Comme ça s'écrit…


Flattez-moi, mon bon Blase !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 12 février, 2010
Tags: , , , , ,

S’il y a un truc qui se dessine en flou, c’est bien l’avenir numérique des métiers de l’édition. Une très intéressante étude mené par les éditions du Bélial en donne une idée… diverse. Mais intéressante, autant par ce que les intervenants disent que par ce qu’ils ne disent pas.

Un détail m’a flagré (un détail flagrant, si vous préférez) : chaque fois qu’il s’agit de parler rémunération des auteurs, on cherche à noyer le poisson dans le marigot du « on sait pas combien tout ça va coûter, encore moins combien ça peut rapporter » ou du « y a pas que les frais de production dans le coût d’un livre, c’est plus compliqué que ça, les auteurs comprennent pas ». Alors qu’il aurait été facile de prendre une sorte position de principe du genre : si on y gagne des sous, on partage avec les auteurs.

Mais on va dire que je chipote, alors que je suis plein d’espoir. En effet, il y en a qui prennent les devants.
Vous connaissez Flattr ? (prononcez flat-e-r)
Si oui, vous voyez de quoi je veux parler, et si non, vous allez apprendre à connaître, parce qu’à mon avis l’avenir se prononce comme ça.

Le principe est tout con : chaque fois que vous croisez un contenu qui vous plaît sur le net, vous cliquez sur le petit bouton Flattr que le créateur du contenu y aura mis. En conséquence,  le créateur recevra une part de votre participation au net.

– Quel participation ? QUELLE PARTICIPATION ?
Du calme. Une petite somme que l’on payerait chaque mois, soit à son fournisseur d’accès, soit directement sur un compte Flattr.

– Ah, faut payer ? C’est nul… Autant faire une taxe et c’est marre !
Ben non. Avec Flattr, vous payez une somme fixe, mais surtout vous décidez de son attribution. Directement. En un clic. C’est ça la révolution. Fini de se demander comment reverser la taxe à ceux dont le contenu est effectivement consommé sur le net. Le consommateur choisit, et seulement s’il aime.
Pourquoi ?
Lorsque vous voyez, lisez, entendez un truc qui ne vous intéresse pas, vous ne cliquez pas sur le bouton Flattr et l’artiste ne reçoit rien (alors qu’un compteur aurait compté votre passage).
Si vous aimez, vous cliquez. Et votre participation du mois sera partagée entre toutes les créations sur lesquelles vous avez cliqué. Vous avez intérêt à cliquer chaque fois, puisque vous payez de toute façon. Vous votez, quoi.

Moi, ça me plaît pour deux raisons.
En tant que consommateur, je serais content de flatter l’artiste dont j’aime le travail, même avec 10 cents.
En tant qu’artiste, je suis content de pouvoir mettre mes textes ou mes vidéos à disposition en étant flatté chaque fois qu’on me clique.

– Mais… mais alors : plus besoin d’éditeur ? !
Nouille que tu es ! Bien sûr que si : mais un éditeur qui fait un boulot éditorial (corriger, améliorer, pousser l’auteur dans ses retranchements) et qui soit serait rémunéré à 50/50 en partageant les revenus Flattr du boulot (facile à mettre dans un contrat), soit intéressé par un « produit premier jet » ayant déjà reçu un certain montant de Flattr (= c’est bankable, ça, coco !) pour l’améliorer et le diffuser à plus grande échelle.

Je vous dis, c’est l’avenir. Pas besoin de loi ou de merdier anti piratage. La preuve ? C’est un pirate qui a créé l’idée. Il sait de quoi il parle.

Maintenant, y a plus qu’à le faire en grand. Inscrivez-vous, et on va voir si ça prend, la folie des grandeurs (voilà, maintenant vous comprenez le titre de ce billet).

Publicités

2 Réponses to 'Flattez-moi, mon bon Blase !'

Subscribe to comments with RSS ou TrackBack to 'Flattez-moi, mon bon Blase !'.

  1. Silk said,

    L’idée est vraiment très intéressante mais on paye COMBIEN et A QUI, au départ, et QUI CONTRÔLE et COMMENT ? Ce n’est pas clair… Quand on voit déjà que sur YouTube (je visite beaucoup) il peut parfois s’afficher une monumentale tartine de commentaires et d’avis « étoilés » alors que le compteur de vues est ferment bloqué sur 250 pendant plusieurs jours…
    Mais ça reste une excellent idée.

    PS. La majorité des liens de l’image que tu as mise (logo Flattr) sont introuvables (Aujourd’hui jeudi 18 février 2010 à 14h et des brouettes)… Ca démarre mal cette histoire.

    • Don Lorenjy said,

      Pour l’instant, on ne paie pas (c’est donc plutôt bien parti, cette affaire 😉 ). Après… ça dépend. Il paraît que des systèmes de ce genre existent déjà, de façon libre et volontaire. Mais l’intérêt du truc serait de le faire pour l’ensemble de la toile. Après, qui ? combien ? comment contrôler ? sont des questions dont les réponses seront à trouver sans doute au niveau politique.
      Merci pour les liens, je répare.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :