Comme ça s'écrit…


Le syndrome des Açores

Posted in Réflexitude par Laurent Gidon sur 19 septembre, 2014
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Pico, aux Açores : les moulins, c’est pour la déco.

Lorsqu’on vit sur une île volcanique arrosée par des pluies fréquentes sinon permanentes, tout pousse tellement vite et bien que le travail nécessaire à la survie ne prend pas trente-cinq heures par semaine, ni même peut-être par mois ; on dispose donc d’assez de temps pour faire autre chose que l’indispensable, comme décorer le paysage (au lieu de se limiter à refaire son intérieur).
C’est ainsi qu’une açorienne nous a expliqué la propension des autochtones à planter des haies d’hortensias partout, en bord de route ou dans les campagnes les plus reculées. Les gens du coin ont aussi passé un certain temps à lever des murets de pierres sèches pour dessiner sur des hectares un labyrinthe de parcelles où planter deux, voire trois pieds de vigne, histoire de faire joli et d’agrémenter les caves locales.
Dommage que nous ne soyons pas atteints de ce syndrome pour nous consacrer un peu plus à l’inutile utile, ou au moins à l’inutile agréable. À la place, nous avons dû inventer les bullshit jobs chers à David Graeber (et à nos économies en roue libre) pour occuper bêtement le temps dégagé par nos gains de productivité. C’est que tout le monde n’a pas la chance de vivre les fesses sur un volcan.
À moins que…

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En attendant, j’ai eu le temps de lire deux ou trois trucs, certains m’ayant tenu en l’air, d’autre moins (La Fêtes de l’insignifiance, bon titre pour ces 140 pages de Kundera), mais j’ai surtout apprécié Automobile Club d’Égypte, ne serait-ce que pour l’illustration sans concession de la servitude volontaire liée à ce que nous persistons à appeler travail. Et puis, quel roman !

2 Réponses to 'Le syndrome des Açores'

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  1. Kirawea said,

    Depuis le temps que sur la base du feeling que m’inspirent tes réflexions je cherche à te comparer à Patrick Jagou, ancien salarié de multinationales devenu écrivain et micro-éditeur (entre autres) en Savoie après avoir élaboré sa propre voie sur la base de la philosophie bouddhique, voilà un élément concret que cette formule de « servitude volontaire liée à ce que nous persistons à appeler travail ».
    Si tu en as l’occasion, tu pourrais lire son livre phare (« Le Meetchong »), peut-être que ses réflexions pourraient alimenter les tiennes


    • Merci pour la connexion : il m’a l’air intéressant, ce voisin Meetchong.
      Ceci dit, la formule de « servitude volontaire » remonte à La Boétie, si j’ai bonne mémoire (ou bon Google).


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