Comme ça s'écrit…


Imajournal vendredi

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 29 mai, 2010
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Après quelques excès de biberon jeudi soir, j’aurais pu me réveiller avec les cheveux qui poussent vers l’intérieur. Presque… mais pas trop. J’étais à l’heure pour la table ronde sur les auteurs et leurs pseudo : Je est un autre.
Une bonne idée de thème, qui aurait dû entre autres être traité par le duo Wayne Barrow. Leur défection m’a laissé seul avec Alain Grousset et Brice Tarvel, deux briscards pas encore vieux mais assez blanchis pour que je me sente bienvenu à dire des âneries. Leurs problèmes de chèques d’éditeur libellés à leur pseudo ou de billets d’avions offerts ne correspondant pas à leur carte d’identité m’ont permis de sonder le fossé creusé entre leur expérience et ma débutantitude.

Le fossé s’est un peu rebouché quand j’ai vu les premiers lecteurs s’arrêter devant mes livres, les commenter s’ils les avaient lus, les acheter si pas. Joie et dédicaces ! Les derniers coups de pelles ont été frappés par Michel Borderie, venu gentiment me chercher pour déjeuner. Ce qui fut fait à 12 ou 13, autour de galettes et d’un cidre sorti tout droit d’une bouteille de Champomy (c’est possible de vendre des trucs comme ça ?) Il y avait aussi Célia Chazel et ça m’a fait chaud.

Après-midi extra, parce que mes voisins de dédicaces ne sont autres que Justine Niogret, Charlotte Bousquet, David Bry et Erik Wietzel. Ambiance blagueuse à souhait, plaisir d’offrir (des âneries), joie de recevoir (des vannes).

J’attendais beaucoup de la conférence sur l’imaginaire positif. Trop peut-être. Le courant me semble être bien passé avec le public, mais quelques auteurs à la table ont élevé un rempart de sarcasme dans lequel ils m’ont ricanement cerné. Comme s’ils se sentaient attaqué dans leurs choix d’écriture. Peut-être me suis-je mal exprimé, peut-être suis-je vraiment un bisounours ridicule sur lequel les vrais durs peuvent sans honte lever la patte. Il va falloir que je peaufine mon approche d’une narration de la troisième voie, cherchant face au conflit l’harmonie des parties plutôt que l’affrontement ou la fuite. Tant pis pour cette fois. Merci en tout cas à Jean-Claude Dunyach pour m’avoir relancé et soutenu un peu.

La soirée à débuté grandiose avec plus de dix personnes qui ont suivi au club d’escrime où Greg Keyes et moi-même avons défié à l’épée tous les membres du club spinalien présents. Lionel Davoust (parapluie katana bien en main) a photographié alors qu’Emanuel Beiramar et M. Lhisbei filmaient. Guettez les images sur les blogs ou sur fantasy.fr. L’opération devrait se pérenniser avec les Imaginales, et j’en remercie Bruno Lallement, vice-président du club, qui a eu l’attitude juste pour amadouer l’organisation du festival (ah, ma doué !).

Le repas de gala a été tout simplement merveilleux. Jacqueline Carey a très élégamment toléré que je transpire encore une bonne demi-heure après ma douche (froide) au club. Nous partagions la table avec son amie Julie, Jonas Lenn (une délicieuse rencontre pour moi), Charlotte Bousquet et Fabien Fernandez, son mari. Tous m’ont gentiment laissé malmener la langue anglaise ou quelque chose qui y ressemblait, pendant que nous faisions un sort au mikado d’asperges et au filet mignon sur polenta. Bernard Visse (organisateur officiel du festival) nous a même honoré d’une longue visite, ce qui nous classe d’emblée parmi les stars du festival (ah bon ? c’était juste à cause de Jacqueline Carey ?).

Comme j’ai eu la chance de ne tomber dans aucun traquenard à boire sur le trajet du retour, je vise un couchage vers les 2 heures du matin. Vive aujourd’hui, et vive demain !

16 Réponses to 'Imajournal vendredi'

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  1. Syven said,

    Merci pour ce compte-rendu quotidien ! 🙂

    • Don Lorenjy said,

      Les Imaginales, c’est trop bon pour le garder pour soi !

  2. silk said,

    Ce qui semble s’être passé durant cette conférence sur l’Imaginaire a l’air de montrer que la triste réalité de notre quotidien a finalement toujours le dernier mot : les avis différents ne peuvent cohabiter sans heurt et toute remarque est vue comme une attaque ?
    Ou bien t’ai-je mal lu ou mal compris ?
    Peut-être ont-ils perçu dans ton habileté au fleuret et ta capacité à défier un club d’escrime au grand complet un adversaire redoutable dont il fallait autant redouter le stylo que la lame ? 🙂
    En tous cas, comme Syven : un grand merci pour ce billet quotidien qui nous montre un festival autrement que par le compte-rendu « clinique » qui en sera vraisemblablement fait dans certains magazines une fois qu’il sera terminé.

    PS. Les menus ont l’air très sympas. Au fait, qui a gagné au mikado d’asperges ? 😉

    • Don Lorenjy said,

      Tu m’as très bien compris, Silk, mais il ne faut pas désespérer : en discutant avec d’autres auteurs, j’ai vu qu’un frémissement en faveur d’une prise de risque pour un imaginaire vivable était non seulement à l’oeuvre, mais partagée par nombre d’intervenants hors de notre microcosme.
      Bref, gardez les yeux et les oreilles ouverts.

  3. Lucie said,

    Est-ce que cette table ronde sur l’imaginaire positif a été mise en ligne ?

    • Don Lorenjy said,

      Je ne pense même pas qu’elle ait été enregistrée : c’était à l’espace court, et non au Magic Miror. Mais je la guette.


  4. Bravo encore pour la démo d’escrime et merci pour les explications qui allaient avec! Je n’ai pas de photos très valables malheureusement, mais je posterai ce qui tient la route dès que possible.

    • Don Lorenjy said,

      Ne décrie pas tes photos, elle sont souvent bonne. Dis-moi quand ce sera visible !

  5. David said,

    Pas pu aller à la conf’ sur l’imaginaire positif, collé que j’étais à ma table de dédicaces (j’ai un côté moule, parfois).
    Ce n’est pas celui qui me botte a priori, mais je trouve la démarche vraiment intéressante, et ne comprends absolument pas le sarcasme qu’elle peut générer chez les autres. Quoi de plus chouette, et de plus courageux (parce que ça peut être casse-gueule), que d’essayer d’ouvrir un nouveau chemin ?
    Bref, tu as un supporter absolu.
    Réserve-moi quelque temps à l’occas’ pour qu’on en discute, si tu veux bien … même si moi je préfère les héros déprimés ou vivant dans un monde déprimant :).
    David

    • Don Lorenjy said,

      Là, tu me fais plaisir, parce que c’est justement ce que j’aimerais faire : réunir quelques auteurs dont les goûts vont plutôt vers un imaginaire de la baston ou de la dépression, pour qu’ils relèvent le défi d’écrire une histoire sur d’autres bases. Si tu en es, on se compte et on avance.

      • David said,

        j’en suis 🙂
        + 1 donc !


  6. Je suis toujours prêt à relever des défis d’écriture, quels qu’ils soient!

    Cependant, je pense la question plus complexe qu’un clivage entre affrontement et résolution par l’entente: des auteurs vont résoudre leurs histoires de façons diverses, selon ce que dicte l’histoire et le projet. Il n’y a pas narration positive d’un côté et négative de l’autre – il y a des questions ouvertes par la fiction et des résolutions uniques à chaque situation, lesquelles laissent au lecteur des goûts différents. Un même auteur peut vouloir parler d’harmonie et le lendemain de la tragédie d’un affrontement qui aurait pu être évité – et ce sera le message qu’il voudra faire passer au lecteur.

    • Don Lorenjy said,

      Chaque auteur fait ce qu’il veut, je ne suis pas là pour poser des limites ou donner des leçons.
      Je cherche juste une dizaine d’écriveurs partants pour faire chacun un texte sans affrontement, sans compétition, sans menace. Le texte peut être sombre ou riant, seul compte le respect de cette contrainte narrative (et pour cette seule fois).


      • Hah, j’avais la sensation que tu déplorais le recours systématique à une formule (cf nos discussions sur Avatar).

        Ce que tu proposes me semble bigrement difficile voire peut-être antinomique à ce qui constitue l’essence même d’un moteur narratif, mais rien que pour ça je voudrais essayer! 😀

      • Don Lorenjy said,

        Je te compte avec nous, alors.
        Bienvenue, la suite bientôt.

  7. Silk said,

    « un texte sans affrontement, sans compétition, sans menace »…
    Je suis intrigué par les résultats qui pourront sortir de ce « défi d’écriture ».
    Un (ou des) univers sans conflit… J’ai hâte de découvrir ça ! 🙂


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