Comme ça s'écrit…


Cinquante tours plus tard

Posted in Vittérature par Laurent Gidon sur 17 février, 2016
Premier tour

Premier tour

Ce matin, cela fait cinquante ans que je suis là, à regarder ce qui se passe sur cette planète, laquelle en a profité pour faire cinquante fois le tour de son soleil, la coquine baladeuse.
Pendant tout ce temps il m’est arrivé de bouger, voyager, vivre ailleurs, pour finalement revenir à quelques kilomètres de mon point de naissance pour m’asseoir et regarder.
Un astronome dira que depuis ma naissance, ce point où je suis né a parcouru plus de trajet à travers la galaxie que moi sur Terre, et il est vrai que, si j’ai l’impression d’avoir retrouvé les lieux à peu près au même endroit, ils ont quand même un peu changé. Moins d’arbres, moins de champs cultivés, plus de maisons et de routes, plus de bouchons aussi. C’est bien, les choses évoluent, les gens s’y adaptent en râlant un peu, la vie continue même s’il y a de quoi s’indigner par moments.
L’astronome dirait aussi que, même assis sans bouger de ma petite maison, je continue de me mouvoir. Je suis d’accord, bien que le mouvement soit un peu plus difficile aujourd’hui.
Après un excès de chutes sur tapis mou lors d’une grosse session de bloc lundi, mon genou gauche a doublé de volume. Je peux le plier sur 15° et donc marcher, mais avec une dégaine de chimpanzé.
Est-ce que c’est cela, avoir 50 ans ? Subir la tyrannie du ménisque et trouver ça drôle ?
À ma façon, selon mes moyens et dans les conditions que je me suis forgées, je suis heureux sans trop y consacrer d’effort.
Ce n’est sans doute pas qu’une question de conditions ou de moyens, même si ça aide. Un de mes amis pète de joie de vivre alors qu’il trime à s’en arracher les bras dès trois heures du matin et n’a jamais le temps d’ouvrir un livre ou d’aller au concert. Il prend au moins le temps de grimper. Il sait que j’écris des trucs, mais ce qui l’intéresse chez moi c’est plutôt ma capacité à l’assurer quand nous grimpons à la falaise : je pèse assez lourd pour équilibrer son éventuelle chute.
On est toujours utile à quelque chose, même comme contrepoids.
Et c’est reparti pour un tour !

50 tours plus tard...

50 tours plus tard…

——————

Pendant que la roue continue de tourner, je lis Ce Monde disparu, de Denis Lehane (dont j’avais déjà beaucoup aimé Un pays à l’aube), et on m’a offert Chaurasi, de France Tournier.

9 Réponses to 'Cinquante tours plus tard'

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  1. Il est toujours bon de nous rappeler que, même assis, même sans sortir de chez soi, on voyage, autour du soleil comme autour de ses désirs. 50 révolutions, donc. Le parti pris d’être heureux de vivre est la seule révolution qui vaille. Je vous souhaite donc encore des dizaines de révolutions.


    • Oui, merci, et je vous souhaite de même.
      Après tout, je ne suis qu’à mi-chemin.

  2. malyloup said,

    je découvre que nous sommes verseaux tous les deux et ça me plaît bien🙂
    la photo que j’avais prise de toi aux imaginales 2008 (que tu as mise pendant un temps sur ton blog ‘le silence madame’) faisait plus ‘escrimeur’ que grimpeur😉
    es-tu toujours escrimeur comme ton djeeb?
    quand j’ai eu 50 ans, j’ai aussi pensé que j’en étais à la moitié…..mais que je n’avais quasiment pas vu passer ce temps
    alors là quand je regarde mon petits-fils devant son assiette, je me dis que chaque instant est encore plus précieux que le précédent🙂
    bon anniversaire, laurent
    bises,
    camille


    • J’ai longtemps fait escrime, grimpe, aïkido, surf… Maintenant, mes genoux me limitent un peu à la grimpe et au surf, mais j’ai bon espoir de repartir pour 50 ans en pleine forme.

  3. Luna said,

    La même pour moi ce matin. À une décennie près. J’ai perdu des bouts de moi ces dernières années mais mes ménisques vont bien, merci.

    J’espère que tu continueras longtemps encore à marcher devant moi, autour du soleil, tout en me montrant depuis ce blog des choses et des chemins que j’aurais pu négliger ou ignorer.

    Bonne route, bon vent, continue à faire contre poids.

  4. Silk said,

    Et bien je te souhaite un très joyeux demi-siècle, Laurent !
    Que tes 50 prochaines années soient toutes au moins aussi bonnes que les meilleures parmi celles déjà vécues !


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