Comme ça s'écrit…


Ravalement de burqa

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 21 avril, 2009
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Il y a des gens qui ont du talent, quand même ! Et l’énergie de s’en servir.
Prenez Philippe Caza : incroyable ! Avec la carrière qu’il a déjà derrière lui, il pourrait se retraiter heureux et regarder le monde s’enfoncer en se disant qu’il a déjà bien assez œuvré au renflouage pour se reposer un peu. Eh bien non. Il continue. Je ne suis pas chez lui, mais j’ai l’impression que tous les jours, il y a quelque chose qui l’énerve suffisamment pour qu’il retrousse les manches et balance sa colère dans un dessin. Un dessin avec du talent. Un dessin qui en dit plus que mille mots, et mieux, avec des couleurs.
Et comme ce n’est pas le dessinateur égoïste dans sa tour d’y voir, il partage. D’ailleurs, si vous ne connaissez pas ses lettre ouvertes (LO pour les intimes), numérotées déjà à hauteur du 299, ne perdez pas plus de temps : lisez-les anciennes ici, et abonnez-vous aux prochaines. C’est gratuit, mais pas sans effet sur la santé (mentale).

Pour revenir aux dessins (oui, dans les LO il n’y a pas que des lettres : quelques chiffres aussi, et des dessins), en illustration d’un texte de Taslima Nasreen, il y avait cette femme prise dans une burqa de briques.

© Philippe Caza

burka

Saisissant ! En quelques traits et presque une seule couleur, Caza a réussi à résumer tout ce que des siècles de conneries paroles répétées et déformées à l’envie ont pu faire de l’image de la femme pour certains hommes. Une menace, qu’il vaut mieux enfermer sous le plus solide des voiles pour éviter qu’elle ne répande le bonheur autour d’elle. Parce que le bonheur c’est sale, ça pue, ça donne envie de vivre au lieu de mourir. Conneries !
D’ailleurs, et c’est la force du dessin, on pourrait presque croire que c’est la femme qui, pour se protéger de tant de connerie, s’est blindée derrière ses briques.
Ça ne change rien : que ce niveau de séparation homme-femme soit exigé par les hommes ou vital pour les femmes qui vivent avec de tels hommes, ils ne sont pas près de se retrouver.

Et si vous regardez bien, aux USA c’est en train de devenir culturellement la même chose. Dès l’adolescence, filles d’un côté (Pom-pom girls et chick lit), mecs de l’autre (vestiaire suant et American Pie), en interdisant tout contact jusqu’au mariage, lequel mariage ne devient plus qu’un contrat entre deux parties qui s’ignorent et se sépareront dès non-respect d’une des clauses (voir quelques scènes de Burn after reading). Deux espèces séparées, réunies par un hasard génétique qui leur permet de procréer (donc ce ne sont pas deux espèces différentes, je sais, mais c’est une image). Bref, ça pue.

Mais le pire, c’est que ce dessin peut tout à fait représenter l’idéal féminin pour ceux qui y croient. Ceux qui ont tellement de problèmes avec la femme en général, qu’ils s’appuient sur une quelconque parole (tous les monothéismes se valent en la matière, dirait Michel Onfray) pour s’en protéger, l’enfermer dans leurs angoisses de peur d’avoir à l’écouter, la soustraire au regard des autres de peur de ne pas savoir la garder, la soustraire à elle-même de peur de la voir fleurir.

Oui, pour ces gens-là, une femme vêtue de brique est sans doute une image du bonheur parfait, sans souci, sans effort.

Ça me fait peur.

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