Comme ça s'écrit…


Faisons-nous des amis !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 28 janvier, 2008
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Ceux qui ont lu Aria des Brumes jusqu’au bout (et il y en a) savent que les remerciements de l’auteur commencent par «Comme tout le monde, je n’arrive pas à grand chose de bon tout seul».

Il faut avouer que comme banalité, ça se pose un peu là… mais aussi que c’est vachement banalement vrai.
Pour rester dans ce qui nous préoccupe, prenons l’exemple du « lancé de bouquin en librairie ». Pour que ça marche, il faut du monde : une vraie équipe. L’auteur, on l’a, c’est moi, n’y revenons pas. L’éditeur, très utile pour faire retravailler l’auteur, c’est Le Navire en Pleine Ville, pas de problème. Et après ?
Un libraire, UN LIBRAIRE ! crient ceux du fond. Ouais, un libraire, d’accord. Donc l’éditeur va prendre sa petite camionnette (sa chaloupe, en l’occurrence), charger les cartons, et partir faire le tour de France des libraires pour livrer, telle la cigogne du printemps, les beaux bébés livres tout chauds. Et la marmotte ? Elle fume le chocolat sans le sortir du papier d’alu ?

Non, mes amis, mes frères, ne croyez pas la pub : elle vous ment. Croyez-Moi, c’est quand même mieux.
Donc, en vérité je vous le dis, entre éditeur et libraire il y a un diffuseur, sorte d’archange chargé d’annoncer la bonne parole et expliquer à un libraire pourquoi un livre qu’il n’a pas lu (l’archange) vaut le coup d’être vendu, je vous en mets une douzaine ma bonne dame ?

Chez nous, le diffuseur fait bien son boulot. Et heureusement, parce que du boulot, il en a.

Sachez que j’ai eu l’outrecuidance (oui, j’outrecuide et je danse, à mes moments perdus) d’envoyer un courriel à notre diffuseur, pour bêtement lui reprocher de n’avoir réussi qu’à placer un seul Aria en première semaine sur toute la région d’Annecy.
Voici ce qu’il me répondit, et c’est bien fait pour moi :

Monsieur
J’ai bien reçu vos remarques. Nous ne nous connaissons pas, mais soyez assuré que nous portons avec ferveur chaque livre que nous avons à vendre. Nous ne sommes qu’une petite équipe( 7 personnes pour la France, la Belgique, la Suisse) qui vend à peu près 70 titres par mois. Bien sûr nous ne pouvons pas aller partout. A Annecy nous avons deux libraires « relais » l’Imaginaire qui a pris 4 ex de votre livre et la Fnac. Les deux librairies spécialisées n’ont pas de compte chez nous.
Dans la proche région vous êtes présent à Grenoble, Chambery, Bourg en Bresse, Vevey, Aix les Bains, Thonon…
Nos efforts rejoignent les vôtres.
Bien à vous

Bon, en dehors du fait que la Librairie Imaginaire n’a commandé ses 4 Aria seulement après que je suis allé la supplier à genoux, avouez que c’est bien tourné et que je n’avais qu’à attendre un peu que les lecteurs se manifestent avant de râler. Mais il en ressort surtout que nous ne sommes pas seuls sur le Navire : le diffuseur bosse, et avec ferveur. Un archange, je vous dis. Merci (je lui dis).

Voilà. Une équipe, une vraie. Et ça marche.
Tiens, il y a quelqu’un qui n’est pas dans l’équipe, mais qui fait aussi du bon boulot. C’est le critique. J’attends d’en avoir plus à vous raconter, mais sachez déjà que la première critique de Aria des Brumes est en ligne sur le site de Khimaira, et bientôt peut-être dans la version papier du magazine qui le vaut bien.
Et là, je suis tout rose de modestie malmenée : cette critique est non seulement bonne, mais montre que Sophie Dabat a tout compris du livre et de ce que j’avais voulu y mettre. Voici entre autres ce qu’elle écrit :

Ce premier roman du jeune auteur Don Lorenjy est un très beau texte dont les nombreux thèmes de réflexion, centrés sur l’humanité, l’évolution, le développement personnel et le regard des autres, font écho à la critique de l’auteur sur une société inhumaine qui traite les hommes comme des machines, envisage le destin d’une planète en termes de rentabilité et détruit pour mieux posséder.

Ça fait plaisir (« jeune auteur », surtout !).
Si j’osais, je m’en ferais une amie aussi, tiens…

Aux libraires de ma zone…

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 22 janvier, 2008
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Que croyez-vous que je fis, aujourd’hui ?

Non, pas du ski, il n’y a pas que les spatules dans la vie. Oui, j’ai écrit un peu, mais pas que. Allez, réfléchissez, que peut faire un primopubliant quand son joli « Aria des Brumes » sort en librairie ? Non ? Si !

J’ai fait le tour des librairies de chez moi.

La Fnac, bien sûr, et Decitre aussi. Et puis la jolie Librairie des Pommaries, à Annecy-le-Vieux, qui n’a rien à voir avec le vieil Annecy, renseignez-vous. Le Brin de Foli’vre et l’Île aux Livres, bien dans le vieil Annecy, elles. La Librairie Imaginaire, aussi, en face de la Poste (pour vous situer).

J’ai pu voir des exemplaires de mon joli livre en rayon, et ça fait tout chaud. Pas à la FNAC, où ils sont déjà en rupture : il faut dire qu’ils n’en avaient commandé que dix, et que je connais quand même un peu de monde sur Annecy… J’ai pu aussi constater que le Magic Eden est certes une librairie, mais surtout un sex shop, et donc que je ne risquais pas d’y voir mon opus (pas assez de sexe, même pas de sexe du tout).

Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas allé flâner dans les rayons d’amazon.com. Je sais, amazon c’est bien, ça permet à des tas de gens de lire sans avoir à se déplacer et sans payer plus. Mais je suis content d’avoir pu rencontrer des libraires aujourd’hui. Des vrais gens, qui ont sauté sur leur logiciel de commande dès qu’on a parlé un peu, pour faire venir d’autres exemplaires de mon bouquin. J’aime bien les vrais gens, et souvent ils me le rendent bien.

Alors, dans la foulée de ce que j’ai lu sur le blog de Blandine,  ou sur Bibliobs, je suis allé signer l’Appel pour le Livre. Parce que des libraires qui font bien leur travail, il y en a. Et que c’est grâce à eux qu’on ne déshumanise pas complètement la chaîne du livre. Si ça vous dit, faites pareil.

Et n’oubliez pas d’aller rendre visite à vos libraires (vous n’êtes même pas obligés de leur parler d’Aria des Brumes, hein ?)

Aria en librairie : top départ !

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 21 janvier, 2008
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Voilà voilà, amis frétillant d’impatience et visiteurs de hasard, ahuris par l’ampleur du scoop :

« Aria des Brumes » (le bouquin dont au sujet duquel je vous serine depuis bientôt 4 mois) de Don Lorenjy (c’est moi), est maintenant disponible, prêt à fondre sous vos doigts fureteurs dans les rayons de toutes les librairies.

Bon, surtout les grandes, genre FNAC ou grosses chaînes comme Decitre, qui ont été livrées en premier. Mais vous pouvez le demander dans les petites, ils se feront un plaisir de vous le commander, s’pas ?

A vous donc de vous lancer dans la course. Si, si, allez-y, top départ !

Le premier qui revient sur ce blog avec une preuve d’achat (par exemple, à qui est dédié le livre, hein ? à qui ?) recevra par retour immédiat du courrier un échantillon de toute ma considération – ce qui en cette saison vaut une bonne couche de polaire là où ça fait froid.

Allez, hop ! C’est le jeu, c’est parti.

(je suis un peu ridicule, là, non ? bah…)

Jamal, avec respect

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 18 janvier, 2008
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Bon, on va arrêter la pub à deux balles.

En rentrant du mur d’escalade ce soir, j’ai écouté France Inter. Pile au moment où le petit Jamal, franco-palestinien de 12 ans, accro au slam, nous livre un extrait du sien (de slam, vous suivez).

Jamal vit à Hébron, côté palestinien, là où les colons viennent essuyer les chenilles de leurs chars ou vider leurs chargeurs dans les mosquées. Ce blog n’est pas le lieu d’une prise de position sur le problème. Mais on peut écouter ce gamin de douze ans, parce qu’il est dedans jusqu’au cou et qu’il a quelque chose en plus des autres pour émouvoir (ben oui, ce n’est pas un gros mot).
Il dit entre autre

C’est aujourd’hui que je commence à écrire,

que la vie c’est pas si dramatique parce qu’on continue de rire.

Et il finit par

Je vous remercie de m’avoir écouté,

et je vous répète

que vivre en Palestine n’a pas que des mauvais côtés.

C’est à vous tomber les larmes, ce qu’un gamin qui vit ça peut balancer, pour peu qu’il ait du talent. Et Jamal en a, écoutez-le sur le podcast de France Inter, c’est autour de la quarantième minute de l’émission (qui le vaut bien, même sans lui, mais encore plus avec lui).

Allez-y, faites ça pour moi. Et revenez me dire ce que c’est que le talent.

Aria des Brumes, c’est bien… mais ça ne changera pas le monde.

Jamal oui, peut-être. Respect.

Le titre avec Sarkozy dedans

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 16 janvier, 2008
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Attention, opération marketing, publicitaire, soldes, liquidation avant inventaire, et tutti Brumi.
Désolé d’avoir emprunté le patronyme de notre Président, c’est juste un moyen efficace (statistiques faisant foi) de faire venir du monde.

Ce billet est en effet uniquement à vocation promotionnelle (ce qui lui adjoint l’inestimable avantage d’être court).

Voici donc en avant-première mondiale – et en avant dernière, espèrent certains – le spot de pub que j’ai réalisé moi-même pour Aria des Brumes.

Voilà. Ceux qui me fréquentent savent que j’ose tout et que c’est à ça qu’on me reconnaît. Les autres… ben, maintenant vous êtes prévenus.
Bon, je m’entraîne pour quand j’irai recevoir mon Lion d’Or à Cannes (c’est les palmes des pubards, renseignez-vous). Donc, je remercie toute l’équipe, les peluches de mes fils pour leur patience et leur talent de lectrices, les appareils photos Canon pour leur fonction caméra et la prise de son qui grésille façon aéroport, Microsoft Movie Maker pour ses transitions à la truelle, et bien sûr le canapé pour son soutien tout au long du tournage. Ah, et notre Président pour son nom dans le titre qui fait venir du monde.

Ouf. J’ai été bien ?

C’est comme ça, pis c’est tout !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 14 janvier, 2008
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L’auteur a beau ne pas se prendre pour une crotte, il n’en est pas moins Dieu (voir un billet déjà lointain). Et comme tout dieu qui se respecte, à l’occasion il va faire un tour dans sa création (attention, blague : pour ne pas s’y paumer, il laisse des repères, genre une croix). Parfois, ça lui colle un frisson dégoulinant sur le mode du « Wouaouuu ! c’est moi qui ai fait ça ? ». Et parfois non.

Il y a un moment (je parle pour moi, mais d’autres écriveurs confirmeront peut-être) où le bouquin finit par vous piétiner un peu les nerfs. Même le titre ne veut plus rien dire : c’est une sorte de bruit casse-pieds qui revient tout le temps, un peu comme la sonnerie du réveil qui s’obstine, toutes les dix minutes, à vous rappeler que la vie n’est pas un rêve.
Avec Aria des Brumes, j’en était arrivé à ce point. En plus, l’idée de ce blog, l’engagement tacite de vous en parler au moins jusqu’à sa parution, n’arrangeait rien à l’affaire : pas moyen de me débarrasser de ce titre. Et puis le doute, aussi. Se demander si c’est un roman ou une grosse bouse suintante. Se dire que tout le monde va voir que c’est écrit par un singe aléatoire à qui on a confié un clavier et l’éternité, mais qui n’a pas réussi à produire tout Shakespeare (gag culturel). Et la trouille des experts proclamés qui vont dévoiler, triomphants, que j’ai piqué telle idée dans un bouquin dont j’ignore même le titre mais que tout le monde semble avoir lu, ou telle autre dans un film que j’ai effectivement vu, mais dont je ne me rappelais pas consciemment jusqu’à ce qu’on me mette élégamment le nez dedans… Bref, le stress de la parturiente alors que personne ne lui dit plus de pousser (mais qu’est-ce qu’ils font ? pourquoi ils se taisent tous ? c’est si moche ?).

Et donc, j’ai feuilleté Aria, en livre vrai, quelques jours après avoir reçu mes exemplaires à retourner signés pour les services de presse (certains passants de ce blog s’y retrouveront). Eh bien ma foi, toute modestie mise à part, je l’ai trouvé pas mal du tout.

C’est vrai, j’ai fait des choix en cours d’écriture, mais je m’aperçois qu’ils tiennent la route. Comme d’écrire au présent. Je ne suis pas expert en analyse littéraire, mais je trouve que ça donne une impression d’immédiateté, d’instantané. Dans ma tête, en écrivant, je sentais que je ne pouvais pas m’autoriser certains des artifices littéraires que le passé permet, ces explications ou retour en arrière sur un contexte, ou un personnage.
Au présent, je ne peux raconter que ce qui se passe, là, à cet endroit précis. Cela joue beaucoup sur « l’honnêteté » de la narration. Il n’y a pas de narrateur omniscient qui vient vous préciser ce que vous avez besoin de savoir pour comprendre de quoi il retourne. Et pourtant, c’est ce que j’adore, dans les bouquins de John Irving, par exemple (cette façon de commencer par un détail qui s’étend dans toutes les dimensions de l’espace et du temps). Eh ben là, j’ai pas pu, juste à cause du présent. Alors j’ai fait autrement, à ma façon !

Aussi, quand on suit un personnage, on ne voit que ce qu’il voit (exemple : il passe du temps dans une pièce sombre, et ce n’est que lorsqu’il en sort qu’il découvre le décor, lorsque la lumière extérieure entre par la porte ouverte). Pareil pour l’univers d’Aria (cette planète d’un futur lointain). Elle est décrite, mais à hauteur des personnages, c’est à dire selon leur point de vu et ce qui fait sens pour eux. S’il s’agissait d’un roman actuel, quand le héros saute dans sa voiture, irais-je décrire le principe de la voiture (des roues, une carrosserie, un moteur à explosion qui transporte son carburant et rejette des gaz brûlés) ? Non, bien sûr. Tout au plus préciserais-je le modèle et la couleur, si ça a une importance dans l’histoire. Alors sur Aria, les véhicules, les appareils, les bâtiments… existent dans ma tête, mais s’ils n’ont rien de particulier pour les personnages, vous ne les « verrez » pas plus dans le bouquin que ce qui est nécessaire pour l’histoire. J’intransige, je sais, mais c’est comme ça que je l’ai écrit. Point.

Voilà, je voulais vous le dire. Vous êtes prévenus : Aria des Brumes est un roman intransigeant, quoique de pure SF.

Venez pas me gratter sous le genre !

Posted in Lecture par Laurent Gidon sur 11 janvier, 2008
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Il faudra vous y faire, à partir de dorénaguère je m’en vais vous coller la couverture dans chaque billet. À vous d’aller en librairie pour voir ce qui se cache derrière, et toc ! (au moins, on ne me reprochera pas d’être biaiseux dans mes incitations à l’achat ; le second degré et moi ça fait un drôle d’angle).

Et si on parlait d’autre chose qu’Aria des Brumes. Allez, topons-là !

Attention, scoop, accrochez-vous à vos œillères : non content d’être un écriveur qui écrit, il m’arrive aussi de lire. Ouais. Des vrais livres, hein ? avec pas d’image et autant de pages que dans le Bottin (un petit Bottin, disons celui de la Creuse). Et même parfois des livres de grande littérature, pas des trucs imaginaires à faire rêver les moins de douze ans. Pourquoi vous raconter ça ? Que vous vous en doutiez ou vous en foutiez, mon statut de lecteur n’a rien d’émoustibloguant. Et pourtant…

Par exemple, le dernier Bottin que je viens de me taper et que je m’apprête à vous commenter vient fort à propos en illustration d’une idée qui m’est chère : les genres, je m’en fous ! Mais d’autres ne s’en foutent pas, les coquins, qui n’osent nous vendre de la SF pur sucre et nous la maquille en Aspartam littéraire (je sais, je suis le king du procès d’intention, et ce n’est pas fini).

Donc, « Chronique des Jours à venir », de Ronald Wright, chez Actes Sud. Je l’ai lu, et j’ai à moitié bien fait.
D’accord, ce n’est pas d’aujourd’hui, ni même d’hier, puisque la traduction d’Actes Sud date de l’an dernier et la sortie originale au Canada de 1997. D’accord. Mais j’ai envie de parler de ce livre dans un contexte où les littératures dites « blanches » me paraissent de plus en plus chiantes (je généralise, bien sûr, j’ai le droit je suis chez moi) et les littératures « de genre » de plus en plus oubliées ou dénigrées (pareil, c’est trop général).

Alors, sur les Chroniques…
Donc voilà un gars qui se réclame d’HG Wells et de l’appellation originale de ce type de « romans scientifiques » (scientific romance, nom du genre à la fin du XIXème siècle et titre du bouquin en VO) pour nous servir de la SF sous couvert de littérature.
Et il fait bien, parce que de la SF, il y en a dans son (gros) bouquin, mais hélas de la littérature aussi, beaucoup. Tactiquement, c’est imparable, vous verrez pourquoi.

Le pitch : à l’aube de l’an 2000, un type croise un canular concernant la machine à remonter le temps de Wells, puis la machine elle-même, s’en sert pour aller voir cinq cents ans dans le futur, lequel futur n’est qu’une vaste jungle mangrove où serpente la Tamise sans le moindre petit d’homme dedans. Pourquoi ? Comment ? C’est tout le sujet SF du book, et il tient sacrément la route.

La où le bât blesserait si je n’étais d’un naturel accommodant, c’est que cette histoire âpre et forte se noie dans des croisements sans fin avec les souvenirs amoureux et les questionnements sentimentaux du bonhomme, seul en scène pendant les 3/4 des pages. C’est érudit, bien écrit, bourré de références et de citations propres à faire classer le tout en « littérature », mais d’un chiant…
Voilà pourquoi je voulais en parler. Le gars Wright sait écrire, et très bien. Son personnage est archéologue, ce qui lui permet de nous exhumer les traces de notre futur de façon tout à fait convaincante. Mais je le soupçonne, pour éviter d’être classé en rayon SF et donc ne pas dépasser les 1500 ex vendus, d’avoir fait un deuxième bouquin « littéraire » entrelardé avec le premier, épuisant toutes les lourdeurs de la « non histoire » (on dirait du Angot). Si c’est fait exprès, c’est réussi !

Vous inciterai-je à le lire ? Oui, parce que toutes les histoires de fin du monde qui ont un peu de répondant valent leur pesant de bésicles. Mais alors, si les atermoiements du héros vous gonflent, sautez, sautez allègrement, l’intrigue n’y perd rien.

Pourquoi vous raconter ça ici ? Parce que, de nos jours, on ne peut plus écrire tranquillement de la SF sans être casé dans un reléguoire sans lumière d’où ne viennent nous dépoussiérer que quelques rares lecteurs de Bragelonne qui veulent se faire des émotions en sortant de la Fantasy balisée (je caricature, comme toujours).
Parce que les grands auteurs de littérature blanche qui se fourvoient (je carixagère, comme d’hab’) à écrire de la SF (« La Possibilité d’une île », « le complot contre l’Amérique », le tout récent « La route » de Cormac McCarthy) nous sont toujours vendus comme des romans « forts, visionnaires… » mais jamais comme ce qu’ils sont : de la bien grosse SF qui tache, souvent bien écrite et même parfois intéressante. Mais pas un mot, faut pas le dire, c’est dans le rayon coup de cœur. Comme si les lettres S et F devaient être bannies, non seulement du discours des éditeurs, mais aussi des médias qui continuent d’ignorer le genre même lorsqu’ils en ont un pavé sous les yeux (la preuve ? lisez l’article en lien sur le titre des Chroniques, plus haut : ils vont jusqu’à dire que « Ronald Wright embrasse de multiples genres » sans avoir les lucioles de préciser SF, ce qui me brises les miennes menu).
Mais surtout parce que, pour Aria, déjà que je vais me tirer les commentaires sur « les auteurs pour la jeunesse ne sont pas de vrais auteurs », je sens, je sais, que vont s’y ajouter les a priori sur « la SF c’est pas de la vraie littérature ». Alors Prout ! Aria des Brumes, c’est de la SF, mais désolé, j’ai essayé de l’écrire aussi bien que si cela n’en était pas. Et j’espère que les faiseurs d’opinion à qui je viens de le dédicacer par douzaines le liront ainsi, avant de le rentrer au chausse-pied dans une case sans pointure. Re-Prout !

Je ne vous demande pas ce que vous en pensez, je sais que vous allez me le dire.

Ayé, l’est là !!!

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 9 janvier, 2008

Juste un petit mot pour vous dire ma joie et mon bonheur de Papa comblé : il est arrivé !

Dans un carton, livré par la Poste (on ne remerciera jamais assez la Poste comme pourvoyeuse des joies qui nous étreignent), et à une trentaine d’exemplaires. Ma femme est assez fière aussi.

275 g, 20 cm x 13 sur 19 mm d’épaisseur, des mensurations à tomber. Je l’ai mis dans ma bibliothèque (un premier roman, il faut le voir porté pour vraiment se rendre compte) et il lui va bien.

Tenez, je ne résiste pas au plaisir de vous remettre la couverture :

Edit : en plus, là vous avez la vraie couv définitive du vrai livre tel qu’il est dans la réalité vraie, c’est vous dire votre chance ! 

Maintenant, vous attendez encore une grosse semaine, et vous allez demander le même en librairie. Venez de ma part, on vous servira bien.

Tirons la couverture

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 7 janvier, 2008
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Puisque nous avons un janvier tropical et que la mousson m’empêche d’aller skier, retour sur les événements passés.
Cet été par exemple, en dehors de quelques coups de soleil, j’ai reçu un mail qui m’a fait un sacré choc. Vous allez me trouver bien émotif, mais quand même…

Qu’est-ce donc qui allait me décoller la pulpe comme ça, en pleine saison des maillots, des roucoulades plagiques et des véliplanches bien secouées dans les vagues ? Rien d’autre que le premier projet de couverture pour Aria (des Brumes… « Aria des Brumes », c’est le titre). Le beau Navire voulait juste savoir si ça me convenait.

Bon, le choc, ce n’était pas la couverture elle-même (encore que… elle était bien, forte, tout ça, mais pas choquante), c’était le simple fait qu’il existe une couverture. Que des graphistes s’étaient pris le trognon pour lui donner un visage, à mon Aria. Parce que, depuis le temps que je travaillais dessus, ce roman n’avait pas encore dépassé le stade de l’octet au kilo dans mon PC (à la limite, quelques pixels fuyants sur l’écran). Et là, d’un coup, Bam ! une couverture ! ! ! Du visuel, de l’existant.

Si j’étais parfaitement honnête, je tiendrais compte du fait qu’il ne s’agissait encore que d’une pelleté de pixels envoyée par mail. Mais l’honnêteté n’est que le manteau rapiécé de ceux qui ne savent pas mystifier leurs contemporains, et moi j’ai une couverture, et toute neuve en plus.

Là, il faut quand même que j’admette un truc : j’avais une idée pour la couv’. Oh, pas une idée du siècle… juste une idée à moi. Je vous la dis ? Je vous la dis.
On aurait vu une sorte de personnage noir, très mince, à la Giacometti, qui surgirait de la brume. Un peu comme le squelette métallique du Terminator sortant du camion en flamme à la fin du 1. Sans les yeux rouges.
Les graphistes du Navire ont eu une idée vachement autre (et vachement plus Navire). Et franchement, à part une clé dans le dos du personnage, leur idée m’a bien plu. La clé me plaisait aussi (un personnage à la recherche de son libre arbitre et qu’on remonte comme un lapin Duracell, ça me faisait marrer) mais il y avait un côté trop concept pub, distanciation ironique, second degré, marketing éditorial, clin d’oeil en douce au lecteur qui passe… bref, ils ont enlevé la clé.

Voilà, maintenant, la couverture c’est quelque chose comme ça :


Enfin, la dernière version que j’ai eue. Depuis, avant qu’elle parte se faire imprimer la face, elle a pu changer un peu. Il y a peut-être eu des ajustements de couleur (surtout dans la typo du titre) du lissage de détail, mais en gros on tient le bébé. Vous en dites quoi ? (lâchez-vous, tout’façon c’est fait)
Maintenant, que je me sois amusé un peu avec ‘toshop, rien de grave (et puis je vous rappelle que l’auteur est Dieu, et que Dieu a bien le droit de touiller sur ‘toshop pour se tirer la couverture à lui). J’ai sorti ça :

Je sais, les droits sur Giacometti, le respect dû aux œuvres de vrai art, les graphistes pro qui vont me sortir les canons sur le pont du Navire, tout ça… Monsieur l’auteur, ça va pas être possible. Je sais ! Mais quand vous lirez Aria, que vous croiserez un certain Carl qui peine à sortir de la brume, sachez que je me l’imagine un peu comme ça, et merci Alberto.
Allez, à la prochaine.

Edit : tenez, y a pas que moi, même Pierre Assouline met du Giacometti dans son blog.

On avance, on avance… (comme les Rois Mages)

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 4 janvier, 2008
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Bonjour à tous, et bon début d’année !
Après un intermède polémique, festique et gastroentérique (Mort aux huîtres !), reparlons un peu de ce qui nous taquine, ce phénomène littéraire à venir que même Dan Brown, Agatha Christie et la Bible (laissons Stephen King en dehors du coup, c’est un pote) se demandent comment il vont faire pour vendre plus à travers le monde : Aria des Brumes.

Vous avez vu le gentil message du Navire ? L’air de rien, comme ça, au milieu des vœux, l’info que « Aria est arrivée ».
Ah bon ? Il était parti ? Mais où cela donc ?
Ben… chez l’imprimeur, Hé truffe cornue ! Bon, je ne l’ai pas encore vu (vous connaissez maintenant mon attachement de pitbull à court de Tranxène pour cet opus, mais en fait non, je ne campe pas sous les fenêtres de mon éditeur) je ne fais donc qu’imaginer : cela doit ressembler à une belle pile de cartons sentant bon la colle et l’encre fraîche. Une odeur qui a vérolé les sinus de quelques générations d’ouvriers d’imprimerie, mais que je me sens pourtant prêt à poétiser dès qu’il y a mon pseudo sur la couverture… l’homme est pétri de contradictions, heureux celui qui sait vivre avec les siennes.

Que va-t-il leur arriver, à ces jolis cartons ?
On ne va pas se taper un cours de rattrapage sur la chaîne du livre, mais sachons juste que la plus grosse partie s’encourt déjà vers les stocks du distributeur/diffuseur, les bien nommées Belles Lettres (oui, mon éditeur passe par un diffuseur, pas un vendeur à la criée), alors que quelques exemplaires amoureusement choisis vont m’être adressés pour que j’y appose un paraphe dédicatronix afin d’en personnaliser l’envoi aux faiseurs d’opinions devant lesquels je m’écrase ici bien bas (Ô Grands Faiseurs qui savez combien tout dépend de Vous, acceptez mon humble hommage en frontispice de ces quelques pages…), mais j’en garderai un ou deux (dix ou vingt ?) pour faire ma promo localement, auprès des gentils publics amis dont je m’enorgueillis.
Et si vous trouvez cette phrase un peu longuette, sachez que moi aussi.

Voilà voilà. Aria est arrivé, et comme cadeau, je dois dire que ça me frétille de partout. En plus, on coiffe les Rois Mages au poteau, ce qui ne leur retire pas un pou ni ne me transcende, mais quand même…
La suite bientôt.

Sinon, côté blogs, Ecaterina change de PC mais garde le moral, Magda en remet une couche bien documentée à la sauce expérience perso sur les éditeurs et la loi de 49, Wrath fait du vélo sans être en colère, ce qui lui va bien, Tietie nous dit tout sur l’année du rat, Pibole se remet au clavier, Posuto (ou Kiki) nous la souhaite bonne et heureuse (encore que… en fait si), Blandine nous fait partager sa galerie de voeux reçus (il y a ceux du Batô), Irène joue aux échec en creative commons et c’est gentil, Marco passe avec succès le cap de la critique BD, Eric et les Précaires nous la souhaitent comme on la fera (ce qui make sens), quant à Zali, il reste très Zali et c’est tant mieux !


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