Comme ça s'écrit…


The Djeeb project

Posted in Djeeb par Laurent Gidon sur 4 mai, 2009
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The Djeeb project

Pour anti-citer Gustave – qui m’a offert une de mes plus jeunes et plus belles émotions de lecture avec Salammbô, mais dont je n’ai jamais pu lire Emma Bof ; enfin, merci quand même – « Djeeb Scoriolis, ce n’est pas moi ». Puisque je ne m’appelle pas comme ça.

Au départ, même, Djeeb ce n’était rien. Un ectoplasme. Un support à rêve, pas plus. Le cintre mal épaulé sur lequel j’allais suspendre l’histoire que j’avais bien l’intention de vous tricoter.
Ce n’était donc qu’un nom étiquette posé sur une boîte encore vide.

Quel est le projet, dans tout ça, et surtout dans si peu ?
Je ne sais pas vous, mais je n’ouvre pas un magazine d’écrivure ou une émission littériale sans qu’on ne m’assène à un moment ou à un autre la jolie expression de « projet littéraire ». Avant, un livre devait déjà avoir un thème. Maintenant, c’est l’auteur qui doit avoir un projet. Le plumitif comme petite entreprise, l’écriveur bien inséré dans la vie économique qui parapluise sous l’Hadopi (je suis contre, je vous dirai pourquoi un jour), ne sort pas sans son projet littéraire, histoire de faire sérieux au milieu des journalistes, critiques ou présentateurs télé qui vont parler de lui tout en gagnant dix fois plus.

Donc, n’écoutant que la voix de ma conscience, qui imite à s’y tromper celle de mon banquier, je me suis trouvé un projet en ce qui concerne Djeeb le Chanceur (piqûre de rappel : ce roman d’aventure qui sort en juin prochain, éditions Mnémos, diffusion distribution Harmonia Mundi, auteur Laurent Gidon).

Et ce projet, le voici : partir de rien pour arriver quelque part.

Vous noterez l’intense modestie du propos, mais aussi sa richesse en germe.
Avec un tel projet, s’il se réalise, tout peut arriver. De plus, si je me loupe, ça ne se verra même pas. Parti de rien, j’aurai au moins écrit 500 000 signes, lesquels ont d’abord trouvé leur place sur mon disque dur avant de migrer vers celui de Célia Chazel, puis transiteront par l’imprimeur et finiront par encombrer les rayons et les tables de nombreuses librairies, ce qui fait toujours quelque part. 500 000 signes écrits en été.

Modestie et vastitude, voici donc l’ambition du projet Djeeb.
En piochant l’histoire et en carrelant les lieux qu’elle traversait, je ne me suis attaché qu’une seule règle : faire confiance à mon imagination. Car il a fallu imager, voir les lieux et les gens, percevoir les gestes, les réponses, se poser les questions. À partir de rien.
De Djeeb le Chanceur, rien n’existe, ou plutôt rien ne préexiste. Tout est sorti de là (dis-je en me tapant le front, là), sans recherche documentaire, sans justification, sans autre envie que de voir ce qui sortait. Parce que j’y croyais. Pas comme une performance (Henry the horse dances a waltz) ou un relevage de défi. Non. Vraiment comme un acte de confiance et de curiosité qui pousse vers l’avant.
Je ne sais pas comment les autres s’y prennent. S’ils décident dès le début d’écrire un grand roman. Ou de calibrer un best seller. Et je ne veux pas savoir, pas connaître la recette. Y aller à l’aveugle, réinventer le truc, c’est ma coquetterie à moi. Une sorte de projet, tenez, petit projet de rien.

Et alors ? me direz-vous. Qu’est-ce que ça peut faire. Qu’est-ce que ça peut NOUS faire.
Rien.
Si, du bien, peut-être. Parce que les bons moments passés ensemble font du bien, et parce qu’en lisant Djeeb vous serez un peu avec moi.
C’est la petitesse et la grandeur du projet. En partant de rien et de nulle part, on est tiraillé entre deux forces. L’une, centrifuge, pousse à tourner en rond autour de soi-même. Alors que l’autre – et c’est heureux – vous jette dehors pour aller voir plus loin, inventer ce qu’on croit ne pas encore exister (mais ça se discute, tout a peut-être déjà été écrit), produire des endroits improbables qui tiennent en funambules parce qu’il y a la manière, ce truc qui fait que si je le dis, comme ci et comme ça, en lisant vous y croirez, et brasser, brasser tout ce décor pour lui donner le volume de l’intrigue, le chatouillis du « qu’est-ce qui se passe après ? ». Du plaisir à écrire, et peut-être du plaisir à lire. Voilà ce que ça peut vous faire : plaisir. Un beau voyage vers autre part. Des vacances ailleurs, pendant que le monde tourne. Cet ailleurs, vous le verrez, mais aussi un peu du dedans de moi. Faut vous y faire.
Tenez, un autre jour je vous dirai quoi.

En attendant, le Cabinet de curiosités de Eric Poindron donne l’adress de ce blog, mais aussi celui de Marco, en reprenant un si joli billet de Loïs (qui ne sait pas en faire des moches). Résultat, on a moins de chasseurs de morilles en visite. Allez, courage les gars : c’est capricieux la morille, ça se mérite mais c’est bien bon.

4 Réponses to 'The Djeeb project'

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  1. Marco said,

    Ah! si tu suis une route imaginaro-salammbôesque, c’est du tout bon! Qu’est-ce que j’ai pu gamberger et trembler avec l’astucieux Spendius et l’intraitable Hamilcar Barca (bon, mon commentaire manque de projet substantiel, mais comme tu le montres, les projets, bof)

  2. Don Lorenjy said,

    Si, si, les projets c’est sans doute bien. J’ai encore entendu Busnel vanter ceux d’Assouline, de Saviano et de Vargas Llosa la semaine dernière. On dirait même que le projet littéraire est essentiel (pour passer à la télé). Mais à mon niveau, la modestie prévaut. Partir de rien, mais partir.


  3. Rhoo ! Je ne lis ton compliment qu’aujourd’hui ! Merci :o)

    • Don Lorenjy said,

      Rien que du mérité, et sans flagornerie !


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