Comme ça s'écrit…


Ce qui nous lie et nous libère

Posted in Réflexitude par Laurent Gidon sur 11 septembre, 2011
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J’ai longtemps été très matérialiste : il y avait ce qu’on pouvait voir, analyser, comprendre, prouver, et puis le reste, l’immatériel, l’irrationnel, que je ne niais pas a priori mais dont je contestais toutes les descriptions puisque – pensais-je – en tant qu’être humain vivant personne n’est équipé pour percevoir et comprendre ce qui se trouve hors de la sphère de nos sens.

Ou, pour faire plus court : je voulais bien croire à une réalité métaphysique, mais pas croire ce que d’autres m’en disaient.

La vie se marre et se joue de nous. Elle nous glisse des messages et des peaux de banane, attendant de voir ce sur quoi nous allons glisser. La vie est rigolote. Le 11 septembre d’il y a 10 ans, elle n’a pourtant pas dû rigoler beaucoup. Et pourtant… C’est peut-être juste pour que tout n’ait pas été sombre ce jour-là, mais elle m’a bien eu. La vie. Ce qui nous lie.

Nous rentrions de vacances prolongées : mon épouse était en congé maternité. 900 kilomètres en voiture, avec un garçon de 2 ans et un bébé de pile 3 mois. On était fatigués. On avait beaucoup parlé et chanté parce qu’on n’écoute jamais la radio en voiture. Donc on ne savait pas. J’ai garé la voiture, ouvert la portière puis la porte de la maison. Sans savoir pourquoi, je suis monté direct à notre chambre et j’ai allumé la télé. J’ai vu de la fumée sortir d’une des twin towers. Le temps de crier à mon épouse qui dessanglait le bébé de son couffin « Hé, je crois qu’il se passe quelque chose… », et pouf, je vois un truc blanc entrer dans l’image, puis dans la seconde tour.

Qu’est-ce qui nous lie ? Qu’est-ce qui fait qu’un papa néglige son bébé après une journée de voyage surchauffé et fonce allumer une télé qu’il ne regarde d’habitude que pour les films, jamais pour les actualités ? Je me souviens d’Obi Wan kenobi ressentant le trouble de millions de voix qui ont hurlé de frayeur puis se sont tues lors de la destruction d’Aldorande par l’étoile noire.
Quelles voix ai-je perçues ce 11 septembre ? Ma rationalité matérialiste me disait de ne pas y penser autrement que comme un enchaînement de hasards improbable mais réalisé, sans plus. Maintenant… je me demande. Je me demande ce qui nous lie au-delà de ce que la science peut expliquer.
D’accord, je n’ai pas passé 10 ans à me poser la question. Mais, en traquant l’idée dans presque tout ce que j’ai écrit, je pense qu’il nous arrive de synchroniser nos émotions, de nous percevoir comme une seule entité. Le seuil de perception étant variable de l’un à l’autre, d’une situation à l’autre… d’un centième singe à l’autre.

Bah ! Même si je crois avoir un début de réponse, ce n’est pas ça qui compte.
Ce qui compte, c’est ce qu’on en fait de cette réponse. Ce qui nous lie est plus fort que ce qui nous sépare. Mieux : ce qui nous lie nous libère. Chaque jour, je l’expérimente de façon plus juste et plus profonde. Je dois avoir une sacré chance.

7 Réponses to 'Ce qui nous lie et nous libère'

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  1. Kirawea said,

    Tiens, dès le début du billet j’ai pensé à la synchronicité (http://fr.wikipedia.org/wiki/Synchronicité), et tu évoques finalement cette histoire des singes dont j’ai justement entendu parler pour la première fois comme illustration de cette notion. Si je vais plus loin, je tombe dans ma petite fixation sur le feng shui (au sens large de méthode de « lecture » des énergies) qui l’utilise également, et je te sors une explication capillo-tractée du genre, que ce fut un événement tellement « puissant » que les énergies qu’il dégagea surent atteindre certains d’entre nous de manière invisible mais certaine. La preuve, le même jour sortait le tout dernier album studio de Noir Désir dont la deuxième chanson intitulée Le grand incendie métaphorise une fin du monde qui touche, entre autres mais explicitement, la ville de New York ; mon quasi-collocataire de l’époque me dérangea pendant que je le découvrais pour me faire allumer la télé sur les images de la catastrophe.

    Bref, digressions, néologismes et extravagances expliquatoires mis à part, +1 pour l’empathie.


    • Ce qui me paraît étonnant finalement, ce n’est pas tellement cette empathie et ces liens énergétiques, mais leur caractère sélectif : pourquoi ai-je été réceptif au 11 septembre (ainsi qu’au meurtre de John Lennon, mais c’est une autre histoire) et pas aux tremblements de terre, tsunamis, génocides rwandais… Je ne sais pas.

      • Kirawea said,

        Je dirais que l’esprit humain, étant sans doute un des mélange biochimiques les plus complexes de la nature, est par conséquent l’un des plus puissants facteurs de chaos, d’illogisme, d’incompréhension … au milieu de ces énergies.
        Enfin, je te débite ce qui me passe par la tête, la vérité est que je suis bien trop paresseux pour expliquer tout ça, suffisamment en tout cas pour me réfugier derrière la croyance que l’acceptation de certains mystères est nécessaire : on peut chercher, mais si on trouve pas, ben tant pis ! :p

      • Paule said,

        Peut-être faut-il imaginer un circuit plus ou moins complexe avec tout un système de relais (toujours ma passion pour l’électricité!), relais entre différentes personnes proches entre elles par l’affectif ou la pensée. Ainsi, il y a peut-être eu un ou plusieurs relais affectifs entre John Lennon et toi, mais aucun concernant le Rwanda, par exemple.
        Même si au niveau quantitatif, catastrophiquement parlant, un des événements pèse nettement plus lourd que l’autre…


      • Il faut reconnaître que j’aime bien cette idée de réseau. Les célèbres 6 degrés de séparations seraient alors à l’oeuvre… Mais l’idée de ne pas savoir tout expliquer (ou de ne pas m’en souvenir selon ND Walsh) me va aussi.

  2. Al-Khawarizmi said,

    Qu’est-ce qui fait qu’un papa néglige son bébé après une journée de voyage surchauffé et fonce allumer une télé qu’il ne regarde d’habitude que pour les films, jamais pour les actualités ?

    celui qui s’en réfère à Obi Wan Kenobi pour justifier son acte.
    Je pense que cela répond à la question.
    la Bible ou Star Wars, Jesus ou Mickey … La connerie trouve toujours où s’appuyer en grand nombre. (c’est d’ailleurs à ça qu’on la reconnait).


    • Ah, la connerie… si facile à reconnaître chez l’autre, si difficile à percevoir en soi-même. Merci de me l’avoir rappelé.


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