Comme ça s'écrit…


La vérité sur le paradis, et autres petites choses

Posted in Admiration,Lecture par Laurent Gidon sur 8 mars, 2013

À la page 539 de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, on peut lire :

« Le paradis des écrivains, c’est l’endroit où vous décidez de réécrire la vie comme vous auriez voulu la vivre. »

Une phrase que je trouve très juste, d’autant que j’ai l’impression de la vivre au quotidien.
J’aime le verbe « décider », qui me donne le pouvoir et la responsabilité de ce que je vis.
Dans l’autre verbe, « réécrire », je perçois l’idée que nous avons déjà beaucoup vécu et que cette vie présente est un nouveau brouillon, pas forcément meilleur, mais au moins essayant de l’être en échappant aux répétitions.
Si je jouais l’intransigeant, je contesterais le conditionnel de « auriez voulu » en le remplaçant par un indicatif présent : la vie comme vous voulez la vivre.
Et l’endroit en question, c’est maintenant. Nous sommes tous des écrivains, chacun en son paradis, ce que nous écrivons chaque jour est ce que nous voulons vivre, parfois sans même le savoir.
Cette vérité exprimée par Joël Dicker est accessible à tous, et je connais un ami lecteur qui l’a certainement perçue tant il était enthousiaste sur le livre lors de la dernière raclette que nous avons partagée.

À part ça, le Dicker ? Étonnant qu’un livre aussi ouvertement américain ait reçu le prix de l’Académie Française. J’y ai trouvé quelques accents d’un John Irving, période Un enfant de la Balle : quête des profondeurs humaines sous couvert d’intrigue policière. On peut y voir aussi l’intrication de l’écrit et de la vie, et là on serait plutôt dans Le Monde selon Garp. La langue ? Descriptive, juste, laissant toute la place à l’action et aux personnages. On ne peut pas critiquer, mais c’est sans risque. Le page turner fonctionne.

Page 547, on peut lire aussi « Alors voilà ce qui est arrivé à Nola Kellergan ? Quelle horreur ! » et cela aurait pu être le titre du livre. Sauf que l’auteur a choisi de se focaliser sur Harry Quebert, et montre ainsi ce que représente le personnage féminin dans la plupart des histoires : un déclencheur, une proie à séduire ou une victime à sauver, une mort à regretter. Nola Kellergan n’existe vraiment qu’à la fin, et il faut qu’elle soit psychotique pour être un personnage. Ce sont les hommes qui font tout le reste.

Lisez La Vérité, vous ne le regretterez pas, et vous ferez sans doute comme moi : créer un livre à la jonction des intentions de l’auteur et des attentes du lecteur. Un bon livre, donc.

En ce moment, je lis Demain, une oasis, d’Ayerdhal, dédicacé par l’auteur. Merci Yal.

Une Réponse to 'La vérité sur le paradis, et autres petites choses'

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  1. […] j’ai abandonné la lecture du nouveau Joël Dicker (j’avais déjà parlé du précédent) pour me consacrer à L’Amour sans visage de Hélène […]


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