Comme ça s'écrit…


J’ai un lecteur ! (Alléluia)

Posted in Lecture par Laurent Gidon sur 4 novembre, 2007
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Ha Ha Ha Haaaaa ! (expression légitime d’autosatisfaction)
Ça y est, j’ai posé le point final en bas de la dernière page du manuscrit, j’ai dansé en poussant des cris d’indien éthylique, mon épouse a usé une pleine boîte de crayons pour redresser les fautes, la vie est belle.

J’avoue, confit dans ma fierté, j’ai failli en rester là.
Mais une envie me chatouille. Demander un avis extérieur. Après tout, les copains servent aussi à ça, non ? Ou alors, changez de copains…
Un lecteur, ça se respecte, surtout s’il doit rester un copain. D’abord donc, je me relis. Je corrige les erreurs les plus flagrantes, les faux raccords échappés dans la fougue du premier jet, et même certaines incohérences criantes (genre : le personnage qui entre d’un pas ferme et assuré alors que le vaisseau est en apesanteur). J’accepte de faire rire à mes dépends, mais j’aime choisir la manière.
Et puis vient un jour où je sens que de toute façon, au lieu d’améliorer je n’arrive plus qu’à saloper. C’est un signe : je suis prêt.

Justement, retour des vacances de Noël, un premier lecteur potentiel vient sonner à la porte : le grand Jacques.
Il faut que je le présente rapidement : doctorat en mathématique, maîtrise de philo et autres diplômes dans d’autres matières, skieur, grimpeur et parapentiste de classe A, actuellement professeur de logique à l’Université de Lausane (les curieux y trouveront sa fiche, et rien que sa liste de publications fait mal aux yeux). Heureusement que le grand Jacques est un copain, sinon je n’aurais jamais osé lui faire lire ne serait-ce que le titre d’Aria des Brumes. Mais il accepte sans rechigner, ou à peine.

Il part avec le manuscrit et un gros feutre rouge. Moi, je me sens tout petit.
Au bout de trois semaines, j’appelle pour prendre des nouvelles. De mémoire, ça donne ceci :
Moi : « La neige, c’est pas encore ça. Y en a à peine rien mis sur Balme. T’as lu Aria ? »
Big Jack : « C’est sûr, ça vaut pas le coup de se corner les planches sur la caillasse. J’en suis à la page 20. »
Moi : « Ouais, de la peuf juste de quoi planquer les pierres. C’est si dur à lire ? »
Big Jack : « Il paraît que ça va poser un max, mais chais pas quand. Nan, c’est pas mal, mais je passe du temps à te rédiger les propositions. »
Voilà, c’est tout Jacques : sur vingt pages de manuscrit, il avait déjà vingt pages de commentaires, de références (il m’a même cité Musil et « l’Homme sans qualités ») et d’idées pour explorer les diverticules de l’histoire. J’en suis tout ému. Merci Jacques.
Des lecteurs comme ça, c’est précieux.

Je précise alors à mon précieux que j’attends surtout un avis général, sur la lisibilité, la structure, l’histoire, qu’il me dise en gros si le truc vaut le coup de retravailler. Il comprend et se bouffe la suite en une semaine. Verdict : ça boite un peu par endroit, il y a encore des détails qui godaillent, mais l’ensemble reste plaisant. Ouf !
Si vous avez quelque chose à faire lire, contactez Jacques de ma part, il est précieux.
À bientôt…

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8 Réponses to 'J’ai un lecteur ! (Alléluia)'

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  1. Eric said,

    Un livre qui semble né sous le signe de la passion!
    Et encore merci pour tes nombreux commentaires sur « équilibre précaire »! Tu es des nôtres!

  2. Don Lorenjy said,

    Certes, et merci d’être passé 🙂
    Heureusement, on ne parle ici que de choses légères, où le plus grand danger est de laisser passer une faute d’orthographe…

  3. Posuto said,

    Wouah ! J’ai une copine comme le grand Jacques. Qu’est-ce que c’est bien les gens comme ça ! C’est le côté généreux qui étonne. C’est bête, on ne devrait pas s’étonner de la générosité des amis, en fait.
    Kiki 🙂

  4. Don Lorenjy said,

    Chanceux que tu es !

  5. cascendre said,

    Il ne nous reste plus qu’à nous pauvre lecteur sans diplome « es lecture » d’attendre, alors, une potientielle publication de vos écrits…
    En attendant, buvons des coupes de vin, nous qui ignorons la hauteur du ciel, et la profondeur de la terre, qui ronge le corps des humains, nous ne pleurerons plus l’office du temps et nous nous demanderons en riant à quelle subversion pouvons nous prétendre?^^

  6. Don Lorenjy said,

    Elle est bien bonne ! Merci de me mettre le nez dedans : je n’avais cité les diplômes du grand Jacques que pour me flatter à travers lui d’avoir un tel ami.
    Et d’accord, oui, buvons ! (quant à la subversion, je me limiterai à celle de mes besoins… Ah non, zut, c’est subvenir. Tant pis)

  7. pibole said,

    Auteur moi-même , je vous le dis, rien de pire que nos (proches) lecteurs… Et ceux qui pinaillent sur un mot, alors qu’on leur demande de frémir devant le souffle de notre prose?
    on a tous notre grand Jacques. Le mien prend une mine sombre pour me dire: « eh bien, y a du boulot.. ». avant de me faire changer une phrase!

    Bravo pour votre blog, il est très drôle. Et merci, vous venez de me donner une idée, il est grand temps que je rende hommage moi aussi à mes victimes consentantes…

  8. Don Lorenjy said,

    Ah, les proches… Les miens sont parfaits, mais on ne choisit pas sa famille. Il suffit peut-être alors d’aller un peu plus loin.

    Pour un prochain billet ?


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