Comme ça s'écrit…


Après c’était mieux avant

Posted in Vittérature par Laurent Gidon sur 23 mai, 2020

Dessin de Rodho

Nous voilà dans l’après, le début de l’après, et quand nous en parlions avant, cela sonnait mieux.

Pendant deux mois nous avons entendu les appels au changement, la nécessité clamée de s’appuyer sur la crise pour faire évoluer ce qui peut évoluer et explorer d’autres pistes.
Il m’a suffi de voir, dès 9 heures le lundi du déconfinement, la ruée sur la zone commerciale et les queues interminables de clients avides et pressés d’acheter devant tous les magasins nouvellement rouverts, pour que tous ces appels à l’espoir soient instantanément relégués au rayon des vœux pieux et oubliettes.

J’avais réactivé mon compte facebooc le temps du confinement, au cas où un ami dans le besoin aurait fait appel à mon aide, mais ce matin j’ai refermé la trappe à distraction, soulagé.

Le réel suffit à combler mes yeux et mes oreilles.
Les bouchons sur les routes ont fait mieux que reprendre : il y en a maintenant à toute heure. Ceux qui n’ont pas encore repris le travail peuvent maintenant engorger la voirie aux horaires de bureau, auparavant épargnés.

L’autorisation de reprendre les célébrations religieuses sonne comme un nouveau départ dans la compétition entre croyance et science, cette dernière ayant été bien mise à mal par l’épidémie. Pour tant de croyants en effet, la science signifie « je sais », alors qu’elle énonce seulement « je ne sais pas, mais je vais chercher. »

Après avoir puni les Français qui ne respectaient pas assez le confinement, notre bon gouvernement veut punir les pays qui imposeraient une quarantaine aux ressortissants étrangers pénétrant sur leur territoire : une mesure de « réciprocité » qui fleure bon le « c’est celui qui dit qui y est ».

On a beaucoup entendu que la crise économique allait tuer plus que l’épidémie. Ce qui tue, c’est l’incapacité de masse à s’organiser dans un intérêt commun alors que des solutions sont proposées un peu partout (cherchez comme des grands, ou mieux : imaginez !). Et si vous privilégiez le désespoir, faites-le avec humour (clic).

Il semblerait qu’il soit maintenant plus dangereux de prendre l’air dans un parc que de faire ses courses dans un centre commercial (merci Rodho).

On a presque senti de la déception dans l’absence de rebond détecté par les brigades de traçage des malades de la Covid19 : moins d’atteints que prévu ou incapables de les attraper ? L’infantilisation d’après, c’est encore mieux qu’avant.

Un conseil pour pas cher ? Faites preuve d’intelligence – ce qui n’est pas synonyme de bon sens mais demande une vraie humilité dans la recherche d’informations – et mettez un peu de conscience dans tout ce que vous faites, même vos lectures.
Éviter de mourir ou éviter de vivre ? Chacun choisira.

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Profitant du confinement je me suis penché sur un roman qui m’avait déjà résister deux fois : cette fois-ci, Le Chemin des âmes, de Joseph Boyden traduit par Hugues Leroy, semble avoir trouvé le chemin de mon âme.

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