Comme ça s'écrit…


La ligue des représentants extraordinaires

Posted in Djeeb,Promo par Laurent Gidon sur 14 mai, 2009
Tags: , , ,

Ne vous arrêtez pas à tout ce que ce titre peut avoir de pompeux et de bassement flatteur. Il ne s’agit que de ressenti, totalement personnel et subjectif donc, qui ne vise à aucune flagornerie.

Hier matin, à 10 km d’Arles. Le ciel était bas. Une vapeur matinale engourdissait la campagne, abaissant le ciel jusqu’au miroir des rizières récemment mises en eaux.

/’tain, ça sonne bien comme ça, on continue dans ce style néo quelque chose ?/

Le Mas de Vert a surgi d’un virage et s’est fixé au centre du pare-brise comme saisi dans un travelling avant suite à un panoramique serré. Harmonia Mundi !
Pour beaucoup, ces deux mots d’un autre âge n’évoquent rien. Pour certains, il s’agira d’un diffuseur distributeur parmi d’autres.

Petite mise au point pour ceux qui, comme moi il y a encore un an ou deux, ignorent la mécanique subtile du DD. Le diffuseur dispose d’une force de vente qui va à la rencontre des libraires pour leur proposer le catalogue et les nouveautés de plusieurs éditeurs.  De sa connaissance desdites nouveautés dépendra l’intérêt du libraire, le volume de la commande initiale, la mise en place (un exemplaire invisible en rayon ou toute une pile sur une table) et donc la réussite du lancement. Le distributeur, lui, dispose de la plate-forme logistique permettant d’approvisionner les libraires. Harmonia Mundi (quelle beau nom !) est le diffuseur distributeur de Mnémos, qui va publier… devinez quoi ! Fin de la mise au point.

Plus rares seront ceux qui y reconnaîtront le premier et l’un des plus discrets, des plus exigeants et pourtant des plus successfull labels de musique classique en France.
Mais ce n’est pas la question. La vénérable bâtisse dont les longues dépendances percent la brume et nous invitent en ce petit mercredi matin n’est autre que le lieu magique d’où partiront, d’ici moins de deux mois maintenant, vos précieux exemplaires de Djeeb le Chanceur.

Ma mission, puisque je l’ai acceptée : donner envie aux commerciaux de donner envie de Djeeb aux libraires.
Comment, à 8h30 de ce matin frileux, après une courte nuit suivant un repas bien festif, motiver 15 représentants littéraires aussi avides d’arguments commerciaux qu’à la recherche d’un artifice caféiné pour garder les yeux ouverts ?

Oui, comment… vous avez 20 minutes.
C’est en tout cas le temps que j’ai eu pour leur présenter Djeeb le Chanceur ainsi que toutes les bonnes raisons d’inciter les libraires à inciter leurs clients à le lire. Oui, le parcours littéraire est une chaîne sans fin.
Donc il y a là Thierry, qui va nous représenter sur Rhône-Alpes, Boris, sur Nord et Belgique et avec qui j’ai passé toute la soirée à discuter sévère, Sylvie qui m’avait gentiment recommandé de rester calme, Gilbert (croisé à Epinal l’an dernier, représentant sur l’Est), Armand, Sandrine, Violette qui les nourrit d’informations choisies bien compilées, et une dizaine d’autres, suspendus à mon discours. Une armée qui attend son ordre de bataille et qui a le talent de me faire croire que mon livre est le plus important de tous ceux qu’ils auront à défendre. Ambiance…

Soyons honnête : j’avais très peur d’eux.

Pas qu’ils me sautent à la gorge, non. Peur de les décevoir. Ils sont nos Super Héros. Ils ont tous les pouvoirs, ils vont se battre pour nous, ils sont grands, ils sont beaux. Tous ou presque m’avaient reconnu et n’avaient que Djeeb sur les lèvres : Claire Couturier, responsable de la communication chez Mnémos, avait bien fait son boulot. Il ne me restait plus qu’à faire le mien. Mais lequel ?
Leur raconter Djeeb ? Un bon début, mais pas plus.
Leur parler du style, de l’ambition littéraire, de la démarche de l’auteur (se faire plaisir en toutes choses) ? Pas mal, mais pas suffisant.
Leur dire que ce bouquin est super, qu’il faut en faire un succès, motiver les libraires, convoquer la presse, booster le buzz, canarder le public, faire donner la troupe… Hum, était-ce bien mon boulot ?
En fait, j’avais tort de m’en faire.
Les représentants de chez Harmonia Mundi sont des gens extraordinaires. Des auteurs et des éditeurs, ils en voient plein. Des primo-romancier qui patinent et s’égarent, ils ne les comptent plus.
Mais ils savent recadrer. Poser la bonne question.
« Ça peut se lire à partir de quel âge ? » Allez, disons 15 ans, pour un lecteur un peu aguerri et prêt à faire l’effort d’un style généreux.
« Vous croyez que ça peut intéresser au-delà du cercle des lecteurs de Fantasy ? » Oui, bien sûr, d’ailleurs ma voisine l’a lu, et aux dernières nouvelles elle n’est d’aucun cercle.
« Vous êtes disponible pour vous déplacer et faire des dédicaces ? » Ouiiii, j’adore, emmenez-moi, prenez-moi, dédicacez-moi… Hum. Faut peut-être que je me calme, merci Sylvie.

Voilà, c’est fait. Célia Chazel reprend la parole pour présenter les autres sorties et une nouvelle collection chez Mnémos. (Vous en saurez plus… bientôt)
Moi, je souffle. 20 minutes sous adrénaline, le plus long run de ma carrière de rider. En Arles, avec 0% de pente et à 300 km des premières neiges. À jouer ma vie pour un livre, j’étais en plein trip.

A un moment, Bernard Coutaz est entré dans la pièce. Il est le fondateur d’Harmonia Mundi et tient la barre depuis plus de 50 ans. Vieux monsieur très digne et très smart, il s’est assis discrètement de côté et m’a écouté pérorer. Face à ses quinze professionnels du livre, j’ai ressenti sa présence comme la main d’un ange berlinois de Wenders, posée sur mon épaule, compatissante. Et puis il s’est levé et est ressorti sans que personne ne semble le voir. Peut-être que tout le monde m’écoutait, finalement. Allez savoir si je les ai convaincus ou déçus. De toute façon, ce n’est pas la question. Ce sont des pros, il vont faire le boulot et on se retrouve en novembre chez Drouant.

Ah oui, un dernier truc : on les voyait, ces extraordinaires représentants d’Harmonia Mundi, parce que Djeeb le Chanceur sort en juin. Fin juin. Notez ! Quitte à promoter, autant le faire bien.

Advertisements

12 Réponses to 'La ligue des représentants extraordinaires'

Subscribe to comments with RSS ou TrackBack to 'La ligue des représentants extraordinaires'.

  1. Guylou said,

    Ouh là, faut faire tout ça ?! Sans compter qu’il faut déjà avoir écrit un roman…
    Très agréable de lire cette aventure, Don ! Bravo (pas pour Djeeb, je l’ai déjà dit, mais pour le run !)

    • Don Lorenjy said,

      Ah mais non Guylou, c’est pô obligé de faire tout ça. C’est juste une chance de plus, quand l’éditeur te fait confiance pour défendre ton truc. J’étais le seul auteur accompagnant un éditeur ce jour-là, et les représ ont beaucoup répété « c’est bien quand on voit les auteurs »… avant de m’avoir vu 😉

      • Guylou said,

        Rassure-moi : t’as gardé les pieds au sol ? 😉

  2. Azarian said,

    Tres instructif cette petite épopée. C’est donc à cette sauce que les auteurs se font manger. Petite question au passage puisque tu as signe pour les dédicaces (hum si je puis dire) passeras-tu dans le grand Ouest genre les pays de la Loire…?

    • Don Lorenjy said,

      Le Grand Ouest ? J’espère bien ! J’ai des souvenir émus d’abus de bernache lorsque je faisais mes études à Angers. En fait, ça dépendra un peu des libraires, mais je te ferai signe. De toute façon, je pense que je serai à Nantes pour les Uto.

      • Azarian said,

        Angers ! Le monde est petit … J’y ai fait toutes mes études aussi 😉
        Bon je passerais aux nouvelles sur ton blog pour les dédicaces.


  3. […] Djeeb le Chanceur, par Laurent Gidon (Don Lorenjy), ou chronique d’une édition annoncée… Dernier épisode: rencontre avec d’autres types… les représentants! […]


  4. Alors là je suis courbée sous le respect parce qu’Harmonia Mundi j’y laisse la peau de mes paupières à chaque fois que j’y fais une descente, j’ai dû me faire mettre tricarde pour continuer à manger au moins des pâtes.

    • Don Lorenjy said,

      Ah bon, il font casino aussi ?
      Remarque, se ruiner pour du Harmonia Mundi ça a quand même un peu de classe, non ?


      • Je vais dire ça à mon banquier et à Dear Husband, ils vont adorer 🙂

  5. rimbus said,

    Salut
    je viens de passer 2 heures avec Coutaz, c’est un grand monsieur. Du coup, comme j’étais tombé sur ton blog en préparant l’entrevue, je lui ai parlé de ton blog, et du mien. J’ai aussi fait un billet sur cette rencontre au Mas de Vert.
    Bonne chance pour ton book !

    • Don Lorenjy said,

      Merci. La chance, ça aide !
      Bravo pour ton billet sur B. Coutaz : il mérite.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :