Comme ça s'écrit…


2009 (+ 1) : point

Posted in Djeeb,Promo,Textes par Laurent Gidon sur 28 décembre, 2009
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Ah là là lààà ! ça y est, 2009 tire à sa fin. Et qu’est-ce qu’on en garde ?

Vous, je ne sais pas (mais j’espère : tout plein de bonnes choses). Quant à moi, ça me regarde, sauf en ce qui concerne ce que j’ai fait pour vous.

Alors voyons… l’insurrection climatique, on va dire que c’est un bide. Tant pis. Non, pas tant pis, mais il va falloir s’y prendre autrement. On réfléchit, si vous avez des idées, partagez-les. Merci (vraiment !)

Pour l’écriture, disons qu’on a bien bossé. Au moins, beaucoup. Bien, ce sera à vous de dire. Parce qu’on va vous demander votre avis. Sur quoi ? Il y a déjà eu Djeeb le Chanceur, le roman publié par Mnémos et signé Laurent Gidon (je sais, je rabache, mais en matière de promo, trop c’est déjà pas assez). Si vous avez quelque chose à en dire, c’est par là. Il y a eu aussi Viande qui pense, la nouvelle signée Don Lo dans la revue Bifrost n°56. Vous pouvez trouver la revue là ou chez votre libraire. Il aurait dû y avoir Cityville est calme ce soir, nouvelle dans l’anthologie SuperHéros des éditions Parchemins & Traverses, sauf que la parution est légèrement retardée. Pas grave, je vous tiendrai au courant.

Et puis il y ce que j’ai écrit en 2009 et qui sortira… en 2010 au mieux.

Dans l’ordre chronologique probable :

Les Blaguàparts, un recueil de nouvelles dont je suis en train de terminer les dernières corrections avec l’aide de Karim Berrouka. 16 nouvelles, inédites pour la plupart, censées faire rire, quitte à faire réfléchir un peu… ou pas.

Ecran des larmes, signé Laurent Gidon, une des nouvelles lauréates du prix Plumes d’Agence, sera publiée dans un recueil sous le label des Editions La Table Ronde (quelle fiéritude pour moi !). Ce texte est l’un de ceux que je destine à un recueil litt gén, sous le titre provisoire de Une femme toute nue sauf la tête.

Djeeb l’Encharmeur, une nouvelle où nous en apprendrons plus sur la jeunesse tulmultueuse de Djeeb Scoriolis, comme sur l’arrière-plan de l’Arc Côtier, écrite pour l’anthologie Sorcières et Magiciennes des Imaginales. Et je suis d’une fierté de buraliste d’avoir été retenu dans ce volume. Merci Stéphanie.

Toumaï Transfert et Toumaï Tango, deux textes en miroir pour l’anthologie Afrique(s) des éditions Parchemins & Traverses, parution mi-2010.

Djeeb le Courseur, roman signé Laurent Gidon aux éditions Mnémos, parution en juin 2010. Hélène Ramdani travail en ce moment sur la relecture et sur l’illustration de couverture. A noter que Djeeb le Chanceur ressortira au même moment, avec un texte corrigé et une nouvelle couverture. L’été sera Djeeb !

Question projets, je me suis mis à l’écriture du Chant Sombre, troisième volet de la trilogie Aria (après Aria des Brumes et Air de la Terre, déjà écrits). C’est en retrouvant Chloé et Isa au salon de Cluses que l’envie de m’y remettre m’a pris. Leur enthousiasme à la lecture du premier tome, publié chez feu le Navire, est ma plus belle motivation (rappelez-vous : toujours écrire pour quelqu’un). Et, en y réfléchissant, la trilogie risque de virer tétra, puisque les grandes lignes d’un quatrième tome se dessinent quelque part entre mes oreilles. Qui publiera ça ? Aucune idée, et on s’en fout, on écrit.

Côté Djeeb, deux fers au feu : Capitaine Djeeb, un roman en gestation, et A la pointe du Djeeb, nouvelle pour une anthologie De Cape et d’Esprits chez Rivière Blanche.

Voilà, c’est tout. Du boulot en perspective… Ce que je souhaite pour 2010 ? Pour moi, rien d’autre que d’y arriver. Et pour vous ? Du bon, que du bon. De vous pencher les uns vers les autres (ceux qui recevront la carte/nouvelle de cette année comprendrons) et de tourner toujours plus de jolies pages. D’ailleurs, voici la carte/nouvelle écrite pour 2008. C’est pour vous. Bisous.

Une page de plus

Depuis quelques temps, le vieux Thomassin lisait une page par jour et s’en portait très bien. Il se retenait d’aller plus vite, de courir voir la fin par impatience. De même, il réussissait à ne pas revenir sur les pages précédentes. Tant pis pour les détails oubliés. Et ce qui ne lui avait pas plu était passé, n’en parlons plus. Un peu de discipline au début, puis le pli avait été pris. Il s’interdisait même de se demander pourquoi il n’avait pas commencé plus tôt. Comment vivait-il avant, quand il dévorait son livre ou revenait sans cesse sur les pages déjà lues ? Cela même, il n’y pensait plus. Une page pour chaque jour suffisait bien à son bonheur.
Lu comme cela, le livre en cours lui plaisait bien. À force de l’ouvrir et de le fermer jour après jour, la reliure avait souffert. Certaines pages, près de la fin, étaient prêtes à se détacher. Il n’y voyait pas de problème : une fois terminé, le livre rejoindrait la bibliothèque dont il ne sortirait plus. Pas besoin de s’inquiéter de son état.
Pourtant ce matin-là, lorsqu’il prit le gros volume sur sa table de chevet, un coup de froid traversa le vieillard. La page du jour n’était pas là. Ou plus là ? Quoiqu’il en soit, il se souvenait très bien du numéro de la veille : 364. Il n’était pas question de la relire pour vérifier, c’était la page d’hier. Et aujourd’hui, pas de 365. Ni de 366, le livre était fini. Mais pas l’histoire, pas celle que Thomassin lisait. Il sentait bien qu’il y fallait encore une page au moins, même presque rien, quelque chose comme un point final.
Il chercha autour de lui, sur le lit, sous les draps, vers la tablette près de ses oreillers. Rien. Si la feuille perdue s’était échappée du livre, elle avait dû voler plus loin, hors de portée. Il aurait fallu se pencher un peu, se lever même, pour vérifier. Les forces lui manquaient. Il se sentait vieux et fatigué. D’autant plus vieux et fatigué que sans sa page à lire, c’était toute l’énergie de la journée qui lui faisait défaut. Il entreprit d’attendre.
À l’étage en dessous, la famille s’éveillait. Un peu tard, certes, mais c’était une période de vacances et le froid d’hiver les tenait plus longtemps sous la couette. Un grincement d’escalier l’avertit enfin que le petit déjeuner arrivait. La porte de la chambre s’ouvrit doucement, sans qu’on frappe puisqu’il ne répondait plus. Une fillette entra, avec un plateau où fumait le bol de café bien sucré. Elle souriait en lui posant sur les genoux.
— Tiens, Papi. Je crois qu’il n’est pas trop chaud, mais fais attention quand même. Oh, c’est à toi, ça ?
Son regard s’était arrêté sur la descente de lit, bien inutile puisque Thomassin n’en descendait plus. Elle se pencha, s’agenouilla, puis lui tendit une feuille volante, du format de son livre.
Le vieux la remercia des yeux. Ce serait une belle journée, finalement. Une belle journée pour enfin finir son livre. Il s’absorba dans sa lecture parcimonieuse et ne sentit pas la fillette ressortir sur la pointe de ses petits pieds.
Le soir venu, il avait fini la page. Comme tous les soirs. Et il avait fini le livre. Se sentait-il le courage d’en commencer un autre ? Il faudrait attendre demain pour le savoir. Et si demain ne se levait pas, eh bien… pas besoin de nouveau livre, n’est-ce pas ? L’attente de la nuit commença donc, sur cette incertitude.
En bas, une certaine agitation grandissait, avec un air de fête. Thomassin patientait en s’imaginant participer. Que fêtait-on ? Peu importait. Il se sentait glisser dans un tourbillon de joie lumineuse où sa solitude quotidienne venait se diluer dans celle des autres. Il avait bien envie de larguer les amarres pour se laisser emporter. Fini la page de chaque jour. Fini les nuits sans bruit et sans lumière, à juste attendre le lendemain. Peut-être était-il temps d’aller voir ailleurs. Mais une clarté puissante le ravit à cet abandon. Quelqu’un avait allumé la lampe de sa chambre.
— Papi ? Regarde, je t’ai trouvé un nouveau livre. Il est au moins aussi gros que l’autre. Je crois même qu’il y a une page de plus*. Tu pourras le commencer demain.

(rappelez-vous : 2008, année bissextile)

Bonne année à vous et aux vôtres. Si vous cherchez un texte de carte de voeux, utilisez donc Une page de plus (seulement s’il vous a plu). En creative commons, juste paternité. Merci.

14 Réponses to '2009 (+ 1) : point'

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  1. Lhisbei said,

    Contente de retrouver Djeeb dans l’antho des Imaginales; Viendrai même la faire dédicacer cette antho 😉
    rééditer Djeeb c’est bien mais pourquoi changer la couv’ ?
    bonne année 2010

    • Don Lorenjy said,

      Chouette, je prépare ma dédicace.
      Le changement de couverture correspond à une harmonisation dans la nouvelle charte Mnémos (il faut un personnage sur l’illustration).

  2. Travis said,

    Excellente fin et début d’année, jour, heure, minute, seconde….

    Je vois que la hotte du Don Noël est pleine de bonne chose, c’est bien sympa tout ça.

    A très bientôt

    • Don Lorenjy said,

      Désolé si le Père Lo t’a fait envie trop tôt. Tu as le temps d’oublier d’ici les parutions… Mais je te rappellerai tout ça en temps et heure.

  3. Jess Kaan said,

    bravo Hank !!!

  4. Marco said,

    Je n’aurai qu’un mot: waow.

  5. Travis said,

    Hank! Charlie! il y a des fans de Californication par ici? 🙂

    • Don Lorenjy said,

      Hein ? Quoi ? Cette horreur perverse qui fait passer les écrivains pour des queutards sans morale ?

      Ben oui 🙂

  6. Blue Jam said,

    Je vois qu’il y en a qui ont bien carburés en 2009 🙂
    De manière général, on se précipite tous dans la nouvelle année avec un tas de résolutions que l’on sait pertinemment que l’on ne tiendra jamais et donc déprimant. Alors que faire un petit bilan de l’année écoulée me paraît fort à propos et toujours assez gratifiant.
    Bonne année 2009 donc 😉

    • Don Lorenjy said,

      Merci, bonne année à toi aussi.
      Et tu as raison : je me gratifie quand je veux, c’est bon pour le teint. Faites pareil, dites à tout le monde ce que vous avez fait de bien, c’est pas (toujours) les autres qui vont s’en charger !

  7. Tigger Lilly said,

    Bonne année ! Je te souhaite pleins de projets d’écriture, d’inspiration, de bonnes ventes et de bonnes critiques 🙂

    • Don Lorenjy said,

      Merci. Les ventes et les critiques n’étant pas de mon ressort, je prends tout le reste et je m’en charge !


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