Comme ça s'écrit…


Muettement jeudi !

Posted in Djeeb,Jeudi par Laurent Gidon sur 16 décembre, 2010

Encore sous le choc d’une lecture indescriptible, je me fie au hasard pour vous en présenter un extrait, forcément représentatif puisque toute la nouvelle est de la même eau.

Une interrogation subsistait toutefois : comment intervenir sans risquer une issue fatale pour Artémisia ?
Préférant reléguer cette difficulté dans un recoin de son imagination, le capitaine des mousquetaires opiniâtrait son effort tout en intimant régulièrement silence à ses hommes.
La progression se compliqua brutalement à l’aplomb d’une falaise calcaire dont les aspérités déchiraient les bottes tout en excoriant douloureusement les paumes des mains. Corisande proposa le contournement de cette impressionnante aiguille rocheuse. Mais Florimond refusa, car cette ascension leur permettrait de mieux discerner la route suivie par les brigands.
– Du sommet de ce belvédère naturel, nous pourrons appréhender la totalité de l’espace environnant. Même si les larrons sont discrets, un simple mouvement anormal dans les buissons nous révélera leur passage.
Fondée sur l’effort et la pugnacité, cette hypothèse fut couronnée de succès.
Après de longues minutes d’un effort presque inhumain, les quatre hommes arrivèrent à la cime de cet éperon rocheux singeant une déroutante dentelle de pierre et matérialisant un encorbellement au-dessus de l’abîme.
Discrètement, Florimond et Onésiphore se penchèrent afin d’examiner le panorama sans être, pour autant, visibles depuis le sol.
Quelques minutes d’observation suffirent.
Sinuant une centaine de mètres en contrebas, des silhouettes furtives ondoyaient au milieu d’une végétation hostile et particulièrement touffue à cet endroit.

Oksana & Gil Prou, L’oeil de la Nuit
in Dimension de Capes et d’Esprits, anthologie dirigée par Eric Boisseau – éditions Rivière Blanche

Cette excellente publication recèle d’autres pépites à consommer immodérément et sans retardement, dont un Djeeb l’Estoqueur qui m’avait valu des sueurs et quelque satisfaction.

Le jeudi se poursuit, comme d’hab, chez Chiffonnette.

14 Réponses to 'Muettement jeudi !'

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  1. Oph said,

    Attention, le texte ci-dessous est en mode « franchise brute à légère tendance cynique mais j’ai pas pu m’en empêcher m’sieur le juge ».

    Cet extrait aura au moins eu le mérite de me convaincre que je fais partie de la cohorte de fâcheux à qui le, comment disait Sand, déjà ? Ah oui, le « parti-pris esthétique » du duo OksaProu ne parle pas du tout.
    C’est indescriptible, effectivement.
    Heureusement qu’il y a du Djeeb pour maintenir à flot mon envie de lire l’antho.

    • Don Lorenjy said,

      Oui, je t’exhorte s’il te plaîtement à opiniâtrer dans ton envie de lire l’antho.

      • Oph said,

        Mais mon opiniâtreté n’est plus à prouver depuis que j’ai survécu à la lecture intégrale des « aventures » d’Eddy M. !
        Magnifique ouvrage qui tenait une bonne couche de circonvolutions grammaticales et mots savants hors contexte, prouvant néanmoins par sa totale absence d’intrigue et de structure narrative (sans parler de la ponctuation erratique) qu’il ne s’agissait pas d’un parti-pris d’écriture comme chez les OksaProu, mais bien de l’abyssale incompétence de l’auteur. Bref, c’était quand même aut’chose.


  2. Opiniâtrait ? Excoriant ? Mouais… Comment faire compliqué quand il s’agit de faire simple.

    A.C.de Haenne (qui, dans son apprentissage quotidien de l’écriture en autodidacte, vient de comprendre qu’il ne fallait jamais écrire comme ça !)

    • Don Lorenjy said,

      Ah non ! Je m’insurge : on écrit comme on veut.
      Dehors les censeurs !
      Après, c’est le lecteur qui ne doit se sentir obligé à rien.


  3. Ce n’était pas de la censure, juste une réflexion à voix haute (enfin, à clavier ouvert oserais-je dire (écrire (enfin, bref (oui, j’arrête là la digression ! (quoi, je continue ? (oui, c’est bon !)))))

    A.C.

  4. Cachou said,

    Oh. Merveilleux! Merci d’avoir ainsi étanché la soif languissante de ma curiosité (ça va, je suis dans le ton?).
    Et remercions quand même le dictionnaire des synonymes intégré à Word, qui a dû être sollicité plus qu’à son tour.

    Du coup, le « muettement » prend une toute autre dimension à mes yeux (si je peux me permettre)…

    • Don Lorenjy said,

      Tu peux tout te permettre. D’ailleurs, d’autres se sont déjà tout permis avant toi, semble-t-il, et ont bien fait : le fanclub s’agrandit.

  5. Caracole said,

    C’est estomacal, si j’ose dire.

  6. Roguette said,

    Ma grand-mère polonaise me préparait un goulash au diplodocus moins lourd que ça.

    J’ai l’impression de m’être reservi deux fois. Adieu monde cruel.

    • Don Lorenjy said,

      Non, reviens ! Les auteurs du texte savent écrire, ils ne font pas ça par hasard : il y a recherche d’un effet. Quel effet ? Certainement pas la fuite du lecteur…

  7. chiffonnette said,

    Un capitaine de mousquetaire? Il se pourrait que ce soit pour moi :-))

    • Don Lorenjy said,

      Je crois que ça se tente : une expérience, vraiment !


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