Comme ça s'écrit…


Brèves de salon

Posted in Non classé,Promo par Laurent Gidon sur 15 mars, 2010
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Retour sur un week-end de beau temps.
Le salon du livre de Champagne au Mont d’Or est très bien organisé, puisqu’ils se sont même mis la météo dans la poche : grand beau, pas un nuage et à peine un souffle d’air déjà printanier. Le plan fourni pour m’y rendre me faisait passer par une rue en sens interdit, mais c’est un détail. Le cocktail d’accueil est somptueux, la salle des auteurs petite mais chaleureuse, les chaises confortables et le café offert.
Le libraire exige que les livres soient achetés avant d’être dédicacés. Objectif simplicité d’organisation. Ce qui obligera le public à d’abord rencontrer les auteurs, les écouter pendant qu’ils s’échinent à lui donner envie s’il en a la patience, puis faire la queue à la caisse pour payer le livre et enfin revenir voir l’auteur pour s’y faire dédicacer son achat, s’il en a le courage dans la bousculade. Heureusement, l’affluence anémique ne freine pas les enthousiasmes. Une seule dame m’a dit vouloir acheter Djeeb le Chanceur, mais a renoncé devant la complexité du parcours. Les autres… ne sont pas venus. On ne va pas, encore une fois, accuser le beau temps qui n’y est pour rien si les Lyonnais préfèrent aller courir la campagne sous ce premier jour de soleil.

Cela laisse du temps à l’auteur pour faire un tour des curiosités locales. Vous qui n’êtes pas venus non plus, voici ce que vous auriez pu voir.

La blindée

La blindée. Elle en est probablement à son soixante-quinzième salon local et sait que ceux qui s’arrêteront devant elle ne sont pas là pour acheter mais pour regarder une bête curieuse. Blindée !

Les jeunes qui n'en veulent

Les jeunes qui n’en veulent. Ils sont ravis d’être là, peinent à le cacher (il faut avoir l’air sérieux, voire blindé, pour gagner en légitimité), mais ne tiennent pas la distance : le manque d’intérêt du public les éteint bien vite.

Le pensif

Le pensif. Il hésite encore à se positionner « qui n’en veut » ou « blindé ». Je ne sais pas encore vers quelle attitude ses réflexions vont l’orienter. Le public ne va pas l’aider.

Le vieux de la vieille

Le vieux de la vieille. Ancienne gloire locale, tous ceux qui ont déjà épuisé plus d’une carte Vermeil le connaissent et échangent des souvenirs… qu’ils retrouveront dans son livre autobiographique citant abondamment De Gaulle.

Le jeune loup

Le jeune loup. Il a écrit un livre qui a été remarqué par la municipalité, qui l’a défendu au niveau régional et lui a ouvert les portes d’un prix littéraire au titre ronflant inversement proportionnel à sa renommée hors les murs. Il a reçu un chèque et en annonce négligemment le montant à tous ceux qui passent le féliciter. Il est arrivé.

Le solitaire

Le solitaire. Tout le monde est au cocktail, pas lui. Pourquoi ? Ça le regarde, mais il va passer tout le salon à lire un gros livre avec le doigt de la concentration rivé sur les lèvres.

La voyageuse

La voyageuse. Ses beaux livres pleins de grandes photos racontent ses voyages. Le public adore les feuilleter… et surtout lui raconter leurs propres souvenirs de voyage. Achèteront-ils ? Ce n’est pas la question.

Le dessinateur

Le dessinateur. Son talent est visible, il attire, et à juste titre. Chacun repart avec une petite œuvre express, souvenir du salon. Il fait le plein, ainsi que le désespoir de ses voisins qui comptaient sur l’affluence générée, alors que non, personne ne va s’intéresser à eux, le public préfère les dessins.

L'éditeur

L’éditeur. Il est venu en voisin, vous le reconnaissez peut-être, et comme il est aussi auteur il parle de ses livres avec talent et passion… à des gens qui s’en foutent parce qu’ils ne l’ont pas vu à la télé.

L'absent

L’absent. Il travaille sans doute à Météo-France et savait qu’il n’y aurait personne par ce soleil. Malin mais un brin égoïste, il n’a pas prévenu les autres…

Et moi dans tout ça ? Pas l’observateur cynique qui ricane dans son coin, non, non : plutôt l’électron en liberté surveillée qui s’interroge avec tendresse sur les motivations de tous ses collègues d’un jour. Pourquoi sont-ils là ? Pour le public, bien sûr. Qui s’en fout. Il fait beau, il n’est pas venu.
Rassurez-vous si vous les avez manqués, ces auteurs si bien intentionnés : ils sont de tous les salons, chaque week-end, et vous les croiserez forcément. Offrez-leur un peu de votre attention, ils le méritent.

Merci à Marie Brard et à la médiathèque, je me suis bien amusé. Samedi prochain, direction le Printemps du Livre de Grenoble, chez Fred, de la sublime librairie O’Merveilles.
Vous y découvrirez en vraie avant-première ce recueil qui… et que.

Samedi 20 en fin d'après-midi et dimanche 21, chez O'Merveilles à Grenoble !

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