Comme ça s'écrit…


Pom, pom, pom, poooom !

Posted in Vittérature par Laurent Gidon sur 26 septembre, 2017

Depuis la fin du mois d’août le pommier du jardin de ma mère lâche ses fruits comme s’il en pleuvait. Il suffit d’attraper une branche basse et de secouer pour déclencher l’averse.
Je ramasse régulièrement ce qui tombe en constatant que les premières pommes de la saison sont vraiment petites et véreuses, puis que cela s’améliore ensuite. Plus de pomme, moins de vers.
Cela reste de la pomme quasi sauvage, la plupart comme une balle de ping-pong, les plus grosse en balle de base-ball. Je me baisse pour ramasser, parce que la nature fait cadeau, alors il faut recevoir avec humilité.
À force, ça fait des kilos, des cageots qui s’empilent dans le garage.
Alors, je donne à mon tour. Aux copains qui acceptent (il faut tellement trier que c’est du boulot de manger ces pommes-ci) ou au voisin, tenez, croisé ce matin près des boîtes aux lettres et qui a bien voulu que je lui remplisse son sac.
Je n’arrive pas à jeter.
Toute la semaine je lave, je coupe, je cuis, je mixe et la compote s’emboîte dans le frigo. Au prix dérisoire de la compote en supermarché on ne peux pas dire que le résultat de mes efforts vaut le temps que ça me prend. Mais vous savez ce que je pense de la civilisation du rentable.
Et puis, tous les week-ends c’est tarte ou crumble. On ne s’en lasse pas, ou alors les enfants n’osent pas dire.
L’ami Étienne a un ami qui presse : d’ici une semaine ou deux, quand l’averse du pommier sera tarie, on fera du jus de pomme. Il faudra le boire vite, avant que les bouteilles plastiques de récupération n’explosent. Ou en donner encore.
Quand tout semble foutre le camp c’est bon de pouvoir compter sur un pommier et sur quelques amis pour que rien ne soit perdu. Je reconnais que ça ne fait pas trop start-up 2.0 mais c’est ainsi qu’on vit.
Si Jupiter passe en ces lieux et m’en veut de ne pas jouer son jeu, je n’aurai qu’à lui adresser un petit cageot.

———————

N’ayant pas encore tout à fait analysé ce qu’ont éveillé en moi les 9 heures de la série documentaire Vietnam, je vous invite à vite aller la regarder plutôt que vous dire ce que je lis. On en reparle bientôt…

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2 Réponses to 'Pom, pom, pom, poooom !'

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  1. Cléa Cassia said,

    Mes parents ont un pommier de ce genre, qu’ils ne traitent pas donc les pommes sont véreuses aussi… Mais elles ont un gout de « home-grown » qui surpasse toutes les autres pommes.
    Effectivement c’est du boulot, mais la satisfaction personnelle en décuple la saveur…


    • Je dois bien reconnaître avoir de la chance : nos pommes sont bonnes, croquantes et juteuses, acidulées sans trop. Le pommier d’à côté crache des boulets farineux et âcres qui ne sont consommables qu’après cuisson et sucrage. Mais je ramasse aussi.


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