Comme ça s'écrit…


L’Atelier des miracles – lu

Posted in Lecture par Laurent Gidon sur 28 mai, 2014

L’attachée de presse des éditions J’Ai Lu, m’ayant identifié comme blogueur influant (ou au moins lecteur multicarte), m’a gracieusement offert L’Atelier des miracles, de Valérie Tong Cuong, présenté comme le Prix de l’Optimisme 2013. Je l’ai accepté et lu, sachant qu’il serait juste ensuite d’en publier la chronique. Donc, voici.
Le livre suit trois personnages en chapitres alternés contés à la première personnes. On connaît le procédé et je l’ai beaucoup apprécié, ado, lorsque je me délectais des romans de Claude Klotz ou Patrick Cauvin, genre Pourquoi pas nous ou E=MC2 mon amour.
Là, l’embrayage patine un peu, le début nous décrivant jusqu’à son point de rupture le quotidien calamiteux de trois losers clichetonneux, chacun gentiment caricatural dans sa branche (rien d’absolu, ce n’est là que mon ressenti à la lecture). Il y a l’ex-militaire viré SDF imbibé au houblon, la prof bourgeoise malmenée par ses élèves comme par son vilain politicard de mari, la jeune intérimaire faisant tout pour se faire oublier. L’écriture fait le boulot, sans plus, on suit en se forçant un peu à voir le verre à moitié plein (voilà pour l’optimisme).
J’ai failli poser le livre, mais c’est un cadeau, j’ai persévéré et j’ai bien fait. Quand intervient l’atelier des miracles, lieu où chacun va pouvoir se reconstruire et faire la paix avec son inévitable traumatisme fondateur, le récit s’éloigne soudain des sentiers balisés. Certes, on a les promesses attendues, le message réconfortant sur la bonne manière de s’en sortir (affronter sans fard passé, présent et avenir, accepter l’aide d’où qu’elle vienne, rejeter les faux abris). Mais il reste 150 pages : que va-t-il bien pouvoir se passer ?
C’est là qu’intervient le vrai miracle. L’auteur a renvoyé son scénario à l’atelier et lui a fait subir une cure de rabotage roborative (j’allitère comme je respire) avec poussée d’épines. Parce que ce n’est pas simple d’aider les gens à s’en sortir. Surtout lorsqu’il s’en sortent et deviennent suffisamment forts pour contester l’emprise du sauveur. Lequel sauveur charrie lui aussi son bon trauma comme un sac de pierres.
J’attendais un feel good book bien calibré et je me suis surpris à arpenter une toute autre œuvre, inégale mais intéressante, riche de ses virages et sautes d’humeur inattendues. L’amour y tient sa juste place, mais aussi l’attention aux autres, la liberté de choix, l’acceptation des conséquences, toutes choses qui façonnent ma vie (et la vôtre aussi, croyez m’en) et gagnent à être creusées intelligemment, comme ici. Bref, ça vaut le coup, merci J’Ai Lu, merci Valérie, de la bien belle ouvrage.

L’Atelier des miracles, Valérie Tong Cuong, JC Lattès 2013,
édition J’ai Lu, 250 p. 7€50

2 Réponses to 'L’Atelier des miracles – lu'

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  1. Kirawea said,

    J’ai hésité à te le dire parce que de manière générale je bride mon côté « grammar nazi » pour les autres que moi, mais c’est un peu gros et il me semble que je peux le faire comme un geste de courtoisie :
    – d’an publier la chronique
    – fell good book (je présume que c’est « feel »)
    – une tout autre œuvre
    Libre à toi de supprimer ce commentaire si tu corriges ça.🙂


    • Merci pour les corrections. Pas question de supprimer ton commentaire, bien sûr.


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