Comme ça s'écrit…


Vos avis sur Aria (deuxième clap)

Posted in Lecture par Laurent Gidon sur 25 mars, 2008
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Il y a quelqu’un, à qui le Navire avait adressé un exemplaire d’Aria des Brumes personnellement dédicacé par mes soins attentifs, quelqu’un qui avait publiquement mis le livre dans ses lectures à venir, quelqu’un dont je redoutais le jugement parce que, ma foi, c’est une personne dont je respecte aussi bien les engagements que la précision dans la critique. Ce quelqu’un c’est Blandine Longre qui nous fait l’honneur de passer de temps en temps sur ce blog.

Je vous la fais courte : fini la redoutation, l’article de Blandine sur Aria des Brumes est paru dans Sitartmag, le tout bon tout beau magazine culturel en ligne. Sous le titre Philo-fiction en plus. Un nouveau genre, ou alors je n’étais pas au courant, mais qui me va bien parce que le label Science-Fiction colle à ce livre comme un badge peace and love au blindage de Dobelyou.

C’est vrai, je l’avoue, question science je n’ai pas dépassé le stade primaire, pour ne pas dire primate. Question philo aussi, d’ailleurs, ce qui ne m’empêche pas de me poser des questions (même si les réponses font rigoler mes potes, mais ce sont mes potes, ils peuvent). Après, que j’ai pris ces questions pour en faire tout un roman, et que Blandine Longre l’ai lu et commenté, c’est une autre histoire qu’elle est belle.

Sachant que vous allez courir tout bavant lire la critique là où elle se trouve, je ne résiste pas au plaisir de vous en glisser les bonnes lignes dans une vaine tentative doublonnatoire (parler deux fois de moi, est-ce en parler deux fois mieux ?). Donc, après avoir magistralement résumé l’histoire sans rien dévoiler de dommageable au plaisir futur d’un éventuel lecteur – il faudra d’ailleurs que je m’arrête un jour sur ce talent qu’ont certains critiques de ne pas reprendre texto la quatrième de couverture pour présenter une vision personnelle du livre qui ne crame rien de l’intrigue – Blandine se lance :

Carl est un « héros » déstabilisant auquel on ne s’attache pas vraiment, malgré son rôle important dans l’intrigue – car qu’est-il véritablement ? Homme ou machine ? Un hybride, assurément, que l’on a du mal à voir comme un être humain…

Donc je note pour une prochaine fois : rendre le héros plus attachant. Blague à part, c’est utile. J’avais tellement voulu éviter le « premier roman qui ne parvient pas à se défaire de l’autobiographie » que j’ai peut-être trop désincarné le héros, pour être sûr que ce ne soit pas moi. Le trop étant l’ennemi du pas mal, j’aurais pu mieux faire. D’autant que…

… son évolution est certes au cœur du récit – qui se fait alors roman d’apprentissage), mais c’est d’autres qu’on apprécie davantage, les habitants de cette planète presque harmonieuse (ou qui tend à l’être) : Shepher, Loubiane (la fermière télépathe) ou encore Ston’Faro, fidèle en amitié.

Voilà. Si je peux rendre les sidekicks sympas ou au moins intéressants, pourquoi ne pas mieux bosser sur le héros, hein ? C’est noté.

Autre point faible, né d’une recherche de cohérence, certains passages sur des personnages mornes et chiants sont… mornes et chiants. La preuve, tel que dit gentiment pas Blandine :

On s’amuse aussi de l’indécision et de la passivité de ceux qui sont accoutumés à tempérer leurs émotions (furets obligent !), ce qui donne lieu à quelques scènes de débats démocratiques (où chacun a droit à la parole) qui virent parfois au ressassement et aux tergiversations de toutes sortes…

OK… Il ne fallait pas les inventer comme ça (après tout, rien ne m’y obligeait), ou alors ne pas rendre compte de tous leurs atermoiements. Enfin… si je veux tenir intégralement compte de l’avis de Blandine, parce que je me souviens m’être bien amusé sur ces scènes proches du ridicule, où des êtres aux pouvoirs étonnants sont bloqués par leur incapacité à se penser en « acteurs ». Nuancer, peut-être, ou au moins élaguer… Merci Blandine.

Et pour finir, ce qui m’a fait encore plus plaisir :

Un premier roman réussi, inventif, qui nous en dit long sur les pulsions humaines et la résilience de la psyché.

Yep ! C’est agréable, non ?

Si d’autres que Blandine ont des avis, n’hésitez pas. On prend tout, même les lynchages. J’ai lu sur un forum qu’Aria n’avait aucune originalité et qu’on s’ennuyait ferme en le lisant. Je le répète ici juste pour rappeler que je ne prétends pas au chef-d’œuvre planétaire. Juste de la Philo-Fiction (copyright Blandine Longre), honnêtement troussée, avec une certaine marge de progression pour le suivant (qui progresse lui aussi). A bientôt.

6 Réponses to 'Vos avis sur Aria (deuxième clap)'

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  1. Blandine said,

    Bel exemple d’analyse d’une analyse !
    Une précision, cependant… Quand je parle de « ressassement » et de « tergiversations de toutes sortes », ce n’est pas nécessairement négatif (au contraire, ces passages dialogués, ses discussions, bien menées, où l’on sent que chacun essaye de retarder le moment d’agir, m’ont amusée… )
    Même chose pour le personnage de Carl – rien n’oblige un héros à être attachant… (il y a parfois des héros détestables qui font d’excellents romans) en tout cas, cela ne m’a pas gênée et justement, cela participe du personnage lui-même, qu’il soit un peu froid. C’est en tout cas très cohérent.
    Bon. On attend le suivant, à présent !

  2. Don Lorenjy said,

    Ouf, merci encore chère Blandine : j’avais peur d’avoir raison en écrivant « mornes et chiants ».
    Quant au suivant… il s’appelle toujours « le suivant » et n’a que 13 chapitres pour l’instant, ce qui n’est pas assez.

  3. Marco said,

    Pour ton héros, je ne vois pas le problème non plus: tu as pris l’option « héros-pas-trop-envahissant-qui-permet-au-lecteur-de-s’identifier-sans-difficulté », ce qui, pour découvrir une planète inédite avec ses communautés et ses furets, est forcément mieux que l’option « héros-surprésent-hyper-attachant-et/ou-haïssable-
    avec-pouvoir-d’aimantation-sur-le-lecteur », plus adapté au terrain déjà connu (le tome 2?). Enfin, moi c’que j’en dis…

  4. Malena said,

    Wahou quelle critique ! Moi je viens d’écrire la mienne sur mon blog :
    Et ce n’est pas de la même trempe que celle de Blandine (que j’admire et de qui je ne veux surtout pas me comparer ^^ 😉 ).

    Bizzzzzzz

    Malena

  5. Don Lorenjy said,

    Marco, un tome 2, comme tu y vas… bah, pourquoi pas, si des lecteurs le demandent (entendez-vous la fausse modestie qui m’étouffe à juste titre ?). Vas-y lecteur chéri, demande-moi tout !
    Tenez, des lecteurs comme Malena… J’en veux plein tout plein : quand on dispose d’une telle qualité, on peut se permettre de penser à la quantité. Merci Malena !

  6. Blandine said,

    Je réponds à Malena sur son blog !


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