Comme ça s'écrit…


Le fric, franco !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 1 mars, 2010
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Je ne sais pas si c’est la fin du mois, le pognon que j’ai craqué pendant les vacances de mes kids ou l’envie de râler parce qu’il fait beau et que je ne peux pas skier because boulot… mais j’ai envie de parler fric.

Qu’est-ce que ça rapporte d’écrire ?
Un rédacteur publicitaire en agence doit se faire un minimum de 3 000 euros net par mois pour avoir seulement le droit de se dire concepteur rédacteur (sinon, c’est un stagiaire à peanuts).
Un free lance ne gagne que ce qu’il extorque à ses clients (lesquels vont marger dessus à 30 ou 40% pour bien graisser) et ça va de 0 à 10 000 par mois, j’ai des collègues qui y arrivent et le vivent bien. Pas moi.
Un littérateur ne gagne quasi rien. Surtout en regard du temps passé.

Si j’ai l’air de râler aujourd’hui, c’est à cause d’une phrase pêchée sur un forum, émise par un directeur de collection d’une grande maison d’édition, Gilles Dumay, que je respecte pour la qualité de son boulot et la franchise de ses opinions, mais là ça le fait pas.
Cet éditeur propose des livres numériques (donc sans support autre que fichier électronique) à 15 € en ne laissant que 10% de droits à l’auteur sur le hors taxe (soit 1,25 € par exemplaire vendu). Moins que les mêmes 10% de droits sur les exemplaires papier (18 € TTC, soit 1,62 € pour l’auteur)
Je cite Gilles :

Le but du jeu avoué c’est sauver le réseau de librairies indépendantes français en les impliquant dans la vente de fichiers (probablement via leurs propres sites connectés à Eden). Du moment qu’on rémunère la librairie (petite ou grande) et que ces fichiers passent par l’habituel circuit de diffusion on ne peut pas laisser 25 ou 30% aux auteurs…

OK. J’adore les libraires. J’aime aussi beaucoup diffuseurs et distributeurs. Sauvons-les. Sur le dos des auteurs. Et des lecteurs. Je recite : « Ne nous voilons pas la face, tout ce système a été mis en place non pas pour les lecteurs, mais pour protéger la librairie. »
Et le pire, c’est que Gilles Dumay a sans doute raison en l’état actuel du marché. Il n’y peut rien lui-même, coincé dans la politique d’un groupe qui a trop besoin de ses canaux de distribution pour risquer de se les mettre à dos. Gilles en a certainement l’estomac noué, mais son secteur est prêt à se mobiliser pour protéger les intermédiaires plutôt que s’intéresser à la source même de son bizness : le bagnard qui écrit. De toute façon, ils pourront toujours traduire des succès américains (dont les droits, négociés par des agents n’ayant besoin de personne pour se protéger, doivent dépasser allègre les 10 %) si les Français ne veulent plus écrire.

Bon, et moi ? J’ai envie d’écrire. Qu’est-ce que j’y gagne ? Demain, je ne sais pas, mais pour hier, j’ai les chiffres. Voyons donc.

Pour Suzanne on Line, 30 € en forfait (comme tous les auteurs de l’anthologie Ouvre-toi !) merci Griffe d’Encre pour cette première publication « pro » (Edit après qu’Isa m’ait fait remarquer une disproportion dommageable à Griffe d’Encre dans le traitement comparé à Bifrost)

Pour Aria des Brumes, 1 500 € d’à valoir. J’aurais dû toucher 8 % de droits sur le hors taxe par exemplaire. Le Navire en Pleine Ville ayant déposé le bilan, et comme je n’ai toujours pas reçu de relevé de droits pour 2008, ni d’arrêté de compte, je ne sais pas combien ont été vendus. De toute façon, je ne toucherai rien de plus sur ce livre que je continue pourtant de faire vendre et signer en dédicaces (pour le bénéfice de qui ? pas du Navire en tout cas).

Pour Djeeb le Chanceur, 1 600 € d’à valoir. 8 % sur les 2000 premiers exemplaires vendus, puis 9 %, puis 10… un jour. Relevé de droits en mai, normalement.

Pour Viande qui pense, 150 € de forfait, merci Bifrost (sans ironie aucune).

Soit un total de 3280 € en 3 ans… un mois de salaire d’un rédacteur publicitaire en agence. Ce que je ne suis plus depuis 15 ans.

Vous reprendrez bien un peu de pub ? Parce que là, c’est ce que je vais faire. Pas de la littérature. J’ai une marmite et deux enfants ; si je ne veux pas faire bouillir les uns dans l’autre, faut trouver du jus de banque.

Pour Blaguàparts, Griffe d'Encre me propose 7% de droits, soit 1,05 € par exemplaire. Enrichissez-moi !

Edit : l’ami Beirla m’ayant, sans agressivité j’espère, mis le nez dans mes erreurs, voici des précisions concernant Griffe d’Encre et Blaguàparts.
Le projet de contrat stipule :

Cette rémunération est fixée au taux de 7 % du produit d’exploitation calculé sur la base du prix de vente T.T.C. au public.
Ce taux sera porté à :
8 % pour les ventes au-dessus de 500 exemplaires,
9 % pour les ventes au-dessus de 1000 exemplaires,
10 % pour les ventes au-dessus de 1500 exemplaires.

Mes cours de compta sont loin, mais un produit d’exploitation cela doit vouloir dire encaissements sur les ventes. Donc, sur un exemplaire à 15 € (pas cher, pas cher, courez l’acheter dès qu’il sortira) ça représente 1,05 €, puis 1,20 €, puis 1,35 € et le deux mille unième d’entre vous, gentils lecteurs, me rapportera 1,50 € (comme les suivants d’ailleurs).

Edit encore : l’amie Isa m’ayant gentiment rappelé que les éditrices de Griffe d’Encre ne gagneront rien en publiant mon recueil, je tiens ici à l’écire en gras, sinon en gros.

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120 Réponses to 'Le fric, franco !'

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  1. Beirla said,

    Hum,

    Que la plupart des auteurs gagnent peu c’est une chose. Que cela soit à cause des éditeurs en est une autre. Encore plus quand il s’agit d’une petite maison d’édition comme Griffe d’encre dans laquelle les deux dirigeantes ne gagnent rien alors qu’elles paient, même symboliquement, toutes celles et ceux qui bossent sur un ouvrage (l’auteur, l’illustrateur, le traducteur…). Je trouve donc ta dernière phrase un peu limite. D’autant que ce que tu avances n’est pas tout à fait exact (il y a aussi des paliers chez GdE et le 7% sont sur le TTC si je ne m’abuse).

    Peut-être devrais-tu aussi te poser la question du point de vue de l’éditeur : Je suis Griffe d’encre. Qu’est-ce que j’y gagne ?
    Pas grand chose.

    Quand au livre électronique, comme tu l’as sans doute constaté dans le dossier de Bifrost, c’est loin d’être un sujet simple et il y aura des frais pour l’éditeur (ne serait-ce que de mise en page, surtout s’il y a plusieurs formats du bouquin) et pour les intermédiaires (le libraire, la plateforme de téléchargements, etc.).

    Dernière chose : je doute que seul l’écrivain trime dans la chaîne du livre mais si tu as l’air persuadé de cela.

    • Don Lorenjy said,

      Tu n’es pas le seul à trouver ce billet limite.

      Ce qui est marrant c’est que, quand un éditeur comme Gilles parle chiffres franco, tout le monde compatit : il s’en sort comme il peut, arrache tout ce qu’il peut, se démène pour vendre aussi bien en amont qu’en aval. Respect !

      Mais qu’un auteur parle pognon, c’est tout de suite « limite ».
      Ah oui ? Je n’attaque personne. je ne dis pas que seul l’auteur trime. Mais on lit tout de suite la jérémiade du pauvre auteur, gna, gna, gna.

      Non, désolé. Que des chiffres, nets. Et aucune accusation envers les éditeurs. Encore moins ceux qui m’ont donné ma chance, ou Gilles qui a pris de son temps pour me lire et m’envoyer un « non » argumenté.

      Et alors ? Même Gilles dit que les rémunérations offertes aux auteurs sont scandaleuses. Il n’y peut rien. Qui y peut quelque chose ? Toi ?

  2. Beirla said,

    Non, je ne peux rien changer sur le pourcentage que tu gagnes.
    Et non, ce n’est pas limite de parler d’argent pour un auteur.
    Mais oui, tu donnes l’impression de te plaindre et d’en vouloir à certains éditeurs. Quand tu dis « bagnard » ça veut dire ce que ça veut dire : tu es exploité et les autres se contentent de tirer des profits de ton travail.
    C’est loin d’être la vérité.

    La seule chose que je trouve vraiment limite dans ton billet (et ce n’est peut-être pas volontaire) c’est de sortir plusieurs chiffres (quelques milliers d’euros, 10 % de droits d’auteur, etc.) et de balancer à la fin un 7% et un 99 centimes qui ME donne l’impression que GdE t’exploite encore plus que les autres. mais bon, c’est mon impression, hein.

    • Don Lorenjy said,

      Quand GdE m’a envoyé son projet de contrat, la seule chose que j’ai répondue à Karim c’est : je préfère gagner moins, mais que l’éditeur puisse continuer à bosser, avec moi comme avec d’autres.
      (en fait, j’ai aussi demandé de garder les droits d’exploitation numériques des textes, ce que tout le monde conseille aux auteurs)
      Après, ce que GdE va y gagner, je n’en sais rien. On dit toujours à un auteur qu’il n’est pas obligé d’écrire s’il n’est pas content… et un éditeur ?
      Maintenant, si GdE me signifie par ta voix de rentrer dans le rang et fermer ma gueule, ils ont mon numéro de téléphone, je préfère.

      • Beirla said,

        « Maintenant, si GdE me signifie par ta voix de rentrer dans le rang et fermer ma gueule, ils ont mon numéro de téléphone, je préfère. »

        Je pense que Magali et Menolly sont assez grandes pour dire si quoi que se soit ne va pas avec elles.

        Je parle pour moi et rien que pour moi.

  3. Travis said,

    Bon ça suffit monsieur Lorenjy. Tu vas bosser et te taire. Non mais où va le monde si un auteur commence à se plaindre. Et en plus il veut gagner de l’argent avec ses bouquins, alors ça c’est le ponpon d’Avignon (oui je sais c’est nul à chier)

    Et toi les vendeurs d’occasions (librairies) qui revendent des SP, tu en penses quoi?

    Sinon tu vas bien?

    • Don Lorenjy said,

      Pour l’instant, je n’ai rencontré que des libraires qui m’ont offert les SP qu’ils recevaient. Donc je vais bien.

    • Beirla said,

      Petite précision : je ne dis pas que gagner de l’argent avec ses bouquins, c’est mal, hein. Juste que c’est un brin plus compliqué que de mettre d’un côté les méchants éditeurs esclavagistes et de l’autre les gentils auteurs qui font tout le boulot mais qui ne récoltent que des coups de batons.

      Quant aux Sp, filez-les aux bibliothèques ! ;->

      • Travis said,

        Blaguàparts c’était de l’humour.

        Pour les SP en fait je vais régulièrement acheter des livres d’occases dans une grande librairie parisienne et souvent ils revendent des SP. Voilà pourquoi je pause la question, je ne dis pas que c’est mal mais le procédé est moyen.

      • Travis said,

        je pose (excusez-moi)

      • Beirla said,

        Je me doutais que c’était de l’humour, mais dans le doute…

  4. KB Jardin said,

    J’suis bien d’accord avec toi, mais, pour te donner un exemple, en tant que directeur de collection chez Griffe d’Encre, j’ai dû gagner 300 euros en 3 ans (et les patronnes ne sont pas mieux loties). Si chaque recueil publié se vendait à 10 000 exemplaires, ce serait différent, pour tout le monde. Mais ce n’est pas le cas, malheureusement. L’écriture, c’est plus une passion qu’un métier, à mon avis. Quand la passion peut aussi faire vivre, c’est qu’on a décroché la queue du Mickey. En attendant, mieux vaut ne pas trop attendre financièrement de l’écriture (ou alors faut faire commerciale, genre Le Seigneur des Anneau qui rencontre des fourmis vampires).

    • Don Lorenjy said,

      Mon billet est bien en 2 parties : les chiffres bruts (300 € pour toi ? la vache, sacerdoce !) ne viennent qu’après l’énervitude sur l’occasion de repenser le truc autour du numérique, occasion que tout le monde semble s’ingénier à manquer.
      Mais il vaut mieux en parler (on le fait, là et ailleurs) avant de se plaindre. Parce que si les petits gars qui nous gouvernent décident d’y mettre une loi (parce que certains grands gars auront du pognon à y gagner), on va tous morfler grave.

  5. Beirla said,

    Je confirme : c’était sans agressivité aucune ;->

  6. Isa said,

    « Qu’est-ce que ça rapporte d’écrire ? »
    Faire un métier qu’on aime aux heures qu’on veut, chez soi, en s’occupant de ses enfants ?
    Pour ce qui est de la comparaison de salaire, mon mari est debout 6 jours sur 7 à côté d’un four à 400°, pour une durée officielle de 35h/hebdo aux heures les plus pourries (puisqu’en restauration) sans aucune vie de famille. Le tout pour 1400 euros par mois. Donc avec deux romans et deux nouvelles, tu gagnes autant que lui en deux mois et demi. Les comparaisons, ça vaut pour ce que ça vaut, quoi. Un auteur débutant, la plupart du temps, il fait ça à côté de son boulot. Si un jour il en vit, c’est cool. Mais c’est rare, pas à cause des éditeurs, mais à cause du manque de lecteur (à la rigueur la TVA n’est pas étrangère non plus).
    Quant aux 99c par volume, tu n’oublierais pas préciser que GdE fait un tarif progressif ? Tu n’oublierais pas non plus qu’elles offrent une avance qui la plupart du temps n’est même pas remboursée ? Tu n’oublierais pas non plus de préciser que les 30 euros pour une nouvelle chez eux, c’est pour une anthologie qui ne leur rapporte quasiment rien si ce n’est la satisfaction morale d’aider les jeunes auteurs à se lancer ?
    Tu parles de ton salaire, mais j’aimerais savoir combien les éditrices de GdE gagnent par rapport au temps qu’elles passent à s’occuper de leur maison. M’est avis qu’elles se paient moins qu’elles ne paient leurs auteurs.
    Je ne sais pas si tu laisseras ce commentaire sur ton blog, Don, mais au moins toi, tu l’auras lu et j’espère quand même que tu réaliseras un peu que le milieu du livre en général ne rapporte pas et que tirer sur ceux qui essaient d’aider les jeunes auteurs c’est pas franchement glorieux.
    Ça vaut pour GdE, ça vaut pour Gilles Dumay dont tu sors les propos du contexte. Il parle d’un système provisoire dans un monde où les librairies sont bien implantées et où personne ne peut se permettre de s’en passer (parce que le numérique pour l’instant en chiffre d’affaires c’est zéro). Alors oui, tu dis à côté que tu le respectes, mais ses paroles extraites ainsi de tout son propos ne lui rendent vraiment pas justice.
    L’écriture ça ne rapporte pas « à un jeune auteur qui débute » (ce que tu es). C’est assez légitime parce qu’un jeune auteur qui débute ne rapporte pas non plus à sa maison d’édition.
    Y a déjà des éditeurs qui ne s’emmerdent pas en ne publiant que des auteurs américains (déjà lus, déjà testés, déjà primés, déjà reconnus = risque zéro), c’est sur les autres que tu tires. Des gens qui, comme le Navire (et Oxymore avant elle) finissent souvent par faire faillite, en perdant bien plus que toi dans cette affaire. Tu ne te demandes pas ce que ce genre de billets peut leur faire vu tout le travail fourni et le peu de fruits récoltés ?

    • Don Lorenjy said,

      D’abord, je ne tire sur personne.
      Et je maintiens qu’il y a une sorte de paranoïa qui se lève dès qu’un auteur parle fric.

      Je ne dis pas que les responsables de GdE ne se paient pas parce que je n’en sais rien (sauf que tout le monde me le dit maintenant, alors je vais l’ajouter en gros, parce que ça n’enlève rien à mon propos : elles sont mes partenaires et non mes adversaires).

      Je ne dis pas que Gilles Dumay ou ses propos sont méprisables, même sortis de leur contexte, parce que c’est faux : ils sont juste le reflet d’une habitude bien ancrée consistant à traiter l’auteur comme variable d’ajustement (pour faire mon écofrime), Gilles n’y peut rien à titre personnel et je suis sûr qu’il en souffre.

      Je ne dis pas qu’un auteur débutant (ce que je suis, merci de le rappeler, mais tu prêches un convaincu) doit gagner sa croûte avec ses écrits : combien d’auteurs confirmés, talentueux, reconnus, multi-primés, n’ont pas les revenus correspondant au temps qu’ils y passent ? Me cracher à la gueule en disant que je crache dans la soupe est une manière facile de détourner le problème.

      Je ne dis pas qu’en attaquant les éditeurs on peut résoudre tous les problèmes, mais que dans la situation actuelle ils ne se positionnent pas en partenaire des auteurs, mais en partenaire des vendeurs. C’est très clair, et ce n’est pas les insulter que de le constater.

      Enfin, je ne dis pas que les éditeurs sont incompétents ou arnaqueurs, et je le prouve en mouillant la chemise autant que ton mari près de son four (exagération pourrie, tu me pardonneras) dans un boulot de promotion qui me tue, m’isole, me ridiculise et me transforme en vendeur de tapis pathétique mais presque. Ils savent lire, les éditeurs qui ont perdu plus que moi, et si ce genre de billet les blessent, ils viennent me le dire. J’ai fait plus que ma part de boulot pour leur éviter le bain. Mais je ne suis qu’un débutant dont personne n’a voulu soutenir le premier roman, comme des centaines d’auteurs chaque année. Passons.

      Ce que tu sous-entends, en revanche, c’est que je pourrais retirer ton commentaire simplement parce que tu fais une lecture biaisée de ce que j’écris. Eh bien ça, tu vois, c’est insultant. Plus que les chiffres et les citations de ce billet.

      • Isa said,

        « je maintiens qu’il y a une sorte de paranoïa qui se lève dès qu’un auteur parle fric. »

        Je laisserais une personne bien plus sage que moi te répondre : »Quand quelqu’un me prend pour le dernier des cons je cherche maintenant à savoir pourquoi il pense ça et si je ne lui aurais pas donné quelques raisons d’avoir raison. » http://forum.griffedencre.fr/viewtopic.php?t=2767&start=25
        Parfois, si les gens réagissent tous de façon épidermique à une chose qu’on a dite, c’est peut-être qu’on l’a mal dite.
        Tu compares le fait que tu parles argent avec le fait que GD le fasse ? Sauf que GD cite tous les chiffres TVA, part des libraires, des auteurs, des diffuseurs… Il ne donne pas juste ses chiffres d’auteur hors contexte à des gens qui ne savent pas les lire.

        « Je ne dis pas qu’un auteur débutant (ce que je suis, merci de le rappeler, mais tu prêches un convaincu) doit gagner sa croûte avec ses écrits : combien d’auteurs confirmés, talentueux, reconnus, multi-primés, n’ont pas les revenus correspondant au temps qu’ils y passent ? Me cracher à la gueule en disant que je crache dans la soupe est une manière facile de détourner le problème. »

        Je t’ai craché à la gueule ? En disant quoi ? Que tu étais un auteur débutant ? Je n’insulte pas, c’est toi même qui l’as dit et à plusieurs reprises. Je te rappelle juste que puisque tu ne rapportes encore rien aux éditeurs (ou très peu) ce que tu gagnes est à l’échelle, les propos de Karim en sont la preuve. Lancer un jeune auteur, c’est un pari sur l’avenir de la part d’un éditeur. C’est censé être la même chose pour l’auteur lui-même : accepter de faire ça sur son temps de loisir en espérant qu’un jour ce sera son métier.
        Quant aux auteurs confirmés, je ne connais pas un métier où les gens considèrent qu’ils sont payés assez. Et tout le problème reste que le gâteau est petit. Le seul qui prend sa part sans rien faire, c’est l’Etat, comme d’hab.

        « en mouillant la chemise autant que ton mari près de son four (exagération pourrie, tu me pardonneras)  » Exagération ? Tu as déjà bossé dans la restau rapide Don ? Mon mari bosse près d’un four à 400° (deux en été quand y a du monde) de 17h30 à 23h six jours sur sept (et les midi) et je peux t’assurer qu’il n’y a pas de chaise. Si tu ne sais pas que des métiers comme ça existe, faut voir à te renseigner.
        En matière d’exagération, « bagnard » par contre, c’est pas moi qui l’ai dit.

        « les éditeurs qui ont perdu plus que moi, et si ce genre de billet les blessent, ils viennent me le dire »
        Et moi, je n’ai pas droit de m’insurger pour eux ?
        Je me donne ce droit, désolée.

        « Ce que tu sous-entends, en revanche, c’est que je pourrais retirer ton commentaire simplement parce que tu fais une lecture biaisée de ce que j’écris. Eh bien ça, tu vois, c’est insultant.  »
        Je ne sous-entend rien. Je *dis* que tu as le droit puisque tu es chez toi de laisser ce post ou non et, le sachant, je te dis à toi, Don Lo, que c’est à toi que je m’adresse et que même si tu décidais de supprimer ce post (ce qui est ton droit) tu saurais la lecture que moi *auteur* j’ai fait de ton billet.
        Et c’est justement parce que je suis de ce côté-là de la barrière que ça a plus de poids. Je ne suis pas l’éditeur qui défend son bifteck. Je suis l’auteur qui te dit que la façon dont tu présentes les choses est injuste à l’égard des éditeurs.
        Si ce n’est pas ce que tu voulais dire, tu as mal fait ton article à un moment ou un autre.

        « Eh bien ça, tu vois, c’est insultant. Plus que les chiffres et les citations de ce billet. »
        Faudrait laisser les personnes concernées en juger. Si je t’avais dit « Je sais bien que tu es trop lâche pour laisser ce commentaire », peut-être. Dans la mesure où je te dis juste que « je ne sais pas » si tu le feras, je ne vois pas où est l’offense.
        Sauf si je suis censée savoir ce que tu penses.

  7. Isa said,

    Ah zut !
    J’avais lu le billet plus tôt et je n’ai pas vu que tu avais modifié. Je rectifie donc sur ce point précis ma critique. Il n’empêche que tu ne dis toujours pas que les éditrices, elles, ne se paient pas.

    • Don Lorenjy said,

      OK, je l’ai dit. Désolé si ça ne change rien.

  8. Azarian said,

    Quel rentrée ! Faut pas partir en vacances Don c’est mauvais pour le morale 🙂
    Quoiqu’il en soit j’ai lu la totalité com. inclus et j’en déduis que c’est la misère de l’auteur à la petite maison d’édition.
    C’est assez drôle car je me faisais la réflexion récemment que le prix d’un bouquin pouvait être un frein notable à la lecture.
    Alors le consommateur trouve les livres chers, l’auteur, l’éditeur gagnent des clopinettes …doit y avoir une c…. dans le potage quelque part tout de même.
    Un premier début de réponse avec la TVA, probablement un je-m’en-foutiste généralisé aussi.

    • Don Lorenjy said,

      Non, ça va, le moral est bon. Et ta déduction est erronée : ce n’est pas une question de taille de maison d’édition. j’aurais tendance à dire « au contraire ».
      La couille dans le potage, c’est que tout le monde veut que rien ne change. En tout cas, ceux qui pourraient.

  9. Don Lorenjy said,

    @Isa (puisqu’on ne peut enchaîner que 2 réponses sur ce blog) : on va dire que tu as raison point par point, ce qui ne t’empêche pas d’avoir globalement tort.

    Ce que tu dis, c’est que le système est vertueux, que les éditeurs font du mieux qu’il peuvent en le perpétuant, qu’un mec qui ne rapporte rien n’a pas à vouloir que ça change, qu’en tant qu’auteur tu es bien placée pour savoir ce qui est juste et que celui qui essaie de penser ou dire autrement est sans doute le dernier des cons puisqu’il n’a pas réussi à dire ou penser sans te heurter. Je résume, mais c’est l’effet que ça me fait, et si ce n’est pas ce que tu voulais dire… tu vois ?

    Il vaudrais mieux qu’on discute de ça en face à face, parce qu’ici il semble difficile de se comprendre sans laisser parler l’épidermique.
    Par exemple, je peux me vexer tout rouge quand tu me demandes de me renseigner sur les boulots difficiles, et dire que je le ferai si tu me promets de te renseigner sur ma vie. Dire que là encore, j’ai l’impression que tu me craches dessus, comme quand tu me cites tout ce que j’aurais oublié dans ce que m’a proposé GdE, lorsque tu m’accuses de sortir les propos de Gilles du contexte alors que justement je les replace sans pour autant citer tous les échanges, quand tu parles de mon salaire alors que je n’en ai pas, quand tu affirmes que je tire peu glorieusement sur ceux qui m’aident et quand tu me mets une partie de la faillite du Navire sur le dos alors que j’ai plutôt l’impression d’avoir perdu mon premier bébé.
    Tu me diras alors sans doute que perdre un bébé, ça n’a rien à voir, que je me fous de la gueule des mères qui elles savent ce que c’est, ce qui m’obligera à te répondre « renseigne-toi sur ma vie » et on n’en sortira plus.
    Donc prenons rendez-vous pour en discuter sereinement, et d’ici là, je tâche de réfléchir à une façon de te parler qui ne te heurte pas.

    personne d’autre pour m’engueuler ? Je peux aller me coucher ?
    (Magali m’avait dit de faire gaffe, il y a longtemps, et elle avait raison)

    • Don Lorenjy said,

      Merci pour le lien.
      On ne doit pas avoir le même affichage : le com que tu me reproches d’avoir censuré apparait toujours sur mon écran. Quand l’épidermique fait sa loi, je vais me coucher.

  10. Isa said,

    Pour le commentaire, je persiste à dire qu’il avait disparu chez moi, mais je pense que ça doit avoir un rapport avec l’affichage, quand tu as rédigé ta réponse il y a dû y avoir un temps de flottement où chez moi il n’apparaissait pas.
    Dans tous les cas, je sais que tu es de bonne foi (je précise au cas où).
    Ça ne change rien à tout ce que j’ai dit. Au fait que je ne prétendrai jamais que seule une mère peut comprendre ce qu’on ressent en perdant un bébé. Au fait que je n’ai jamais prétendu que tu étais un mauvais auteur (j’ai suffisamment souvent dit le contraire pour ne pas revenir dessus) mais juste un auteur débutant (donc non reconnu donc pas encore bankable). Et que je n’ai pas dit une seule seconde que tu avais coulé le Navire.

  11. Draco said,

    Parce que ce n’est pas Don qui a coulé le Navire ?o_o
    (tin j’étais persuadée, qu’il l’avait coulé exprès en posant une bombe dans la cale pour m’empêcher de sortir Plaguers dans la même collec que lui !!!)
    (on me dit rien à moi)
    (je déconne ^^)
    (ouais je préfère préciser)

    je ne reviendrais pas sur l’historique des échanges, n’empêche qu’un truc me sidère dans ton analyse Don, c’est que tu parles des éditeurs, de la tva, des libraires….
    mais qu’à aucun MOMENT tu n’envisages la place énorme des distributeurs ?
    (30 pour cent sur un bouquin en général)

    le publiciste en toi a du mal à tirer sur les collègues ?^^

    • Don Lorenjy said,

      La sidération, c’est mon arme de séduction massive, et elle marche 🙂
      Tu as sans doute été trop sidérée pour lire « la politique d’un groupe qui a trop besoin de ses canaux de distribution pour risquer de se les mettre à dos. Gilles en a certainement l’estomac noué, mais son secteur est prêt à se mobiliser pour protéger les intermédiaires« . D’accord, c’était fugitif comme MOMENT, mais cela était.

      Et c’était certainement aussi une déconnade de ta part, mais m’identifier comme publicitaire (et non spécialiste de droit public) ayant du mal à tirer sur qui que ce soit (distributeur ? ou diffuseur qui font effectivement la promo ?) pourrait être pris comme une attaque personnelle blessante dans le seul but de discréditer un propos sans toucher le fond. Heureusement que tu n’es pas de ce genre et moi non plus.

      Si je parle des éditeurs, c’est uniquement parce qu’ils sont à la croisée de la littérature et du commerce : suivant comment ils rédigent les contrats et nouent leurs partenariats, le monde de l’édition peut être bouleversé, ou non.

  12. Nedeleg said,

    T’aimes bien les chiffres, je vais t’en donner.

    La TVA sur les livres : 5,5 %. Pas la pire des TVA.

    La part libraires+ diffuseur+distributeur = 55 % du gâteau (dans le meilleur des cas, car cela peut monter plus haut).

    Le coût de l’impression et de la reliure n’est pas à négliger non plus. D’autant que les prix chez les imprimeurs ont fait un bon en avant début 2009. Ils ont presque doublé par rapport à ce qui se pratiquait encore fin 2008. Ce qui fait que pour tout ouvrage publié en 2008 mais faisant l’objet d’un retirage à partir de 2009, et puisque l’on ne peut pas revoir à la hausse le prix de vente de l’ouvrage, et bien c’est de la vente à perte pour l’éditeur.

    Tu oublies aussi de parler du coût de l’illustration de couverture.

    Et les frais de fonctionnement de l’éditeur : l’hébergement du site et de la e-boutique, les frais de banque, les frais d’enveloppe et de timbre, de téléphone, d’électricité. Les licences des logiciels, la maintenance du copieur ou de l’imprimante. La location des stands pour les manifestations et festivals. Les frais de déplacement et d’hébergement, de nourriture. Les café ou les repas offerts aux auteurs pour compenser le fait qu’on ne leur fait pas gagner beaucoup puisqu’on ne vend malheureusement pas assez d’exemplaires de leurs ouvrages…

    Et les taxes infligées aux PME « vache à lait » ! Au cumul, juste parce que j’ai déménagé et augmenté de 100 euros mon capital grâce à l’arrivée d’un nouvel associé, j’ai dû donner 1200 euros à l’Etat.

    Heureusement que je n’ai pas de poste « salaire » !

    Et les droits d’auteurs, je les paie à tous mes auteurs… sauf à moi-même. Je ne me paie ni pour les textes que je republie chez Argemmios, ni pour mon travail d’anthologiste, ni pour mon travail d’éditrice. Et les autres micro-éditeurs, c’est pareil. Exactement pareil.

    Mais ne t’inquiète pas, à force de nous reprocher ce qu’on fait en nous disant qu’on n’en fait pas assez, on finira par ne plus faire plus rien, par choisir de reprendre une vie à nous, d’arrêter complètement l’édition, et là les auteurs iront pleurer que plus aucun éditeur ne donne sa chance aux plumes françaises débutantes.

    • Nedeleg said,

      Coquille : je voulais écrire « on finira par ne plus rien faire du tout ».

      • Don Lorenjy said,

        Il te sera beaucoup pardonné 🙂

  13. Draco said,

    euh en fait je te croyais réellement dans la pub, Don, à la base, (quoique
    je vois pas en quoi ça pouvait être pris comme une attaque perso ^^*).
    cela dit oui 4 lignes pour éliminer 55 pour cent du fric qui part des bouquins c’est un just quand même ^^

    (c’est pas les Impôts ou Areva la pub quand même*)
    (ah et je plussoie Dame Argemmios)

    • Don Lorenjy said,

      Je suis bien publicitaire, pas publiciste.

      Quant à Dame Argemmios, elle a tous les chiffres pour se plaindre, donc raison de se plaindre. ça m’apprendra à me plaindre alors que je ne me plaignait pas.

      Prochain plaignant ?

      • Nedeleg said,

        Bon ben désolée d’avoir cru que tu te plaignais, alors.

        Je ne peux pas répondre plus haut, mais… à toi aussi, il sera beaucoup pardonné. Parce qu’en fait, on est tous d’accord sur le fait qu’il y a une incohérence dans le système. Seulement la solution, je ne vois pas ce qu’elle pourrait être. A moins que l’Etat daigne donner un statut particulier aux acteurs de la Culture (et ne pas considérer comme Culture uniquement les mecs qui pissent concrètement sur scène). Par exemple en accordant un tarif postal réduit pour les envois de livres aux petits éditeurs n’ayant pas accès à Prisme pour des raisons géographiques, ou ayant une e-boutique à usage des particuliers. Ou encore en accordant la sécurité sociale aux écrivains dès qu’ils remplissent les conditions requises par la SGDL (publication concrète à compte d’éditeur) et non pas uniquement en basant tout sur les exigences de l’Agessa, difficiles à atteindre (quel auteur gagne en une année, au titre de ses droits d’auteur, l’équivalent d’une année de smic ?)

  14. Nedeleg said,

    Ah, et j’oubliais le poids des exemplaires gratuits (ceux dont l’éditeur paie la fabrication mais que ne seront jamais vendus) : le dépôt légal, les exemplaires d’auteur, d’illustrateur, de relecteur, de correcteur, de diffuseur ; les exemplaires pour le référencement dans les bases de données des libraires ; les SP aux chroniqueurs ; les gratuits donnés aux jury des différents prix littéraires… Globalement entre 30 et 50 exemplaires, pour chaque titre, pour le petit éditeur qui tente de cibler. Sur un tirage à 300 ou 400 exemplaires, ça fait vraiment beaucoup. D’autant que ces exemplaires-là, on a rarement l’occasion de les donner de la main à la main. Faut les poster. 3,02 euros en moyenne, le prix du timbre, dès qu’on sort du format novella.

  15. Isa said,

    La réaction de Nedeleg est pour moi plus éloquente que tout. La raison pour laquelle j’ai parlé du travail de mon mari comme j’aurais pu parler de n’importe quel autre, c’est parce qu’on parle boulot alimentaire, ce qui, pour moi est beaucoup plus contraignant que le travail d’auteur (et c’est vrai aussi que j’ai découvert depuis 3 ans à quel point la restau était un des boulots les pires qui soient). La plupart des auteurs débutants tout comme les petits éditeurs ont un boulot alimentaire.
    Tu dis que tu n’as pas voulu faire dans le caliméro, mais ton billet dit « Avec deux romans et deux nouvelles, je ne peux pas faire manger mes enfants, je vais être obligé de travailler, c’est injuste ». Et je te réponds que Nathalie Dau a publié plus que toi, qu’elle est également éditrice et qu’elle est quand même obligée d’avoir un boulot alimentaire. Quant à Draco, tous ses prix et ses parutions nombreuses sur une courte période, ne lui ont pas non plus permis de lâcher les gants de boxe d’un travail qui à mon avis n’est pas rose non plus tous les jours.
    Je persiste à dire que l’écriture est une passion. Tant qu’on est un écrivain débutant, on est obligé de l’exercer sur son temps libre. Si on a la chance de décrocher la timbale, on peut en vivre, une fois sur mille (et encore !). Et sans doute qu’on ne vivra pas aussi bien qu’un médecin mais on aura quand même toujours la chance de travailler chez soi, de pouvoir partir en vacances avec ses enfants sans mendier des congés à son patron, etc…
    Je trouverais que l’auteur est mal payé s’il y avait visiblement des fortunes gagnées à un autre niveau de la chaîne. Mais à part les gros groupes type Hachette, Nathan, personne ne se fait beaucoup d’argent avec les livres. J’ai vu des petits éditeurs faire faillite, des librairies fermer (beaucoup ! En Corse tous ceux qui essayaient de faire de la librairie spécialisée finissaient sur la paille) et j’ai vu des auteurs arrêter parce qu’ils étaient trop pris par leur boulot alimentaire pour continuer à écrire. Tout le monde dans le même bain.
    Moi si je devais taper sur quelqu’un, c’est l’Etat qui ne fait rien pour promouvoir la culture, qui a rajouté des taxes pour enlever la pub sur France Télé histoire de pousser encore plus les gens vers la télé « culturel » (allez voir les programmes, y a de quoi rigoler) au lieu de les pousser vers la lecture, qui étouffe les petites entreprises dès qu’elles prennent un employé (ce qui a tué Oxymore)…. Si l’Etat ne prélevait que 5,5% sur les livres, ce ne serait vraiment pas le problème.

  16. Draco said,

    euh…
    en même temps, isa, je l’ai dit souvent : jamais j’arrêterai d’enseigner, j’aime trop faire suer les élèves^^
    l’enseignement pour moi c’est tout sauf alimentaire…
    mais soyons clair :
    pour moi, écrire est un luxe qui désormais m’offre du luxe (un petit luxe, un paquet de clopes de plus par semaine et de temps en temps, une demi semaine en joli hôtel – chambre fumeur – payée par les festivals, à déconner avec les copains avant d’aller faire la grande en conférence tout en faisant semblant de savoir de quoi je cause)
    avant, c’était un luxe qui me permettait de sortir ce que j’avais dans les tripes…
    je suis une semi pro maintenant, et sauf à décrocher la « queue du mickey » comme dirait KB, c’est ce que je demeurerai, mais je m’en fous, j’ai la chance de vivre ma passion, mon luxe, sans qu’elle/il me coûte du fric, c’est déjà énorme.
    maintenant, il y a une toute petite minorité d’auteurs qui peuvent s’offrir un yacht à garer devant leur appart avec vue sur la seine (tandis que le mien de yacht est condamné à flotiller dans le bain vespéral de mon fils ^^) mais l’ennemi c’est pas eux (même s’il leur arrive d’écrire des trucs dont on ferait éventuellement la tapisserie de ses chiottes mais pas longtemps) parce que même ceux-là voient la majorité des bénéfices de leur taf engloutie par le système de distribution (dans lequel je ne voudrai sauver que les libraires mais force m’est de constater que ça va être très dur)
    bref…
    rien n’est simple tout se complique
    nuançons
    mais par pitié évitons de geindre, ça manque de dignité

    • Don Lorenjy said,

      Pareil. La dignité c’est bien, ça tient chaud l’hiver.
      En plus, j’aime mon métier de publicitaire. J’aime aussi mon pouvoir de dire « non » à des clients en conservant mon intégrité parce que je suis free lance (sauf que quand free dire « non », lui pas pognon).
      J’aime moins la nécessité qu’a l’indépendant d’aller chercher le boulot, de se remettre sur la sellette chaque jour et ne pas savoir s’il aura assez de facturation le mois prochain pour ne serait-ce que payer les charges.
      Mais là encore je ne me plains pas : j’ai choisi, je tiens le coup. J’aimerais juste pouvoir payer de plus belles vacances à mes enfants. Qui ne se plaignent pas non plus.

    • Isa said,

      « en même temps, isa, je l’ai dit souvent : jamais j’arrêterai d’enseigner, j’aime trop faire suer les élèves^^ »
      Ok, je retire pour toi alors. PAr contre, je crois que Ned se consacrerait volontiers à la littérature si elle pouvait (édition et écriture). En tout cas, je sais que nombreux sont les auteurs qui aimeraient vivre de leur plume.
      Moi la première. Je pourrais faire vivre ma famille et mon mari aurait le temps de se trouver un job ailleurs que dans la restau. Histoire de pouvoir partir en vacances quand les enfants seront à l’école.
      Mais c’est un rêve, c’est tout et ça n’empêche pas ma vie d’être très bien comme elle est. Ecrire est un plus. Si c’était un plus qui rapporte, ce serait mieux. Mais c’est déjà un plus qui ne me coûte pas (ou peu), pour une passion, c’est l’essentiel.

  17. Draco said,

    ah et puis si tu voulais gagner du fric Don, pourquoi, mais POURQUOI as-tu choisi d’écrire dans les genres de l’Imaginaire ? o_o
    masochisme ?
    mauvais service de renseignement ?

    ^^

    • Don Lorenjy said,

      Maintenant que tu le dis…
      C’est peut-être parce que… non, je suis une simple pute, je ne peux quand même pas faire ça pour le plaisir 😉

  18. camille said,

    heu…..et les lecteurs, ds tout *ça*?
    suis contente de n’être QUE lectrice….et je vois que le fric fait plus parler que le sexe 😉 un comble, non? ;o)
    bref, faut pas faire ‘long’, camille, car ça chauffe déjà assez, donc concentre et condense (et qu’on danse, quoi!)…..
    j’aime vous lire et je remercie les éditeurs qui vous publient avec des couvertures qui donnent *en vie* !!!
    à ma toute petite échelle, je fais circuler vos bouquins, j’en parle, je donne les liens et je souhaite que ce *bouche à oreille* (entre lecteurs, trices, n’ayant rien à ‘gagner’ en dépensant leurs sous, si ce n’est *du plaisir*, qui, comme chacun sait, ne s’achète pas…..quoique…..) contribue à vous faire exister, TOUS
    et bisous à tous 😉

    • Don Lorenjy said,

      Oui, mais Camille, pour toi c’est facile : on t’aime !
      Tu lis, tu en parles, et tu nous donnes presque l’impression d’avoir une petite importance.
      Allez, frottons-nous les uns les autres 😉

      • camille said,

        j’espère que tu n’ironises pas 😉 et je souhaiterais que l’avis que je *donne* ne soit pas une ‘presque impression’ car quand on a conscience de sa *place* (donc de son importance) ds ce monde (si modeste, soit-elle, la place), on vit bien mieux
        tous vos points de vue sont *valables*: ils ne se contredisent pas, ils s’aditionnent tout simplement et j’ai espoir qu’ils portent vers des solutions puisqu’ils obligent à réfléchir à partir de ce que chacun énonce
        se frotter les uns les autres, ce n’est pas spécialement *peace and love*, c’est ‘accepter’ de ne pas être compris et chercher comment se faire comprendre et ‘entendre’
        vos blogs sont des outils fabuleux mais ils tournent souvent en circuit fermé, c’est à dire entre auteur(e)s
        or, qui, après les éditeurs, vous font *exister*?
        vos dédicaces ne sont pas seulement prétexte à faire beau sur le bouquin, c’est l’instant privilégié pour entrer en contact avec le lecteur…..et il est certain que ce n’est facile ni pour l’un, ni pour l’autre! la communication, c’est sans doute *ça* qu’il faut travailler si l’on veut améliorer ses finances (ou au moins son plaisir de vivre!)
        signé: une grande timide (oui, je sais faire illusion…..comme vous! rires!)

  19. camille said,

    et vivement épinal! on aura de quoi causer ……..;-)

  20. Nedeleg said,

    C’est ça qui me bouffe, Camille.

    A mon niveau, je fais tout ce que je peux pour que les livres restent accessibles au petit budget des lecteurs. Tu sais que j’en offre même chaque fois que je peux. Mais le seul poste sur lequel je peux économiser un chouya, c’est le travail éditorial. Qui est loin d’être celui qui pèse le plus lourd dans la balance. Et on est obligé de mettre des prix trop chers sur les livres. Juste pour pouvoir fabriquer le suivant, et en espérant que les lecteurs auront du bonheur en lisant toutes ces histoires, tous ces beaux mots, qui nous ont fait vibrer en amont de la production.

    Et cette passion, cette envie de partage, sont parasitées par l’économique. C’est vraiment triste.

    • Don Lorenjy said,

      Parasité par UN modèle économique.
      Je me rappelle d’un temps où les membres de ma famille paternelle (tous profs et désargentés) se concertaient pour choisir des livres en souscription chez des éditeurs chers mais exceptionnels, se cotisaient pour les acheter, les faisaient circuler… et en parlaient avec passion.
      Le modèle du « chacun son livre pas cher et jetable » n’est pas le seul possible. Je me demande si la culture économique dominante pourrait faire de la place à une autre approche.

      • Isa said,

        Là dessus, le numérique est à double tranchant. Soit on arrive à créer un système taxe/gratuité. Soit on va se retrouver avec des industriels qui, craignant le piratage, vont nous faire des e-books chers justement parce qu’ils se prêtent trop facilement. Et l’e-book va tuer le marché de l’occasion qui était le meilleur pour les gens désargentés.
        Et je ne parle pas de l’Etat qui pour l’instant prend la taxe « luxe. »

  21. Don Lorenjy said,

    @Nedeleg : tiens oui, dans ma passion des chiffres j’avais oublié les AGESSA.
    La ponction est faite en amont chez l’éditeur, je crois, non ?
    Et quelle est la base pour bénéficier des prestations ? Il y a deux ans c’était 7000 euros de revenu, et maintenant ?

  22. Nedeleg said,

    Pour l’AGESSA, le seuil d’affiliation est fixé par référence à 900 fois la valeur moyenne horaire du SMIC. Donc quand le SMIC augmente, le seuil le fait aussi. Mais quand le SMIC augmente, les droits d’auteurs ne le font pas, parce que le calcul n’est pas fait sur les mêmes bases. Donc pour qu’un auteur remplisse les conditions d’afflilation, c’est de plus en plus difficile chaque année.

    Pour les revenus de 2008, le seuil d’affiliation et base forfaitaire est de :
    7 749 €.

    Pour ma part, sur la même année, et malgré un prix littéraire, un recueil qui a bien marché, et l’ouvrage chez Auzou qui a été vendu à dix mille exemplaires (environ) et est en train d’être traduit à l’étranger, mes D.A. de 2008 n’ont pas tout à fait atteint les 2000 euros. Et quasiment tout est parti pour payer mes frais de déplacement et d’hébergement pour les signatures, festivals, salons… ou a été investi dans les éditions Argemmios. Et c’était ma meilleure année. Pour 2009, tu divises par 2.

    Sinon, quand on paye un auteur 30 euros pour une nouvelle, en réalité il ne perçoit que 27,41 euros. Le reste c’est l’Agessa qui le touche. Pour ses affiliés. Tous les auteurs côtisent mais seuls les affiliés ont droit à la sécu et au reste. Et ça, c’est franchement injuste. Parce que du coup on se retrouve encore dans un système où ceux qui gagnent le moins paient pour ceux qui gagnent le plus.

    • Don Lorenjy said,

      Merci pour ces précisions.
      (ça me rappelle qu’en tant qu’indépendant je cotise pour le chômage alors que je n’y ai pas droit. Mais ça me va, je n’aimerais pas être au chômage, personne n’aime ça)

      • Nedeleg said,

        Ben moi, ça me pend au nez parce que mon job alimentaire est menacé, mon employeur vend et je vais être licenciée une fois la vente conclue. Chaque semaine grapillée est une semaine de sauvée, pour moi 😉

        Je vais donc me retrouver à 43 ans (44 cet été), handicapée, avec 3 enfants encore jeunes. Un conjoint fonctionnaire qui ne peut pas me rattacher à sa carte de sécu (c’est compliqué pour les douaniers). Donc quand mon temps de chômage sera fini (parce que faut pas se leurrer, c’est quasi mission impossible pour moi de retrouver un emploi salarié), on compte encore une ou deux années, et ensuite plus droit à la sécurité sociale pour moi et mes enfants qui sont rattachés à ma carte. Le salaire en moins, je peux l’assumer, je mangerai davantage de pommes de terre et j’économiserai encore plus sur certains postes. Mais la protection sociale pour mes enfants, avec les frais dentaires, les yeux, les maladies infantiles, les opérations possibles… ça je ne peux pas m’en passer. Et je ne peux même pas avoir la CMU parce que les revenus de mon conjoint dépassent de peu le plafond. J’ai réussi à faire pleurer mon assistante sociale, tellement elle était désolée, parce que la loi a oublié de prévoir le genre de situation dans laquelle je me trouve, et malheureusement elle ne peut pas se substituer à la loi. C’est rigolo, non ?
        C’est comme pour la tempête. Pas de bol : je suis la seule de mon secteur à avoir subi des dégâts : le vent nous a arraché une partie de la couverture. Mais le département n’est pas classé « catastrophe ». Je fais tellement figure de curiosité locale que du coup, un journaliste vient prendre des photos, cet après-midi. Rigolo aussi. Et puis ça n’ira pas bien loin parce que ce ne sera pas assez spectaculaire, forcément. Restera la bataille avec les assurances…

        Bref, tout ça pour dire que si au moins j’avais la sécurité sociale des écrivains, parce que je suis un écrivain même si je suis un écrivain pauvre, ben ça suffirait à améliorer ma situation, ça me libèrerait du stress de devoir chercher à tout prix un nouveau job alimentaire, je pourrais écrire davantage, avoir également davantage de temps à consacrer à ma maison d’édition et à mes auteurs…

        Tu vois, ce n’est même pas une question de sous, c’est une question de statut et de protection sociale.

        Enfin bon, je me bouge quand même. Je suis membre de la SGDL ce qui me permet de demander à être payée pour mes prochaines et hypothétiques animations en milieu scolaire (jusque là, je suis toujours intervenue en bénévole), j’ai déposé un dossier à la drac, je refais mon dossier de travailleur handicapé, je mendie des travaux de commande auprès des éditeurs qui ont des sous…

        Elle est pas belle, la vie ? :o)

  23. Draco said,

    la prof en moi se révolte contre le « livre de luxe »
    (et pour des raisons évidentes)

    • Don Lorenjy said,

      Le livre peut-être un luxe, ce qui compte c’est que la lecture ne le soit pas. Partager un luxe ne lui ôte pas ses qualités mais multiplie usage et plaisir, non ?
      (un peu comme voir un film dans une bonne salle au lieu d’un écran d’ordinateur)

  24. Don Lorenjy said,

    @Nedeleg : essaie de voir si tu peux te mettre à ton compte. Tu auras le même stress (promis !) mais avec une chance de bosser.

  25. Travis said,

    Ce que je vais dire est peut être con mais bon. J’avais posé la question à Gilles Dumay sur le forum Actu SF.

    Pourquoi quand un livre est réédité en poche, ne peut on pas baisser le prix du grand format pour continuer à en vendre.
    J’aime les livres en tant qu’objet, j’aime la matière etc… et j’aime lire les livres en grand format. On baisse bien les prix des dvd au bout d’un certains temps, mais le livre on ne peut pas.
    Est ce que cette option serait à perte pour l’éditeur ou bien est ce une solution parmi tant d’autres pour remonter l’économie du livre?
    N’y connaissant rien aux %, etc…je sais seulement que le livre est vendu partout au même prix et ne peux excéder 5% de remise sur du neuf.

  26. Nedeleg said,

    C’est la loi Lang qui empêche ça, Travis.

    Les seuls qui ont le droit de vendre les livres à prix cassés, ce sont les discounteurs comme Maxilivres. Lesquels constituent leurs stocks avec les saisies (quand un éditeur fait faillite, par exemple) ou en rachetant à très bas prix ce qui sinon partirait au pilon. Et il y a des délais légaux avant qu’un livre neuf puisse accéder au circuit du discount.

    La loi Lang n’autorise que 5 % de remise sur le prix du livre. Comme les grands distributeurs culturels comme la Fnac et Amazon pratiquent cette remise de base, cela ne laisse plus aucune marge de manoeuvre à l’éditeur.

    • Travis said,

      j’ai retrouvé la réponse de Gilles Dumay:

      Question: « Je me posais la question aujourd’hui du pourquoi dans le domaine du livre n’y a t il pas de baisse des prix sur le grand format? Je sais que le livre passe en poche après quelques années mais est il économiquement possible de baisser les prix sur du grand format une fois le livre passé en poche? (comme par exemple les films en dvd)  »

      Réponse:

      « Les grands formats ne sont pas assez chers en France, un livre qu’on devrait mettre à 42 euros (Le Royaume Blessé de Laurent Kloetzer) on le met à 29 et ainsi de suite. L’anthologie de Serge Lehman est à 25 euros, elle devrait être à 29. Les éditeurs passent leur temps à rogner sur leur marge pour rester compétitifs et le prix du livre n’a guère augmenté quand tout le reste augmentait autour. Regardez les prix d’il y a dix ans et les prix d’aujourd’hui sur la catalogue des dix ans. Comparez ça à votre facture d’électricité par exemple (ou d’essence), ou à vos frais de nourriture mensuels.
      Par conséquent, on peut difficilement baisser les prix du grand format. Même en cas de retirage (Le Prestige, par exemple, on n’y est pas arrivé alors que j’espérais qu’on pourrait le mettre à 15 euros).
      Je n’ai AUCUN poids sur les prix de vente des Lunes d’encre ; ils sont trop chers, mais je n’y peux rien, car en fait ils ne sont pas assez chers (petits tirages, gros frais de structure, gros frais de correction et, parfois, gros frais de traduction). »

    • Travis said,

      Pour la fnac il faut avoir la carte adhérent de 3 ans pour obtenir systématiquement les 5%, sinon c’est le prix normal.
      Et puis autre problème avec amazon et les frais de port offert…

  27. Casse-bonbon said,

    Et bé… En v’là d’la polémique, en v’là !

    Bon remettons quelques pendules à l’heure. Pour tous ceux qui me semble-t-il, ont quand même un peu lu l’article de Don Lo en diagonale (quoi qu’il y avait en effet des précisions à rajouter) je suis quant à moi parfaitement d’accord avec lui.

    Nan mais vous déconnez, les mecs. (les filles beaucoup) Ce que dénonce Don Lo, c’est le fait que les éditeurs (ici en particulier Denoël – et pas Gilles Dumay, relisez-le) continuent de proposer un système (et de le défendre) qui exploite les créateurs au profit des commerciaux pour un boulot qui est d’ailleurs largement subventionné par l’Etat (Isa, c’est dingue ce que tu racontes comme bêtises sur le sujet, ma grande) justement parce que le livre n’est pas une marchandise comme les autres. Ou qu’on prétend d’un côté qu’il ne l’est pas pour toucher les pépettes, alors que en fait, on fait tout pour qu’il le soit parce que faut pas déconner on est là pour faire du fric. Ouais, les gros éditeurs et les banquiers, même combat. (et encore ne nous plantons pas, Denoël c’est parce que c’est un bébé Gallimard, hein ?)

    Don Lo se plaint de ne pas vivre de son travail d’écriture (il en cite les chiffres, vous focalisez là-dessus, c’est idiot, même si pour éviter toute confusion, il aurait en effet dû préciser dès le départ que beaucoup de petits éditeurs rémunèrent autant qu’ils le peuvent compte tenu du système les auteurs et leurs collaborateurs en y mettant plus de leur poche qu’ils ne touchent, ça aurait évité des écueils d’interprétation et qu’il aurait dû aussi insister sur la diff/dis, le cœur du problème) et IL A PARFAITEMENT RAISON.

    Ta comparaison financière ne tient pas Isa. Avec ses bouquins, il aura touché en presque quatre ans de boulot (allons, soyons cool, comptons deux, puisqu’il a un autre travail pour faire bouillir la marmite) ce que ton mari touche en deux mois, et il ne devrait pas s’en plaindre ? Certes, le boulot est moins dur physiquement, on est d’accord. Celui d’un cadre aussi, ce qui est déjà une comparaison plus raisonnable, en tenant compte du fait que cela demande des qualifications égales.

    Dans l’édition, tout le monde est payé à hauteur du travail fourni, ou presque (je ne parle pas de toutes petites maisons qui font beaucoup appel au bénévolat) à l’exception de l’auteur, parfois de l’éditeur et du libraire. Et encore, l’éditeur qui bosse pour une grande maison est payé correctement (je devrais d’ailleurs dire, dans ce cas, le directeur de collection et le directeur éditorial) et le libraire qui fait bien son boulot touche un petit salaire, même s’il est rarement en rapport avec son temps de travail. Le correcteur est payé, le maquettiste est payé, l’imprimeur verse un salaire à ses employés, la secrétaire d’édition est payée, le repré du diffuseur est payé, le type qui bosse dans le centre de stockage est payé, le conducteur du camion de livraison est payé etc. Les salaires ne sont pas toujours importants, mais ils sont censés permettre de faire vivre une famille (bon, c’est de moins en moins le cas, mais c’est pas le débat, là).

    Mais l’auteur, le créateur, lui, peau de balle. Et puis il faudrait encore qu’il dise merci parce que, hein, bon, c’est la classe de dire qu’on est écrivain, faudrait quand même apprendre à s’en contenter et fermer sa gueule ? Nanméo.

    Le système est pourri jusqu’à la moëlle, et ce que dénonce Don Lo dans l’article, c’est que d’aucuns, surtout les gros, prétendent faire tout pour que le passage au numérique préserve cet état de fait et ne vienne pas leur pourrir leurs relations avec leurs actionnaires en foutant la diff/dis en l’air alors que c’est ça qui rapporte. Et que le prétexte des libraires, haha ! je ris. Sont bien utiles comme porte flingue, les libraires, et ils se font manipuler jusqu’au trognon sur ce coup-là, je le dis tout net, z’ont qu’à être moins cons, penser par eux même et trouver le moyen intelligent de s’adapter pour mieux vivre et mieux faire leur boulot (y en a, des moyens de s’adapter. S’ils pissaient moins de trouille et baissaient moins culotte devant les gros éditeurs, ils s’en rendraient compte, d’ailleurs y en a plein d’intelligents qui s’en rendent déjà compte et qui se bougent le cul).

    (au passage, les frais pour le numérique, haha, là aussi je rigole, même à plusieurs formats. On en recausera quand les textes seront bourrés d’hyperliens, là y aura de quoi réévaluer les tarifs, en attendant, peau de balle)

    Les gros éditeurs n’ont qu’une trouille, c’est que les auteurs, et les directeurs de collection, et les libraires se rendent compte qu’avec le numérique, on a plus besoin d’eux. Et que les auteurs décident qu’ils en ont marre d’être les parents pauvres d’un système qui ne repose que sur leur créativité. Je suis éditeur, mais pas un gros, les auteurs, c’est toute ma vie, et j’attends avec impatience qu’ils le mette bien profond dans le système. Je vous jure que ça va me faire jouir, pour le coup.

    PS : Pour ceux qui auraient des doutes, Don Lo n’est évidemment en rien responsable de la fermeture du Navire (et non, ce n’est pas une faillite, j’ai fermé sans autre dette que vis-à-vis de moi-même) il n’aura été que la démonstration bien involontaire qu’un système qui en arrive à ne vendre que 780 bouquins (derniers chiffres Navire) alors qu’il est considéré comme l’un des six meilleurs de l’année par la BNF juste parce qu’un petit éditeur ne peux pas le vendre en dessous de 17 € pour espérer faire tourner sa boîte et payer tous les intermédiaires, est un système bien pourri.

    • Nedeleg said,

      Ben les subventions, ce ne sont pas les micro-éditeurs de l’Imaginaire qui peuvent en avoir. Cf les critères du SNE. Ou alors il existe des astuces que je ne connais pas.

      • Don Lorenjy said,

        Chez nous, l’Arald ouvre des bourses par projet éditorial. Demande à Jérôme sur Actu SF ou à André des Moutons.

    • Isa said,

      Je dis peut-être beaucoup de bêtises, mais tous les micro-éditeurs que je connais versent tous plus à l’Etat qu’ils ne reçoivent en subvention.
      Pour la comparaison de boulot, ça veut dire quoi bosser quatre ans (allons, mettons deux, tu as rectifié) ? Ça veut dire qu’il a bossé 35 heures par semaine pendant quatre ans juste à écrire ? Désolée, j’ai du mal à le croire.
      Mais je suis d’accord que les auteurs sont mal payés. Tout le monde est d’accord là-dessus. Sauf que c’est le marché du livre qui ne vend pas assez (en bref, le lecteur qui n’achète pas assez). On peut se tirer dans les pattes mais le problème reste là : de l’argent il y en a peu. A partir de là, quand j’ai voulu commencer à écrire, on m’a dit « IL faut que tu saches que c’est du masochisme. Tu dois faire ça parce que tu aimes ça, n’espère pas en faire un métier pour gagner de l’argent parce que du fric dans ce milieu-là, il n’y en a pas ». Alors quelle différence entre l’auteur et les autres acteurs ? Y a plein de gens pour écrire sur leur temps libre parce que c’est une passion. Je connais pas grand-monde qui aime livrer des cartons ou faire des paperasses. Quand on entre dans le milieu on sait (comme Karim et Draco) qu’on a peu de chances d’en tirer de l’argent. Au moment du « choix de carrière » il faut le prendre en compte. Mais je suis désolée que les auteurs à temps plein ne touchent pas plus.
      Par contre, non, je ne dirai jamais qu’avoir écrit deux romans devrait permettre de vivre de sa plume. Y a une logique économique, un auteur qui a écrit deux romans ne génère pas assez d’argent pour en vivre.
      Changer le système, je n’ai rien contre mais ça ne peut pas venir du bas et des petites maisons et, en effet, les grosses n’ont pas envie que ça change. Ça dégoûte tout le monde mais c’est pareil dans tous les milieux.
      Et pour les « détails » qu’il fallait modifier, c’est eux qui ont justifié mon intervention. Ça t’apparaît peut-être comme des détails parce que tu connais le milieu. Pour ceux qui lisent juste les chiffres tels quels, ça apparaît juste comme si les éditeurs étaient des escrocs. Vu que le seul cité est GdE et vu que je pense que ce n’est pas une boîte comme GdE qui fait la ruine des auteurs, j’ai voulu intervenir.

      • Don Lorenjy said,

        « Vu que le seul cité est GdE »
        Heu… relis vite fait, juste pour voir.
        (t’as vu ? je t’ai citée)

      • Isa said,

        Mes excuses. J’ai été trop vite. Je voulais dire que le seul qui pour moi était mis en cause était GdE.
        Quand j’ai lu la partie sur les ventes de livres du Navire qui ne te rapportaient plus rien, je t’ai trouvé injuste. Puis j’ai lu la parenthèse où tu disais que ça ne rapportait rien au Navire non plus. Et je me suis dit « Ok, il rend à César ce qui est à César ».
        Pour GdE, j’aurais aimé la même chose. Tu l’as fait. Ça ne te paraît peut-être pas essentiel, mais pour moi, ça l’est. Là, on revient clairement au problème de base. Ce monde est mal foutu. Les livres sont trop chers, les auteurs pas assez payés et les éditeurs hors gros groupes aussi. Si on peut changer ça, je vote pour.

  28. Nedeleg said,

    L’Arald est régional. Y a pas ça par chez moi. Et je ne remplis pas les critères du CNL. Et quand je demande à la DRAC de Haute-Normandie, ça me renvoie vers les subventions du CNL. Donc voilà…

    • Don Lorenjy said,

      C’est sûr que là… Je me doutais bien que tu avais tout essayé, mais on veut toujours aider 😉

      • Nedeleg said,

        Vi, c’est gentil 🙂

        Et merci à l’Amirale aussi, je vais tenter auprès du conseil général, du conseil régional… mais pour ma ligne éditoriale, je suis moyennement optimiste.

      • Casse-bonbon said,

        C’est pas la ligne éditoriale qui fait, Nath. Les critères portent en général sur le nombre de publis/an et sur la rémunération correcte des acteurs (auteurs, correcteurs, maquettistes, etc.)
        Dans tout les cas, il y a au moins des aides aux salons (les plus importants en tout cas).

  29. Casse-bonbon said,

    Le SNE ne verse de subvention que pour des livres précis. Par contre, les régions, les départements, et jusqu’à il y a peu les DRAC (mais il semble que le système va être rééxaminé) en versent. Et oui, y a pas de raison de ne pas monter des dossier de subventions, toutes les entreprises culturelles y ont droit. Si les micros éditeurs ne font pas, c’est souvent qu’ils ne savent pas faire…Et de toute façon, aucune réflexion ne peut être menée sur le sujet en ne considérant que le point de vue des micros qui n’ont aucune prise sur le système.
    Quand au boulot d’écrivain, toi qui voudrait en être, Isa, permet-moi de te dire que, visiblement, tu le comprends bien mal. Un écrivain n’écrit pas la plupart du temps 35 heures par semaine (quoi qu’il y a en effet des stakhanovistes). Par contre comme un peintre ou n’importe quel autre créateur, il passe énormément de temps à *réfléchir* à son travail, à lire et à se documenter, à s’instruire sur le monde pour nourrir sa réflexion et son univers. Quand il a la chance d’avoir un boulot à côté qui est compatible avec ces nécessaires moments de « nourrissage » c’est bien, mais ce n’est pas toujours le cas, loin de là. De la même façon qu’un chercheur va passer un temps non négligeable de son travail à lire les articles des autres et à faire des bibliographies (et il est rémunéré aussi pour ça, et ça ne choque personne) un écrivain consacre une énorme partie de son temps de travail de créateur en amont du travail de rédaction en lui-même.

    Quant à ta réflexion sur le système (c’est comme ça on ne peut rien y changer) elle heurte toute mes convictions; si on part du principe qu’il faut fermer sa gueule parce que ça sert à rien, moi je me paye une kalach et je vais me suicider en tirant sur le prochain meeting du FN (ou sur les jeunesses UMP, tiens, ils m’énervent ceux-là, en ce moment)

    • Don Lorenjy said,

      Heu… j’ai passé bien plus de 35 heures par semaine à écrire, lorsque mon téléphone pro refusait obstinément de sonner. C’était bien, je n’avais pas de tentations pour aller dépenser.
      Et je n’ai pas écrit 2 romans, mais 5. Faut pas confondre écriture et publication.
      (désolé pour les précisions, Capitaine, continuez comme si j’étais là)

    • Nedeleg said,

      M’dame l’Amirale, pour connaître Isa, apprécier sa plume et avoir plusieurs textes d’elle sur le point d’être publiés (par moi), je pense qu’elle comprend très bien ce que représente le boulot d’écrivain, et même celui de micro-éditeur.

      En la lisant, je n’ai pas du tout le sentiment qu’elle ait demandé à ce qu’on ferme sa gueule, mais plutôt que quand on l’ouvre, on fasse bien gaffe à tirer sur les bonnes personnes.

      Le premier message de Don Lo, avant qu’il ne l’édite plusieurs fois, était bien plus maladroit que ce que sa version actuelle permet de se l’imaginer. Et des innocents y subissaient des dommages collatéraux qui n’étaient certes pas voulus, mais qui faisaient mal quand même.

      A présent, les choses ont été quelque peu nuancées, notamment grâce aux interventions d’Isa, et du coup on se rend compte que nous sommes globalement tous d’accord sur l’incohérence et l’injustice du système.

      Et grâce à cette conversation, tu as pu me donner des pistes pour que je puisse peut-être obtenir un jour une subvention dont mes auteurs et mes lecteurs pourraient profiter eux aussi. Alors c’est plutôt chouette, non ? 🙂

      • Don Lorenjy said,

        Oui, c’est chouette.
        Les éditions de mon billet sont bien visibles et attribuées aux contributeurs : on voit tout de suite l’étendue des interventions. Et surtout celle de Beirla avec qui j’ai continué la discussion – intéressante – par mail.

      • Casse-bonbon said,

        Ah mais attention, hein ? Je ne remets pas en cause le talent d’écriture d’Isa, mais bien plutôt la conception qu’elle a de ce qu’est un *métier* de créateur, y comprit celui d’écrivain.

        Pour le reste, si j’ai mal interprété son propos (qu’à relire on peut en effet interpréter de deux manières différente), qu’elle m’en excuse.

      • Isa said,

        Je réponds ici parce que je ne sais plus où je serais censée le faire. Et je remercie beaucoup Nathalie pour son intervention.
        Sur ma vision de l’écrivain : Être écrivain (ou auteur, là dessus, même combat) c’est 24h sur 24. Je dors écrivain, je me promène écrivain, j’écoute France Info écrivain, et quand j’ai bossé, j’ai bossé écrivain. C’est-à-dire qu’à chacune de ces expériences, je regarde le monde avec mon regard d’écrivain et ça me donne envie (non, ça fait naître le besoin) d’écrire. Donc, je n’ai pas besoin qu’on me paie pour ça parce que ce serait me payer pour vivre. Pour moi la part boulot c’est la rédaction, la documentation (ça peut aller loin parfois en prix), la correction.
        Pour moi, être éditée, c’est un plus à ma vie, je ne cherche ni la célébrité ni l’argent. En tout cas, pas grâce à ça. De l’argent, il m’en faut pour vivre comme tout le monde et quand il faut bosser je le fais. Comme beaucoup d’auteurs j’ai commencé par me faire éditer gratuitement parce que l’accès au public était un cadeau.
        *MAIS* je ne prétends pas que les auteurs doivent donner leur prose. Je me sentirais un peu comme une briseuse de grève (« Allez dégagez les anciens, moi je fais ça à l’oeil »). Alors, comme on vit dans un système capitaliste je mets en parallèle l’argent généré et l’argent gagné.
        Pour moi il y a un système progressif :
        Stade 1 : on écrit pour un éditeur qui ne fait pas d’argent, il ne nous en donne pas.
        Stade 2 : on écrit pour un éditeur qui gagne peu d’argent, il nous en donne peu.
        Stade 3 : on écrit pour un éditeur qui gagne suffisamment et il doit nous rémunérer.
        Ça se résume pour moi au fait qu’un auteur ne doit pas coûter de l’argent. J’ai écrit une novella pour GdE et je suis plus mal à l’aise à cause de l’avance qu’autre chose. Je ne veux pas me dire un jour que si GdE coule c’est parce que j’ai été payée plus que je ne leur ai rapporté. C’est tout, c’est mon principe.
        La réciproque est vraie, quand les auteurs sont connus ce n’est pas juste s’ils ne sont pas payés correctement, mais mes interventions ne visent jamais ces auteurs.
        Pour moi, quand Don lo parle de GdE, il parle du stade 2. Faire de la promo pour ses livres lui donne la possibilité d’espérer mieux vendre les prochains. C’est un pari sur l’avenir qu’il doit faire avec ses éditeurs.
        Pour donner un exemple, je le reprend ici pour dire que je le trouve injuste, mais je disais récemment sur le Bélial que je trouvais dommage que Mnémos n’ait pas dit un mot sur tous ses auteurs (notamment lui) pour les aider à se lancer. Ce que je souhaite en tant qu’auteur ce n’est pas qu’un éditeur me donne beaucoup d’argent mais qu’il m’aide à être visible pour accéder à ce statut qui me permettrait d’être plus connue, de vendre plus et donc de demander ma part légitime.
        Donc, quand Don Lo me dit que le fait que les éditrices de GdE ne gagnent rien ne change rien à son propos, je ne suis pas d’accord. Pour moi, elles le paient plus qu’elles ne se paient elles-mêmes, c’est super important.
        Après, je ne suis pas dans le détail exact des comptes des éditeurs. Je ne me permettrai donc pas de m’avancer sur les frais dont on pourrait faire l’économie. Chaque éditeur en donne une version différente et je ne peux pas trancher puisque je ne suis pas dedans.
        Pour ce qui est des subventions (là où visiblement je dis des conneries) je ne suis pas rentrée dans les détails. Pour moi, le parallèle avec la télé est simple. La pub sur France télé je m’en foutais. Par contre, si tout l’argent qu’on a récupéré pour financer sa suppression avait créé à la place une cagnotte culture/livre ça aurait été beaucoup mieux à mon sens.
        A quoi elle aurait pu servir ? N’importe qui peut allumer sa télé « gratuitement » (du fait de sa redevance) et regarder les émissions de France télé. Et avec la redevance on paie tous les acteurs : caméraman, producteur, présentateur, etc… Je rêve d’un monde où n’importe qui puisse avoir ses livres gratuitement et où les acteurs (tous) seraient payés par une redevance. Après les gens liraient ou pas (je paie bien la redevance télé alors que je ne la regarde pas) mais au moins ce n’est pas l’argent qui les arrêterait. Ce système était difficilement faisable avec les livres papiers. Il pourrait l’être avec le numérique. Et il ne le sera pas pour des raisons financières comme toujours.
        Donc oui, j’aimerais que ce monde soit différent (s’il n’y avait que sur les livres…) et ce n’est pas ça que j’ai reproché à Don Lo. Nathalie a très bien résumé pourquoi je suis intervenue.

  30. Travis said,

    Bien réussi Don le petit buzz pour Blaguàparts. 🙂

    • Don Lorenjy said,

      C’est un talent chez moi. Content que tu apprécies 😉
      Et en plus, je fais ça les doigts dans le nez tout en écrivant des spots radio et une brochure touristique.
      Ah la vie qu’on vit quand on vit la vie qu’on veut !

      • Travis said,

        C’est jolie,

        des spots radios, ça me fait penser à Billy Cristal qui achète des pubs pour la radio et qui gère mal sa crise de la quarantaine dans « La vie l’amour les vaches ».

        Blaguàparts (Pub)

        En tout cas je fais un effort pour les auteurs comme toi dont j’apprécie l’écriture et donc j’achète neuf Blaguàparts à sa sortie.
        (c’est bon la pommade là, je pourrais avoir mon super SP dédicacé du prochain Djeeb?)

  31. Don Lorenjy said,

    Hélène ? Prévoir un Djeeb l’Encourseur dédicacé pour Travis Bickle (he’s takin’ to me !)

    • Casse-bonbon said,

      Seulement s’il couche, aussi.

      • Don Lorenjy said,

        Je suis sûr qu’il est « bon » !

      • Travis said,

        Hélène je comprends maintenant comment les auteurs se fond éditer chez Mnémos!!! 🙂 🙂
        (deux smileys pour bien préciser que c’est une JOKE au cas ou certain(e)s ne comprendraient pas)

        Bon Blaguàparts (re Pub)

        OUI il couche, mais il est pris le Travis.

        HS: Le Don il vient pas au Salon du Livre par hasard?

      • Don Lorenjy said,

        Hélène ? Un aller-retour Paris !
        (pour la chambre, je te fais confiance)

      • Casse-bonbon said,

        Ah merde, il est prit.
        Bon c’est pas encore aujourd’hui que je vais tromper mon Raïs, moi. Rhâlala. 😛

  32. Ereneril said,

    C’est amusant, ou pas, mais dans tous les commentaires, je n’ai pas vu passer de débat sur ce qui est pourtant la base du sujet du livre numérique : les coûts.

    Avant de parler prix de vente, répartition, etc, parlons coûts.

    Le livre papier a un prix de revient incompressible (celui de la fabrication, impression de l’objet, transport sur le lieu de vente, entreposage).

    Passé les frais de conception de l’objet dans lequel on va retrouver l’auteur et les différentes étapes du processus éditorial, (et je vais même y rajouter le diffuseur), le reste est proportionnel à la production.

    Ca signifie qu’un fois qu’on a rémunéré en amont ceux qui ont permis que le livre soit disponible, le reste du coût est mécanique.
    La conséquence, c’est que pour le numérique, ce coût mécanique est nul ou quasiment. Ce ne sont que quelques centimes pour stocker sur un disque dur d’un serveur web.

    Ca signifie qu’on pourrait presque imaginer un système dans lequel, une fois les créateurs en amont rémunérés, le livre serait vendu 1 €, voire 10 centimes, voire gratuit via un abonnement, etc. A réfléchir mais le numérique permet de retirer toute la part incompressible du prix d’un livre.
    Entre répartir entre les créateurs 10€ par exemplaire pour 1000 exemplaires vendus, ou ne répartir que 1 € mais pour 10 000 ex, aucune différence. Le tout est de trouver le juste équilibre pour maintenir non pas le prix de vente mais le chiffre d’affaire total généré par un livre.

    Première axe de réflexion donc : repenser totalement le système en se mettant bien dans la tête une chose : Avec le numérique, le système économique de l’offre/demande etc, ne tient plus la route. On est dans une économie de l’infini, à l’opposé avec l’économie de la rareté qui pilote le monde depuis des siècles. Mais ça, avant que ça rentre dans les moeurs, j’ai peur qu’il faille quelques années voire générations.

    Maintenant, après cette partie utopiste, revenons-en au vrai scandale de ce cas : le prix de vente et le pourcentage.
    Sur les 18€ d’un exemplaire papier, combien servent à couvrir les frais proportionnels cités plus haut (impression, transport, etc.) ? Les pro pourront confirmer mais je pense que dire 40% n’est pas très éloigné de la vérité.
    Ca veut donc dire que le reste (auteur, éditeur, diffuseur, vendeur) vont se partager 60%. 10,8 €.
    Et là, il est vendu 15 € ? dans quel poche vont ces 4,2 € supplémentaires ? visiblement pas dans celle de l’auteur…

    Au-delà du prix lui même, il y a tromperie sur la répartition des pourcentages.

    Conserver le même pourcentage entre numérique et papier, je veux bien mais ce n’est pas le pourcentage absolu qui doit être conservé mais le rapport entre les pourcentages perçus par les intervenants.

    Si par exemple on avait 10% pour l’auteur, autant pour l’éditeur, autant pour le diffuseur et 30% pour le libraire (c’est un exemple simple), ce qu’il faut, c’est garder ce rapport :

    Pour un exemplaire vendu, on verse 1 part à l’auteur, 1 à l’éditeur, 1 au diffuseur et 3 au vendeur. Ce n’est plus 1 sur 10 qu’on verse à l’auteur, mais 1 sur 6…

    Le fond du problème, c’est ce que je disais plus haut : notre système économique n’est pas fait pour le numérique. Le numérique et la notion de reproduction infini est un concept qui échappe totalement au système de pensée de nos économistes élevés depuis des années dans des concepts inapplicables. On nage actuellement dans un flou transitoire dans lequel ils essaient de calquer leur croyances à un monde qui leur échappe. La filière du disque en a pris plein la figure et le monde du livre s’apprête à faire pareil.

    • Don Lorenjy said,

      Ouf, merci pour cette contribution.
      Je ne conteste pas tes calculs (je ne suis pas sûr de tout suivre) et suis d’accord avec la conclusion.
      Tu dis « On nage actuellement dans un flou transitoire dans lequel ils essaient de calquer leur croyances à un monde qui leur échappe. » Et c’est exactement ce qu’exprimait Gilles Dumay.
      La solution à mon avis n’est pas unique (comme il n’y a pas qu’une seule façon de vendre des livres papier). Une d’entre elles tient peut-être dans les systèmes type Flattr.

  33. Travis said,

    Demandons à Gérard Klein, économiste et éditeur je pense qu’il a dû réfléchir au problème depuis un moment.

    • Ereneril said,

      Dans le dossier du Belial, Gerard dit :
      « À ma connaissance, personne ne sait rien sur les frais de production dans le numérique, qui semblent beaucoup plus élevés qu’on ne l’avait estimé. Ni sur les coûts de diffusion. »

      Il a raison sur un point : le coût n’est pas nul.

      Mais lui et la plupart des autres intervenants du dossier qui défendent ce même point de vue (on a pas de visibilité sur le coût réel), oublient le principal : ce coût n’est pas proportionnel au volume produit / vendu. C’est ça qui change tout et qui fait que, si on vend assez, on peut vendre un livre 2 € et payer tous les intervenants correctement. Le tout c’est de trouve le bon équilibre pour rentabiliser le système.

      Quand au fait que le coût soit difficile à évaluer, c’est une excuse facile : C’est bien de vouloir garder la main mise sur toute la chaîne mais est-ce si difficile de demander aux gens dont c’est le métier de concevoir des infrastructures informatiques ? Calculer le prix de revient d’une vraie politique numérique, ça se fait.
      Des milliers de gens le font tous les jours. C’est leur métier.

    • Casse-bonbon said,

      Gérard n’aime pas y réfléchir, ça lui fait froid dans le dos. ^^

      Ereneril chou, belle démonstration, je rectifie juste tes chiffres :
      Diffusion : 11 %
      Distribution : 12 / 20 (12 en ventes, 20 en retours)
      Libraires : 33 / 40 (devinez pour qui c’est, 40 ?)
      Auteur : 8/12 (du moins si on est correct)
      Fab : 8/10

      Donc, l’éditeur aujourd’hui perçoit au mieux 28 %, au pire 17 %
      Mais les pourcentages ne sont pas tout.

      Pour fabriquer un livre à 2500 ex, les chiffres *pros* sont environ les suivants :
      Avances sur droit : 1500 + AGESSA
      Couverture + illus : 1200 TTC
      Correction : 450
      Maquette : 450
      Impression : 4200
      Frais de com : 200

      Soit un total d’investissement de trésorerie d’environ 8000 €. On peut tirer les prix et descendre à 6000 quand on a du débit et qu’on est une grosse maison, mais en dessous, niet, on passe au format non pro.

      Sachant que nous parlons de livres qui se vendent en moyenne à 25€, calculez combien de livres l’éditeur devra vendre pour rentrer dans ses frais, combien il devra en vendre pour payer ses frais de structure, son salaire, celui de la secrétaire, celui de l’attachée de presse, celui des lecteurs, celui des stagiaires, les salons et les déplacements.

      Pleurez vos mères si vous ne publiez ni Werber, ni Harry Potter, ni Loana, ni etc…

      Ah, et j’oubliais ! Vous êtes payés à 4 mois. (1 +3). Si vos trois derniers titres ont été des fours, potassez « Comment tailler une pipe à votre banquier » ou mourrez.

      Heureusement qu’il y a les subs pour remplir les trous, et des banquiers avec une vie sexuelle d’une tristesse sans nom.

      Par contre en numérique.
      Avances sur droit : 1500 (y a pas de raison)
      Frais de couve, allez, quand même, c’est joli, il en faut : 1500 (mais du coup je compte large)
      Frais de fab : 500 (je compte putain d’archi large pour faire taire les mauvaises langues)

      Investissement : 3500.

      Si je vends mon livre inédit en numérique à 6 euros : que je répartis en trois tiers égaux auteur/éditeur/libraires. Je rentre dans mes pépettes en un peu plus de 800 ex en vendant mon bouquin à un tarif inférieur au poche. La com peut gratter un peu, mais globalement, elle coûte moins cher sur le net, d’autant que du coup, le libraire est payé non plus pour gérer ses stocks, mais pour participer à la pub en faisant son boulot de libraire, à savoir lire et mettre en avant. Et surtout, je touche tous les mois, voire toutes les semaines si ça me pète, j’ai pas à me faire le banquier pour négocier mes escomptes.

      C’est pas beau la vie numérique ?

  34. Ereneril said,

    Merci pour ces détails sur les chiffres Hélène.

    (Je suis très étonné du cout de la Fab : 10%. Moins de 2 € l’exemplaire ! J’étais loin de penser que c’était aussi peu.)

    • Don Lorenjy said,

      Les imprimeurs sont les vrais bagnards pris dans la chaîne 😉

      La vache, je m’absente une demie heure pour aller chercher les kids, et tout de suite vous sortez les calculettes. Bande d’acharnés !

    • Casse-bonbon said,

      Argh, non pardon, c’est moi qui ai oublié de compter une partie : on est en tout (impression, maquette, correction et couve) sur une base de 4 € environ, donc le double. OTAN pour moi.

  35. Don Lorenjy said,

    @Isa :
    « De l’argent, il m’en faut pour vivre comme tout le monde et quand il faut bosser je le fais. »
    Quand tu écris, tu bosses.

  36. Casse-bonbon said,

    Désolée Isa, mais moi, tu me colles un ‘tain de bourdon. (je réponds ici avec Don, sinon on ne s’en sort plus)

    « Donc, je n’ai pas besoin qu’on me paie pour ça parce que ce serait me payer pour vivre. »
    Je me pends, direct.
    Tu es en train de dire que le travail intellectuel d’une réflexion sur le monde ne mérite pas de salaire. Enterre toute la philosophie et l’histoire des idées, ça ira plus vite.

    « Pour moi, être éditée, c’est un plus à ma vie, je ne cherche ni la célébrité ni l’argent. En tout cas, pas grâce à ça. »

    C’est ton droit. Cela implique que tu ne prends pas l’écriture comme un métier mais comme un délassement, un plaisir, un loisir. Ton droit toujours. Qu’est-ce qui t’autorise pour autant à vouloir imposer ce qui te convient aux autres, ceux qui conçoivent l’écriture comme un véritable métier, pas comme une occupation dilettante ? (je précise, moi mon métier, c’est éditeur, mon activité d’écriture je la vois aussi comme une activité d’amateur).

    Je ne commente pas la phrase suivante qui m’a fait mal au derrière et que Don Lo a déjà notée.

    « Stade 1 : on écrit pour un éditeur qui ne fait pas d’argent, il ne nous en donne pas.
    Stade 2 : on écrit pour un éditeur qui gagne peu d’argent, il nous en donne peu.
    Stade 3 : on écrit pour un éditeur qui gagne suffisamment et il doit nous rémunérer. »

    J’ai découvert 4 nouveaux auteurs au Navire : Irène, Don, Hicham et Luis. Ils ont touché exactement les mêmes avances sur droit que les auteurs déjà multipubliés (dont Peulot, Jeury, Andrevon, Cénac, etc.) Pourquoi ? Parce que si leur bouquin méritait d’être publié au côté des grands noms, je ne vois pas au nom de quoi je les aurait payé moins que les autres. D’ailleurs, l’un d’entre eux m’a rapporté plus que tous les vieux sages réunis, et Don n’a pas démérité par rapport à certains des anciens. Ton raisonnement n’a ni queue ni tête.

    « Mnémos n’ait pas dit un mot sur tous ses auteurs (notamment lui) pour les aider à se lancer. »

    Là je défends la patrie, mais tu ne sais visiblement rien de ce qui c’est passé chez Mnémos avant la restructuration qui a eu lieu l’été dernier, et dont c’est vrai, Don a subit les conséquences directes. La vie d’une maison d’édition n’est pas un long fleuve tranquille. Mais c’est un autre débat.

    « Donc, quand Don Lo me dit que le fait que les éditrices de GdE ne gagnent rien ne change rien à son propos, je ne suis pas d’accord. Pour moi, elles le paient plus qu’elles ne se paient elles-mêmes, c’est super important. »

    Je pige rien à ton propos. Moi non plus je ne me suis jamais payée, je me suis même ruinée pour publier mes auteurs, mais je trouve toujours que Don Lo a raison.

    Quant à ton histoire sur le parallèle entre la pub et l’investissement de l’Etat, là encore ton raisonnement me semble imbitable. D’abord parce qu’aujourd’hui la Culture est un investissement essentiellement du ressort des collectivités locales. Ensuite parce que tu mélanges tout : tu payes pour la télé, mais surtout pour avoir les DVD des programmes chez toi et tu ne payes pas plus que ta redevance (moins, même) pour emprunter en bibliothèque. Par contre si tu veux parler d’une rémunération des *auteurs* sur le principe des intermittents du spectacle, là d’accord, comme pour tous les artistes et créateurs d’ailleurs, c’est une idée pour laquelle je milite moi-même depuis des années. Qu’elle soit à contre-courant aujourd’hui ne présage pas de l’avenir.

    • Don Lorenjy said,

      J’étais prêt à militer pour ça, mais je ne suis pas sûr, finalement. je réfléchis encore. De toute façon, c’est déjà trop tard. Mais il reste nos enfants.

      (Vinga Hélène, tu défourailles à la maousse ! Isa sait se défendre toute seule, mais je suis un peu taulier ici)

    • Isa said,

      « Tu es en train de dire que le travail intellectuel d’une réflexion sur le monde ne mérite pas de salaire. Enterre toute la philosophie et l’histoire des idées, ça ira plus vite »
      J’ai dit :
      « *MAIS* je ne prétends pas que les auteurs doivent donner leur prose. Je me sentirais un peu comme une briseuse de grève (« Allez dégagez les anciens, moi je fais ça à l’oeil »). »
      Et « La réciproque est vraie, quand les auteurs sont connus ce n’est pas juste s’ils ne sont pas payés correctement »
      Tu peux m’accuser de penser qu’un auteur doit être rentable avant de gagner de l’argent (et donc de me soumettre à cette société capitaliste) mais pas d’avoir dit que je pensais que les écrivains ne devaient pas être payés.

      « C’est ton droit. Cela implique que tu ne prends pas l’écriture comme un métier mais comme un délassement, un plaisir, un loisir. Ton droit toujours. Qu’est-ce qui t’autorise pour autant à vouloir imposer ce qui te convient aux autres, ceux qui conçoivent l’écriture comme un véritable métier, pas comme une occupation dilettante ? »
      J’écris en moyenne 15/20000 signes/jour, dès que je peux, dans la voiture, en surveillant les gosses au bain, tout le temps… J’aimerais que ça me rapporte. Je pourrais faire garder mes enfants et passer une heure à écrire d’affilée sans devoir régler une guerre de mômes toutes les trois minutes (et perdre le fil de ce que j’écrivais). Je pense juste que dans le modèle économique actuel, ce n’est pas viable.
      Et oui, j’ai dû le dire dix fois j’aimerais bien qu’on puisse le changer ce système. Je ne suis pas intervenue pour donner tort à Don Lo là-dessus. J’ai vu agression là où il y avait maladresse. C’est corrigé, on pourrait arrêter maintenant sur un débat qui n’en est plus un.

      Pour ce qui est de cette fameuse phrase qui vous laisse sur les fesses, je veux dire par là faire un boulot qui rapporte quand il faut. Ça signifie que si ce système ne peut pas me permettre de vivre de l’écriture, je serais prête à bosser pour continuer à écrire à côté. Mais comme Don, si je pouvais arrêter et être payée pour mon travail d’auteur, je serais contente.

      Pour Mnémos, je me doute qu’il y a des raisons. Pour ça que j’ai dit « c’est dommage » et pas « quels incompétents ». Quelles qu’en soient les raisons, ça reste dommage.

      Pour la télé/livre :
      Il y a de nombreux endroits où il n’y a pas de BM, ou bien des BM mal fournies dans ce que je lis et peu de petits éditeurs et de jeunes auteurs. D’où le fait qu’avec le numérique, ce problème géographique aurait pu être réglé. Donc avec une Biblio nationale faite sur une taxe nationale. Oui, la culture dépend des collectivités locales. Chez moi : plages, routes, infrastructures touristiques = beaucoup ; culture = pouet.
      Donc oui, quand on prélève une nouvelle taxe (sous des formes diverses qui retombent sur le consommateur) pour que les vieux n’aient plus de pub pendant des chiffres et des lettres alors qu’on pourrait faire ce genre de trucs, je trouve ça dommage.

      Et pour finir, oui, toi, tu payais bien tes jeunes auteurs ce pour quoi je te respecte. Seulement, la majorité des éditeurs ne laissent déjà pas leur chance aux jeunes auteurs à cause du risque que ça représente. Si on leur demandait de les payer plus d’emblée (et donc de vendre à perte), il y en aurait de moins en moins qui leur donneraient leur chance.
      Mais là, une fois encore, je parle dans ce modèle économique. Celui que Don, Nathalie, toi et moi nous déplorons. Tant que les choses sont ainsi, je préfère devoir être écrivain cinq ans à côté de mon travail mais qu’on me laisse ma chance. Plutôt que d’être bien payée tout de suite mais que le nombre d’auteurs choisis se divise par dix.
      Une fois encore, dans le système actuel. Avec un autre où on trouverait un moyen de faire rentrer plus de fric dans la machine (réussir à augmenter le nombre de lecteurs, trouver d’autre sources…) ou d’en faire sortir moins (réduire les coûts intermédiaires, diminuer les charges diverses…) je serais contente que les auteurs touchent plus.

      • Casse-bonbon said,

        Ok, Isa. Je n’en rajouterai donc pas.

  37. Travis said,

    Pour les économies Hélène, payer les stagiaires dans notre beau pays mais quelle honte.

    Et pourquoi un auteur ne toucherait pas un petit quelque chose au nombre d’emprunt de son livre en bibliothèque. (bon la fraude serait sans doute trop facile…) une idée comme ça en passant.

    Travis qui cherche des idées pour faire gagner de l’argent aux auteurs.

    Blaguàparts (re re Pub)

    Tu peux me rappeler la date de sortie de Blaguàparts? Merci

    PS: pour Hélène, simple curiosité, ton Raïs c’est ton banquier???

    • Isa said,

      « Et pourquoi un auteur ne toucherait pas un petit quelque chose au nombre d’emprunt de son livre en bibliothèque. (bon la fraude serait sans doute trop facile…) une idée comme ça en passant. »
      C’est le problème de tous les systèmes de rémunération sur le gratuit auxquels j’ai pensé. Y a toujours un risque que les chiffres soient gonflés par des fraudeurs. Cela dit, ça a des chances de rester marginal. Donc ça n’empêche pas de réfléchir dans cette voie.

      Pour Blaguàparts c’est pas un jour de poisson qu’il sort ?^^

      • Travis said,

        Ah oui c’est vrai. Merci

      • Casse-bonbon said,

        Mon petit Travis chou, C’est déjà le cas depuis quelques années. Les éditeurs perçoivent comme avec la SACEM des sommes annuelles obtenues sur les cotisations de bibliothèques qu’ils doivent ajouter pour moitié aux Droits d’auteur.

        PS : Oui. Enfin, presque, c’est mon mari et c’est lui qui fait bouillir la marmite. ^^

      • Travis said,

        Et on ne parle que du genre (attention les yeux) imaginaire (sf, fantasy, fantastique, tout ce que vous voulez y mettre).
        Pour le polar c’est encore autre chose j’imagine.

  38. chrdh said,

    Le plus dur, ce sont les 100 premiers commentaires. Atteindre ensuite les 600 est une plaisanterie.

    Et sinon as-tu passé de bonnes vacances ?

    • Christopher said,

      Grmbl… cette interface idiote a mis le pseudo de mon gravatar au lieu du mien…

      Christopher

    • Travis said,

      Un record pour le Don. Et puis chez certains voisins c’est 600 pages.

      Allez je me lance, et la métaphysique dans tout ça?

    • Isa said,

      Je suis jalouse, j’en ai beaucoup moins, moi :/

      • Don Lorenjy said,

        Faut écrire des chiffres, comme moi 😉

    • Don Lorenjy said,

      Très bonnes : neige et vent au prix du soleil.

      • Casse-bonbon said,

        Christopher et Travis, coucouche panier. J’ai un Djeeb et un Roi d’ Ebène à corriger, moi, bande de vilains. N’allez pas encourager les exactions philosophiques.

      • Travis said,

        on tente le haïku?

        Sinon aujourd’hui, froid et soleil devant mon écran, Djeeb s’en va clodiquant l’Ebène lui fesant mal à son séant.

      • Don Lorenjy said,

        C’est pas un trône éburné qui va claudiquer mon Djeebounet… celui que, dans tout l’Arc Côtier et jusque dans les confins, l’on appelle le Chanceur, l’Encharmeur, l’Estoqueur, voire le Magnifique.
        Bon, je retourne à mes Blagues.

      • Travis said,

        « claudiquant », pardon sometimes je ne me relis pas.

  39. Isa said,

    Désolée de casser votre séance de flood, mais j’aurais bien aimé en savoir un peu plus sur la vision de Casse-Bonbon au sujet des intermittents du spectacle. C’est un statut que je connais mal (à part pour savoir qu’ils ruent dans les brancards parce qu’on veut le leur enlever). Comment tu verrais le métier d’écrivain (ou peut-être juste pour les écrivains débutants ?) évoluer en fonction de ce statut ?

    (Bon, je demande ça ici parce qu’on reste dans le sujet du taulier, à savoir comment bien rémunérer les auteurs. Et si y a un truc pour lequel on pourrait militer et qui remplisse nos marmites, je veux bien être au courant.)

  40. Célia said,

    « Pour donner un exemple, je le reprend ici pour dire que je le trouve injuste, mais je disais récemment sur le Bélial que je trouvais dommage que Mnémos n’ait pas dit un mot sur tous ses auteurs (notamment lui) pour les aider à se lancer. »

    Petite précision, parce que je tombe sur des trucs qui me concernent potentiellement : si tu fais référence à l’interview des éditeurs par le Cafard, il se trouve que l’équipe de Mnémos compte actuellement trois éditeurs freelance, et que seul Sébastien Guillot – chargé du domaine étranger – a été contacté. D’où l’absence de mot sur Don Lo et les auteurs français. Si tu parles de manière plus générale et que par « promotion » tu entends « faire de la présence sur internet », effectivement, ça n’a jamais été le point fort de Mnémos jusqu’à présent, j’en conviens sans problème. La nouvelle équipe met davantage l’accent là dessus, ce qui est une très bonne chose.

    En revanche, Hélène a évoqué à juste titre une année 2008-2009 mouvementée en interne, mais au-delà de ça, Mnémos, c’est plus de dix ans d’édition. Johan Heliot, Xavier Mauméjean, Catherine Dufour, Fabien Clavel, Laurent Kloetzer ou Michel Robert (pour ne citer que les exemples les plus évidents) sont tous passés en début de carrière chez Mnémos avant de voir une bonne partie de leurs titres repris en poche, et de rejoindre les collections de grands éditeurs. Il va sans dire qu’ils le doivent avant tout à leur talent propre, mais j’ai la faiblesse de penser que nous ne les avons pas si mal défendus.

    • Don Lorenjy said,

      Coucou Célia, content de te voir 🙂
      Je crois que tu as raison en termes de pépinière pour Mnémos, et la démarche se poursuit sans faillir au vu du catalogue de nouveaux auteurs qui s’étoffe. c’est super !
      Après, la promo et la communication, ce n’est pas une science exacte, encore moins une expérience reproductible. On peut (doit ?) inventer chaque fois, et en tout cas ne pas espérer obtenir les même résultats que les très gros éditeurs en utilisant les mêmes canaux avec moins de moyens. Je pense humblement.
      Ne me dites pas que je tire encore sur un éditeur. Je parle en général, d’une communication qui passe essentiellement par les SP et les libraires. L’arrivée du numérique va forcément pousser à chercher autre chose.

      • Célia said,

        Hello Laurent 🙂

        Je suis d’accord avec toi sur le fond, à ceci près que le différentiel de ventes entre un petit et un gros éditeur de l’imaginaire est beaucoup moins important qu’on a tendance à le penser. Les ventes moyennes d’un auteur français chez Mnémos se situent entre 1000 et 2000 (je parle de ce que je connais bien, mais d’autres exemples feraient tout aussi bien l’affaire.) Un titre similaire en grand format chez un gros éditeur dépassera rarement les 3000 ex. La différence est certes sensible, mais quand on rapporte ça à la disproportion des moyens disponibles, elle est faible. J’ai tendance à en tirer la conclusion que les « petits » ne se débrouillent déjà pas si mal.

        Quand à l’arrivée du numérique, la frilosité des éditeurs s’explique pour moi en partie par l’énormité des inconnues actuelles concernant notamment la diffusion. A l’heure actuelle, la meilleure solution pour tout le monde serait à mon avis de ne négocier pour les droits numériques que des clauses provisoires portant au maximum sur deux ans, en attendant que tout cela prenne forme (c’est la politique de Flammarion, si je ne me trompe.)

    • Isa said,

      Une fois encore, ce n’était pas un reproche (d’autant que je ne connais pas vos relations avec le Cafard et que vous auriez pu simplement aller à l’essentiel parce que ce n’est pas chez eux que se trouve votre lectorat potentiel). Juste le fait que Don Lo fait beaucoup de promo (ça, tout le monde le sait), mais si on ouvre un peu les yeux, on comprendra pourquoi : simplement parce que c’est difficile pour un jeune auteur d’être visible.
      Donc quand j’ai évoqué ça, c’était juste pour rappeler que je n’avais jamais été une ennemie de Don Lo. J’ai juste présentement fait remarquer une chose qui me paraissait injuste dans son billet. Mais je n’appartiens à aucun clan. Je l’ai « critiqué » aujourd’hui tout comme j’ai dit que sa pub était drôle ailleurs et qu’il fallait savoir se lâcher parfois.

      Quant à Mnémos en soit, je ne connais pas vos chiffres. Par contre, j’avais apprécié la présentation précise que vous avez faite (enfin, l’ancienne équipe, je suppose) pour encourager les jeunes auteurs à vous envoyer des manuscrits. Donc je vous souhaite une bonne continuation.

      • Don Lorenjy said,

        Heureusement que personne n’agresse personne. Je faisais remarquer – et Célia l’a bien compris comme ça – qu’en matière de communication il vaut mieux éviter les positions du genre « On a toujours fait comme ça, donc on ne peut pas faire autrement ».


  41. […] harmonieux. Je ne réussis pas toujours. Isa et moi, nous avons commencé par nous fritter ici, puis par mail, puis là. Il nous a fallu un certain temps pour nous apprivoiser et nous […]


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