Comme ça s'écrit…


Jeudi 8 et des vagues

Posted in Jeudi,Vittérature par Laurent Gidon sur 27 mai, 2017

Le lac miroite sous un soleil voilé. Le thermomètre de la voiture affiche 29,5°. Des baigneurs sur toutes les plages. À Duingt ils ont même tendu une slack et j’avoue sentir un peu de jalousie monter. Espérons qu’elle sera encore là au retour.
L’autostoppeur que je prends paraît d’abord taiseux. Il attend depuis plus d’une heure. La cinquantaine finissante, bien mis de sa personne. La conversation s’engager tout de même : il ne peut plus conduire pour cause de diabète qui réduit sa vision. Il distingue encore ce qui l’entoure mais ne peut plus évaluer correctement les distances. Pas de plainte en lui. Il ne veut pas devenir un danger pour les autres, alors il a vendu sa voiture et n’y reviendra plus.
De toute façon il a toujours fait du stop, a sillonné l’Europe ainsi, est même monté jusqu’au Cap Nord. Mais les temps changent, selon lui.
Son plus grand regret est de ne plus pouvoir chasser. Nous en parlons un peu. Il a pensé se mettre à l’arc, mais craint encore de ne pas voir assez de discernement pour être sûr de ne blesser personne.
Un bon chasseur, comme mon voisin William, qui enrage de voir les viandards faire du tort. Je lui accorde ce point. Nous passons sous le Semnoz, pas loin de là où l’an dernier un jogger fluo a été tué d’un coup de fusil en pleine face sous les yeux de sa femme. Du tort, oui.
Au lycée La Fontaine, nous arrivons au dernier atelier. Les dix séances ont permis à des participantes, d’abord hésitantes puis surmotivées, d’avancer chacune dans l’écriture d’une nouvelle bien engagée. Elles vont continuer seules, dynamisées par ma promesse de lire et commenter leurs textes dès qu’elles les sentiront aboutis.
Nous nous quittons sur une séance de photo et un échange de petits cadeaux (j’ai eu un Carambar citron). Belle émotion, entre rires et larmes. Quelque chose se termine, mais la graine est plantée.
Au retour, la slack de Duingt est démontée, il n’y a plus personne, cela sent l’orage. Je touche l’eau, tentante. Mais on m’attend à la maison.
Les conditions de vagues s’annoncent correctes pour le pont de l’Ascension. Nous y allons. Ces quelques mots posés entre deux sessions.
Notre nouveau président a formé son gouvernement, mais nous n’avons manifestement pas les mêmes préoccupations.

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