Comme ça s'écrit…


Il y a une vie après l’Aria

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 6 décembre, 2007
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J’ai un vrai talent pour trouver des titres idiots.
Mais qu’est-ce que ça veut dire « Il y a une vie après l’Aria ? » et surtout, qui s’en balance ?
Vous ? D’accord. J’explique.
Disons que vous avez fini votre premier roman. Que vous l’avez envoyé à des professionnels et que vous attendez un peu que ça morde.

Vous pouvez alors déplorer l’impersonnalité des réponses négatives, le manque de clairvoyance des éditeurs qui ne savent pas repérer le chef d’œuvre que la Poste met sous leur nez, entrer en analyse Lacanienne, ou alors entamer une manœuvre de contournement.

Wrath le dit mieux que moi : tout est affaire de recommandations dans notre haute édition hexagonale. Mais allez vous faire recommander depuis votre village de province ! Surtout qu’avec la neige en hiver… bref. Et pourtant, jeune wannabe (un mot très con que j’ai découvert ici ou là et qui veut dire que tu voudrais bien être auteur célèbre comme les auteurs célèbres), ne plonge pas dans la déprime et la vilénie comme Marco (Ha, ha, Marco, sacré toi !), ou alors deviens critique de haut vol… mais bouge-toi, tu peux te faire un nom !

En vérité je vous le dis, « Si tu n’es pas connu, personne te connaît ». D’accord, cette maxime échappée du Loft vaut son pesant de pixels décolorés pour peu qu’on essaie de lancer son pseudo comme une marque de yaourt.
Il y a pourtant un petit moyen. Il faut y croire. Faites un effort, croyez-moi ou croyez-y. D’autant que ça n’a absolument pas marché en ce qui me concerne. C’est donc dégagé de toute obligation et de toute légitimité que je vous en parle sans honte.

Le moyen, donc : si personne ne veut du long, passez au court.
Ah ouais ? – me diront les observateurs avisés du marché littéraire – aucune chance, la nouvelle ça ne se vend pas. Bien vu, mais hors sujet. Il ne s’agit pas de vendre des nouvelles ou des textes courts, mais de les donner, pour mieux faire connaître votre pseudo.

Allez, avouez-le : vous aussi vous avez tenté des concours et des appels à textes, hein ? Non ? Si ? Et cela ne vous a pas rendu célèbre ? C’est normal, ça ne marche pas comme ça.
Depuis deux ans, j’ai proposé des trucs à plusieurs concours (Écriture et partage, Étonnants voyageurs, Résidence du Premier Roman …), anthologies (Parchemins & Traverses, Griffe d’Encre…), fanzines et webzines (Black Mamba, Marmite & Micro-Onde, Brèves du crépuscule, Outremonde, ActuSF, Présence d’Esprits, Univers et Chimères, Trois Petits Points…), j’ai même participé un peu partout à des jeux d’écriture (A vos Plumes, Les Songes du Crépuscule, Le coin Polar). Allez voir, il y a parfois du Don Lo (parfois du Eddi Garr), du court, du moins court… Une activité de ouf, qui m’a pourri le clavier et mangé les yeux sur l’écran, avec plus de cinquante textes écrits et proposés. Avec… disons des fortunes diverses.
Soyons francs : même si vous arrivez à être sélectionné parfois, il faut être un Karim Berrouka qui publie à la mitrailleuse pour voir un jour un éditeur au détour d’un forum vous qualifier de « jeune auteur à suivre ». Bravo Karim, tu le vaux bien.

Alors, pourquoi tout ce tintouin ? Parce que, pour se dire auteur, il vaut mieux écrire, et faire lire plutôt que se recroqueviller sur son roman dont personne ne veut, bouuuuuh… Il vaut mieux prendre le risque d’envoyer des textes à des gens qui les demandent, de se gifler des retours négatifs, de se bouffer de la critique, de s’appuyer de la correction sans rémission, de voir ce qui plaît aux uns et fait se moquer les autres… ou alors il faut être un génie, ne pas sortir de chez soi et compter sur une intervention divine.

Le résultat de tous ces efforts est double : d’abord on se trempe la plume, on évolue dans sa façon d’écrire, on répond à des « commandes » ce qui permet d’aborder la page blanche avec plus de décontraction. Ensuite, on se remet un peu en question. Quoi ? Ce truc génialissime que j’ai pondu tout seul dans ma bulle d’espace temps n’a pas eu l’heur de leur plaire ? Peut-être que c’est écrit un peu prout, finalement.
Et enfin, vous rencontrez – virtuellement – du monde (d’accord, ça fait un résultat triple). Attention, je n’ai pas dit que vous deveniez connu : à part les cent cinquante et quelques personnes avec lesquelles vous êtes en contact (éditeurs amateurs, relecteurs, autres auteurs), vous n’avez toujours aucune existence légale. Mais ces gens-là sont de bon conseil. Ils peuvent d’une part vous aider à relativiser vos échecs (ils en ont aussi pas mal à raconter), et d’autre part vous donner des pistes à suivre, ou celles à éviter (on parlera un jour des agents). Ils partagent votre passion pour l’écriture et ne virent pas à l’aigre au moindre refus pas poli. Ils sont comme vous, parfois en mieux.
Aurais-je découvert Le Navire en Pleine Ville sans eux ? Non, ou pas si rapidement. Alors merci eux, ils se reconnaîtront.
Voilà. Écrire un roman, c’est bon, mangez-en. Mais ne nous arrêtons pas là.
Ah, et puis quand je serai grand, je serai David Foenkinos (rien lu de lui) juste pour qu’au moins une Magda écrive ceci de moi dans son blog.

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8 Réponses to 'Il y a une vie après l’Aria'

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  1. Tu as oublié (volontairement ?) de parler de ceux qui envoient des manuscrits en se prenant pour des goncourables alors que ce qu’ils écrivent est tout bonnement très mauvais :o)

  2. Don Lorenjy said,

    Non… ce n’est pas possible… ils existent ?

  3. Marco said,

    arf! tu as mille fois raison! (avoue que tu as écrit ce post exprès que pour moi! hein? hein? ….[le Marco un peu égocentrique])
    en fait, j’arrive approximativement et péniblement aux mêmes conclusions que toi, voilà qui me boostera encore plus (comme disent les jeunes _ enfin, les jeunes de mon époque…).
    Jusqu’à cette année, jamais rien écrit de court… ni de recherche de contacts constructifs… travail à l’ancienne, manuscrit rédigé sur cinq ans, dans le plus grand secret… envoyé à quelques grandes maisons (pas par prétention, mais par pure ignorance)… bref, pas très malin le Marco, la caricature du wannamachin…
    Maintenant, go go go pour quelques nouvelles ici et là, et l’écoute attentive de quelques précieux conseils émanants d’autorités incontestables…(ouais, enfin, émanant de gars [et de filles] de ton espèce quoi 🙂

  4. Don Lorenjy said,

    Yesss ! Incontestable moi-même !
    (vas-y Marco, prends le temps de faire court)

  5. De passage said,

    On ne meurt pas de ne pas publier, au pire on souffre ; on meurt de ne pas écrire, même si c’est une mort indolore.

  6. Don Lorenjy said,

    On peut même ne pas souffir de ne pas publier ! Le nombre de trucs qu’on m’a retournés en me disant que c’était bon à jeter, et j’en rigole encore tant c’était vrai…

  7. olympemarie said,

    le besoin d’être lu, donc édité et peut-être reconnu… est toujours très vif chez un auteur … mais cela n’égale pas le plaisir de mettre le mot fin à d’innombrables pages… blanches. N’est-ce pas ???
    Surtout ne cessez jamais d’écrire, c’est un besoin vital, celui de la pensée qui s’exprime d’une façon plus définitive que parlé… et cela fait du bien.
    Ainsi, nous lecteurs nous saurons mieux vous entendre…. Olympemarie

  8. Don Lorenjy said,

    Bien dit. Il est vrai, la difficulté reste d’apposer le mot « fin ». En feuilletant les premiers exemplaires reçus jeudi, j’avais encore le réflexe de vouloir modifier certaines phrases…


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