Comme ça s'écrit…


Ce qu’on peut dire qu’on ne fera pas

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 27 avril, 2011

Un article Internet vieux de deux ans (une éternité 2.0) trouve actuellement une seconde vie sur Facebook grâce à nombre d’amis qui le (re-)découvrent, le commentent et se le transmettent comme une traînée de poudre aux yeux. Neil Gaiman y affirme que GRR Martin n’est pas la pute de ses lecteurs, ce qui va de soi, et qu’il fait ce qu’il veut de son temps sans avoir à se justifier sur son blog ou ailleurs, ce que je conçois aussi, à une légère nuance près : si je dis ici que je vais écrire un truc et que je ne l’écris pas, les lecteurs assidus auront le droit d’être déçus. Pas floués : déçus.

Déboires qui ne m’arrivera pas et à vous non plus, peu assidus que nous sommes.
D’autant qu’il ne m’arrivera plus de dire « je vais écrire ceci, ou cela… » parce que je vais faire une pause et être encore moins assidu, au point de ne plus écrire.
Je ne dis pas ça pour vous entendre clamer par milliers (millions ?) :  « Oh non, Don Lo, t’arrête pas ! ».
Je le dis juste parce que je le fais, là, et depuis déjà presque six mois. Même que ça marche assez bien.
Arrêter un peu d’écrire permet de se poser la question de « qu’est-ce qu’on écrira » quand on s’y remettra. Et s’il ne surgit pas de réponse fulgurante à cette question, on ne s’y remet pas et les arbres ne s’en portent que mieux (les pixels aussi, remarquez).

Donc voilà, à la lumineuse assertion « ce n’est pas parce qu’on sait un peu écrire qu’on a quelque chose à dire » je joins le geste et me contente de penser à ce qui vaudrait peut-être le coup d’être écrit avant de décider que non, en fait ça ne le vaut pas.

Mais ça ne veut pas dire que vous n’aurez rien à lire de ma part. Déjà vous êtes vachement nombreux à n’avoir pas encore lu ce qui est disponible : reportez-vous à la biblio ci-jointe et constatez par vous-mêmes. Par exemple, et bien qu’un billet du blog Griffe d’Encre argumente le contraire, à mon sens vous êtes encore beaucoup trop à ne PAS avoir lu Blaguàparts. Notez.
Et surtout, il y a des trucs qui vont sortir.

Dès maintenant, vous pouvez vous commander le recueil « Prix Plume d’Agence 2011 » ici et vous régaler de 11 bonnes nouvelles dont mon Droit Dehors, grand prix de cette année.

Ensuite, guettez la sortie fin mai de l’anthologie Borders, réunie par Charlotte Bousquet chez CDS éditions. J’y ai mis Les Intrusions granuleuses, texte assez représentatif de ce que j’aurais envie de faire si je m’y remettais.
Enfin une autre nouvelle a été sélectionnée par AOC  (le premier Fanzine qui m’avait publié un texte) pour un prochain numéro. Ce sera Atempo, fantaisie spéculative sur la nature du temps. Je viens de finir les corrections et je crois que c’est pas mal. En tout cas, un peu comme pour Les Intrusions, ce texte correspond bien à ce que je cherche, dans la veine « sans arme, sans haine et sans violence » sans pour autant endormir le lecteur.

Ah, et puis tant que j’y suis : pour être sûr de ne rien écrire j’ai mis les collègues au boulot à ma place. Ce sera une antho, toujours sur le thème qui me tient à cœur d’un imaginaire vivable. Une anthologie, rien que ça ! Mais je vous en dirai plus quand ça sera mûr.

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12 Réponses to 'Ce qu’on peut dire qu’on ne fera pas'

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  1. Silk said,

    Ne pas donner à lire n’empêche pas d’écrire en attendant d’être certain d’avoir écrit quelque chose qu’on a envie de donner à lire, Don… 😉

    • Don Lorenjy said,

      Nan, c’est de la triche. On n’écrit pas tant qu’on n’est pas sûr d’avoir qque chose à dire, pis c’est tout !
      Un peu de principes, que diable !

      • Silk said,

        Pas question de triche ! C’est juste pour éviter de perdre contact avec stylo ou/et clavier (pas christian !). 🙂
        Djeeb lui-même ne se lance-t-il pas parfois sans savoir exactement où cela va le mener…? 😉

  2. Vordaï said,

    Ya un truc qui me chatouille le cortex dans ton billet (enfin deux parce que après deux semaines j’ai pas reçu mon colis griffesdencral, ni donc mon Blaguàpart, gneuh.) donc, ya un truc qui me chafouine, c’est quand tu dis que le lecteur sera déçu, peut être à bon droit, et là, j’ai envie de répondre:  » oui, mais ben à mon avis, pas tant que l’auteur! » Ça m’est arrivé deux fois de « perdre » un texte, une fois parce qu’hosto et une fois parce que j’étais à plat, et c’était une sensation hyper désagréable. Alors pour des gens qui font lire leurs textes, je n’ose même pas imaginer. Je dis pas que tu as tort, il est même possible que je t’aie mal comprise, hein…

    • Don Lorenjy said,

      Tu m’as très bien compris, et je parlais de communication : s’il y a décalage entre communication et action, il va y avoir déception. Mais tu as raison en estimant que le premier déçu peut bien être l’auteur lui-même. D’où ma position actuelle : plutôt que de commencer des trucs que je ne finirai pas, j’attends. D’être au moins sûr que ça vaille le coup d’être écrit. Et lu. Parce que, pour remplir les rayons des librairies, les autres s’en sortent très bien sans moi.

  3. Oph said,

    Règle d’or du scribouillard fainéant : ne jamais annoncer qu’on va écrire un truc. Éventuellement dire qu’on est dessus une fois qu’on a un peu avancé dans la rédaction, mais ne pas prendre d’avance, des fois qu’on change d’avis.
    En enfreignant cette règle, pas plus tard que ces dernières semaines, pour annoncer une suite à mon roman de fantasy, j’ai pris un gros risque.

    Ceci étant, on devrait en effet avoir notre dose de Don Lo pendant quelque temps sans que tu ne doives te forcer à écrire si tu ne le sens pas.

    J’ai l’impression d’être dans un de ces sujets du forum Naheulbeuk où l’on explique encore et toujours à des jeunots en colère que John Lang ne doit rien à personne et surtout pas une adaptation en MP3 de ses romans, qu’il continue à diffuser du gratuit et que c’est déjà bien, et puis même qu’il a le droit de dormir ou d’aller pêcher, des fois.

    • Don Lorenjy said,

      L’avantage d’annoncer qu’on ne va pas écrire, c’est d’une part que tout le monde s’en cogne (en revanche l’idée de réfléchir à ce qui vaut le coup d’être écrit peut passer pour intéressante) et d’autre part qu’on peut écrire quand même, personne ne s’en aperçoit (et tout le monde s’en fout aussi, d’ailleurs).

      • Oph said,

        C’est un peu le principe : les gens en général se contrefichent de ce qu’on écrit. Ce qui les intéresse, c’est de savoir ce qu’ils peuvent lire (donc ce que l’on publie, quel que soit le support).
        Quand on connaît un peu mieux les coulisses, on se dit en revanche « Tiens, Don Lo n’écrit plus depuis des mois, donc on va se retrouver à court de came d’ici un an ou deux s’il continue. » Toujours en projection dans ce qu’on pourra lire, mais avec une vague connaissance des délais (hors Parchemins & Traverses, s’entend).

      • Don Lorenjy said,

        En fait et sauf erreur de ma part, il n’y a plus rien dans les tuyaux à part les deux nouvelles à paraître. Mais je fais confiance aux forces de l’oubli : d’éventuels lecteurs comme toi ne seront pas déçus de ne plus avoir leur came, ou la trouveront chez d’autres dealers de talent.

  4. Menolly said,

    « Par exemple, et bien qu’un billet du blog Griffe d’Encre argumente le contraire, à mon sens vous êtes encore beaucoup trop à ne PAS avoir lu Blaguàparts. »
    Don Lo, tu serais bien aimable de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. Ou au moins de mettre un lien vers le billet en question, histoire que les gens puissent se rendre compte par eux-mêmes que non, Griffe d’Encre ne dit pas qu’on a eu assez de lecteurs pour ton recueil, mais seulement que même si on espérait en vendre plus, on ne peut pas pour autant parler d’échec commercial retentissant. Nuances, nuances… ^^

    • Don Lorenjy said,

      C’est ce passage de ton billet qui prêtait à confusion :
      « Donc « livre très mal vendu », pas vraiment.
      « Échec commercial retentissant », encore moins.
      (Je rappelle que nous sommes un micro-éditeur, dont le premier tirage habituel s’élève à 300 exemplaires seulement, et, partant, que l’échec commercial pour un de nos livres ou pour celui d’un moyen / gros (ou même petit) éditeur ne se mesure pas du tout à la même aune.)
       »
      J’avais pris ça pour une argumentation. On se sera mal compris (et mal lus aussi, puisque le lien est bien dans mon billet, lien qui apparaît en « ping » sur le blog de GdE), merci d’être passée rectifier.

  5. Menolly said,

    Arf, désolée pour le lien, je ne l’avais pas vu. Mea culpa.
    Mais le passage que tu cites (et qui est bien une argumentation, je ne vois pas où est le problème) est encadré par :
    « Oui, clairement, Blaguàparts ne s’est pas – encore – vendu aussi bien qu’on aurait pu l’espérer. »
    et
    « En revanche, parler d’injustice car ce livre méritait bien mieux […], oui, bien sûr que oui. »


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