.
Oui, en effet, avec un contexte, un début, un milieu et une fin… on peut dire que j’ai une trame. Rassuré, Wiliam ?

Mais, dès que j’essaye de raconter cette trame, on s’aperçoit qu’elle est plutôt lâche : le héros se retrouve seul après l’échec de sa mission de sauvetage, il découvre la réalité d’Aria, il découvre la seconde réalité d’Aria (l’avantage d’une réalité ambiguë, c’est qu’elle peut en cacher une autre), il va devoir encore sauver la planète.

Comme le suggérait acariatre, il va quand même falloir délayer un peu pour en pondre trois cents pages.
Mais je bois mon vin sans eau.
Et j’ai surtout une confiance inébranlable dans le travail en équipe. Il me suffit d’entendre ma douce remarquer en cours de lecture « Il devient bizarre, ce Shepher… » pour qu’une nouvelle inflexion vienne ajouter un faux pli dans la trame. Pas besoin de « tirer à la ligne » : ça se complique de soi-même, par respect du lecteur. Pour lui proposer chaque jour un nouveau chapitre, qui fasse avancer l’intrigue tout en rafraîchissant son envie de découvrir la suite, vous allez probablement inventer des péripéties, des histoires secondaires, mettre en jeu des personnages auxquels vous n’aviez pas pensé au début, mais qui s’imposent dans la progression de plus en plus touffue du récit. Et ça pousse, ça pousse…

Oui, vu comme ça, c’est du jardinage. On plante, on arrose, on amende le sol, on revient bêcher un bout de terrain où un truc a poussé sans prévenir, on tutorise les tiges ou au contraire on laisse buissonner, il sera toujours temps d’élaguer après.
Est-ce que j’ai aimé ça ? Oui.
Osons une comparaison à hurler : comme Dieu a dû aimer jouer à la création, quitte à en être déçu avec le recul. Sauf que moi, j’ai pu retravailler.

Voilà Dieu, maintenant… N’aurais-je pas pris un grand coup de gonfleur dans l’ego ?
Boarf, pas d’inquiétage, j’ai des arguments. Pour une autre fois…

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7 Réponses to 'Mais où donc cela va-t-il ?'

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  1. Marie-Catherine said,

    Oui, t’as pris un grand coup de gonfleur !

    Et alors ?

    Encore !

  2. wiliam said,

    Rassuré ? Non !
    Il m’en faudrait plus que ça pour me lancer ! (peut-être pour ça que je ne m’y suis jamais lancé, en fait).
    Allez, Don Lo, la suite !

  3. Posuto said,

    Bonjour, je découvre votre blog en venant de chez Irène Delse. C’est très agréable de voir vos questionnements sur l’histoire, l’intrigue, l’écriture, le lecteur, vos tâtonnements et vos sensations. Je vois bien chaque écrivain comme un artisan (au sens noble du terme, hein) qui utilise ses outils propres et ses expériences pour construire.
    Mon mari écrit aussi mais avec une toute autre façon de procéder : il aime être sous pression (même imaginaire) et s’est donc lancé dans un « polar » sur blog, un jour=un épisode (l’épisode écrit comme il vient juste avant de passer sur le blog. C’est intéressant aussi, ça donne une sorte de spontanéité et de liberté avec des limites à trouver soi-même en essayant de ne pas s’éloigner du lecteur. Par contre, les rebondissements à gérer au coup par coup, c’est une difficulté (enfin , moi je trouve, mais lui, ça le sécurise plutôt).
    Enfin, excusez ce long commentaire, c’est parce que simplement échanger à propos de l’acte d’écrire est toujours une bonne chose, je trouve.

  4. Don Lorenjy said,

    Merci pour ce témoignage. Votre époux s’y prend comme moi on dirait : son challenge est à relever chaque jour, et son plaisir aussi.
    C’est confirmé, tous les amis d’Irène sont mes amis !

  5. Posuto said,

    Ah, je ne sais pas si je suis une amie d’Irène mais vous écrivez avec le même « alibi » que mon mari (c’est-à-dire que lui c’est pour voir la tête que je fais). Oui, je mets ce commentaire ici alors que j’ai lu votre billet suivant. Je suis complètement incohérente.
    Je vous mets son blog en lien au cas où, bien que ça ne soit pas dans la même catégorie que vous.
    http://7asuivre.canalblog.com/
    Ben moi j’aime bien les gens qui créent des choses.


  6. […] rien que pour le fun. Par exemple, cette idée de bascule dans le récit (le point 2 d’un billet précédent sur la trame)… sans rien dire à personne, je me suis amusé à la placer après le chapitre 7. […]


  7. […] quelques questions oiseuses sur le but, le chemin et le plan, j’aborde enfin le gras du propos : Dieu existe et c’est moi ! Vous êtes sceptique, […]


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