Comme ça s'écrit…


La vraie vie est Imaginales

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 4 décembre, 2007
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Allant à contre courant de tout ce qui se fait dans la blogosphère, je vais aujourd’hui parler de moi (et c’est ici qu’on ajoute « lol », pour bien appuyer le second degré). Enfin, de moi et d’autres, puisque…

En février 2006, une maison d’édition en pleine création lance un appel à textes sur le thème « Ouvre-toi ». J’ai trouvé ça assez open, je me suis donc fendu d’un texte que je pensais rigolo et que j’ai appelé « Suzanne On Line ».
Pouf pouf, premier essai, première publication : Suzanne est retenue pour l’anthologie des éditions Griffe d’Encre (allez-y les jaloux, soyez durs, mais que personne ne sous-entende que j’ai couché, tout s’est passé par courriel). Donc, le pseudo « Don Lorenjy » apparaît pour la première fois sur papier imprimé. Cet événement planétaire n’a rien à voir avec Aria, jusqu’au moment où… les Griffe d’Encre me proposent de les rejoindre aux Imaginales pour dédicacer en compagnie des co-auteurs tous ces précieux volumes que le monde de l’imaginaire réuni à Épinal va s’arracher.

Coïncidence 1 : je viens de recevoir d’Hélène Ramdani, patronne du Navire en Pleine Ville, des propositions de corrections sur le manuscrit d’Aria.
Coïncidence 2 : Hélène sera aux Imaginales en compagnie de Lilian Bathelot, venu défendre « C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc » (mazette, quel titre !), de Pascale son attachée de presse et de Christou bien sûr. Nous prenons un rendez-vous informel, sur le ton de « on arrivera bien à se trouver ».

Dès que j’arrive sur le stand Griffe d’Encre, je suis prévenu que quelqu’un cherche à me voir. Quelqu’un d’impatient et de connu. Mais qu’il faut d’abord que je rattrape mon retard de dédicace. Je m’y mets, c’est la première fois, et j’adore ça. Vraiment : le contact avec les lecteurs, les mots pour faire plaisir, sans forfanterie c’est le pied.

Je remarque bien que parfois, une main preste retourne le carton qui annonce « Don Lorenjy » au passant qui passe. Comme si on avait peur qu’un importun fureteur me dérange en pleine promotion de ma part de cette belle œuvre collective qu’est « Ouvre-toi ! ». Mais pris par la fièvre du star système, je néglige. Aux rares moments creux, je cherche Hélène : jamais rencontré, comment la reconnaître ?

Heureusement, une âme secourable finit par me dire : « regarde là-bas, c’est elle… »
Oh oui que c’est elle ! Entourée d’une cour d’amis auteurs et éditeurs hypnotisés, une passionaria brasse, embrasse, éclate de rire, clame et réclame sur tous les tons une passion décoiffante pour ce qu’elle fait : des livres.
Elle est encore loin, je suis coincé derrière ma table de dédicace, mais tant pis. Il faut que ça se passe maintenant !

J’attends qu’elle reprenne son souffle et je me lève de ma petite chaise. J’ai pris la précaution de me floquer un T-Shirt avec un énorme Don Lo dessus (mégalo, moi ?). D’un geste je désigne mon logo, et j’ouvre grand les bras avec un clin d’œil.

Je n’avais jamais vu un visage s’éclairer autant. Vous tous les dragueurs, baratineurs et Don Juan de salon, vous auriez été là que vous m’auriez demandé à genoux mon truc à moi.
La dame plante tout son petit monde et court vers moi. On se tombe dans les bras. On en a les larmes tellement on est content de se voir enfin. Je m’y attendais, mais pourtant ça réchauffe en moi des endroits que les autres rencontres n’atteignent pas. Devant l’assistance médusée, la maîtresse du Navire sort la corne de brume pour me lancer : « Don Lo, ton roman, je le veux. Tu entends : je le veux ! »
Qu’auriez-vous fait à ma place ? Je le lui ai donné.

Ensuite ? On s’est calé sur un canapé pour refaire Aria (un peu) et le reste du monde (beaucoup). Il y a du boulot. Sur Aria aussi. J’y reviendrai.

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24 Réponses to 'La vraie vie est Imaginales'

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  1. frehelle said,

    T’as vu, y’a personne qui fait de commentaires… ça impressionne, un gars à qui on dit « ton roman je le veux »!!! (ou alors on est des gros jaloux refoulés qui boycottons ce trop plein de désir parce que merde, quand même, pourquoi pas nous. La question est posée)

  2. Don Lorenjy said,

    Et je n’y répondrai pas.
    Mais je peux te dire que, en entendant cette exclamation tout à fait véridique (y a plein de témoins), je me suis senti pousser deux ailes dans le dos et qu’elle ne se sont toujours pas repliées.
    Voilà, Hélène (si tu passes) ce que ça fait de sentir que quelqu’un croit à ton premier roman : ça donne des ailes qui ne tombent pas l’automne venu.

  3. frehelle said,

    Et tu as une bien belle façon de le dire, et tu as raison (de le dire). Et je déconnais, en fait (ah bon, Fréhelle, déconner? Pas possible?).

    Et vive Hélène, que je ne connais pas, mais parce qu’une éditrice qui fait pousser des ailes automne-prouf à un auteur est forcément quelqu’un de… (merde, cliché droit devant) enfin quelqu’un qui… (merde, cliché par là aussi), disons quelqu’un, voilà.

  4. Citrouille said,

    Hélène fait pousser des ailes à beaucoup de gens. Et grogner certains autres aussi. Pas la langue dans sa poche le commandant du Navire…
    😉

  5. Chris said,

    C’est ça que je trouve véritablement le plus chouette dans ton aventure. Ce n’est pas tellement que tu aies trouvé un éditeur pour ton roman, mais c’est surtout que tu as trouvé L’Editeur, celui qui te correspond parfaitement.
    Je te souhaite le plus beau des voyages, aussi bien pour toi que pour le capitaine 🙂

  6. yann said,

    « on est des gros jaloux refoulés qui boycottons ce trop plein de désir parce que merde, quand même, pourquoi pas nous. »

    ah ? tiens? qui parle de moi ici?

    ;)))

    yann

  7. Don Lorenjy said,

    Yann ne peut pas être un gros jaloux refoulé en écrivant des trucs aussi drôles sur son blog (tout en y passant en contrebande des idées bien).
    Quant à mon aventure avec Hélène, n’en dites rien à mon épouse, elle grognerait.
    Oui, Hélène peut faire grogner. C’est normal, elle est entière (bien que sachant se partager), a des idées, et sait donner de la voix. ça peut agacer, surtout lorsqu’elle a raison.

  8. Alain said,

    Les Imaginales, c’est magique…

  9. Denis said,

    L’autopromo tourne au sentimentalisme bêlant. Que veut-on nous faire croire ? Editeur philanthrope, auteur célébrant son succès… un vrai salon de rencontre Meetic IRL !

  10. yann said,

    Yann te remercie petit padawan

    Mais effectivement yann n’est pas aigri puisque yann sait qu’il est à lui seul le renouveau de la littérature des 5 prochain siècles (oui je sens que mes idées auront du plomb dans l’aile en 2632).

    Le tout est de trouver un éditeur qui mérite ses livres…Mais bizaremment pour l’instant personne ne tente (l’émotion sans doute ?).

    ;)))

    a+

    yann (himself)

  11. pibole said,

    Moi aussi, je le trouve un peu « too much » cet article. (voir dans mon blog: « le jeune écrivain prometteur » 😉
    Mon naturel méfiant me pousse à flairer avec suspicion ce trop plein d’enthousiasme.
    Dans le meilleur des cas, je m’inquiète pour toi.
    Que ton humour gagne la partie!

  12. Don Lorenjy said,

    OK, je vous dois la vérité : ça s’est passé tout comme je l’ai écrit.
    Après, que je l’ai vécu encore mieux, c’est peut-être inquiétant, d’accord.
    Mais je n’ai pas trouvé ton jeune écrivain prometteur, Pibole. C’est dans quel billet ?

  13. Marco said,

    Arf! moi qui traîne beaucoup chez ma symapthique et teigneuse camarade Wrath, chez qui tout n’est que rage, accusations et contre-accusations (et franchement, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce n’est pas elle la pire, loin de là), trouver un homme heureux rencontrant une éditrice heureuse lors d’une heureuse dédicace, ce n’est jamais de refus!!
    Je trouve même qu’il reste très sobre, le Don Lo… Moi, si je vivais un truc pareil, je le raconterais en 5 billets différents, pour faire durer le plaisir: un billet pour les dédicaces, un autre pour mon T-shirt, un autre pour quand l’éditrice me tombe dans les bras, un autre pour quand elle me dit: « je te veux! » (ou: « je veux ton livre », c’est pareil), et un dernier pour récapituler les quatre premiers. Là, ça serait de l’auto-promo. Ici, c’est de l’émotion pure… (simplement, comme disent les autres: gaffe à la redescente! 🙂

  14. pibole said,

    Tu cliques à la rubrique « salons », et c’est le premier article (22/10/2007)
    C’est de l’humour, hein, mais gaffe de ne pas trop devenir comme ça, il y a toujours le risque qu’on se retrouve côte à côte dans un salon!
    😀

  15. Don Lorenjy said,

    Je l’ai vu : excellent, c’est tout moi !

  16. pibole said,

    Attention à Marinette Dugenou! 😉

  17. Don Lorenjy said,

    Celle-là, je l’aime déjà…


  18. Wow ! J’ai failli être la jalouse qui ne commente pas si je comprends bien ! lol
    Le coup du tee-shirt c’est énorme !

  19. Don Lorenjy said,

    C’est sûr, le ridicule ne tue pas mais il a failli faire une exception pour mon t-shirt et moi.

  20. Marie said,

    Et moi, je suis super impressionnée par la dédicace. Curieuse, je demande, et quoi donc tu écris ??? Les séances de dédicaces, ça me stresse…

  21. Don Lorenjy said,

    Zéro stress, que du bonheur. Je discute un peu avec la personne, je vois ce qu’elle cherche, pourquoi elle achète le bouquin… et la dédicace vient toute seule.

  22. pibole said,

    Allez, va! ;;-)

  23. ecaterina said,

    Excellent !

  24. Don Lorenjy said,

    N’est-ce pas ? 😉 Sacré Pibole (un auteur, lui, un vrai !)


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