Comme ça s'écrit…


Easy lessons

Posted in Réflexitude par Laurent Gidon sur 4 juillet, 2012

Qu’est-ce que je pourrais vous dire pour vous aider à aller mieux ?

D’abord peut-être poser la question : qu’est-ce qui ne vous convient pas dans votre vie ? Faites-en la liste.

Ensuite, classez : d’un côté ce qui dépend de vous, et de l’autre ce sur sur quoi vous n’avez aucun pouvoir.
Cela peut sembler simple, mais c’est une question piège.
Ai-je une capacité d’agir sur la pluie qui tombe et cette météo grisâtre qui me plombe le moral ? On a envie de dire non et de classer l’aléa climatique dans la colonne « ne dépend pas de moi ». Pourtant, je peux quitter la région pluvieuse et aller où il fait beau : le soleil brille toujours quelque part.
On pense bien sûr « je ne peux quand même pas tout quitter comme ça juste pour aller au soleil ! » Et en affirmant « je ne peux pas », effectivement on s’interdit de le faire. Alors que si, on peut, en assumant le coût que cela représente, même si cela veut dire abandonner sa famille, sa maison, son boulot, pour aller là où le soleil brille sans savoir de quoi on vivra demain. On décidera alors « qu’on ne peut pas », sans accepter de se dire « on ne veut pas » ou « on n’ose pas ».
Le classement en colonne « je peux » et « je ne peux pas » est déjà une action sur le monde et la vie tels que nous les façonnons pour notre usage. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de classer. Il faut juste avoir conscience du fait que ce classement est un choix et que nous pouvons à tout moment le modifier.

Qu’est-il possible de faire ensuite ?
Pour ce qui ne dépend pas de vous, changez votre regard, votre attitude face à ces faits, votre façon de les vivre. Mon voisin fait du bruit à 3 heures du matin (et j’ai décidé de ne pas oser lui dire d’arrêter, ni d’aller dormir ailleurs). Au lieu d’en souffrir et de m’énerver, je peux décider que ça ne me gêne pas, que je vais me passer de dormir un moment, en profiter pour lire un livre ou me faire un film, voire aller me balader dehors, ou encore essayer de faire autant de bruit que lui. Le fait « voisin bruyant » demeure hors de ma sphère d’influence, mais ma façon d’y réagir est en plein dedans.
Pour ce qui dépend de vous, faites ce qu’il faut pour que cela change. Si vous voulez vraiment que cela change. Faites-le sans vous corseter d’excuses (« je ne peux quand même pas tout quitter comme ça juste pour aller au soleil ! ») et faites-le maintenant. Continuer de souffrir de quelque chose que vous pouvez changer montre juste que vous « voulez » en souffrir, que vous acceptez cette souffrance pour préserver autre chose, votre boulot, votre famille, votre vision du monde, du bien et du mal peut-être… C’est votre droit. Mais prenez-en conscience et jouissez sereinement de votre souffrance et de tout ce que vous comptez préserver avec.

Cela me rappelle le message clé que m’avait adressé une psychothérapeute : « Qu’êtes-vous prêt à changer pour aller mieux ? »
Ma façon de voir.
Ma façon de faire.
Quoi d’autre ?

14 Réponses to 'Easy lessons'

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  1. Silk said,

    Pour le voisin nocturnément bruyant (Et tout le monde connait le problème quasi-quotidiennenemt dans mon quartier, même la police qui ne fait rien malgré les appels de nombreux riverains… Tout un poème encore, ça !), il y a pourtant des solutions définitives qui sont totalement dans la « sphère d’influence » de tout un chacun, mais je ne suis pas certain que les institutions policières et judiciaires, malgré leurs responsabilités dans l’histoire, accepteraient les arguments de leurs utilisations…
    Maintenant, tu peux aussi mettre ça dans la case « n’ose pas », mais dire « faites ce qu’il faut pour que ça change, sans vous corseter d’excuses », ça peut aussi mener à des extrémités ! Et le coût de ça, es-tu prêt à l’assumer…? On a vu des guerres débuter pour moins.

    Ceci étant dit, je te souhaite à toi et à ta famille un bel été ! Evitez la canicule ! 😉


    • Oui, exactement, cela mène à ce que nous appelons des extrémités. Et il faut alors les assumer. La question n’est pas tant de savoir jusqu’où on s’autorise à aller, que de choisir ce qui permettra d’aller mieux, de se mettre en accord avec ce que l’on fait et ce que l’on pense de ce que l’on fait.

  2. Tourmalyn said,

    Easy lessons… oui ! L’intention est belle, les conseils simples et plutôt logiques en apparence, la réflexion très intéressante. Mais pour ce qui est de la mise en pratique, c’est autre chose que « easy »! D’autant plus que vient s’ajouter la profondeur du questionnement, avec tout ce qu’il soulève…


    • Ah, la profondeur… c’est vrai, mais dès qu’on commence à creuser, on la ramène à la surface😉
      Merci en tout cas d’avoir suivi le chemin. Chacun peut l’arpenter à sa façon, et le voyage n’est pas toujours facile à partager.

  3. camille said,

    merci d’avoir *osé* être donneur de ‘lessons’, laurent🙂
    oui, même si l’on veut *partager* des ‘leçons de vie’ qui peuvent *embellir* le quotidien de tout un chacun, c’est rarement bien ‘reçu’, bien ‘perçu’🙂
    ça dérange qq peu, ça paraît trop ‘simpliste’, idéaliste, voire carrément fou!
    pourtant ce que tu énonces ‘là’ est une évidence pour moi et je ‘travaille’ à cela
    être *heureux* dépend de soi et des choix qu’on fait, des actes qu’on pose
    ce n’est ni simple, ni facile lorsqu’on traverse des ‘turbulences’
    mais selon mon ressenti (qui paraît utopique, farfelu bien sûr! ;-)), notre façon d’appréhender le monde est ce qui le façonne
    alors quitte à se retrousser les manches, je préfère faire des efforts pour changer mon regard et créer du bonheur là où rien ne le ‘montre’ possible…….


    • « notre façon d’appréhender le monde est ce qui le façonne » : bravo ! Pas mieux.

  4. LULU said,

    On est un peu prisonnier de la société quand même.. On perd de notre libre arbitre/ de notre liberté à vivre en société. Il y a plein de normes nous empêchent d’être vraiment libres, vous ne trouvez pas?


    • C’est vrai, mais seulement si l’on trouve que ces normes vont contre notre volonté, si l’on estime qu’on ne peut rien faire pour les modifier… ou si l’on pense que vivre dans cette société et selon ses normes est une « obligation ».

      • LULU said,

        C’est surtout dur de vivre autrement si on ne connaît que ça depuis la naissance et qu’on a été éduqué là-dedans.. Je me demande toujours comment Christopher Mc Candeless a pu tout lâcher du jour au lendemain ( voir Into the Wild que vous connaissez surement).

      • Silk said,

        Vivre dans une société c’est être un poisson dans un torrent, bien obligé de rester dans l’eau pour (sur)vivre et essayer d’avoir une vie de poisson la plus complète possible.
        Un poisson peut rêver de devenir un oiseau, et il pourra essayer de forcer l’évolution en sautant hors de l’eau…
        Avec de la chance il retombera dans une eau qui sera peut-être différente, mais qui au final sera toujours de l’eau.
        Et s’il rate la flotte…

        Reste de changer la façon de voir les choses. S’imaginez « heureux », comme le Sisyphe de Camus ?😦

      • Silk said,

        Malgré les apparences, Chris McCandless n’a pas « tout lâché ».
        Il avait seulement l’intention de couper les ponts avec sa famille et le seul petit monde qu’il connaissait pendant un temps : le temps de faire le point sur plusieurs choses qui pourrissaient sa vie et de découvrir d’autres choses.
        Le fait qu’il ait pris des notes, des photos, tenu un journal et surtout n’a, contrairement à ce qui a été souvent dit (et, sauf erreur de mémoire, est aussi montré dans le film), jamais détruit ses papiers d’identités qui ont été retrouvés avec lui, montre qu’il n’avait aucune intention de disparaitre à jamais.
        Ce sont la Nature et la malchance, puis les médias, qui se sont au final chargés de donner à son aventure un côté définitif et « romantique ».

      • LULU said,

        Oui je sais qu’il a gardé ses papiers d’identités, et à priori il comptait revenir .. MAIS, ce qu’il a fait est quand même quelque chose que je ne m’imaginerais pas pouvoir réaliser…

      • Silk said,

        @LULU
        L’énorme avantage des américains pour une telle aventure, c’est qu’ils ont à leur portée tout un continent parlant leur langue, et de même culture. En Europe, tu es obligé de changer de langue quasiment à chaque frontière et parfois même à l’intérieur d’un même pays à cause des dialectes régionaux. Déjà à la base, ça ne facilite pas vraiment les choses.
        McCandless s’est bien gardé d’aller en Amérique du Sud…

      • LULU said,

        C’est pas faux.. ^^


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