Comme ça s'écrit…


Unicité

Posted in Admiration par Laurent Gidon sur 21 janvier, 2013

C’est sans doute la plus belle image de toute l’histoire humaine. Elle montre un homme seul devant une colonne de chars. Une image qui dit beaucoup, sinon tout : la conviction face à l’obéissance, la vision juste face à la force aveugle, le souple face au dur, le pot de chair nue face au pot de fer, la force du faible… enfilez autant de perles que vous voulez, l’image reste belle.
Chaque fois que je la vois, il me vient la même bouffée de joie, de gratitude et de fierté : oui, c’est possible, oui, être humain c’est aussi cela.
L’image bougeait, je me souviens. Le char de tête cherchait à contourner l’homme, l’homme se déplaçait pour rester devant lui, le char renonçait, l’homme montait sur le char, parlait au pilote puis au chef, cachés dans leur boîte. Longtemps, je me suis dit : quel courage ! Quel courage il a fallu à ce petit bonhomme en chemise blanche qui semble tout juste revenir du marché avec son sac de commissions et sa veste à la main.
Je l’ai revue hier, et soudain le voile s’est déchiré : depuis près de 25 ans, je n’en voyais que la moitié.
Ils sont deux, sur cette image.
Un qui tient bon devant. Et l’autre qui retient son char.
Être humain, c’est aussi être le pilote du char qui n’a pas renversé le petit homme. C’est être invincible et ne pas écraser le faible. C’est avoir la force et ne pas s’en servir. C’est avoir des ordres et ne pas les exécuter.
Cette image qui retrouve enfin son verso dans mon esprit, elle me rappelle des mots entendus dans la dernière Tolkiennerie : « Le courage, ce n’est pas de savoir quand prendre une vie, mais quand en épargner une. » Tolkien a toujours écrit trop long : je vois deux « quand » de trop.
Le courage ce n’est pas facile, c’est comme d’être humain : il faut être au moins deux.

Ah oui, aussi : en chinois, Tian’anmen signifie « porte de la paix céleste ». Franchissons-la d’un pas joyeux et assuré ! (j’aurais dû faire slogantiste sous Mao)

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Côté lectures, je viens de finir l’ancien mais excellent Combien ? de Douglas Kennedy (j’ai pris mon temps) et je me risque dans La Vie rêvée d’Ernesto G, de Jean-Michel Guenassia (dont Le Club des incorrigibles optimistes m’avait un peu laissé sur ma faim, mais on verra, j’ai toute confiance dans le talent de mes contemporains)

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