Comme ça s'écrit…


Merci qui ?

Posted in Djeeb par Laurent Gidon sur 17 juin, 2010

J’aime être en situation de dire merci.
J’aime cette sensation, quand on s’aperçoit que ce que l’on a fait, ce que l’on a ressenti, on le doit à quelqu’un d’autre autant qu’à soi, sinon plus.
Je ne parle pas du merci de politesse, du merci automatique de bonne éducation, mais de celui qui vous tombe dessus comme ça, après avoir partagé quelque chose qui dépasse ce qui était possible seul.

C’est le merci qui vient dans l’esprit du dessin de Samivel, celui où on voit un alpiniste en extase devant un coucher de soleil et qui pense « Ce serait tellement plus beau si je pouvais le dire à quelqu’un ». Quand quelqu’un est là pour rendre tout tellement plus beau, un simple merci lui reconnaît sa place dans cette beauté mieux perçue. Un merci pour une présence, rien d’autre.

Ces remerciements m’échappent parfois et sèment le trouble. Je me souviens de l’émotion de Blas de Roblès, l’auteur de Là où les Tigres sont chez eux, lorsque à Cluses, au salon Esperluette, je l’avais remercié pour le beau voyage qu’avait représenté son livre pour moi. Scié, l’écrivain. Des félicitations, surtout depuis le Médicis, il en avait reçu pas mal. Des compliments aussi. Mais des mercis, apparemment pas tant. Il n’en revenait pas. Et en ce qui me concerne, égoïstement, j’avais été presque aussi heureux de lui faire ce plaisir surprise que de lire son livre.
Des mercis comme ça, avec un supplément de fibre, il m’en sort pour le barman qui vient de magnifier un moment en réussissant un cocktail explosif, il m’en monte pour mon fils qui m’a offert un câlin à rallonge, il m’en vient pour des auteurs comme Ayerdahl dont le succès prouve qu’on peut inventer des histoires avec du sens, les écrire avec un ton et un style qui ramonent, et trouver le public quand même.

Et puis paf, voilà que j’en reçois un, tout chaud, rien que pour moi. Un copain à qui j’avais prêté Djeeb l’Encourseur. Il le lit et me le rend, en me disant merci. Mais dans son merci, il y en avait autant pour lui avoir prêté le livre que pour l’avoir écrit. J’invente pas, il me l’a dit, précis, en ajoutant qu’il me remerciait déjà d’écrire le suivant. Des fois que j’aie un doute.

C’est sûr, c’est peu de choses, un tout petit plaisir. Mais j’avais envie de partager pour que ce soit meilleur. Merci à vous.

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11 Réponses to 'Merci qui ?'

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  1. Merci à toi pour ce petit morceau de vie.

    A.C. de Haenne

    • Don Lorenjy said,

      Pas de quoi, on a tous des vies avec plein de morceaux dedans 😉

    • Oph said,

      Méééeuh, A.C., c’était MA réplique !

      • Don Lorenjy said,

        C’est rien Oph, faut apprendre à partager…

  2. Silk said,

    Ah, ben oui, mais… Maintenant, quand j’aurais à nouveau (Ca arrivera forcément un jour !) un Merci à t’envoyer, je vais me demander comment tu vas exactement le recevoir et, surtout, si je t’ai bien fait la passe…? 😉

  3. kable said,

    il va vraiment falloir que je lise cette série avant qu’il y ait pleins de tomes

    • Don Lorenjy said,

      Ouais, ben t’as le temps, hein ? Le 3 est prévu pour 2011, même si je l’ai fini avant.
      Mais tu as raison de commencer jeune 😉


  4. 2011 ? Ah oui quand même !
    Tu as commencé à l’écrire, c’est ça ?

    A.C. de Haenne

    • Don Lorenjy said,

      Oui, oui : ça avance bien. Un bon tiers de rentré !
      Après, la parution dépendra du planning de Mnémos, mais aussi de leur acceptation du manuscrit.

  5. Draugadan said,

    Bonsoir, Don Lorenjy,

    Un mot en passant sur votre blog, car ce sujet m’évoque une anecdote rapportée dans une préface à Salammbô (bibliothèque de la Pléiade). Il y est dit que Leconte de Lisle, après avoir lu ce livre, avait écrit à Flaubert : « Merci deux fois, et d’avoir écrit ce beau poème, et de me l’avoir envoyé. » Cette coïncidence est d’autant plus frappante que je ne lis plus que très (trop, hélas !) rarement. Mais de nos jours, il semble parfois aux gens si difficile de dire merci.

    J’avais lu quelques passages de « Djeeb le Chanceur » du temps où, si je me souviens bien, il était disponible en ligne, façon roman-feuilleton. J’avais apprécié votre style, aussi le lirai-je probablement un jour… quand j’aurai le temps de lire à nouveau ! Si cela s’avére, je reviendrai alors sur votre blog vous donner mon sentiment.

    D’ici-là, je vous souhaite bonne continuation,
    Nicolas.

    • Don Lorenjy said,

      Merci Nicolas. Salammbô est aussi un livre pour lequel j’aurais aimé pouvoir remercier Flaubert.
      Quant à Djeeb, prenez votre temps… mais, oui : revenez me dire. Même si c’est pour exprimer une déception, le sentiment du lecteur est le meilleur carburant de l’écriveur.


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