Comme ça s'écrit…


Réseau zéro

Posted in Réflexitude par Laurent Gidon sur 8 juin, 2012
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Lors de son dernier passage chez nous, ma belle-mère nous a offert le 1er numéro de We Demain, jolie revue pas bête qui traite de l’avenir qu’on se fait. Dans un des premiers articles, Jeremy Rifkin pose comme cinquième pilier de la troisième révolution industrielle le développement des réseaux électriques intelligents. Je ne peux qu’être d’accord avec lui, mais je me demande si l’intelligence du réseau nous dispense de l’être nous-mêmes.

En regardant l’usage que nous avons des réseaux sociaux, on constate vite la quantité d’énergie intellectuelle qui y est gaspillée. Tant d’intelligence au service de tant de… non pas de bêtise, mais d’inutilité et de bruit de fond.
On laïke ou on retweete à la vitesse de la lumière, on diffuse le trop lol ou l’outrageous avant même de l’avoir lu pour l’assurance d’être le premier parmi ses « zamis », on commente d’un « Yep » par pur renvoi d’ascenseur en comptant bien que son prochain « status » sera multi laïké et yepé… Bref, on génère du bruit de fond.

Au mieux, cela occupe la bande passante, et au pire… J’ai vu hier soir Contagion, de Soderbergh. Le constat clinique est intéressant, mais le vrai plus du film me semble tenir dans le personnage de Jude Law. Passant de pigiste minable à blogger méga influent, il négocie la teneur des rumeurs qu’ils lance en fonction de ce qu’il va y gagner. Et surtout, lorsqu’il se fait enchrister pour diffusion de fausse nouvelle, il ressort dans l’heure grâce aux 12 millions de contributeurs mobilisés via facebook pour payer sa caution en ligne.

Le réseau est-il intelligent ? Sans doute. Très intelligent, même. Mais le contenu se perd dans un bruit de fond réflexe qui dilue tout. Malgré quelques pics saillants quand d’un seul coup tous les connectés se ruent sur une information, l’ambiance est à l’eau tiède. Dans ce bain, les contributions les plus intelligentes passent inaperçues et fondent comme des glaçons.

Heureusement, je viens de constater que sur Twitter, les microfictions de Fabrice Colin ont deux fois plus d’abonnés que celles d’Henri Loevenbruck.
Un exemple comparatif à l’aveugle :
« Putain il fait chaud ici ! », s’exclama André en entrant dans le sauna.
Et
« Mais ça vous empêche de faire la vaisselle ? » Le plus calmement du monde, Hulk quitta la table. N’importe quoi, ce truc de speed-dating.
A vous de rendre chaque micro fiction à son auteur, et de la retweeter dare-dare !
Ou alors de sélectionner les deux ou trois trucs vraiment importants de ces dernières 24 heures, avant de les envoyer aux personnes qui sauront, selon vous, en goûter tout le sel. Mais cela demande du temps, pas du temps passé dessus, mais du temps d’attente, pour vérifier ce qui vaut vraiment le coup au lieu de se cantonner au clic réflexe. Et le reste ? On néglige.
Le bruit de fond, il ne passera pas par moi, enfin… pas aujourd’hui.
(gag nul pour ceux qui s’en souviennent)

Une Réponse to 'Réseau zéro'

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  1. DjeunDi said,

    Pauv’gars. T’es triste, hein, a pisser tout seul dans ton petit violon


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