Comme ça s'écrit…


Si j’étais riche

Posted in Réflexitude par Laurent Gidon sur 20 octobre, 2011

Si j’étais riche – mais alors très riche, hein, au point de ne même plus me demander combien j’ai, au point de ne même plus vouloir gagner plus, au point de juste me demander ce que je peux bien faire de tout ce fric – eh bien justement, qu’est-ce que j’en ferais ?

Premier réflexe, je jette tout et je loue. Une chambre là où je veux vivre, un vélo ou une Ferrari (le temps d’essayer), une table dans le restaurant qui me plaît, là, maintenant. Et je ne m’en soucie plus ensuite. Ne plus rien posséder mais pouvoir jouir de tout selon mon envie : ma vraie liberté.

Ensuite, je prends mon temps. Je peux enfin allier mon mode de déplacement à ma conviction. Je veux aller en Égypte ? Alors j’y vais, mais au lieu de m’y précipiter en avion parce que je n’ai qu’une semaine à y consacrer avant de reprendre le travail, je prends une cabine sur un cargo et profite de la traversée le temps qu’elle dure. Et je reste en Égypte tant que c’est bon, j’y bouge à pied, en train ou a dos d’âne. Je ne suis plus jamais pressé. C’est juste un exemple, mais vous voyez ce que je veux dire.

Enfin seulement je pense aux autres (eh oui, seulement). Et là, je ne sais pas encore ce que je fais pour eux, ni même s’ils ont vraiment besoin de mon argent. Peut-être n’auront-ils besoin que de moi, ou de ce que je fais, écris, dis, rêve… Ce qu’il y a de sûr, c’est que je ne peux plus brandir mes obligations quotidiennes comme excuse à ne rien faire pour autrui.
Je suis libre, et j’ai la responsabilité qui va avec.

Riche !

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8 Réponses to 'Si j’étais riche'

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  1. Paule said,

    Oui, être enfin riche de son temps….. Et avant la retraite, si possible.
    Moi je rêve de pouvoir un jour faire le tour de la Méditerrannée, sans visa ni frontière fermée. Le printemps dernier m’a apporté une bouffée d’espoir, mais l’expérience m’a appris à ne pas trop m’illusionner sur le devenir des Révolutions….


    • D’où la question suivante (après « si j’étais riche… ? ») : de quoi suis-je riche, ici et maintenant ?
      J’y réfléchis et j’en reparle un jour…

  2. Kirawea said,

    Question subsidiaire : puisqu’une fée alimente mon compte en banque de sa baguette magique et me dispense ainsi de travailler pour jouir de tout ce qui doit être obtenu par l’argent, comment puis-je enseigner le prix des choses et les bienfaits du travail à mes enfants ?


    • Oh la bonne question ! Qui mérite sans doute mieux comme réponse que cette autre question : le prix des choses et les bienfaits du travail, ne sont-ce pas là deux des valeurs perfides qui nous aident à conduire la planète à la ruine tout en gardant la tête haute ?

      • Kirawea said,

        Ce n’est effectivement pas une des réponses que j’avais en tête !
        Et c’est une question vachement orientée, espèce de hippie ! 🙂
        (me fait penser à ça tiens : http://fr.wikipedia.org/wiki/Volem_rien_foutre_al_païs)

        A priori, ta question suggère que le travail de tout un chacun ne sert qu’à nourrir cette sacro-sainte croissance soi-disant indispensable pour qu’un pays se porte bien, et que le prix des choses n’est qu’un constituant de la consommation, autre pilier de la même croissance. Le tout menant inéluctablement, j’en conviens, à un épuisement des ressources et donc à plusieurs degrés de catastrophes. A passage, on tacle à la fois le communisme et le capitalisme (les versions constatées en pratique, pas les belles idées théoriques que l’homme s’est empressé de pervertir).

        Mais moi je suis un grand naïf, ou plutôt je cherche à le rester. Le travail, c’est déjà un moyen de construire : qu’on vive en société ou pas, il y a des besoins primaires qu’il permet de combler (se nourrir, se vêtir, avoir un toit, comprendre le monde qui nous entoure pour avoir plus de chances d’y survivre …). Avoir conscience de ça et prendre la peine d’y participer me semble être une bonne source de dignité.
        Quant au prix des choses, en supposant que ni la société de consommation ni même le système monétaire n’existent, il existerait tout de même sous une forme simplissime : celle du besoin qu’on a de chaque chose. Car même en faisant le ménage de tous les objets superflus dont on encombre nos maisons, il reste un certain nombre de choses dont on a vraiment besoin, et qu’on n’est pas forcément capables d’acquérir par soi-même. Si le coût d’une chose ne se mesure pas directement en argent, alors il se mesure en temps passé à l’acquérir, ou bien en calories dépensées, etc.

        Une fois arrivé là, je me dis que tu es probablement bien conscient de tout ça et que même si ça se trouve tu as fait exprès de me poser cette question pour que je réponde moi-même à celle que j’ai posée, car finalement ce que je déroule là rejoint un peu une façon d’y répondre à laquelle j’avais déjà réfléchi. 🙂
        A savoir que finalement, ces deux notions peuvent très bien être expliquées sans gagner ni dépenser d’argent. Mais je reste dubitatif, car expliquer et enseigner ce n’est pas la même chose, et l’expérience et l’exemple me semblent plus efficaces (et l’utilisation de l’argent est un exemple plus facile mais ce n’est sans doute pas une bonne raison !).


      • C’est tout à fait ça.
        J’ajouterais juste que le travail n’a aucune valeur absolue, mais que chacun peut s’amuser à donner la valeur qu’il veut à son propre travail, et donc s’estimer ou non méritant. De même, le prix des choses me semble être une question de choix personnel : de quoi suis-je prêt à me passer pour avoir telle ou telle chose, puisque je ne peux pas tout avoir. Je ne peux pas avoir à la fois la voiture et la bonne conscience écolo de gauche, ou alors je n’ai rien compris au fonctionnement de l’industrie automobile. Le prix de ma voiture, c’est ma bonne conscience.
        Les enfants comprennent ça très tôt. Ensuite, nous mettons très longtemps et beaucoup d’énergie à leur enseigner d’autres « valeurs ».

      • Kirawea said,

        Et donc, ne plus avoir à compter l’argent permettrait de reconquérir cette liberté-là (estimer soi-même la valeur du travail et des choses), parmi d’autres dont celle de n’occuper son temps qu’à ce qu’on a vraiment envie de faire.


      • Pile poil !
        Deux solutions : avoir énormément d’argent… ou pas du tout.


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