Comme ça s'écrit…


Jeudi situation

Posted in Réflexitude par Laurent Gidon sur 6 janvier, 2011

Pas de citation pour ce jeudi, mais une situation.

Hier, j’entre dans une boulangerie d’Annecy, dans la zone piétonne chic, en remarquant un jeune garçon assis un peu à l’écart de la porte, sur des cartons.
Vêtements vieux et sales, bottes de caoutchouc et bonnet qui me cache son visage, mes pas ses tremblements : il fait entre -2 et -4°. Il ne tend même pas la main.
J’hésite entre lui acheter un pain au chocolat et lui filer une pièce. Je sors mon portefeuille lorsque deux types à moustache arrivent. Ils descendent la rue en plein milieu et passent donc à trois ou quatre mètres de nous. Plutôt jeunes et vifs, toque fourrée, habits démodés mais propres, bonnes chaussures un peu boueuses, l’un en conversation avec son portable. Ils apostrophent le garçon dans une langue d’Europe de l’Est.
Je ne comprends rien, bien sûr, mais ils se connaissent, je sens dans leur ton de la menace et de la moquerie. Le garçon répond, pas fort, comme s’il les insultait pour lui-même. Eux passent sans dévier de leur route.
Plein de questions, je range mon portefeuille.

Vous auriez fait quoi ?

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4 Réponses to 'Jeudi situation'

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  1. Lucie said,

    j’aurais acheté le pain au chocolat, engagé la conversation, et demandé s’il était là le lendemain et s’il était intéressé par un stock de vêtements trop petits à donner, pour lui ou d’autres gens qu’il connaîtrait.

    Avant cet été et la rafle qui a sévi à travers le pays, de temps à autre des femmes faisaient la manche près du supermarché de R… et elles appréciaient beaucoup qu’on leur parle, qu’on leur sourie et qu’on leur donne des affaires.

    • Don Lorenjy said,

      Et c’était sans doute la meilleure chose à faire.
      Pour ma part, j’ai été pris dans un mode de pensée où on se raconte une histoire : j’ai cru voir à l’oeuvre de petits caïds passant contrôler leurs gagneuses.
      Cette histoire, vraie ou fantasmée, m’a déconnecté de la nature humaine. Il y avait un garçon qui tremblait de froid devant moi, et d’un seul coup l’empathie s’est brisée.

      • Lucie said,

        Oui, je comprends ce que tu dis. J’ai eu aussi de brusques retours de méfiance, certaines fois.

  2. Silk said,

    J’ai vu un jour une femme se faire insulter après avoir offert un sandwich…
    Que faire ?
    Je me pose souvent la question, d’autant que cette histoire que tu imagines avoir peut-être fantasmée est souvent malheureusement vraie et trop courante : on peut s’en rendre compte parfois.
    Pour répondre à la question pas vraiment posée : j’ai arrêté de donner l’année que j’ai passé à Paris et où j’ai eu l’impression, entre les couloirs et les rames du métro et les rues, qu’il y avait quelqu’un qui mendiait tous les cinquante mètres… J’avais fini par me sentir coupable de donner, même si c’était peu, à un et pas à l’autre.
    Je préfère depuis, quand je peux, faire des dons aux associations caritatives : même si je sais que ça ne rèsout pas forcément tous les problèmes de magouilles possibles pour autant.


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