Comme ça s'écrit…


Dead, y casse !

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 27 septembre, 2009
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Je suis mort. Fatigué, démoralisé, écœuré et en plus j’ai mal aux doigts. (non, en fait tout va bien, je rentre juste de la falaise où j’ai grimpé presque trop)

Mais quand même, c’est pas top.
Parce que ce samedi, et le samedi d’avant, j’ai tenté de donner envie d’un livre à des gens qui s’en carraient l’artimon dans le cabestan. Pour le moins. Et c’est dur.

Il faut vous dire que la barre était haute, et le challenge relevé.
Déjà, pour la première dédicace, une employée de librairie et de bonne volonté m’avait appelé pour savoir si je pouvais venir avec quelques exemplaires de mon Djeeb, comme ça ils en auraient moins à commander et ne risqueraient pas de s’enquiquiner avec des retours enquiquinants si je me révélais assez gourdasson pour ne pas réussir à tout vendre… alors qu’avec mes exemplaires à moi, vous voyez, j’avais qu’à les remporter après la dédicace. Tout net. Bien pensé, simple et élégant.
Comme je n’avais pas de Djeeb en stock (rappel : je suis écriveur, pas vendeur), on m’avait soupiré que bon, dans ce cas, il fallait un peu que je leur dise combien je comptais en fourguer de force, sachant qu’une auteure (évoquée avec de légitimes trémolos dans la voix par l’employée encore toute émue de la performance) avait vendu 40 (quarante !) exemplaires en une seule après-midi. Mais il faut dire qu’elle se bougeait, l’auteure, une vraie auteure qui sait vendre.
Pour la deuxième dédicace, le directeur adjoint du magasin lui-même, m’a expliqué comment m’y prendre, en citant l’exemple de cet auteur venu avec son éditeur, lequel éditeur faisait la retape dans tous les rayons, drainant la populace jusqu’à l’auteur qui n’avait plus qu’à assener la dédicace finale et hop ! emballé : ils avaient tout vendu dans l’après-midi. Un événement dont tout le monde parle encore.
Zut, je savais que j’oubliais quelque chose : mon éditeur ! Venu sans Monsieur Loyal, je me trouvais incapable de faire mon numéro de trapéziste signant. C’est bête, une étourderie pareille.

Qua voulez-vous qu’il se passât ? Pas grand chose. Samedi 19, bien qu’accompagné par Marc Simonetti qui a mitraillé des illustrations express de folie, nous n’avons vendu que 7 Djeeb à des vrais gens, déduction faites des exemplaires acquis par pitié et par des proches, copains ou famille.
Samedi 21, Marc ayant le moral d’un lendemain de Pearl Harbour, je me suis retrouvé tout seul pour réussir l’exploit de… 12 ventes (toujours déduction faite des normales saisonnières).

Pourtant je :
– suis allé dans le rayon SFFF battre le rappel des clients qui hésitaient entre Bragelonne et Milady pour leur rappeler qu’un auteur du coin dédicaçait à quelques mètres de là,
– ai alpagué tous les passants qui passaient, allant jusqu’à fourrer mon livre entre les mains de ceux qui faisaient la queue aux caisses pour leur faire passer le temps,
– ai lu quelques passages d’une voix de stentor propre à décrocher les PLV suspendues dans les rayons, jusqu’à ce que les mines dubitatives des passants hésitants entre me jeter des cacahuètes ou composer le 15 me fassent baisser d’un ton,
– ai ouvert ma chemise et caressé langoureusement mon téton gauche turgesc… non, ça je ne l’ai pas fait. J’aurais dû.

Les bons souvenirs, quand même.
Maryse, qui me vise depuis l’entrée du magasin, croise deux amies qui tentent de la faire dévier de sa route, mais écarte tous les obstacles pour venir jusqu’à moi et me déclarer qu’elle veut acheter mon livre parce qu’elle aime ma tête. Merci Maryse.
Cette dame qui n’avait pas les moyens de s’offrir un Djeeb mais qui m’a aidé à exister en me parlant de mon grand-père qu’elle a connu (et qui comptait parmi les fondateur de l’université de Savoie).
Ce couple qui cherchait un guide du routard Sénégal et à qui j’ai fait l’article pour un guide touristique d’Ambeliane, « ville imaginaire, mais si jamais vous la trouvez, toc ! vous avez déjà le guide pour vous repérer ».
Ce papa rugbyman qui achetait Djeeb pour ses fils, parce que l’imaginaire ça compte dans notre monde (de brutes ?).
Cette maman de passage, qui va offrir mon livre à son fils qui habite à Toulouse, et elle aussi, mais comme elle a bien aimé ma tchatche, elle l’achète ici.
Ce papi mal remis de l’Algérie qui compare Djeeb à un Harki et se met à gueuler des trucs que je ne peux pas répéter ici sans que ce blog soit signalé.
Et tous ces gens qui son allés avouer à la caissière que « quand même, l’auteur il est sympa, pis pas bégueule, pis souriant encore ! »

Oui, vous, les vrais gens hors commerce, vous m’avez fait plaisir.
Maintenant, vous vendre Djeeb alors que la Fantasy vous ne saviez même pas que ça pouvait se lire, faut reconnaître, c’était dur. Heureusement, dimanche 11 octobre je vais faire un tour de piste chez Scylla, à Paris. D’abord, je partage l’affiche avec Noirez et Holstein, ce qui va faire venir du monde. Et du monde qui saura faire la différence entre light fantasy et steamppunk… et là, c’est moi qui ne serai plus au niveau.

Ne croyez pas que je suis aigri et envieux, que je crache dans la soupe ou que je pétoche : les dédicaces, j’aime ça, je vais bien m’amuser !

15 Réponses to 'Dead, y casse !'

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  1. « Gourdasson » et « le moral d’un lendemain de Pearl Harbor »… J’adore… (Voix de la pub œuf corse)

    • Don Lorenjy said,

      T’es gentille, toi… tu m’achètes un Djeeb ?

  2. Stéphanie said,

    j’avoue que je fuis parfois les auteurs en dédicace dans un magasin, tout seuls à leur table, je risque trop d’acheter parce qu’ils sont sympas.

    • Don Lorenjy said,

      Mais je SUIS sympa… dis, tu m’achètes un Djeeb ?

      (bon, faut que j’arrête là, c’est lundi et la promo est finie)

  3. Marco said,

    Arf! ça c’est de l’aventure! … Mais je vois que tes capacités djeebiennes d’envoutement ont pu te sortir de la catastrophe (7 + 12 vendus à des potentiels non-acheteurs, moi ça m’impressionne carrément).
    Sinon, comme Stéphanie je fuis les dédicaceurs parce que je n’ai pas la force de caractère pour leur dire non. En revanche, ne rien leur dire du tout, j’y arrive encore. C’est petit, un non-acheteur, je sais.

    • Don Lorenjy said,

      Non, Marco, tu es grand… tu veux m’acheter un Djeeb (arf, déjà fait)… tu veux en offrir un à quelqu’un qui t’est cher ?

  4. Travis said,

    Pour le 11 octobre, ce qui sera bien c’est:

    Un Gidon + un Holstein acheté = un Noirez offert.

    et puis on mettra un rabatteur à la sortie du métro Montgallet pour les personnes à mobilité réduite on affrétera une Mercedes.

    Bon avec tout ça il va falloir en vendre des bouquins.

    • Don Lorenjy said,

      Xavier (de Scylla) ne m’a pas encore transmis l’ordre de mission et les chiffres du challenge. Je ne sais pas encore si ça va se compter en livres vendus ou en bières bues…

  5. Maryvonne said,

    Ah, certains libraires sont terribles. mais franchement, parfois faut leur rappeler qu’ils ne vendent pas des boîtes de cassoulet. Et refuser ce genre d’aventure.
    Autant l’auteur se doit de soutenir son livre, autant il serait illusoire de croire qu’en vendant 20 bouquins dans une librairie, il atteindra une gloire nationale. Il ne fera qu’augmenter que le chiffre d’affaire du libraire… qui touche plus de 30 % du prix du livre, quand même… alors que l’auteur, hum…

    Alors, basta. Pa ss la peine de se détruire le moral pour ça. les critiques de ton bouquin sont bonnes, il y a sûrement déjà plein de libraires qui te soutiennent sans t’humilier; préserve ton moral car tu as du boulot. Allez, ouste, la suite!

    • Don Lorenjy said,

      Oh, je suis certain que personne n’a cherché à m’humilier. On voulait juste m’aider à réussir quelque chose, mais je ne sais pas vraiment quoi.

  6. Lisore said,

    J’ai trouvé Djeeb à l' »espace culture » Leclerc de mon bled paumé (rigolez pas, c’est la librairie la mieux fournie de la ville), plusieurs exemplaires même, entre deux avalanches de Bragelonne. D’ailleurs, la pile était basse, preuve que je n’étais pas la première à passer par là. Et puis, j’avais déjà vu Aria des brumes chez eux… la vendeuse doit avoir un faible pour toi, Don :p
    Tout ça pour dire, comme Maryvonne, ne pas trop se prendre la tête pour cette expérience désagréable.

    N’empêche que je constate que Decître fait quand même quelques progrès : ils ont commencé par augmenter la taille de leur rayon SFF, maintenant ils invitent des auteurs estampillés imaginaire en dédicaces. Un jour, ils les soutiendront même.

    Sinon : « le directeur adjoint du magasin lui-même ». Alors, s’il n’a pas changé depuis mes dernières mises à jour, il s’appelle Yohann, a fait des études de management et gestion et il a un intérêt limité pour la lecture (même s’il est tout à fait charmant en civil hein), donc son attitude ne me surprend pas : c’est un vendeur à la base, pas un libraire. Un poil désolant.

    Dommage que ça n’ait pas été à Grenoble, j’aurais pu m’y rendre (avec mon Aria… en plus caché sous ma veste) (pis j’lui aurais claqué le bec au Yohann s’il avait été dir de Grenoble, non mais !)

    • Don Lorenjy said,

      Perdu… c’est Thierry. Et gentil, en plus. C’est moi qui n’étais pas au niveau.
      Parlant de Grenoble, j’y étais en juin, chez O’merveilles, c’est dommage qu’on ne s’y soit pas croisés, non ? Une prochaine fois, sûr !

      • Lisore said,

        « Parlant de Grenoble, j’y étais en juin, chez O’merveilles, c’est dommage qu’on ne s’y soit pas croisés, non ?  »
        Rhaaaaa!!! Faut que je sois plus attentive 😦
        La prochaine fois sera la bonne…

        ps : la vache, ils ne durent pas longtemps, les directeurs adjoints….

      • Maryvonne said,

        tout dépend des succursales de decitre, à lyon et saint genis, ils sont charmants, et le dir de st genis m’a même rassuré sur le fait que je ne vendais pas beaucoup lors de ma dédicace, en me disant qu’il m’invitais aussi et surtout pour motiver les vendeurs sur les valeurs de leur métier.
        Par ailleurs, on n’a pas à être ou pas « au niveau ». On écrit du mieux qu’on peut des livres que nos éditeurs ont décidé de porter parce qu’ils y croyaient, et les libraires sont là pour vendre des livres et certains plus particulièrement parce qu’ils les aiment.
        Chacun son métier dans la grande chaine du livre…

      • Don Lorenjy said,

        Comprenons-nous bien : je ne reproche rien à Decitre. Comme tu le dis, Maryvonne, chacun son métier, avec des objectifs que l’on croit convergents alors qu’en fait, dans la pratique, ils peuvent diverger.
        Ensuite, le sentiment de solitude et d’exploitation que j’ai pu ressentir viennent de moi, et restent en moi (bon, il débordent un peu sur le blog, parfois).


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