Comme ça s'écrit…


J’ai un voisin qui a un Oscar !

Posted in Lecture par Laurent Gidon sur 11 mars, 2008
Tags: , , , , ,

Bon, ce n’est pas vraiment un voisin, juste un gars du coin qui a son nom sur des enseignes de magasins à la Clusaz, là où je vais faire des traces dangereuses quand la neige est tombée.

Mais quand même, il fait de la pub, écrit des livres… et a gagné un Oscar (donc ce n’est pas moi, c’est Philippe Pollet-Villard)… ça rapproche.
Dans l’interview qu’offre de lui Culture Café, il dit des trucs intéressants sur la supposée « souffrance de l’écrivain ».

Culture Café : Est-ce difficile d’écrire ?
Philippe Pollet-Villard : Si cela l’était, je ne le ferais pas ! Je suis venu tardivement à l’écriture, personne ne m’y obligeait, même pas moi-même ! Et puis, en outre, je n’y crois pas à cette idée de souffrance dans l’écriture. Je pense que si les gens souffraient vraiment, ils n’écriraient pas. On aime peut-être l’idée de souffrir, mais la véritable souffrance empêche de réitérer l’expérience.

Vous savez quoi ? Je trouve qu’il a raison. Mais pour avoir l’air sérieux, il veut mieux ne pas dire qu’on écrit pour le plaisir. Alors qu’exprimer une souffrance, écrire parce que ça fait mal, dire qu’on est obligé sinon c’est trop dur, ça c’est classe. Et ça passe bien à la télé.

Sauf que, comme dit Pollet, si c’était dur comme certains le racontent, je leur laisserais tout le boulot au lieu de me faire du mal à encombrer avec ma propre production.
Vous le savez déjà, perso, je m’éclate à scribouiller. De tout, nouvelles, pages de blog, plaquette institutionnelle de grande enseigne du store (ouais, ça aussi, correctement torché ça peut être plaisant) et second roman bien sûr. Sauf que là, je bloque sur le chapitre 12… et c’est pas avec onze chapitres et demi que je vais ramener un Oscar. Pourtant, j’ai planté un vache de décor, monté une grosse arnaque avec plein de ficelles pas si grosses, délicatement posé mes personnages dans une mouise planétaire… et puis non, j’arrive plus.
C’est pas une question d’imagination (je sais comment les sortir de là, c’est moi qui les y ai mis, quand même !), même pas un coup de flemme (qui frappe toujours deux fois), plutôt l’angoisse de la page pleine. En gros, je sais ce qui va se passer dans les quatre ou cinq derniers chapitres, et c’est gluant à écrire. Tout est déjà résolu dans ma tête, pas besoin d’en faire 150 pages. J’ai les pattes qui collent au clavier, je tergiverse, je détourne, je blogue aussi un peu… Vous feriez quoi, vous ?

Publicités

13 Réponses to 'J’ai un voisin qui a un Oscar !'

Subscribe to comments with RSS ou TrackBack to 'J’ai un voisin qui a un Oscar !'.

  1. Pibole said,

    … je souffrirai
    Parce que c’est ça la fameuse souffrance, qui n’en est pas une. On se met dans une galère, personne nous le demande, on a son intime conviction que l’on tient quelque chose, et puis quoi, on va pas les laisser patte en l’air ses personnages, enfermés dans un vaisseau stellaire qui fonce direct dans un trou noir.
    Alors, on sue à grosse goutte, on a envie de faire autre chose, tiens, ranger le grenier, ou la cave, mais on sait bien que faudra y retourner. là, devant son écran.
    Mais plus sérieusement, si tu t’ennuie à écrire un passage, il y a toutes les chances que le lecteur s’ennuie aussi.
    ça veut dire que ton histoire ne te surprend pas. Essaie de la relire, pour y voir les ressorts cachés, ceux que tu n’as pas vus. Peut-être là est la solution pour redonner du désir et de la vie à ce mauvais passage.

  2. Don Lorenjy said,

    Ah… me disais bien que c’était de ma faute. Zut de zut, faut déjà refaire la fin avant même de l’avoir écrite. Tu sais quoi Pibole ? Tu devrais faire éditeur !

  3. Posuto said,

    Et si tu essayais d’écrire le dernier chapitre tout de suite ? Peut-être qu’en le faisant tu te rendrais compte de ce qui ne va pas, de la petite poussière qui s’est incrustée (je ne sais pas moi, une résolution trop…trop, ou un personnage avec un ressort psychologique trop…trop, ou une sorte de morale cachée un peu trop…trop ?) Je vois deux solutions : soit tu mets les mains dans le cambouis tout de suite pour trouver la panne, soit tu attends que la température extérieure baisse, que ça macère bien gentiment dans ton crâne pour repartir avec plus de peps. (une autre possibilité est la visite de l’Ange Gabriel, avec des trompettes, encore que, en général, son truc c’est bouter les anglais, ah non c’est pas lui ?)
    Kiki (compatissante) 🙂

  4. nathalie said,

    … je m’offrirais une pause méritée! 😉

  5. Magda said,

    t’en as de la chance! l’angoisse de la page pleine? moi j’écris en vidant des litres d’encre électronique, et puis je bouquine un truc incroyable (comme le livre d’alice ferney, là) et après, j’ai envie de tout jeter. Ouiiiiin!

  6. Don Lorenjy said,

    Andzewinneriz : je prends la pose (merci Nathalie).
    Ensuite seulement j’appliquerai tous les autres bons conseils (notamment me remettre au Alice Ferney qui hante mes étagères…).

  7. Citrouille said,

    A défaut d’Ange Gabrielle, c’est une Citrouille qui va venir te botter les neurones !

  8. Don Lorenjy said,

    Citrouille ? Allô… Citrouille ? Je ne te capte pas bien…
    Bon, j’ai l’impression que nous avons un problème de liaison et qu’en conséquence nous devrons nous passer de la proposition de Citrouille. Dommage.

  9. EmmaBovary said,

    Ben, si des fois on souffre un peu quand même… On est content d’écrire et d’un coup, il y a un truc qui ne passe pas, un machin qui bloque, un xsqunxdt!! qui nous emm… Mais ensuite, quand tout rendre dans l’ordre, qu’est-ce qu’on est bien au milieu des pages qui s’écrivent!
    Je crois que s’ennuyer est la pire des situations !

  10. Malena said,

    Mhaaa que t’as de la chance Don, t’as ça dans le sang, mouarf ! (je viens de découvrir cette expression et j’aime bcp, j’l’utilise à toutes les sauces… dsl…)

    Bein si j’étais toi, je ne me laisserais pas aller à la fainéantise… Tu sais ce que vont devenir tes persos, et bien change radicalement de point de vue, fais l’inverse, comme a dit Pibole, surprends-toi !

    Pour ce qui est de la souffrance, je ne crois pas… Perso j’écrirai pas si ça me coutait tant que ça (j’suis bougnate, c’est pour ça… 😉 ). Je crois que c’est avant tout un besoin pour moi… faire passer des émotions, des messages, en gros échanger avec les autres par ce biais-là !

    Au fait, j’ai lu jusqu’à minuit et demi Aria des Brumes hier soir, quand je me plonge dedans impossible de relever le nez jusqu’à ce que je tombe littéralement de fatigue… Pfffff t’es chiant d’écrire des trucs aussi bien !

    Bizzzzzzzz ! 😉

  11. Don Lorenjy said,

    Aaaaah, Aria des Brumes, que de bons souvenirs…
    Bon, j’ai obéi : à force de pousser le chapitre 12, il a fini par avancer un peu.
    Merci de votre soutien, les gens bien !

  12. dasola said,

    Bonjour, en parlant de ça, il faut voir le Mozart des Pickpocket pour lequel P. Pollet-Villard a reçu l’Oscar: c’est sympa comme tout. Les deux autres court-métrages sont aussi une réussite. Bonne journée.

    • Don Lorenjy said,

      Faut que je cherche : on le trouve sur Ternet ?


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :