Comme ça s'écrit…


Djeeb l’enquiquineur

Posted in Djeeb par Laurent Gidon sur 5 novembre, 2010

Une chronique de Djeeb l’Encourseur est parue aujourd’hui sur ActuSF. Marc Alotton – que je remercie pour ses compliments – semble avoir pris un certain plaisir dans sa lecture, au point d’affirmer en introduction :

L’intérêt des thèmes abordés, la mise en contexte, le pittoresque des personnages, servis par une indéniable qualité d’écriture, avaient séduit bon nombre de lecteurs, rendus méfiants par le piètre niveau de nombreux premiers romans parus ces derniers temps.

Je suis ravi , bien sûr. Bien que n’ayant pas eu connaissance d’une quelconque baisse de niveau des premiers romans. Une bonne critique de plus, c’est toujours sympa. D’autant que la plupart des retours de lecteurs qui me sont parvenus sont eux aussi très positifs.
Heureusement pour mes chevilles, les louanges ne sont pas unanimes.
Sur le forum de Cocyclics, collectif de lecteurs et d’auteurs fortement impliqués dans l’amélioration des textes avant proposition aux éditeurs, une proportion non négligeable de participants n’a pas aimé Djeeb. Au point parfois de ne pas arriver à le finir. Et ça, ça me questionne et m’enquiquine.
Je me demande d’ailleurs par quel biais on peut réunir 100% de bonnes critiques et ne faire qu’un petit 63% sur un groupe de lecteurs aguerris.
Je n’ai pas de réponse sous la main. Pas d’autre que « on ne peut pas plaire à tout le monde », qui n’est pas une réponse.
Est-ce une question de liberté d’expression que l’on aurait entre soi sur un forum, mais pas en montant à la tribune publique d’une chronique ? Serait-ce une différence dans l’approche, le critique cherchant à faire son travail alors que le lecteur ne veut que se faire plaisir ? Est-ce que statut de chroniqueur est suffisamment sélectif pour ne tenter que des individus prédisposés à apprécier le Djeeb dans le texte ? Cela a-t-il à voir avec les phases de la lune ou la longueur de mes cheveux ? La réponse m’échappe, est c’est tant mieux.

Je m’interroge, non pour flatter mon ego (ce qui est toutefois bien agréable) mais pour me faire une idée plus juste de la portée de mon petit travail solitaire. Jusqu’ici, on doit compter quelque chose comme 1200 lecteurs de Djeeb le Chanceur, et avec de la chance, disons 500 de Djeeb l’Encourseur (offrez l’Encourseur à Noël, pour faire remonter mes ventes et justifier le travail de Mnémos, merci). Ce qui, en appliquant la formule dite de Cocyclics (63/37), me donne un total de 1071 lecteurs heureux (pas mal, mais bon, hein, bof) contre 629 pas contents.

629 déçus ! Là est mon problème : autant de malheureux, ça me déchire. Comme aurait dit Einstein après les deux premiers grands Boum, « Je n’ai pas voulu ça ! » Si j’écris pour faire plaisir à des lecteurs, mais qu’une part non négligeable trouve que ça ne vaut pas l’effort de lecture et en garde l’impression d’avoir gâché de l’argent et du temps, faut-il continuer ?
Entendons-nous bien : écrire, je continue, pas de problème, j’aime ça. Mais être publié, faire le singe pour être remarqué, recourir à tous les moyens modernes pour tenir le plus large public (donc vous) informé de la progression du travail, attirer le lecteur en salon ou librairie comme on harponne le chaland… peut-être est-ce un peu disproportionné avec le résultat obtenu.
Un lecteur qui s’emmerde, c’est une responsabilité.

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31 Réponses to 'Djeeb l’enquiquineur'

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  1. Oph said,

    Aloreuh, étant de ceux qui ont bien aimé, je ne saurais te dire ce qui justifierait que les bouquins déplaisent. Je sais en revanche que mon charmant époux, lecteur pas du tout aguerri et plutôt porté sur l’aventure et encore l’aventure, a préféré L’Encourseur au Chanceur, parce que ça y cavale quand même vachement plus. Mais dans l’ensemble, il a apprécié les deux.
    Ceci étant, je propose deux axes de réflexion :

    1- Je ne chronique pas absolument tout ce que je lis. Dans mes choix, j’ai tendance à privilégier, d’abord les livres que j’ai beaucoup aimés, et ensuite ceux que j’ai moins aimés mais dont il y a quelque chose d’intéressant à dire (soit qu’il y ait matière à une chronique Nanarbooks, soit, comme ça a été le cas dernièrement, que mon avis négatif fasse un couac retentissant au milieu d’un concert de louanges sur le Net). Mais puisque je n’aime pas dire du mal en règle générale, je fais surtout des chroniques positives. Il suffit qu’il y ait d’autres personnes qui fassent comme moi pour que les critiques effectivement exprimées sur leurs sites aient une forte tendance à être meilleures que la moyenne des avis des lecteurs.

    2- Indépendamment de tout ça, je pense que nombre de lecteurs aiment s’identifier aux protagonistes. Or donc, en dépit de ses qualités, Djeeb, le personnage, a un côté casse-bonbon assez marqué qui rend l’identification très compliquée. Si l’on en croit certaines critiques, il y a pas mal de lecteurs qui n’arrivent même pas à l’aimer. M’est avis que c’est rédhibitoire pour certains. Bref, faire le choix d’un héros pénible, c’est intéressant d’un point de vue littéraire, et puis perso, j’adore ce %$# de Djeeb, mais c’est aussi risquer de s’aliéner une partie du lectorat.

    Ceci n’était évidemment que mon avis donné comme ça, à chaud un vendredi après-midi alors que je devrais avancer sur mon NaNoWriMo,et ça n’a donc aucune valeur de vérité même relative.
    À vous Cognacq-Jay.

    • Don Lorenjy said,

      Merci Oph, c’est un avis plaisant. mais, comme tu le dis, lorsque tu n’aimes pas tu n’en parles pas. Ils sont combien, tous les lecteurs qui se sont payés mes livres à grands frais et ne les ont pas aimés, sans le crier partout ?
      Bon, pas si nombreux que ça, mais la proportion est quand même lourde à porter.

      • Oph said,

        J’en parle moins, nuance.
        C’est aussi une question de crédibilité : si à chaque fois que je parle d’un bouquin, je dis qu’il est génial, on va croire que j’aime tout sans conditions..

  2. Azarian said,

    C’est bienvenue de se remettre en question ainsi mais pour autant je crois que « on ne peut pas plaire à tout le monde », est belle et bien une réponse. Par exemple moi je ne cesse de répéter à tous ceux qui veulent l’entendre que la balade de Pern de A. McCaffrey est une lamentable merde imbuvable que je n’ai jamais pu finir. Or vu les sobriquets que je récolte ça ne doit pas être totalement vrai …donc rassures toi on ne peut pas plaire à tous le monde ;).
    Et puis il faut voir que le second Jeeb progresse par rapport au premier.

    • Don Lorenjy said,

      Justement : que se dirait Anne si elle croisait ton avis ? Elle serait sans doute effondrée de t’avoir fait passer un si mauvais moment avec son oeuvre.

  3. Yap said,

    Tu fais ton travail honnêtement, un éditeur croit assez en toi pour le publier. Après, le lecteur achète, et forcément il sait qu’il y a le risque que ça ne lui plaise pas. C’est triste, c’est sûr, mais c’est comme ça dans bien des domaines. Bien sûr, si c’était le seul livre qu’il pouvait s’acheter dans l’année, c’est un peu dommage.
    Moi, dernièrement, je me suis ennuyé en lisant le très loué « Échiquier du mal ». Et ça représente quand même un sacré temps de lecture. C’est con, mais je n’en veux pas à Simmons. Je sais juste que je n’y retournerai pas de sitôt.
    Le jour où je décevrai des lecteurs (quand j’aurai publié qqch de conséquent sous mon seul nom, et que je devrais donc assumer seul l’ennui du lecteur), j’aurais peut-être une autre approche, cela dit.

    • Don Lorenjy said,

      Tu as raison sur tout, comme d’hab (comment tu fais ?).
      Notamment sur le fait que j’ai fait de mon mieux sur chacun des livres publiés.
      Un doute me prend : si l’on ne parle si peu, c’est peut-être à cause du nombre de gentils lecteurs qui n’ont pas aimé et préfèrent ne rien dire plutôt que casser.

  4. Fifokaswiti said,

    En fait, j’aurais tendance à dire que 2/3 de satisfaits dans un échantillon plutôt critique, c’est plutôt pas mal.
    Pourquoi les critiques sont-elles toujours positives ? Je ne sais pas, mais pour en discuter plus il faudrait savoir d’où viennent ces critiques. Typiquement, s’agit-il de critiques « à l’aveugle », des gens qui ont reçu le SP sans rien demander, ou de gens qui ont acheté le bouquin ? Pour ne parler que de ce que je connais, en général je suis assez sélectif dans ce que j’achète, et ne paie que pour des bouquins dont il y a une bonne chance que ça me plaise. Alors que les SP, c’est jouer à la roulette, j’ai eu de très bonnes surprises (F. Castaing) et des bouquins tellement mauvais que ça m’arrachait les yeux (P. Bordage).
    Du coup, comme je ne fais plus de critiques de SP (pas trop la possibilité de m’engager sur des délais de lecture / critique), à de rares exceptions près, mes fiches de lecture sont plutôt positives. Il y a un biais de sélection.
    Deuxième point : autant faire une critique positive est plutôt facile, autant faire une critique négative est pénible, parce qu’il faut donner plus d’arguments, et généralement se replonger dans une expérience désagréable. D’où un deuxième biais.

    • Oph said,

      Fifo, ça doit faire quinze ans que tu sais que tu n’aimes pas Bordage.
      Tu n’avais pas moyen de passer le SP à quelqu’un d’autre en mode « patate chaude », plutôt que de t’écorcher les rétines à le lire quand même ?

      À part ça, je plussoie l’argument selon lequel on achète en priorité ce qu’on pense avoir des chances d’aimer. Si ça n’augmentait pas la probabilité d’apprécier sa lecture, il y aurait de sérieuses questions à se poser quant à la pertinence de la méthode.

      • Fifokaswiti said,

        C’est pas vrai, j’avais plutôt bien aimé les Guerriers du silence, malgré certains détails qui m’en avaient gâché la lecture mais que l’on pouvait facilement qualifier de défauts de jeunesse. D’où le fait que j’étais volontaire pour lui accorder une nouvelle chance.
        (Et en plus, j’avais déjà reçu le SP en mode patate chaude, ç’aurait été inélégant de le refiler.)

    • Don Lorenjy said,

      J’aime bien l’analyse des biais par Fifo. On peut la retourner (s’il y a déception à lire ce qu’on a acheté et pensait aimer, ça double la déception), mais le fait de ne pas vouloir replonger dans une expérience pénible pour argumenter une critique négative est imparable, d’autant qu’une critique négative va rapidement déchaîner des colères sur le mode « tes arguments sont foireux, t’as rien compris au livre ! ».

  5. Don Lorenjy said,

    Encore une critique plutôt positive sur Biblioblog.
    Certes, le chroniqueur relève des défauts à ce Djeeb (et il en a !) mais insiste toujours sur le plaisir de lecture.
    La question demeure donc : pourquoi ceux qui se sont ennuyés avec Djeeb ne le disent-ils pas ailleurs que sur des forums ?

  6. Marco said,

    Ne pas négliger l' »effet forum ».
    Sur un blog le blogueur est tout seul, il présente une oeuvre dont il veut partager le goût (on partage plus volontiers ses goûts que ses dégoûts).
    Sur un forum, « spécialisé » de surcroit, les intervenants s’échauffent, se positionnent les uns par rapport aux autres, expriment d’autant plus facilement leur réticence que pas mal d’autres (63%, par exemple) viennent d’exprimer leur satisfaction. Hypothèse.
    En tout cas, ces questionnements sont tout à ton honneur.

    • Don Lorenjy said,

      L’effet forum, je le sens un peu comme un effet vérité : on dit si on a aimé ou pas, sans chercher à argumenter. Alors qu’un chroniquer ou critique devra étayer sa position, ce qui peut l’amener à minorer son propre ressenti. L’objectivité est un mythe, mais dans cette quête du Grââl c’est la subjectivité qui trinque.

  7. Lunatik said,

    Les ceusses du dessus ont répondu avec bien plus d’intelligence et d’arguments que je ne saurais le faire, donc grosso modo je plussoie.

    Je voulais juste mettre mon grain de sel par rapport à ça :
    « 1071 lecteurs heureux … contre 629 pas contents … faut-il continuer ? »
    Evidemment qu’il faut continuer, la question ne se pose même pas. Est ce que tu connais beaucoup de gens capables de faire autant d’heureux d’un coup ? Sans le biais de ton livre, pourrais tu réitérer l’exploit ?
    Ça vaudrait d’ailleurs le coup même si tu ne faisais qu’un pour cent d’heureux. Le bonheur, c’est pas facile, si tu as la chance de contribuer à celui de certains, faut pas laisser tomber.

    Il y a des auteurs que j’ai découverts grâce au net, qui n’ont même pas la chance d’être publiés « en vrai », et qui pourtant m’ont apporté beaucoup. Quand ils postent un nouveau texte sur leur blog ou sur un forum, c’est comme un bout de ciel bleu dans une journée pluvieuse. Et pourtant parfois, sur les forums, qu’est ce qu’ils se prennent dans les dents…
    Ces gens là, j’espère qu’ils s’accrocheront et qu’ils continueront à écrire, malgré les critiques venimeuses et les refus des éditeurs.
    Egoïstement, pour mon petit bonheur à moi personnel, j’espère qu’ils ne baisseront jamais les bras, qu’ils ne se diront jamais : « A quoi bon ? » et surtout, j’espère pouvoir un jour ranger leurs bouquins à côté de mes Sturgeon, entre mes Steinbeck et mes Maupassant.

    Conclusion : tant que ton solde de lecteurs heureux est créditeur, faut rien lâcher.

    • Don Lorenjy said,

      Je trouve très intéressant ce que tu dis sur les écriveurs décriés et pas publiés, qui pourtant te donnent du plaisir et créent chez toi une attente de leur production. Je ne sais pas si ça interroge la standardisation des goûts ou leur marchandisation, mais il est certain qu’avec le numérique ces talents discrets vont être plus accessibles. Il suffira que chacun puisse repérer ceux qui sont à son goût.

      En revanche, je ne suis pas sûr de partager ton calcul et ta conclusion sur le solde positif. Imagine un médecin qui propose une pilule qui rend heureux, mais tue « seulement » 37% des traités (qui ne seraient pas morts sans cette pilule)… je ne crois pas que le solde positif plaide en sa faveur. Il se sentirait obligé de retravailler son produit jusqu’à un score de 100%, ou de le retirer du marché puisque ce score ne saurait être atteint.
      Je dis ça… pas pour arrêter d’écrire, mais pour expliquer les bases de mon questionnement. Les lecteurs déçus ont pris un risque en connaissance de cause, mais ce risque ne leur aurait pas été proposé sans la publication du livre.

      • Oph said,

        Mauvaise comparaison, Don Lo : on ne recense à ce jour aucun cas de lecteur s’étant pendu de dépit suite à la lecture d’un opus de la saga Djeeb.
        Bref, mettre ton oeuvre en balance avec un produit qui tue, c’est un poil trop fort.

      • Don Lorenjy said,

        Bon, alors on va dire : un restaurateur qui proposerait un plat que 37% des clients trouvent dégueulasse, mais seulement après l’avoir goûté suite à des critiques gastronomiques assez unanimes dans leurs jugements. Le cuistot ne se sentirait-il pas un peu merdeux ?
        J’ai mieux, là ?

  8. Lunatik said,

    Oph m’a retiré les mots du clavier.
    Un livre qu’on apprécie peut apporter beaucoup plus que ce qu’on en attendait en l’achetant ou que ce que l’auteur même espérait. Rire, réflexion, soutien, évasion, exorcisme… selon le lecteur et son vécu, un livre peut apporter tout ou partie de cela.
    Mais un livre qui laisse froid ou ennuie ne poussera jamais personne au suicide. Au pire, on a perdu deux heures de son temps et une quinzaine d’euros.

    • Don Lorenjy said,

      Ah ben oui, mais prendre une analogie foireuse au pied de la lettre, c’est pas du jeu !

      • Lunatik said,

        Certes.
        Mais penser à stopper sa publication alors qu’on a fait 63% d’heureux, ça non plus c’est pas du jeu…

        (Tiens, ça serait intéressant de connaître le pourcentage de lecteurs déçus par des classiques ou des best sellers.)

      • Don Lorenjy said,

        Pour les best sellers, il y a un indice (incomplet) sur Babelio, en regardant les livres les moins appréciés…
        (Bon, moi je veux bien continuer à être publié, mais faudra aussi convaincre les éditeurs, hein ?)

  9. gaëlle said,

    Il y a deux façon de répondre à ce post. La première, philosophico-empathico-tape-amicale-dans-le-dos, a déjà été explorée par les petits camarades des coms. Pas si grave, peut pas plaire à tout le monde, pas se décourager, tout ça.

    La seconde, vers laquelle à titre perso je pencherai volontiers, est moins sympa et un peu plus coup de pied au cul, même s’il reste amical, hein. Dis moi, m’sieur Don Lo, tu nous ferais pas une tentative de maîtrise d’un truc qui t’appartient pas, là? Parce que soyons clair, en tant que lectrice, je ne reconnais pas aux auteurs que je lis (sauf cas particulier de foutage de gueule manifeste, ce qui n’est pas ton cas) le droit de s’approprier mon plaisir ou mon déplaisir. C’est pas leur responsabilité, certainement pas. C’est la mienne, c’est éventuellement mon choix. Non mais! Qu’est-ce que c’est que cette ingérance de bas étage??? Si j’achète ton bouquin, c’est que je suis prête à l’acheter. Le reste, ça me regarde. Je réclame haut et fort le droit de m’emmerder, et de lire parfois des choses qui me plaisent moins. J’en suis ravie, même si sur le moment il m’arrive de grommeler. La perfection c’est chiant, particulièrement dans le domaine culturel. Et quand je m’emmerde en lisant un livre, ça me donne envie d’en lire un autre. Ou d’écrire des trucs. Ou d’aller au ciné. Ou de m’occuper de ma fille. Ou d’aller en causer avec mon libraire et d’autres gens autour d’un café. Ou que sais-je. Bref, la vraie vie, quoi. Et je serai vraiment très déçue si la culture n’était plus en phase avec la vraie vie, parce que là, à mon avis, on aurait un vrai problème.

    • Don Lorenjy said,

      Faut reconnaître… je ne l’avais pas vu comme ça, mais c’est bien vu.
      On dirait presque du Pennac (le droit de lire et de s’emmerder).
      Merci de m’avoir remis les pendules à leur place !

  10. Nicolas said,

    J’abonde dans le sens de ce qui a été dit précédemment, et rajoute ma pierre à l’édifice : Il faut séparer les lecteurs (et leurs avis) selon le mode de réception du livre. Déjà entre qui l’a acheté par curiosité et qui l’a acheté en toute connaissance de cause (et idem pour les SP, ceux à qui il a échu et ceux qui, comme moi, l’ont réclamé :-D).
    Parce que dès qu’on s’écarte d’un canon du genre (en l’occurrence, la fantasy), il est évident que qui ne s’y attend pas sera surpris, agréablement ou pas. D’où nouvelle scission des avis, au prorata du talent de l’auteur à faire passer cette déviance du style plan-plan hérité de Tolkien et étiré à X mille pages par des auteurs talentueux ou non. Je ne vais pas vous refaire ma chro (voir la Yozone), mais un bon bouquin de 250 pages, ça me fait plus plaisir qu’un bon bouquin de 1000. Et bien plus qu’un moyen de 2500… Parce que le plaisir de lire est essentiel, et ne doit pas virer à la corvée de se remémorer sans cesse le moindre détail évoqué 500 pages en arrière. (oui, je dis du mal de Robin Hobb…)
    Donc on va pas faire des stats hasardeuses entre qui a aimé/pas aimé, choisi/pas choisi. Le cas de Cocyclics est intéressant : je ne leur dénie pas leur « professionnalisme » (qui comme toute entreprise bénévole est hautement valorisant pour tous) mais c’est aussi un défaut : l’art (littéraire comme les autres) ne se professionnalise pas ! Parce qu’une œuvre est intéressante dans ses faiblesses et ses erreurs, dans toutes ses imperfections. « L’œuvre parfaite » doit être un sujet déjà abordé en SF (peut-être par Dunyach ?), et on en devine le résultat : si l’absolu est atteint, que faire après ?
    Je ne vais pas non plus philosopher. Je « critique », c’est-à-dire que je donne mon avis à titre informatif, le plus « professionnellement » possible, soit sans descendre ni encenser l’auteur plus que de raison.
    Et comme il a été dit plus haut, c’est à chacun de se faire sa propre opinion. Y’a des bibliothèques pour faire ça sans dépenser des fortunes. Ou des recueils de nouvelles, pour ratisser large dans les jeunes talents.
    Pour finir, je prendrais un exemple qui vient du cinéma (espace où vous savez qu’on met en avant principalement le nombre de gens qui entrent dans la salle) : l’indice de satisfaction et de HAUTE satisfaction, sur témoignage à la sortie. Donc je demande : sur ceux qui lisent volontairement et en toute connaissance de cause Djeeb, combien ont été satisfait, voire TRES satisfaits ?
    C’est ce chiffre-là que tu dois regarder, Don Lo, avant d’arrêter d’écrire. 🙂

    Nicolas, hautement satisfait, toujours prêt te lire, relire et encenser avec mesure et arguments à l’appui

    • Don Lorenjy said,

      Merci pour ton avis, Nicolas (tu sais que ton avis m’est cher). Surtout pour le parallèle avec le cinéma. C’est vrai, chaque fois que je sors déçu d’un film encensé par la critique, j’ai tendance à accuser la critique qui m’a trompé plutôt que le réalisateur.

  11. Sylmar said,

    Salut,
    Je n’ai pas (encore) lu Djeeb, mais pour rebondir sur ce que dis Nicolas, il est assez frappant de découvrir qu’en revanche, sur ce même forum, les avis positifs sur les oeuvres publiées par des auteurs Cocyclics sont tous frappés du même caractère unanime. Cette section ne me paraît pas tout le temps pertinente, à cet égard. Et puis les votants n’y sont pas là en tant « qu’experts » de l’amélioration de texte, dans l’exercice de leurs fonctions, à ce que j’en sais, mais bien en tant que lecteurs. Donc bon, ils tentent d’expliquer plus ou moins heureusement ce qui ne leur a pas plu. Et ça donne de temps en temps des jugements assez tranchés, un peu à l’emporte pièce. Je ne sais pas ce que ceux-ci valent pour l’auteur : ce sont des avis.

    La question de plaire à tous a déjà été réglée ; derrière, on peut se demander si la recherche du contentement pour tous, ce n’est pas aussi décevoir toute une frange du public demandeur de cette singularité.

    Est-ce que c’est entre guillemets une chance de se trouver là bas sans avoir les faveurs d’un public acquis à sa cause, je ne sais pas. Il y a peut-être des choses intéressantes à entendre dans les avis négatifs, c’est vrai, tout comme il y en a dans les avis positifs.

    Bon week end !

    (un visiteur de passage)

    • Don Lorenjy said,

      Merci de ta visite, en tout cas.
      Tu as raison, on peut toujours tirer qque chose d’un avis négatif. Après, si qqu’un n’accroche pas au personnage ou à l’histoire… une fois que c’est publié on ne peut plus rien changer. Et même dans le cas d’épisodes suivants, difficile de changer un héros pour que le plus grand nombre l’acclame. Disons que je vais faire évoluer Djeeb de façon logique, en espérant que les lecteurs suivent…

  12. Paul Beorn said,

    Je tiens à dire que deux grenouilles de CoCyclics se sont exprimés depuis et nous arrivons à 70% de satisfait, ce qui donne une bonne claque à tes 600 et quelques mécontents fantasmés. Du coup, il doivent se retrouver à 4 ou 500 et se sentir bien seuls.

    Sinon, pour répondre à Sylmar, (je pends un peu la remarque pour moi, puisque La Pucelle est coup de coeur de CoCyclics et que je suis effectivement du sérail) je t’invite à aller voir la fiche des yeux d’Opale, de Bénédicte Taffin, auteur de CoCyclics qui est trèèèès loin de faire l’unanimité sur le forum.

    Je pense que sur CoCyclics, on dit ce qu’on pense. En revanche, les auteurs maison ont un avantage : ils sont plus lus sur la mare. Et ça me permet de rebondir sur le sujet (boing, boing, on est grenouille ou on ne l’est pas) : si quelqu’un a posté une fiche de lecture sur Djeeb, c’est déjà un bon point. Tu as quelqu’un qui a aimé au point de passer une heure à faire cette bondieudefiche et vouloir la montrer à tous ses copains.

    Parce que 1100 satisfaits, ça ne veu rien dire. Il y a les gens qui ont a-do-ré et ceux-là, ils devraient compter plus. D’ailleurs, rien de devrait compter plus que ceux-là.

    Au fait, même si je n’ai pa

  13. Paul Beorn said,

    oups, toutes mes excuses extra-plates… 😦
    (et pour les fautes aussi : pas pu me relire, le message est parti tout seul – pas doué je suis)

    Si je n’ai pas, disais-je, posté de message sur le fil de CoCyclics consacré à Djeeb, je fais partie des 63 % -70 donc- qui ont voté (oui, oui, on peut voter de façon anonyme).

    • Don Lorenjy said,

      Tu sais, les Cocyclics n’ont pas besoin d’être défendu(e)s : personne ne les attaque, au contraire. On y voit ce qui est d’ordinaire invisible : l’expression d’une opinion globale qui n’a pas de valeur statistique (sauf si on joue à lui en donner, ce que j’ai fait, mea culpa) mais permet de relativiser la relation fantasmée que l’écriveur peut avoir avec d’hypothétiques lecteurs.

      A part ça, c’est bien d’avoir voté oui : va, et ne pèche plus 😉


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