Comme ça s'écrit…


Table rase

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 12 septembre, 2008
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Aujourd’hui je fais ma chochotte. Je me dissèque le nombril et tant pis pour vous, visiteurs adorés.

Hier, enfin… un autre jour, j’ai fini mon troisième roman. C’est bien, c’est super, je suis vachement content et vous aussi, pour sûr.
D’abord je l’avais écrit tout bien, pendant les vacances (comme Fred Vargas, presque). Ensuite je l’ai relu, fait relire, laissé reposer, relu encore, corrigé et c’est marre. Ensuite j’ai tenté de l’envoyer intelligemment à des éditeurs, avant de m’apercevoir que j’avais tout foiré comme une chèvre, puis j’ai rattrapé le coup, et c’est parti, basta.
Les éditeurs n’ont pas encore répondu, ce qui prouve que Wrath a raison (bon, c’était il y a deux jours, ils n’ont peut-être pas encore ouvert l’enveloppe, mais ils auraient pu m’appeler, ils ont mon numéro, tout de même !).

Et après ?

Ben… rien.
Djeeb le Chanceur vit sa vie qui n’est pas la mienne. Quand on a balancé le manuscrit dans la nature, y a plus rien à faire.
Ou alors autre chose.

Ouais, commencer autre chose, une idée qu’elle est bonne !
C’est là que je me mets à faire ma mijaurée.

Commencer autre chose, quoi qu’on fasse, ça ne part pas de rien. Ce serait trop facile. L’imagination, la magie de l’inspiration, tout ça, que pouic. Il y a toujours quelque chose avant.
Une idée qui traîne ? OK, une idée qui traîne, par terre, dans le caniveau, là où on n’a pas envie de la ramasser, d’ailleurs c’est pour ça qu’elle traîne là. De quoi se générer un bon gros enthousiasme. Passons.
Ou alors une envie née pendant l’achèvement du projet d’avant… Mais née de quoi ? Des frustrations du projet : ce qu’on fait empêche de faire autre chose, alors on range dans un coin, pour plus tard. Sauf que dans son coin, ça vieillit, ça prend la poussière, ça rancit. Faudra faire avec.
Ou alors des bribes de trucs commencés pas finis. Qu’il faudra bien finir un jour. On essaie, on rajoute une ligne pour voir comment ça vient, comment ça sonne. Ça sonne pas, ça vient pas. On cherche un autre truc.

Pourquoi ? Après tout, personne ne me demande rien. Si ? Alors demandez plus fort, ça capte pas !
Sinon quoi ? La peur du vide. Faut faire autre chose, vite !
Vous pouvez me coller sur quatre cents mètre de falaise ou au sommet d’une tour, je regarde en bas sans frémir. Mais le vide d’après projet fini, ça, ça me les secoue. Je me sens en vrac. Je serais prêt à sauter sur un synopsis de collection Arlequin pour en tirer trois cents pages sans sortir du guidon. C’est grave Docteur ?

Oui, un peu. Alors je ramasse les bribes d’envies qui traînent et je les malaxe un peu, histoire de voir quel mortier ça va faire, quelles briques ça va pouvoir tenir. Pour la toiture, on verra plus tard.

Voilà, c’est ça. Quand on a fini, on ne fait pas naître un nouveau projet : on relève des ruines.

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