Comme ça s'écrit…


Melancholia : rêve d’une seule

Posted in Admiration par Laurent Gidon sur 7 septembre, 2011

Tout est dit dès les premiers plans aux couleurs artificielles et à la lenteur sidérante : vous entrez dans un rêve. Suivez-nous, débarrassez-vous de votre véhicule de location – il ne passera pas le virage du rêve – et laissez-vous glisser dans un temps autre.
Vous croyez suivre un mariage en temps réel ? Illusion, double illusion : ce n’est pas un mariage mais une rupture, et il est plus rapide de sortir d’un bain pour paraître en robe de mariée que de porter un toast.
D’ailleurs, le temps se précipite, le changement de partie est une autre illusion, nous sommes toujours dans le rêve d’une seule, la dépression monte, gagne, il n’est plus temps de se confronter à la foule familiale, professionnelle ou amicale, il faut se terrer au creux des murs, resserrer le cercle, assigner les rôles… et puis, même cela ne suffit plus, il faut tout détruire, se rêver morte.

Melancholia donc, que j’interprète comme le rêve d’une dépressive qui fait exister tout ce qui la détruit, jusqu’à cette planète blues hésitant à fracasser le monde, puis finalement décidant de ne plus laisser aucune trace. Pas d’autre message que celui-ci : la dépression sépare l’être en âme malade, esprit perdant le contrôle et corps pleurant, chacun sur des voies différentes que seule la mort peut réunir.
Ce message ne me satisfait pas, bien sûr, car il y a toujours un autre chemin que celui de la destruction. L’être est création et l’expérience, même dépressive, est créative de l’être. Mais le film de Lars von Trier m’a suffisamment intrigué pour passer sur cet écueil et le remercier du spectacle.

À un détail près : la caméra épileptique m’a forcé à me reposer les yeux en fixant régulièrement les murs sombres de la salle. J’ai déjà souffert de cette afféterie très mode dans les films d’Assayas ou dans Public Ennemies de Michael Mann. Ici, j’en suis sorti migraineux avec l’impression de n’avoir pas « vu » Melancholia, mais une sorte de brouillon préparatoire juste pour me donner envie du vrai film.

Une Réponse to 'Melancholia : rêve d’une seule'

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  1. Relever la tête, oui, bonne idée. Grande respiration ventrale, aussi.


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