Comme ça s'écrit…


Point Clavier

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 15 novembre, 2010

On va dire que ça en intéresse certains, à commencer par moi : il faut que je fasse un peu le point sur ce que produit le clavier. Sinon, ce n’est pas net.
Donc…

L’Abri des regards est fini, parce qu’il fallait bien lui donner une fin. Mais comme ce livre ouvre une fenêtre glissante sur la vie, il ne va pas s’arrêter là. Je suis plongé dans les relectures, ce qui est à la fois étonnamment facile (je ne corrige que l’orthographe – d’accord, il y a du boulot – et la syntaxes de certaines phrases qui autrement seraient incompréhensibles, mais je ne touche pas au style, puisque le projet était de saisir sur l’instant l’expression d’un esprit malade) et moralement très dur : ai-je vraiment pensé ça, fonctionné comme ça, déraillé à ce point ? Outch ! Maintenant, il va falloir lui trouver un éditeur. Re-outch ! Si vous en connaissez, des prêts à tout avec option bathyscaphe, n’hésitez pas à me cafter leur coordonnées. Attention : no SFFF !

Rhââl ! a pris un retard phénoménal, complètement bouffé à parts égales par mon crâmage de fichier (deux mois de boulot écrasés sans rémission) et par la fin en pente raide de L’Abri. J’ai cru pouvoir écrire trois livres en même temps. Et d’ailleurs je l’ai fait pendant quelques mois. Mais force m’est de reconnaître que, même si les trois projets sont suffisamment différents pour passer sans peine de l’un à l’autre, il y en a forcément un qui prend le dessus. Maintenant que le dessus est achevé, Rhââl ! va peut-être pouvoir émerger et reprendre sa marche forcée. J’y tiens quand même, à cette histoire de peuples qui apprennent à se faire la guerre (oui, c’est le pitch : scoop !), et je ne suis pas le seul : une éditrice attend le premier jet pour fin décembre. Il me reste un mois et demi (alors qu’à d’autres, il ne reste qu’un an et demi).

Djeeb l’Aimenteur avance… dans ma tête. C’est intéressant d’ailleurs : pour la première fois, j’écris un Djeeb en y réfléchissant à l’avance au lieu de faire confiance à l’envie et à la précipitation de l’instant. J’explore mentalement des pistes de scénario alternatives, je vois surgir des possibilités nouvelles, des bifurcations… Bref, j’évolue. Il va juste falloir que j’y remette les doigts, sinon tout va rester dans ma tête parce que c’est trop long à raconter ici.

Et puis il y a les projets qui se bousculent. Une BD avec un dessinateur d’Annecy, des romans et des nouvelles dont les synopsis débordent de mes cahiers, le besoin de finir la trilogie Aria (je rappelle à ceux qui ont lu Aria des Brumes que je peux leur envoyer le fichier de la suite – Air de la terre – en attendant d’avoir fini Le Chant sombre pour proposer le paquet complet à un éditeur assez fou pour parier sur de la SF âge d’or). Et puis il y a les sous. En ce moment, le clavier fume surtout pour nourrir le compte en banque.
C’est triste à dire, mais la littérature ne restera qu’un à-côté parce qu’il faut bouffer. J’avais cru un moment pouvoir me passer de mon activité pub, quitte à réduire à mort mon train de vie. Ben… c’est raté. Les réserves sont mortes et enterrées, les ventes n’ont pas suivi malgré ou à cause de mes gesticulations promotionnelles, et je dois affecter une plus grande part de mon temps de clavier à de l’alimentaire. N’y voyez surtout pas une plainte (marre de la complainte des auteurs en mal de pogn, hein ?), mais un constat plutôt positif : quand j’ai besoin de tunes, je trouve sans problème des gens prêts à payer pour ce que j’écris. Que ce ne soit pas des éditeurs et des lecteurs ne change pas grand chose.

Et pendant que je vous tiens : bravo à Vincent Gessler et Hugo Bellagamba pour s’être partagé le Prix Européen Utopiales des Pays de la Loire ! J’aime beaucoup cette idée de ne pas départager. D’ailleurs, j’attends de tout cœur un prix qui ne soit pas une compétition avec un gagnant et une ribambelle de perdants, mais une sorte de palmarès dont les cinq ou six primés le seraient au titre de leur contribution particulière aux plaisirs des lecteurs.

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10 Réponses to 'Point Clavier'

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  1. Lucie said,

    Tiens, ton dernier paragraphe rejoint quelque chose à quoi j’ai pensé et que j’aimerais bien voir : un prix où il n’y aurait pas le « meilleur » roman, mais
    — le roman le plus drôle de l’année
    — le roman le plus terrifiant
    — le roman au style le plus époustouflant
    — le roman aux personnages les plus attachants
    etc.

    Mais, toujours d’accord avec toi sur le plaisir de la non-départageation (ça se dit, ça, tu crois ?) et je rajoute que je suis ravie pour Vincent de son double prix, puisqu’il est le lauréat du prix Julia Verlanger !

    • Don Lorenjy said,

      C’est exactement ça, un peu comme le palmarès de Cannes, mais sans sans la palme d’Or. J’enlèverais juste « le plus ». Il n’y aurait que des Grand Prix, mais motivés, genre « Prix Imaginales pour son humour », qui ne sous-entend pas qu’il y a un deuxième moins drôle, et un troisième…
      Pour Vincent, gaffe à l’effet cumulatif, genre Vieille Anglaise (mais le connaissant un peu, je sens qu’il va juste y prendre un max de plaisir)

      • Lucie said,

        Oui, le max de plaisir, c’est tout le mal que je lui souhaites 😉

  2. Lucie said,

    Pour le reste… ça fait des années que je suis frustrée de ne pas pouvoir passer mon temps à écrire plus, et mieux. Même en mettant de côté les considérations financières (ce qui est impossible), je ne peux pas.

    Et on est des centaines, dans ce cas !

    (oui, je sais, ça n’a rien de réconfortant de savoir que d’autres sont aussi frustrés que soi ;-))

    • Don Lorenjy said,

      Il se trouve que je ne suis pas frustré : je prends aussi mon pied à faire correctement mon boulot de communication. C’est plus de l’impatience. Mais, même si je ne produisais que de la littérature, l’impatience serait là puisque je n’aurais pas le temps matériel d’écrire tout ce dont j’ai envie, tout ce dont je rêve.

      Et, comme je l’écris plus haut, c’est très réconfortant de pouvoir gagner de l’argent avec l’écriture chaque fois que j’en ai besoin. Merci les clients (et merci moi, qui sait leur fournir ce qu’il leur faut).

  3. silk said,

    Ah… La frustration rageante d’avoir des tas d’envies différentes, des besoins impossibles à ignorer et d’être obligé de choisir en sachant qu’il y aura forcément des pertes définitves dans tous les cas.

    A part ça, un « Prix du plaisir du lecteur », c’est une idée sympa qui permettrait enfin à tous les genres d’être cités pour un même prix. A creuser… 🙂

    • Don Lorenjy said,

      « La frustration rageante d’avoir des tas d’envies différentes, des besoins impossibles à ignorer et d’être obligé de choisir en sachant qu’il y aura forcément des pertes définitives dans tous les cas. »
      Bravo ! Pas mieux. Je peux te citer ?

    • Oph said,

      Une autre formulation qui date de la glorieuse époque où je passais les écrits des concours d’écoles d’ingé, et où la fatigue faisait déformer les proverbes :
      « Choisir, c’est mourir un peu. »

      Bon, c’est pas le tout, mais moi aussi, j’ai du roman à tapoter, et aussi ma croûte à gagner (les deux n’ayant aucun lien pour l’instant, à mon grand regret).

  4. Tigger Lilly said,

    Tu m’as l’air bien occupé, dis donc ! Bonne chasse à l’éditeur, pas facile à attraper, ce gibier-là ^^

    • Don Lorenjy said,

      Surtout sur un terrain où je n’ai aucun contact (litt gén). Si tu en as…


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