Comme ça s'écrit…


Canne ou lard ?

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 31 mars, 2017

Vendredi 1er avril, ne vous découvrez pas d’une écaille !

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Jeudi 3 à la seconde près

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 27 mars, 2017


Une inscrite à l’atelier d’écriture du jeudi vient me voir pour m’expliquer qu’elle a préféré ne pas participer cette fois-ci car un cours déplacé l’empêchait de rester plus de trois quarts d’heure, « et trois quarts d’heure ce n’est pas assez pour en profiter ».
Elle aime écrire. Elle m’a imprimé un de ses textes pour que je lui donne mon avis. Elle n’a pas peur du regard des autres et sait décider en fonction de ce qui lui semble le mieux pour elle. Là, elle estimait n’avoir pas le temps d’en profiter.
Le temps me semble être une notion étrange : chacun s’en fait son idée propre et pêche à le définir efficacement comme à en faire bon usage. Le temps nous échappe lorsque nous tentons d’y réfléchir. Et encore plus lorsque nous n’y pensons pas.
Après chaque seconde une autre seconde se présente, nous en faisons ce que nous voulons, et pourtant nous sommes nombreux à estimer en manquer.
Un rapide calcul attribue quatre-vingt six mille quatre cents secondes à chaque journée.
Un autre m’en a fait consommer un milliard six cent quinze million six cent quatre-vingt mille depuis ma naissance, à quelques journées bissextiles près.
J’ai beau chercher, au moins du point de vue de mes cellules – de leur croissance comme de leur remplacement -, je n’en ai pas perdu une seule : toutes ont servi. Pourtant, il m’arrive de croire perdre mon temps. Mon cerveau me trompe sur cet usage que j’en ai. Nos perceptions nous trompent tous.
Deux mille sept cents secondes, ce n’était pas si mal pour partager quelques plaisirs de plume.
Alors, à jeudi prochain, soit dans six cent quatre mille huit cents autres secondes. Et quelques flocons.

Je ne compte pas les secondes quand je lis A Moi seul bien des personnages, de John Irving.

Toujours Plus

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 8 juin, 2016

 

Toujours plus PriseC’est une courte voie d’escalade de la falaise qui surplombe la maison. Courte mais intense. L’ouvreur l’a appelée Toujours Plus.
Le départ paraît évident : au sommet d’une conque à colonnettes, une cassure horizontale invite à enfoncer d’une phalange tous les doigts des deux mains, paumes vers le haut, puis à monter les pieds sur des à-plats grenus afin de se verrouiller sur le bras gauche et dégager la main droite pour la lancer vers une autre fissure, verticale celle-ci, plus d’un mètre cinquante au-dessus et à droite. L’ensemble est évidemment en dévers.

Tout le poids dans les mains.Toujours plus 033
Le problème vient du fait que cette prise clé du départ, la cassure horizontale à prendre en inversé, est située trente bons centimètres plus haut que ma tête. Mon collègue de grimpe Gillou mesure moins d’un mètre soixante-dix et doit, lui, empiler plusieurs cailloux pour atteindre la prise.
Bras en l’air, on a beaucoup de mal à faire travailler cette crevasse. On doit monter les pieds au plus vite, en perdition, puis placer le pied droit loin à droite pour se tirer de la pointe et tenter de soulager les mains ou au moins de s’équilibrer.
La tentation est grande de se jeter vers la fissure. Mais ses bords crénelées se pincent en un V aigu qui écrase le bout des doigts. Il faut y aller doucement, négocier l’introduction phalange par phalange. Le bras gauche verrouillé brûle, puis lâche peu à peu. Ça chibre, comme on dit chez nous.

Toujours plus Pince

La fissure pince-doigt

Après ce premier pas tonique, on prendra soin de mousquetonner le point d’assurage avant de remonter le long de la fissure verticale, les pieds trouvant quelques grattons pour faire opposition. Le corps tient dans cette mécanique de pince entre les jambes qui appuient et les bras qui tirent. La fatigue gagne déjà du terrain.
Le problème change de nature. La fissure s’évase, ses bords arrondis n’offrent plus de prise franche, les mains glissent, les pieds aussi, le cœur tape. Il faut continuer, forcer, se démener, transpirer de hargne et de peur mêlées. Une fois redressé au sommet de la fissure, on pourra clipper le deuxième point et éviter un méchant retour au sol en cas de chute.
Toujours plus 025La suite est plus sympathique, avec des pas de dalle moins inclinée où il faut jouer fin du chausson, se placer sur de petites bossettes, visser le bout d’un doigt dans des trous mordants travaillés par les pluies. Mais c’est beau, ça passe. Rien à voir avec la bourrinade du début.
L’autre soir nous avons passé près d’une heure à négocier le premier pas. Nous avons réussi, en force. Une fois la corde placée au relais, une jeune femme qui grimpait avec nous a remarqué une prise à droite – certes loin du départ – et s’en est servi pour d’abord s’élever à bonne hauteur, puis y placer un talon afin d’atteindre la fissure pincée sans risque. C’est inventif et élégant, avec un bonus sécurité appréciable.
Avis à ceux qui veulent Toujours Plus : l’argument TINA* ne marche plus, il y a toujours au moins une autre façon de s’y prendre. Parfois meilleure.
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Tout en récupérant un peu de bras, je lis Le Goût des pépins de pomme de Katharina Hagena.
*There Is No Alternative

Toujours plus cailloux

Les cailloux de Gillou

L’offensive qui passe

Posted in Non classé,Réflexitude par Laurent Gidon sur 23 mai, 2016
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Le ballet des incompréhensions et des manipulations se danse à deux.
Contre une loi, on manifeste.
Contre une manifestation, on envoie la police.
On s’accuse mutuellement, on y passe la nuit debout, les médias en parlent, tout le monde s’émeut.
Le patronat s’émeut de l’inconséquence du peuple assisté (c’est beau, un patronat ému).
Le peuple s’émeut qu’on lui tape dessus quand il est dans la rue (ça saigne, un peuple ému).
La police s’émeut qu’on l’accuse de violence, alors que justement les violents c’est les autres (c’est bleu, un policier ému).
Le gouvernement ne s’émeut pas, on ne gouverne pas à l’émotion, nous, monsieur, on est dans l’efficace, le difficile mais nécessaire réformisme, vous ne pouvez pas comprendre, on va faire de la pédagogie au tonfa et passer au 49-3 (c’est beau un… en fait non).

Photo publié sur le site de Télérama sans mention de droits

Photo publié sur le site de Télérama sans mention de droits

Tout cela tourne en rond. Certains se prennent à rêver de briser le cercle en passant à l’offensive (voir la réflexion X). Parce qu’ils trouvent toutes ces gesticulations, même quand on casse des vitrines ou des gueules, bien inoffensives. Et ils ont raison sur le diagnostic : c’est inoffensif. Mais quelle offensive ? Mieux organiser l’épreuve de force ? Allons donc…
Mettre plus de force là où la force a déjà fait preuve de son inefficacité me semble assez idiot. C’est peut-être même ce qu’attendent ceux qui disposent de la vraie force pour mettre fin au désordre public : qu’on deviennent vraiment idiots au point de mériter les coups.
Dans ce passage à l’offensive, la solution violente n’en est pas une. Comme le rappelle Pascal Tozzi (auteur de Plaidoyer pour la non-violence) :

Lorsqu’elle s’impose comme une nécessité, elle [la violence] est toujours la moins bonne option, celle d’un acte particulièrement grave et dommageable. D’un point de vue non-violent, il donc faut tout mettre en œuvre pour qu’une option dictée par des circonstances exceptionnelles ne devienne jamais un choix de principe.

Passer à l’offensive, c’est autre chose.
C’est mettre fin à la danse des incompréhensions et des manipulations en laissant les violents danser tout seuls.
Que ceux qui gouvernent se retrouvent seuls à faire de la pédagogie inutile.
Que ceux qui patronnent se retrouvent seuls à vouloir extorquer du travail.
Que ceux qui patrouillent se retrouvent seuls dans des rues désertées et des places recouchées.
Fini, plus de manifestation, de nuit debout, de travailleurs ou de travail.
L’offensive par le vide.

Bien sûr, cela ne se fait pas comme ça.
Il faut s’organiser au lieu de revendiquer. Lordon a raison, revendiquer c’est encore laisser le pouvoir à d’autres.
Être offensif contre la loi travail, c’est tenter de se passer du travail. Pas n’importe quel travail, mais ce travail subordonné qui produit des profits avant de produire de l’utile et aurait besoin d’une loi pour gagner encore plus. La loi tombera d’elle-même.
Passer à une autre forme de travail, une activité consentie pour son utilité. Faire ici et maintenant ce qui doit être fait, tout ce qui doit être fait, et ne plus se défausser sur ceux que la pression économique y obligent pour faire le sale boulot profitable à quelques-uns.
Il y aura une transition. Passer à l’offensive, c’est gérer cette transition.
Que ceux qui ont quelque chose (de l’argent, du logement, des outils, de la terre, du temps…) le mettent à disposition pour que ceux qui n’ont que leur travail ne soient pas obligés d’y retourner. Ni demain ni jamais.
Ça, c’est offensif. Et contre ça, on ne peut pas envoyer la police.

D’ailleurs je le répète, parce que même simple ça vaut le coup : que ceux qui ont quelque chose le mettent à disposition de ceux qui n’ont que leur travail, pour qu’ils ne soient pas obligés d’y retourner. Ni demain ni jamais.
La peur ne changera même pas de camp : il n’y aura plus de peur.
Celui qui veut courir plus vite courra tout seul devant et finira bien par attendre que les autres le rattrapent.
Il sera bien fatigué, on l’aidera à avancer, ou on s’arrêtera tous un moment. Les oiseaux, les baleines et les petits ours blancs nous diront bien merci.
L’offensive, quoi.
Non ?
Nous avons une chambre, un bout de terrain et de quoi tenir un moment, si quelqu’un veut nous aider à bêcher sans retourner travailler.

————-

Pendant que je passe à l’offensive non-violente, je lis Et j’ai su que ce trésor était pour moi, parce que c’est un des plus beau titres de la saison, je trouve.

Je suis le monde et vous ne m’aurez pas

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 15 novembre, 2015
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Paris

Quand vous êtes venus avec vos fusils je n’avais pas d’armes
et demain je n’en aurai toujours pas
vous ne m’aurez pas
Quand vous avez craché votre haine je ne vous haïssais pas
et aujourd’hui encore je ne vous hais pas
vous ne m’aurez pas
Quand vous infligez la douleur j’ai mal
mais cette douleur ne me changera pas
vous ne m’aurez pas
Vous vouliez nous faire peur et j’ai eu peur
mais cette peur ne m’arrêtera pas
vous ne m’aurez pas
Vous qui voilez la femme, le rire, la musique et la fête,
dès que j’aurai pansé ma peine
je fêterai le rire, la musique et l’amour dévoilé
vous ne m’aurez pas
Et vous qui appelez à la vengeance impitoyable
je ne me vengerai pas et j’aurai toujours pardon
vous ne m’aurez pas non plus
Quand les ailes d’anges se brisent
Je déploie celles du cœur à travers mots
Car il y a place en moi et lumière pour tous
Je suis le monde et vous ne m’aurez pas

Famous last words

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 21 décembre, 2012

J’adore la fin du monde.

Elle arrive en claironnant depuis plusieurs années. On a eu le temps de la contester, de ne pas y croire ou de s’y préparer. On en parle, ça occupe.
Je ne sais pas où vous serez quand ça va péter. Pas à Bugarach, apparemment, c’est interdit.
J’espère juste que vous serez bien dans vos baskets. Si ça pète.
Et si ça ne pète pas aussi, d’ailleurs.
Il faut ce rappeler que chaque jour, c’est la fin du monde pour près de 160 000 de nos contemporains. Pour l’instant, nous y avons échappé. Chouette !
Alors profitons, cela peut venir la seconde prochaine. Ou celle d’après.
Vivre chaque instant comme si c’était le dernier, voilà bien une sagesse populaire que tout le monde a dû entendre une fois dans sa vie.
Combien sommes-nous à la pratiquer ?
Allez, faites un effort, dénoncez-vous, les vrais apocalyptiques qui se savent au bord du rien et agissent en conséquences.
Comment ?
Personnes ?
Ah si, mon chat.
Il ne fait pas de réserves, dort quand il a sommeil, mange quand il a faim et vient chercher des câlins pour adoucir le temps.
S’il reste quelqu’un capable de graver le marbre lorsque j’y passerai, voilà ce que je veux qu’il mette sur ma tombe : Miaou !

En attendant l’apocalypse, je lis Grand Maître de Jim Harrison, et Combien ? de Douglas Kennedy. J’aime bien.

Des bas et des hauts

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 23 avril, 2012

Vite, vite, il faut écrire quelque chose, s’exprimer sur ce premier tour, prévoir le second, s’engager ou au moins gesticuler.
Donc voilà, trois petites choses et puis m’en vais.

Dans mon village, nous avons été 85 à voter pour Eva Joly alors que 541 de mes voisins ont cru en Marine Le Pen. Vais-je mépriser, conspuer, voire haïr mes voisins ? Non. Juste leur dire – et encore mieux : leur montrer – qu’on peut vivre sans peur ni colère, sans haine ni jalousie. C’est un job à plein temps, mais il me plaît.

Faut-il laisser place à la rhétorique perverse du candidat président sur trois débats de rang ? Non. Il n’y a pas de débat avec cette façon de s’exprimer qui cherche à détruire, diviser, apeurer et réveiller toutes les jalousies par des sophismes tronqués.

C’est d’ailleurs un service à rendre au personnage qui incarne cette mécanique oratoire que de ne pas le laisser l’exposer trop longtemps. La technique du « si vous ne votez pas pour moi c’est que vous acceptez que vos enfants rendus incultes par des profs paresseux se fassent égorger par des bouchers halal vivant d’allocations familiales frauduleuses » finit par être trop visible.
Il faudrait que l’équipe de François Hollande utilise mieux cet argument. Au lieu de se replier derrière la tradition républicaine du débat unique, ils feraient mieux d’en appeler au respect de leur adversaire en l’empêchant de s’autodétruire dès le second débat sous les rires libérateurs d’une France enfin soulagée de ses peurs, colères, haines et jalousies précitées.

Bref, j’ai bon espoir en demain car la politique se fait ici, en se frottant aux autres, les urnes n’étant là que pour nous montrer quels maux nos voisins nous demandent de panser.

Je vote pour !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 18 avril, 2012

Eva Joly ne sera pas élue.
Les sondages la prédisent même en sous-sol de ces élections.
J’ai reçu les documentations de la campagne officielle. Tous les candidats vitupèrent contre, contre et encore contre, promettent le grand ménage, sont prêts au combat, prêts à se battre pour notre liberté, notre prospérité, notre sécurité, notre nationalité, notre permanence, notre changement, notre pouvoir d’achat, notre pouvoir tout court (rigolo d’ailleurs, ce slogan qui nous dit de prendre le pouvoir en le donnant à un autre).
Dans ce tintamarre, Eva Joly murmure pour.
Pour tout ce qui nous manque, et non contre ce qui nous embête, nous frustre, nous fait peur ou nous rend jaloux. C’est l’attitude d’une mère qui cherche à réveiller le meilleur chez chacun de ses enfants. Pas la clameur d’un chef qui galvanise ses troupes en attisant l’instinct guerrier avant de les lancer dans une bataille.
Tout combat fait des perdants. Chaque vainqueur ne peut que se préparer au prochain combat, jusqu’à la défaite. Le ménage ? Chacun sait qu’il est toujours à faire : le mieux c’est de ne pas salir.
En relisant la déclaration d’Eva Joly, je retrouve tout ce qui me donnait envie de voter pour une femme.
Peut-être me fais-je berner. Peut-être ne suis-je qu’un doux rêveur.
Peut-être aussi me suis-je assez battu pour savoir que l’adrénaline n’a qu’un temps.
Mais j’ai un argument : Eva Joly ne sera pas élue.
En votant pour elle chacun pourra faire avancer des idées positives sans prendre le risque d’élire quelqu’un qui lui déplaît. Cette sérénité vaut toutes les promesses de combat.

Ubucescu

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 17 février, 2012

Hier soir j’emmenais mes enfants vers l’entraînement de handball que leur coach leur proposait malgré les vacances. Nous habitons en banlieue d’Annecy, vous savez, cette petite ville de 55 000 habitants où notre candidat président est venu lancer sa campagne. Hier soir.

Nous n’arriverons jamais à Annecy. Un bouchon énorme nous ralentit dès la voie rapide d’accès. À deux kilomètres de la salle de sport, un barrage de gendarmes bloque le rond point d’entrée en ville. Les véhicules qui débouchent de deux autres voies sont aussi refoulés. Vingt minutes pour s’extirper du piège.
Autre rond-point plus loin, autre barrage. On n’entre pas. Appel à l’entraîneur qui essaye d’accéder à la salle par le sud : lui aussi est bloqué par la gendarmerie qui interdit tout accès. Il abandonne son véhicule et finit à pied. Il me décrit au téléphone les rues vides et silencieuses. On se croirait sous Ceaucescu. Seuls des cars sont garés à proximité du stade.
De notre côté nous continuons de tourner autour de la ville. Une heure trente d’encombrements, d’automobilistes quasi à l’arrêt qui s’interpellent en se croisant (on a le temps) pour savoir si ailleurs ça passe. Non, ça ne passe pas.
Toute la moitié nord d’une ville et sa banlieue sous verrouillage policier parce qu’un candidat tient son premier meeting de campagne dans une salle de spectacle à côté de celle où mes enfants s’entraînent.

C’est la que Ceaucescu rencontre le père Ubu.
Organiser un meeting en interdisant d’y accéder ? Eh oui ! Mais alors, qui est le public chaleureux scandant le prénom du candidat dans une salle que les organisateurs annoncent pleine à craquer selon la presse ? Qui a été transporté par car jusque sur les lieux du spectacle ? Pas des annéciens qui cherchent peut-être encore à rentrer chez eux ce matin.
Je n’imagine pas le candidat en question réglant lui-même les détails de cette mascarade. Les responsables sont certainement à chercher du côté d’un maire local soucieux de ne pas déplaire, d’un préfet en crise de zèle, d’un commandant de gendarmerie prêt à établir un périmètre de sécurité de deux kilomètres autour d’un meeting censé être populaire…

J’ai l’air en colère, comme ça, à râler de bon matin. Non, je suis juste triste. Triste qu’un concours d’incompétence, de flagornerie, de trouille, de vanité, d’inconséquence, de gabegie (j’oubliais les cinq jets parqués sur l’aérodrome au lieu de l’habituel bimoteur de la ligne Annecy Paris), d’opportunisme, de sécurisation outrancière – ou pire : nécessaire – ait privé mes enfants d’entraînement.
Mais de quel pays avons-nous donc accouché ?

Jasmin dans ta gueule !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 17 janvier, 2011
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L’époque est à la communication. Le plus important, ce n’est pas de faire quoi que ce soit, c’est de trouver la formule qui le décrive de façon communicante. Le billet précédent en parlait déjà, sur un mode sans conséquence. J’y reviens, pour un truc un peu plus lourd.
Depuis trois jours, la presse parle de Révolution de Jasmin pour formuler en deux mots toute la complexité de ce qui s’est produit en Tunisie. Et tous de s’engouffrer dans ce titre facile, qui semble dire tout à la place de rien.
À titre perso, cela ne m’en fait pas bouger une, mais il faut se méfier des titres perso quand on n’est pas directement concerné. Ce matin, j’ai entendu Youssef Seddik s’en indigner sur France Culture. Deux petits mots qui sentent bon le mépris ex-colonial, comme s’il fallait à tout prix qualifier avec des noms de fleurs des combats inscrit dans l’âpreté et la durée, avec des morts.
Pour Youssef Seddik, la révolution à l’œuvre en Tunisie n’a rien de moins que la révolution française (à laquelle on met d’ordinaire des majuscules).
Est-ce que, pour qualifier 1789, les mêmes journalistes auraient parlé de Révolution de Brioche ?

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