Comme ça s'écrit…


Sex and toys

Posted in Réflexitude par Laurent Gidon sur 31 juillet, 2011
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Je me suis parfois demandé pourquoi nous trouvions – collectivement – plus admissible de montrer des gens en train de s’entre-tuer que des gens en train de faire l’amour. Qu’on soit sociologue, psychologue ou truc-ologue, la réponse doit être multiple et changeante. Mais il y en a une, forcément, et très sensée.
Sinon, nous ferions autrement, pas vrai ?

Une des réponses les moins bigotes qui m’est venue, en dehors bien sûr de la célébration nationaliste de pieux massacres sous couvert d’historisme, est de l’ordre du « on fait/on ne fait pas ».
Nous avons probablement tous envie de baiser et de tuer quelqu’un. Pas forcément simultanément, ni même dans des proportions équivalentes, mais je crois que nous croisons tous plus ou moins l’envie, un jour ou l’autre.
L’amour, on le fait.
Tuer, on ne fait pas.
Certes, pas tous : certains aimeraient pouvoir coucher sans y arriver, et d’autres sont passés à l’acte du crime. Mais, d’une manière générale, pourquoi représenter quelque chose qu’on fait à peu près tous ? Ça ne sert à rien. Alors que montrer le meurtre, la guerre, la torture, le massacre, permet de voir ce que c’est et de s’en passer un peu l’envie.

Donc, on pourrait imaginer que nous n’avons pas besoin de voir des gens faire l’amour, et c’est pour ça qu’on ne le montre pas. Sauf que ce n’est pas ça du tout. On le montre, mais on dit que c’est mal.
Mal ?
Pire : cochon, pervers, ignoble et en plus vraiment dégueulasse !
Qu’est-ce qui nous gêne tant que ça ?
En y réfléchissant, alors que mon fils aîné venait de se faire rabrouer parce qu’il nous avait interrompus, je me suis demandé si cela n’avait pas à voir avec l’habitude que nous avons prise de cacher nos plaisirs à nos enfants.

Par exemple, nous saurons très bien expliquer à un petit pourquoi boire de l’alcool est très mauvais pour lui, ça lui pète les cellules nerveuses, baaah caca l’alcool !
En revanche, nous serons beaucoup moins diserts pour raconter ce qui nous attire dans l’alcool. Genre « tu sais mon fils, ton corps est un temple, tu dois respecter ton foie, mais papa adore se faire sauter la cloison à coup de 12 ans d’âge, ça lui permet de dire les conneries que d’habitude il se retient, et d’en faire aussi, c’est l’pied… »
Imaginez maintenant la tête du papa dans nos sociétés bienséantes, s’il devait expliquer pourquoi il prend son pied avec maman. Et vice versa.
On arrive toujours à négocier sur le pourquoi, puisque la procréation est notre alliée en mensonge : petite graine de papa dans la fleur de maman, bébé dans le ventre, et hop, tchao l’orgasme, c’est pô l’sujet.

Pourtant, le plaisir, et ce plaisir-là en particulier, c’est quand même ce qu’on arrive à faire de mieux avec un corps, non ? Ce qui n’enlève rien aux plaisirs de l’esprit, ni à ceux de l’âme, mais pourquoi les opposer ?

Alors, plutôt que de rendre le truc naturel – en disant par exemple que papa et maman se font plaisir comme le petit se fait plaisir avec une glace ou en tartinant ses couches de caca, mais qu’il ne peut pas faire comme eux parce qu’il n’est pas encore équipé pour – plutôt donc que d’admettre que c’est bon et qu’il pourra le faire aussi quand ce sera le moment, on préfère dire que c’est mal. Histoire de bien l’inhiber plus tard, quand il ne pourra rien contre son désir.
Et ça fait des générations que ça dure.
Mais on fait pire, maintenant. On continue de châtrer moralement le plaisir, tout en montrant partout son importance, à longueurs de pubs, de magazines (rubrique sexo), de docus informatifs sur Arte ou putassiers sur M6. Toujours le même double langage. D’un côté : « Il n’y a que ça de vrai, orgasme obligatoire, bunga bunga ! » Et de l’autre : « Pas touche ma fille, ne regarde même pas, sinon tu seras une pute ! »
Et on continue d’offrir des pistolets aux petits garçons, des Barbies aux petites filles… et de recommander la castration chimiques aux délinquants qu’on aura réussi à attraper après les avoir bienveillamment fabriqués.

Ah oui, un détail : les trucs qui nous pourrissent la vie depuis des générations… eh bien il suffit d’une génération pour que ça s’arrête. Les mecs qui ont réussi à étouffer mai 68 et le summer of love, puis à les ridiculiser, sont à mes yeux les plus grands criminels du siècle en cours.
Mais ils le savent : ils s’éclatent en cachette.

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26 Réponses to 'Sex and toys'

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  1. isaguso said,

    J’ai l’impression de réentendre exactement une discussion que j’ai eue récemment avec une amie. Alors je plussoie, double triple et quintuple plussoie sur tous les points. Aussi bien sur l’absurdité de l’inhibition, que sur le danger du double langage. Et aussi sur le fait que tout peut se changer en peu de temps. Et ça tombe bien, les adultes c’est nous, maintenant. Révolution !!!

  2. Silk said,

    Ce sujet est malheureusement l’un de ceux dont il est toujours difficile de discuter en famille ou entre mais sans que ça vire vite aux blagues graveleuses et stupides de fin de soirée bien arrosée.
    Mais à force de se poser des questions dessus depuis l’adolescence (Parce que ado, et parce que je ne comprenais pas pourquoi il était possible pour un mineur de louer et de voir un film bien craspecquement gore mais pas un film porno, même « standard »), il y a quand même un parallèle qui a fini par me sauter aux yeux : ce tabou du sexe s’est développé en Occident avec la propagation d’une certaine religion monothéiste avec son nombre infini de tabous et d’interdits divers, principalement quand elle a commencée à être instituée religion d’état et s’est bien répandue, souvent violemment, à travers le Moyen-Age…
    Mais il semble que tous les monothéismes aient des problèmes avec la sexualité de leurs ouailles : le plaisir, c’est le mal !
    Pourtant, en lisant certains textes « sacrés » issus de l’Ancien Testament, on a parfois de sacrées surprises !
    Je conseille souvent à ceux qui ne l’ont jamais fait de lire « Le Cantique des Cantiques ».
    Certains veulent y voir une déclaration symbolique de l’amour entre Dieu et son peuple.
    Bien sûr… 😉
    Que ceux-là viennent alors m’expliquer les descriptions relativement explicites qui sont faites des corps et des actes…
    Quand je pense que pour qu’un film soit interdit aujourd’hui aux moins de 13 ans aux Etats-unis, il suffit qu’un bout de téton féminin apparaisse dans un coin de l’image alors que n’importe quel gamin pourra en voir des centaines à la plage ! Alors, un acte sexuel, même simulé…!
    Pourtant, des coïts, on peut en voir régulièrement sur le petit écran, même parfois à l’heure des repas ! Mais il n’y a que les zoophiles de tous poils pour s’en réjouir alors…
    Attention, je ne tente pas là de prôner l’exhibitionnisme illimité ! Mais entre ça et l’hypocrisie qui consiste à presque cacher « soigneusement » sinon l’existence, mais les joies et la beauté d’un des actes les plus naturels qui soient (Au point d’en faire, avec « l’Education Sexuelle » au Collège, les deux heures (?) de cours les plus ridicules qui puissent être), il y a de la marge, non ?

    Et voilà, je me suis encore emballé !

    Bref… Tout ça pour dire que je suis totalement d’accord avec ce que tu as écrit. 🙂

    • Kirawea said,

      Yeah !
      Il me semble effectivement que l’une des explications les plus probables est celle des traces laissées par la religion dans nos cultures.
      De la plus innocente nudité aux pratiques sexuelles les plus perverses, en passant par le coït conformiste entre deux personnes amoureuses en position du missionnaire, le sujet est toujours délicat à aborder entre ceux/celles qui le refusent tout simplement et ceux/celles qui dissimulent leur gêne derrière la vulgarité.
      Mais il faut dire qu’il est très fortement lié à l’intime et donc à la pudeur, dont les limites sont tellement variables selon les personnes en fonction des sensibilités et des expériences …
      Par contre je me suis toujours demandé ce que la morale venait faire là-dedans. Les goûts et pratiques de tout un chacun ne regardent que … chacun justement. C’est la face de la pudeur qui s’intéresse au respect des autres et de ce qu’il n’ont pas envie de (sa)voir qui intervient là, à mon avis.


    • Sur les religions, je pense qu’aucune pression collective ne se fait sans la participation d’individus. Pareil pour les gouvernements.
      D’où mon approche plus « individuelle » du problème sexuel : c’est parce que nous sommes en porte-a-faux en tant qu’individus que nous n’arrivons pas à faire correspondre nos discours et nos actes. religions et morales ne font qu’exploiter ces déséquilibres individuels.

      • Silk said,

        Je suis d’accord avec toi sur la pression collective.
        Mais pas sur l’origine « individuelle » du problème car si cela était le cas, celui-ci devrait exister dans tous les peuples et tribus du monde depuis toujours. Or, ce n’est pas le cas.
        Religions puis morales ont sculpté au fil des siècles ce que nos sociétés doivent trouver « normal » et « acceptable », si bien que même si aujourd’hui le poids religieux semble bien moins fort, des tabous et des interdits demeurent bien ancrés en chacun de nous.
        Si les déséquilibrent qui en naissent sont désormais exploités par le commerce, ce sont pourtant bien les religions qui les ont fait naître.
        L’histoire des nus aritistiques depuis l’antiquité jusqu’à nos jours est assez révélatrice de tout ceci : si les riches romains faisaient parfois décorer les murs des plus belles pièces de leurs maisons avec des représentations sexuelles explicites, comme l’ont montré de nombreuses vestiges, l’arrivée des feuilles de figuier ou de vigne venant « cacher ce qui ne saurait être vu » est dû, comme par hasard, à un pape, qui n’hésita pas à faire vandaliser de nombreux oeuvres, peintures et scilptures, pour les rendre « correctes aux regards ».


      • Tu as raison au plan de l’argumentation.
        Mais sur le plan de la réalité, tout courant collectif est le fruit de choix individuels. Nous ne sommes pas des électrons mus par une force physique, ou des sardines dans un banc. Nous sommes des individus qui ont, à chaque seconde, un choix à faire. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix dans l’absolu, mais des choix qui nous rapprochent de ce que nous voulons être, et des choix qui nous en éloignent, sans que nous en ayons forcément conscience. C’est la le problème : la conscience que nous avons de nos choix. Rejeter notre responsabilité individuelle sur des concepts collectifs comme la religion, ou le gouvernement, ou l’éducation nationale… n’est-ce pas poser un filtre devant notre conscience, pour ne pas voir la réalité de nos choix ?

      • Silk said,

        Je suis d’accord avec toi tant que le choix reste un choix véritablement conscient et strictement individuel.
        Mais dans un cadre collectif, le choix individuel s’avère souvent plus problématique et ambigu car intervient alors la notion d’appartenance à un groupe et ce qu’on peut y penser nécessaire pour y être accepté et/ou maintenu, car au fond de chacun de nous demeure l’enfant qui ne veut pas être seul et « différent » mais est souvent prêt à tout pour être accepté.
        D’où les comportements aberrants de foules, de gangs ou de groupes dont chaque individu pris séparément ne ferait jamais le quart de ce qu’il se révèle capable de faire ou de penser dès qu’emporter « par le mouvement », même sans prendre en compte les lâchetés individuelles.
        Je résume beaucoup et cela n’excuse en rien les agissements qui s’expriment dans de telles conditions, mais le fonctionnement de la pensée collective parasitant l’individuelle est malheureusement un élément dont on ne peut pas ne pas tenir compte.
        En plus de ça, si tu grandis dans une famille très religieuse t’inculquant dès ton plus jeune âge certains « principes », la remise en cause des valeurs qui se créent ainsi dans l’esprit au court de la jeunesse revient à remettre en cause ta propre famille et, par là même, une grande partie de ce qui a fait ce que tu es. Parvenir à un tel processus est beaucoup moins aisé que de « soumettre », d’autant que dans ce cas, le fait d’être soumis est rarement conscient.
        Et même au-delà de la religion – ou des superstitions – nous avons tous des habitudes de société que nous suivons car nous les avons apprises enfant « parce que c’est comme ça » ou « parce que ça ne se fait pas » mais qui n’ont en fait aucun sens autre que montrer qu’on a bien appris les règles du groupe…
        « Ne mets pas tes coudes sur la table ! »
        Pourquoi ? Ca va empêcher quelqu’un de manger ? 😉


      • La conscience est la clé.
        Trop de choix sont faits sans conscience : voir ce qui nous éloigne ou nous rapproche de notre être est une activité à plein temps. Tout le reste nous en distrait.

      • Silk said,

        La conscience demande à être une activité à plein temps, c’est juste.
        D’où, aussi, problème.
        Quant à ce que chacun puisse parvenir à découvrir enfin ce qu’est véritablement son « être » tout en dessous les différentes couches de peinture et vernis de plus ou moins bonne qualité qu’on lui colle depuis l’enfance… Comme disait ma grand-mère : on n’est pas sorti de l’auberge ! 😉

      • Kirawea said,

        +1 pour la conscience.
        Mais ne pas oublier que simplement vivre sa vie peut contribuer à accéder à cette conscience.

  3. Nathalie Dau said,

    J’ai lu récemment une analyse assez pertinente sur le pourquoi de la montée en puissance des viols et meurtres de jeunes femmes. Pour résumer à la hache, le milieu libertin stigmatise l’homme seul, du coup on se retrouve avec une floppée d’hommes seuls en manque de sexe, consommant du porno trash via youporn et autres, se formant l’image d’une femme salope et toujours demandeuse, du coup quand ils voient une joggeuse seule ils ne se disent plus « ah, une sportive » mais « ah, une salope qui cherche un mâle, ça tombe bien je suis là »… et de s’étonner ensuite que leur approche vire à l’agression, que la fille ne soit pas consentante, d’où panique et meurtre.
    Une autre chose intéressante qui était soulignée, c’était que dans le temps (il n’y a pas si longtemps, en fait), le jeune garçon qui commençait à avoir des pulsions sexuelles se faisait généralement dépuceler par une femme expérimentée : une amie de sa mère, la maman d’un copain de classe, une voisine… Du coup il apprenait vraiment à faire l’amour. Maintenant, de telles initiations ne seraient plus envisageables, on irait aussitôt crier à la pédophilie, au détournement de mineur et j’en passe. Alors les jeunes garçons apprennent le sexe avec les films pornos, et ne savent plus ce que ça signifie, faire l’amour. Ils n’ont du sexe qu’une vision assez trash et biaisée. Et pour les jeunes filles,, c’est pareil : elles sont mises en compétition avec ces actrices de X ou ces exhibitionnistes du net et se croient obligées d’accomplir les mêmes performances.
    Pour ma part, cela fait longtemps que je crois aux vertus de l’Initiation (après tout, on apprend bien à conduire, alors pourquoi n’apprendrait-on pas à faire l’amour ?) et que je défends cela dans certains de mes textes. Et en tant que parent, je n’ai jamais éludé le sujet, ni fait de celui-ci quelque chose de sale, de tabou ni d’interdit; J’essaie juste de faire comprendre à mes filles qu’il y a un temps pour tout et qu’il ne faut pas précipiter les choses, surtout si elles veulent que ce soit agréable (parce que bon, pour une fille, la première fois, si c’est mal fait, c’est super douloureux et pas agréable du tout).
    Mais bon, sur un tel sujet, une seule conclusion s’impose : et la tendresse, bordel ?

    • isaguso said,

      Une sexologue s’inquiétait récemment à la radio du fait qu’un nombre croissant de filles commençaient leur sexualité par la voie orale. Elle n’avait rien contre la fellation mais elle trouvait dommageable que ces filles commencent par là. Je pense qu’elle dénonçait ce dont tu parles avec le fait de se mettre en compétition avec les stars du x.

      • Silk said,

        A propos de la fellation, il ne faut pas oublier ce qui en a été dit aux Etats-Unis lors de l’affaire Clinton-Lewinski : « ce n’est pas une relation sexuelle »…
        Techniquement, ce n’est pas vraiment faux et cela permet de contourner certains problèmes moraux… En particulier pour les jeunes filles qui trouvent là une solution pour satisfaire leur(s) copain(s) tout en restant « vierge » pour le jour du mariage.

      • Nathalie Dau said,

        @ Silk, si la fellation n’est pas considérée aux Etats-Unis comme une relation sexuelle, pourquoi DSK se retrouve-t-il accusé de viol alors que l’acte sexuel dénoncé est une fellation ? Je n’y comprends plus rien, ou il y a de la géométrie variable là aussi ?
        Et techniquement, la fellation est un acte sexuel car il y a bien implication d’un sexe. Si on va par là, on pourrait dire aussi que la sodomie n’est pas un acte sexuel. Tsss. L’un et l’autre sont bien des actes sexuels, en revanche ils ne sont pas des actes reproducteurs. Et l’un et l’autre préservent l’hymen de la demoiselle… ;op

      • Silk said,

        @Nathalie Dau
        Je ne donnais pas mon avis sur la question mais relatait un fait social, car « techniquement » il n’y a pas de relation entre les deux sexes.
        Ce que la loi considère ne change rien au fait. La géométrie variable est dans les esprits et l’hypocrisie qui en découle.
        Même durant son procès qui aurait pu mener à sa destitution, Bill Clinton a maintenu qu ‘il n’avait « pas eu de relation sexuelle avec cette femme » alors qu’elle avait des preuves étalées sur une robe (Conservée en l’état dans sa penderie sans doute comme souvenir du moment… 😉 ).
        Pour DSK, l’accusation vient du fait qu’il aurait forcé la demoiselle à le satisfaire. Si cela est vrai, elle aura sans doute oublié qu’elle avait des dents qui, pour le coup, auraient pu laisser des preuves ici aussi.
        Par ailleurs, la loi américaine est si intrusive dans la sexualité que certaines pratiques comme la fellation – même consenties ! – sont punissables de prison dans certains états !

    • Irène said,

      « Montée en puissance des viols », je me demande s’il s’agit vraiment d’une augmentation du nombre de cas, ou bien du fait que les victimes sont plus nombreuses qu’autrefois à porter plainte ? D’après de nombreux sociologues, c’est un élément important du phénomène, et encourageant, après tout !

      Et aussi que les crimes sexuels sont plus médiatisés (ce qui n’est pas illégitime en soi, il s’agit en effet de choses très graves), alors que je me souviens d’un temps où on usait des euphémismes du genre « histoires de mœurs », « ballets roses » (quand il s’agissait de fillettes, bonjour le bon goût…) et bien entendu « faits-divers ».

  4. camille said,

    ‘baiser’ devrait être aussi ‘simple’ que boire et manger car n’est-ce pas un ‘besoin’ aussi *vital*? mais comme tous les besoins vitaux, il est ‘soumis’ à des ‘règles’ comme pour le boire et le manger en fonction des ‘religions’, des ‘cultures’, du sexe auquel on appartient…….pour l’anecdote (et pour faire ‘court’ malgré la ‘vastitude’ du sujet ;-)), je me souviens de l’IMMENSE tableau ornant le mur derrière l’autel de l’église de mon enfance: jésus langoureusement étendu sur un sofa et marie-madeleine lui essuyant les pieds de ses longs cheveux mordorés: érotique à souhait!……… de quoi faire ‘galoper’ l’imagination (et les sensations) des petites filles et des petits garçons, même si les explications données sur la ‘scène’ étaient très ‘moralisantes’! on pourrait parler pdt des heures des conséquences de tous ces thèmes (vitaux) à ‘double message’ mais l’essentiel n’est-il pas de *changer* et d’adapter son propre comportement à chaque instant pour ne pas faire perdurer ce qui nuit à la Vie? les petits ruisseaux font les grandes rivières……..;-) merci pour vos écrits à tous car ils boostent l’envie d’avancer et de construire du neuf!

  5. Paule said,

    L’amour, on le fait.

    Et je dirai même plus : l’amour on le fait, mais on ne le montre pas. Sauf dans certains contextes où le spectateur est requis. Il se fait alors voyeur et devient partie prenante de l’acte. Regarder, c’est participer. C’est comme faire l’amour à plusieurs.
    D’où mon malaise quand j’assiste à une scène torride à l’écran en compagnie de mes enfants, même s’ils sont déjà adultes et eux-mêmes parents. Parce que si ma libido est chatouillée, il doit en être de même pour la leur, et j’ai l’impression d’être à nu devant eux. Si j’aime bien partager certaines émotions avec eux, celle-ci restera pour moi toujours de l’ordre de l’intime, à ne pas partager avec tout le monde.

    Car que nous le voulions ou non, nous vivons dans une société qui a érigé l’inceste en interdit, non pas parce que ça serait « mal » en soi, mais parce qu’on estime irrecevable qu’une personne abuse de son ascendant pour obtenir d’une autre (un enfant, un élève, un subordonné) qu’elle devienne un objet de plaisir. L’inceste au sens élargi, donc.
    …. Même sous couvert d’initiation. Forcer ou inciter un enfant à regarder des images pornographiques ou à assister à de telles scènes est déjà en soi un abus, puisqu’on utilise son regard novice comme objet de jouissance, à son insu.
    D’ailleurs, en passant, quelqu’un a vanté les avantages qu’il y aurait à se faire dépuceler par la meilleure amie de maman, doit-on aussi en déduire que le must serait de se faire dépuceler par le meilleur copain de papa ? Il est vrai qu’il n’est pas facile de refuser une petite douceur à un vieil ami de la famille qui nous a vu grandir et qu’on adore….

    Et pour finir, je suis effarée par la multiplication et la banalisation des images érotiques dans la pub. Je trouve ça navrant. C’est quand même fou ce que les publicitaires peuvent manquer d’imagination…..


    • Intéressant glissement de « être à nu » à « inceste » 😉
      J’aime beaucoup le parallèle entre le dépucelage par une ou un ami : ce qu’il révèle de notre culture sexiste est impressionnant.
      Ensuite, il y a je crois un fossé entre obliger ou inciter un enfant à voir des choses qui ne sont pas de son âge, et cacher lesdites choses sous une couverture croisée d’interdits et d’hypocrisies : l’enfant sait que ça existe parce que tout le clame autour de lui, mais il est forcé de croire que c’est sale parce que nulle part on lui en parle proprement.
      Quant à l’imagination des publicitaires, elle est au niveau de celle de leurs clients et du grand public : si on voit autant de cul c’est surtout parce que les tests prouvent continuellement que ça marche et que les consommateurs ne sont pas encore prêts à se laisser séduire par autre chose. Rares sont les responsables de communication capables de se priver d’un point de part de marché dans le seul but d’œuvrer à la moralisation de la pub… non ?

  6. Paule said,

    Je ne sais pas si les enfants tiennent tellement à ce qu’on leur parle de ce que c’est que le sexe. Ils sont aussi embarrassés que leurs parents ou autres éducateurs quand on aborde le sujet avec eux. Parce que tout en voulant les informer, on se sent également obligé de les mettre en garde, pour les protéger. Le message qu’on voudrait leur faire passer est toujours plein d’ambiguïté : l’amour c’est beau mais ça dépend quand et avec qui, autrement ça peut être effectivement très moche et très sale. C’est beau quand on est acteur, mais pas quand on est pris pour objet ou que l’on se sert de l’autre comme d’un objet.

    Finalement il n’est peut-être pas nécessaire de leur parler de sexe, mais il est certainement indispensable de leur enseigner ce que c’est que le respect de l’autre. Or on voit de plus en plus de parents qui, sans doute en réaction à ce qu’ils ont subi plus jeunes, enseignent à leurs enfants à se faire respecter à tout prix, en oubliant que le respect implique la réciprocité, que le respect n’est pas quelque chose qui s’impose mais qui se mérite.

    Et en passant, je vous recommande vivement la série américaine «Modern family», qui passe actuellement sur Paris première. Un bijou d’humour et de gaieté. J’ai adoré l’épisode dans lequel les trois enfants d’une fratrie, âgés de 8 à 13 ans environ, surprennent leurs parents dans une position plus que délicate au lit. Parents et enfants, chacuns de leur côté, sont littéralement catastrophés. Les enfants prennent la fuite et n’osent plus rentrer chez eux de la journée, légèrement dégoûtés mais redoutant surtout le discours parental auquel ils auront inévitablement droit à leur retour. Et les parents, quant à eux, passent bien sûr la même journée à élaborer ce fameux discours censé refermer délicatement la malencontreuse brèche ouverte dans leur fonctionnement familial jusque-là harmonieux. Après concertation, les enfants décident finalement qu’ils laisseront parler leurs parents sans intervenir, en affichant un sourire niais. Surtout ne pas poser de questions qui n’auraient d’autre effet que d’accroître l’embarras des parents et prolonger un peu plus la torture. Ce qui fut dit fut fait. Les plus dupes n’étant finalement pas ceux qu’on aurait pu croire…..


    • Parler de notre pratique sexuelle aux enfants ne serait en effet pas du tout nécessaire si on ne leur en montrait pas partout (pub, journaux, télé…) tout taisant le rapport que eux peuvent avoir au sexe. Nous sommes depuis longtemps passé de
      « papa et maman font l’amour pour le plaisir, c’est normal même si ce n’est pas encore de l’âge des enfants »
      à « tout le monde ne pense qu’à baiser mais se cache pour le faire, ça doit être moche ».

      J’aime assez ce que tu dis sur le respect : j’ai toujours pensé que le respect ne s’exige pas, il s’accorde. Et dans l’exemple de la série Modern Family, je ne sais pas quelle est la situation exacte mais il y a probablement déni de respect des deux côtés (parents qui aurait pu s’arranger pour n’être pas surpris si cela avait de l’importance pour eux, et enfants qui auraient pu respecter un lieu ou une heur d’intimité de leurs parents).
      On voit bien que la question est vaste, complexe, impossible à simplifier parce qu’elle concerne des individus qui ont tous une approche différente de leur intimité, mais aussi que l’empilement de mensonges, de dénis et de règles hypocrites ne lui apporte pas de réponse satisfaisante. Ou alors je me trompe de beaucoup…

    • Silk said,

      Je pense que les enfants sont plus embarrassés de se rendre compte que leurs questions gènent leurs parents que par les réponses, ou semblants de réponses, qu’ils obtiennent généralement dans ce cas.
      Le problème vient souvent de ce que les parents, devant la question classique « Comment ils viennent les bébés ? » se sentent souvent obligés de tout déballer en bloc en se disant « Bon, on va se débarasser de la question une fois pour toute ». J’exagère à peine.
      Un enfant n’a pas besoin d’avoir tous les détails précis d’un coup. Ce dont il a besoin c’est savoir qu’il peut faire confiance à ses parents et que ceux-ci sauront répondre simplement à ses questions quand lui en aura besoin, à son rythme.
      En fait, tout déballer d’un coup peut être perturbant, à la fois pour le(s) parent(s) et pour l’enfant, mais cacher ou dissimuler « les choses » peut mener à des malentendus qui compliqueront le développement de l’enfant puis de l’ado. Ce qui est au final plus que dommage pour une des choses les plus naturelles qui soit.


      • C’est sans doute la clé : ne pas cacher, mais adapter le fond et la forme à leur âge. Et peut-être aussi introduire cette notion de changement d’information suivant l’âge dans l’information même.
        Non pas « tu verras quand tu seras grand », mais « il y a autre chose et ça t’intéressera plus tard ».

  7. Silk said,

    « Tu verras (comprendras) quand tu seras (plus) grand… ». 😦
    Si tu savais à quel point j’ai toujours détesté entendre cette phrase et ses dérivées, même étant petit !
    Si un enfant pose une question, surtout à ses parents, c’est qu’il espère une réponse honnète venant d’eux. Ne pas répondre ou botter en touche, c’est le meilleur moyen pour ébrécher sa confiance en eux.
    Je suis d’accord avec toi, il suffit d’adapter la réponse en fonction de la demande de l’enfant sans avoir pour autant besoin d’entrer dans tous les détails.
    S’il a besoin d’en savoir plus, il posera de lui-même les questions supplémentaires. Et s’il demande, c’est qu’il est prêt à accepter la réponse, même s’il n’en comprend pas immédiatement toutes les implications. Il comprendra de lui-même plus tard en assimilant d’autres informations ou en posant à nouveau des questions.

  8. Paule said,

    @Silk et Laurent : fondamentalement je suis d’accord avec vous et je me rends compte que mon dernier post peut prêter effectivement à critique. Mais il faisait suite au post précédent (au sujet de l’interdit de l’inceste).

    J’avais en tête l’exemple de Modern family dans lequel on part du principe que les enfants sont déjà au courant de beaucoup de choses (de par leurs parents ou pas), mais qu’ensuite ce n’est pas forcément de leurs parents qu’ils attendraient des explications complémentaires.
    Je crois qu’en tant qu’enfant nous ne tenons pas nécessairement à faire de nos parents nos seuls interlocuteurs concernant cette question.
    Parler avec les copains, fantasmer sur le sujet, ça fait aussi partie du jeu qui nous fera grandir. On peut de temps en temps revenir vers l’adulte pour le questionner sur un point précis (contraception, retard de règles, MST, etc.) mais on ne choisira pas nécessairement nos parents pour répondre à des interrogations plus intimes (détails techniques, plaisir, orgasme).

    Mais encore une fois je suis tout à fait d’accord avec vous : lorsqu’un enfant questionne, il faut lui répondre le plus sincèrement possible, tout en évitant d’en faire de trop.


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