Comme ça s'écrit…


Happy again !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 2 octobre, 2009
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La nouvelle du jour (enfin… celle d’hier) s’énonce ainsi :

Hélène Ramdani rejoint l’équipe de Mnémos !

Dit comme ça, déjà, ça vous coupe la ficelle du string, non ?

Pourtant, accrochez-vous à ce qui reste :

Hélène, non contente d’être la très méritante dédicataire de Djeeb le Chanceur a aussi piloté le Navire en Pleine Ville tout autour des littératures de genre avec des bollocks. Une sorte de pédigrée, quoi. Mais alors, quand vous saurez qu’Hélène m’a gentiment envoyé un mail en réponse à ma candide interrogation (« Et tu feras quoi là-bas ? Mousse, gabier ou capitaine ? ») elle m’a répondu sans la moindre précaution oratoire « Ton prochain bouquin chez Mnémos »

Voilà.

Prochain.

Bouquin.

Mnémos.

Et avec Hélène au fouet en plus.

Je sens que ça va être bon. Happy again and ever after.

Hélène

Photo D. Béretzki

Au salon, avec mes (gros) sabots

Voilà, c’est fait, plié, remballé : le salon de Cluses, c’est fini. Et c’était super.
Alors je voudrais, dans le désordre…
– Féliciter l’organisation pour la qualité du lieu et de l’ambiance, car il n’est pas simple de donner une vraie atmosphère à un salon, même littéraire.
– Remercier les bénévoles qui nous ont maternés avec efficacité et tendresse pendant deux jours.
– Complimenter la librairie Jules et Jim de Cluses, pour d’une part avoir fait venir assez de livres du Navire et de Griffe d’Ence, et d’autre part avoir eu le talent de monter le plus beau stand du salon, un véritable cocon d’amour où les visiteurs comme les auteurs se sentaient bien et pouvaient discuter avec un plaisir gourmand.
– Prier mes collègues auteurs de m’excuser pour avoir si ouvertement fait le camelot afin de vendre le plus possible d’Aria des Brumes et de Ouvre-Toi !
– Soutenir François et Renaud, patrons des éditions du Chemin de Fer, qui malgré la qualité de leurs ouvrages n’ont pas trouvé leur public à Cluses (mais allez voir, vous m’en direz !).
– Rappeler au grand moniteur de ski de Morillond dont je n’ai pas retenu le nom, malgré mes efforts, de me contacter par mail ou ici, puisqu’il a ma carte.

Je crois que j’ai fait le tour.
Alors, comment ça s’est passé ? Bien, très bien, même. J’ai déjeuné deux fois avec Martin Page, qui est très gentiment venu lire la quatrième de couv et les premières lignes de mon Aria. J’ai eu Laurence Tardieu et Arnaud Rykner longuement en face de moi, discuté choix graphique des couvertures avec Elisabeth Brami, regardé longuement dessiner Sandra Poirot-Cherif et Delphine Jacquot, parlé BD et influence du judaïsme avec Marianne Eskenazi. Marc Vassart était en pleine forme, aussi lucide et chafouin que lorsqu’il avait expliqué, lors d’une conférence à Epinal, que l’homme allait probablement survivre à la disparition des abeilles et que ce n’était pas une bonne nouvelle (pour l’homme qui survivra). J’ai eu en main son nouveau roman sorti chez le Diable Vauvert, et c’est une tuerie (rien que la couverture, baba je reste).

Il ne s’agissait pas d’un salon spécialisé dans l’imaginaire, j’ai donc dû argumenter en faveur de la SF en général pour séduire et convaincre. Les visiteurs venus pour le thème « des mots et de l’amour » se trouvaient un peu secoués par mon discours (« Elle est fraîche, ma SF, elle est fraîche ! ») sur Aria des Brumes, mais finalement, ils ont été assez nombreux à se laisser tenter. Merci à eux pour leur ouverture d’esprit. Le clusien, quoiqu’industrieux et volontiers taiseux, est en effet très ouvert d’esprit en matière de littérature.
Bien sûr, il y a eu des moments difficiles. On ne dira jamais assez la solitude de l’écriveur brutalement transformé en marchand de foire, qui mouille la chemise par respect pour son éditeur sous le regard effaré et (un rien) méprisant des autres, ceux qui ont une tête connue et suffisamment d’articles dans la presse pour ne pas avoir à le faire, l’article, alors que les visiteurs se pressent devant leur table. Il m’ont peut-être pris pour une pute racoleuse au rabais, et bruyante en plus. Jusqu’à la libraire, charmante et très professionnelle au demeurant, qui, à défaut de s’intéresser à mes livres, à cru me complimenter en disant que j’étais un bon commercial. Je me serais bien contenté de n’être qu’un auteur à ses yeux. Dans ces cas-là, on met sa fierté dans sa poche, on se rappelle qu’on n’est pas là pour copiner avec les grands mais pour vendre, et on s’intéresse au lecteur potentiel sans quêter l’approbation de ses pairs. L’adoubement de la profession, ce n’est pas pour tout de suite…
Quelques photos, pour voir…

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Monsieur l’adjoint au Maire de Cluses, Aria en mains, avec derrière lui Sandra et Delphine, mes voisines de table.

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Marc Vassart, toujours très Marc et très Vassart.

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Mes voisins d’en face, Laurence Tardieu et Arnaud Rykner.

Une dernière chose en forme d’interrogation mathématique : quelle est la probabilité pour que, en fin de salon, deux éditeurs de Nevers nous entendent dire qu’on rentrait sur Annecy, nous demandent si on peut les ramener, puis arrivent à caser leurs cartons avec quatre personnes dans une CitroOne, acceptent qu’on les dépose à Poisy, petit village ou j’ai grandi et où les attend une amie qui les loge, et que, finalement, je découvre au bout de cette accumulation de hasards improbables que leur amie est la compagne d’un copain d’enfance que je n’ai pas revu depuis trente ans ? Hein, vous me calculez ça ?
Moi je retourne bosser. Vendeur, c’est bien, mais écriveur c’est plus mon truc.

Éditeur chéri mon amour, que me vends-tu ?

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 1 septembre, 2008
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L’auteur est un consommateur comme les autres. Il m’arrive par exemple d’être sensible à des marques, non pour leur logo ou le chic (on dit encore chic de nos jours ? Bon, alors chic) qui leur est collectivement attribué, mais pour ce que je perçois de beauté ou de qualité récurrente dans leur production. Tenez, j’entre rarement dans une boutique Cinna/Ligne Roset ou chez un revendeur Neil Pryde sans ressentir une certaine émotion du côté du portefeuille. Si, même moi.

Pourtant, à quelques exceptions près (j’y reviendrai), cet effet de marque m’est peu sensible chez les éditeurs. Ou alors, a contrario (genre, une jaquette de chez XO ou Arlequin m’aura toujours un effet repoussoir). Pourquoi donc ? Parce que c’est le talent de l’auteur qui prime sur la marque éditeur ? Peut-être, mais pas que. Chez Cinna, je suis sensible au design d’un canapé Mourgue ou d’une suspension de Swann Bourotte, mais c’est la marque, et ce qui s’y rattache, qui a ouvert la porte d’entrée pour me les faire découvrir.
Alors que je n’ai jamais ouvert un livre, à de rares exceptions près (y suis-je revenu ? pas encore), sur la seule signature de l’éditeur. Pourquoi ? Peut-être parce que l’éditeur n’est alors que le robinet (voire l’entonnoir, ou le goulot d’étranglement), alors que je m’intéresse au liquide, chaleureux, glacial ou désespérément tiède, que ce robinet me délivre. Une sorte d’outil, de mécanique sans âme, dont j’utilise les fonctions techniques un peu sans y penser.
Et c’est dommage.

Parce que, pour parler marketing, l’éditeur a une sacré position en tant que marque, position dont il n’use apparemment que pour bombarder de fiente ses collègues éditeurs dans le marigot qui leur tient lieu de champ de bataille pour des combats sans gloire dont le grand public lecteur se fout un peu.
Il y a bien sûr des exceptions (vous voyez, on y revient). Des éditeurs couillus qui ne se sont pas limités à soigner leur ligne graphique mais se forgent une vraie ligne éditoriale, quitte à ratisser moins large, laquelle ligne m’intéressera ou non, là n’est pas la question, mais garantira une sorte d’honnêteté commerciale sur la marchandise. On pense bien sûr aux collections identifiées (série noire, polar, fantasy…) chez des éditeurs plus généralistes, mais elles n’ont pas, pour moi, cette valeur de marque qui distinguerait d’emblée une maison d’édition, indépendamment de ses « produits ». Alors que d’autres… Pour faire des plaisirs et des jaloux, je citerai Léo Scheer, Sabine Wespieser, peut-être Le Diable Vauvert et l’Atalante… parmi ceux que j’ai identifiés, mais il doit y en avoir d’autres, les commentateurs compléteront. Et bien sûr Le Navire en Pleine Ville, qui revendique à la fois une qualité, des genres et des lectorats bien définis.

Vous allez encore dire que je me laisse encore berner par les sirènes du marketing, mais j’ai l’impression qu’il y a derrière ces marques fortes (et pas forcément successfull), avant tout des personnalités fortes qui balisent leur territoire et s’y tiennent. Pas des grosses machines qui brassent du papier et du chiffre avant de faire vibrer la lettre.
Après, je suis en phase ou non avec ces personnalités, mais je pense pouvoir ouvrir un de leurs livres sans crainte d’être déçu, en mal ou en bien.

Tout cela pour dire quoi ? Rien de neuf, sans doute. Si, tenez, une envie : celle de gagner au loto pour fédérer les éditeurs, petits et moyens, qui manquent de moyens justement pour affirmer publiquement leur identité et faire connaître leur personnalité, à égalité avec les gros qui n’en ont plus. Parce que c’est parfois le défaut de ces fortes personnalités que de préférer se replier sur leur honneur et appliquer leurs recettes plutôt que de jouer le jeu commerciale à hauteur des mammouths. Ensemble, ils auraient une telle force… Une sorte de collective des francs-tireurs, organisée en commando de communication, dont la visibilité dépasserait le prêchage de convaincus et irait jusque chez la ménagère de moins de cinquante ans lui donner envie de voir si elle ne serait pas un peu la lectrice du vingt-et-unième siècle au lieu de s’abîmer les yeux sur du Carla Loanna de supermarché.

Je rêve, hein ? Et vous, jamais ?
(si cette collective existe déjà, faites-le moi savoir et veuillez m’excuser de vous avoir fait perdre votre temps)

Mais que je suis donc djeuns !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 29 mars, 2008
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Sur les conseils avisés de Blandine Longre (ai-je été bien avisé de les suivre ? on verra…), je me suis penché sur le cas Myspace. Autant vous dire tout de suite que je ne me suis pas encore relevé. On a beau faire on a beau dire, quand on a passé l’âge il ne revient pas (Ha Ha).
Traduction : je n’y comprends rien de rien.
À quoi ça sert, ce truc ? Je tape myspace dans google, et je vois une page avec des tas de petites images et un cadre avec « Myspace pour tous » en gros, et « Crée ton propre espace et montre aux autres qui tu es. »

Honnêtement, sans vouloir dire du mal de mon nombril, je ne vois pas l’intérêt. Enfin si : créer de l’espace, je veux bien. Je ne sais pas ce que j’en ferais, mais c’est le seul truc qui me paraisse vraiment luxe de nos jours, la place… Ça et les amis qui passent dans mon espace où il y a toujours de la place, n’est-ce pas ? Alors créons de l’espace, on pourra toujours y ranger des trucs (c’est fou ce que ça prend comme place les skis, les planches à voile, les vélos, les cordes et les crampons…). Sauf que de l’espace, j’en ai déjà, et juste assez si vous m’en croyez mignonne, surtout les jours de serpillière ou de carreaux.
Quant aux amis, on en a jamais troooop (bango !). Mais des vrais, des qui respirent le même air que moi, laissent des traces sur le lino, du chaud dans le canapé et travaillent à voir venir le fond des bouteilles.
Parce que Myspace me propose de créer mon propre réseau d’amis. Propre comme « à moi tout seul » ? Les beaux amis que voilà, propriété privée de moi, réseau fermé, même pas sous creative commons…
Je galèje, on s’en doute. Et je ne suis sans doute pas le premier béotien à poil dur qui enfile des perles sur le concept Myspace. N’empêche que, tout vilain communicant que je sois, je trouve qu’un service qui ne dit pas plus clairement ce qu’il propose n’aura certainement aucun succès…
Ah… c’est trop tard ? Déjà un succès planétaire ? J’ai peut-être juste raté le train…
Bon, passons le cerbère de la page d’accueil pour plonger dans la page « Informations ».
Et là, j’ai beau faire mon djeuns à deux balles net, c’est cata et strophique main dans la main jusqu’au jugement dernier. Car au lieu de m’informer, on me balance une FAQ à faire fuir Freddy Kruger et la cassette de Ring.
Jugez plutôt :

1.          Comment supprimer le profil de mon enfant de MySpace ?
2.        Comment supprimer le faux profil d’un enseignant/membre de faculté ?
3.        Je pense qu’un utilisateur a corrompu mon compte : je ne parviens pas à me connecter et les choses semblent avoir changé !
4.        Comment rendre mon profil privé ?
5.        MySpace est-il gratuit ?

Avouez que ça fait peur. Comme si on vous vendait une voiture (alors que ça n’existe pas encore, ou en tout cas vous ne savez pas à quoi ça sert) en vous informant sur comment éviter de vous faire arnaquer au péage, comment ne pas vous faire voler votre autoradio, comment changer une roue crevée et comment empêcher que vos gosses se tirent en week-end avec la vôtre (de tire). En terme marketing, c’est pas seulement nul : ça relève du pénal. Franchement, je ne lui prédis pas une carrière mirifique, à ce Myspace…
Ah… trop tard ? Bon.

Allez, je vous la fais courte. Vous me reconnaissez, j’ose tout. Je clique donc sur « Inscription » et tombe sur un formulaire qui m’enjoint de rejoindre Myspace ici !
Après des tas de questions indiscrètes sur mon nom, mon prénom, mon âge et ma région, on me prévient que je dois lire les conditions d’utilisations, où j’apprends que

3.   Tarifs. Vous acceptez que MySpace se réserve la possibilité de facturer des redevances pour toute partie des Services MySpace et de modifier ses tarifs (le cas échéant) de temps à autre, à sa discrétion.

Ce qui vaut réponse au point 5 de la FAQ (voir plus haut). Mais vous le savez, vous êtes tous chez Myspace depuis lurette qu’elle est belle, et donc vous vous en secouez le gras, comme moi.

Ensuite, on me demande une photo, puis d’inviter mes amis… Je n’aime pas déranger les gens pour rien, surtout mes amis. Donc ne vous étonnez pas de ne rien recevoir : c’est normal, passez plutôt à la maison, tout le monde sera content de vous voir.

Voilà, c’est fait… je suis sur Myspace maintenant. Ça le fait grave, non ?

Bon, heureusement que Blandine m’a promis de m’aider à peaufiner un profil un peu plus classe, parce que là… comment que je fais pas djeuns, c’en est pitié.

Ceci dit, un truc qui sert juste à rencontrer des gens qui pensent comme vous et font les mêmes trucs que vous, c’est over flippant (djeuns ?). Je préfère les autres, qui font et pensent pas pareil. Ils ne sont pas toujours de tout repos, mais y a de l’aspérité, du grain à moudre, de la discuss jusqu’à point d’heure sur tout et rien qui vont si bien ensemble, marions-les. Sur Myspace (ou Yourspace, on verra) ça va être dur… Encore que…

J’ai vu le profil du Capitaine du Navire. Faut reconnaître, elle n’est pas la dernière pour la déconne, et ça se sent, même de profil. Sauf que je préfère l’avoir en face, na !

La vraie vie est Imaginales

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 4 décembre, 2007
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Allant à contre courant de tout ce qui se fait dans la blogosphère, je vais aujourd’hui parler de moi (et c’est ici qu’on ajoute « lol », pour bien appuyer le second degré). Enfin, de moi et d’autres, puisque…

En février 2006, une maison d’édition en pleine création lance un appel à textes sur le thème « Ouvre-toi ». J’ai trouvé ça assez open, je me suis donc fendu d’un texte que je pensais rigolo et que j’ai appelé « Suzanne On Line ».
Pouf pouf, premier essai, première publication : Suzanne est retenue pour l’anthologie des éditions Griffe d’Encre (allez-y les jaloux, soyez durs, mais que personne ne sous-entende que j’ai couché, tout s’est passé par courriel). Donc, le pseudo « Don Lorenjy » apparaît pour la première fois sur papier imprimé. Cet événement planétaire n’a rien à voir avec Aria, jusqu’au moment où… les Griffe d’Encre me proposent de les rejoindre aux Imaginales pour dédicacer en compagnie des co-auteurs tous ces précieux volumes que le monde de l’imaginaire réuni à Épinal va s’arracher.

Coïncidence 1 : je viens de recevoir d’Hélène Ramdani, patronne du Navire en Pleine Ville, des propositions de corrections sur le manuscrit d’Aria.
Coïncidence 2 : Hélène sera aux Imaginales en compagnie de Lilian Bathelot, venu défendre « C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc » (mazette, quel titre !), de Pascale son attachée de presse et de Christou bien sûr. Nous prenons un rendez-vous informel, sur le ton de « on arrivera bien à se trouver ».

Dès que j’arrive sur le stand Griffe d’Encre, je suis prévenu que quelqu’un cherche à me voir. Quelqu’un d’impatient et de connu. Mais qu’il faut d’abord que je rattrape mon retard de dédicace. Je m’y mets, c’est la première fois, et j’adore ça. Vraiment : le contact avec les lecteurs, les mots pour faire plaisir, sans forfanterie c’est le pied.

Je remarque bien que parfois, une main preste retourne le carton qui annonce « Don Lorenjy » au passant qui passe. Comme si on avait peur qu’un importun fureteur me dérange en pleine promotion de ma part de cette belle œuvre collective qu’est « Ouvre-toi ! ». Mais pris par la fièvre du star système, je néglige. Aux rares moments creux, je cherche Hélène : jamais rencontré, comment la reconnaître ?

Heureusement, une âme secourable finit par me dire : « regarde là-bas, c’est elle… »
Oh oui que c’est elle ! Entourée d’une cour d’amis auteurs et éditeurs hypnotisés, une passionaria brasse, embrasse, éclate de rire, clame et réclame sur tous les tons une passion décoiffante pour ce qu’elle fait : des livres.
Elle est encore loin, je suis coincé derrière ma table de dédicace, mais tant pis. Il faut que ça se passe maintenant !

J’attends qu’elle reprenne son souffle et je me lève de ma petite chaise. J’ai pris la précaution de me floquer un T-Shirt avec un énorme Don Lo dessus (mégalo, moi ?). D’un geste je désigne mon logo, et j’ouvre grand les bras avec un clin d’œil.

Je n’avais jamais vu un visage s’éclairer autant. Vous tous les dragueurs, baratineurs et Don Juan de salon, vous auriez été là que vous m’auriez demandé à genoux mon truc à moi.
La dame plante tout son petit monde et court vers moi. On se tombe dans les bras. On en a les larmes tellement on est content de se voir enfin. Je m’y attendais, mais pourtant ça réchauffe en moi des endroits que les autres rencontres n’atteignent pas. Devant l’assistance médusée, la maîtresse du Navire sort la corne de brume pour me lancer : « Don Lo, ton roman, je le veux. Tu entends : je le veux ! »
Qu’auriez-vous fait à ma place ? Je le lui ai donné.

Ensuite ? On s’est calé sur un canapé pour refaire Aria (un peu) et le reste du monde (beaucoup). Il y a du boulot. Sur Aria aussi. J’y reviendrai.

Pourquoi un Navire ? Et pourquoi en ville ?

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 27 novembre, 2007
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Ô caprices vibrionnants de la blogosphère…

Il suffit que je parle d’autre chose que d’Aria des Brumes pour exploser les stats du blog. Ce qui vous intéresse, bande de coquins venus de chez Marco, strictement-confidentiel (merci pour l’article sur l’auto-promo) ou Blandine Longre (qui vous parle d’une belle collection jeunesse), c’est quand ça sent le venin, quand Paul se fait miquer… Aujourd’hui pourtant, je vous entretiendrai d’un sujet qui ne fait pas débat : le Navire en Pleine Ville, un éditeur qui le vaut bien.

(déjà, les stats s’effondrent. Tant pis, je vous ennuie, j’assume)

Aux califourchons qui enjambent la logique pour lui faire de beaux enfants (Y a pô d’bateau dans les villes !), je préciserai que ce beau nom vient d’un beau titre de livre, dans les pages duquel André Massepain (auteur, mais aussi éditeur) narrait l’inénarrable aventure de ces pêcheurs Grecs ayant construit un bateau au cœur d’Athènes juste pour faire la nique au blocus du port par l’assiégeant allemand qui leur interdisait de prendre la mer. (je crois n’avoir jamais écrit de phrase plus longue sur ce blog) Quand on sait que les Athéniens mouraient alors par milliers de faim, de balles et d’obus, on savoure mieux l’humour du marin pêcheur grec. Le fait qu’André Massepain l’ait vécu prouve bien que je n’ai pas rêvé.
Mais je digresse.
Il se trouve que la fille de l’auteur a repris le flambeau de papa (lui-même fondateur de la collection « Plein Vent » chez Robert Laffont) et créé sa propre maison d’édition. Filiation, quand tu nous tiens : par respect pour les idéaux et les ambitions de son père (renseignez-vous), elle choisit pour raison sociale le titre du livre susmentionné. Et rarement les termes « raison » et « sociale » n’ont été aussi justement rapprochés, mais c’est un autre débat.

Voilà, le Navire est lancé, et pas pour jouer les seconds canots sur le marigot houleux de l’édition. Non : pour devenir le meilleur, sur un double créneau aussi couramment vilipendé qu’éminemment respectable.
Quel créneau, entends-je demander les impatients ? Celui de la littérature de l’imaginaire pour grands adolescents. De quoi rêver et penser avant d’être vieux. À l’écart des modes, loin des dragons standards et des pré-Bridget Jones.
Oui, on a le droit de rêver avec un peu de fond et d’originalité à cet âge où tout se joue dans un drolatique éventail chiffonesque allant de la fantaisie la plus gothique au blazer le plus cravate. On commence à se faire des idées, on croit se trouver alors qu’on cherche juste à se ressembler. Mais il n’est pas trop tard ! Sortez du moule, arrêtez de vous percer comme tout le monde et lisez ce qui vous construira une conscience, bande de futurs adultes !
Enfin, ce que j’en dis… vous faites bien comme vous voulez. Si si, la Star Ac’ c’est du vrai divertissement de qualité. Restez disponibles. Mais je m’égare, je m’énerve, je médis…

Bref : le Navire fait des livres couillus pour les djeuns (ça fait pas déjà un peu vieux comme terme, non ?) qui ont quelque chose entre les oreilles.

Je ne sais pas si la patronne décrirait sa production comme ça, mais le résultat est là. Très vite, les auteurs suivent. Des classiques sélectionnés, de Pierre Pelot, Michel Jeury ou Jean-Pierre Andrevon, s’offrent une nouvelle édition très classieuse. Des petits jeunes comme Lilian Bathelot, Hicham Charif ou Irène Delse voient leurs romans SF ou Fantasy (parfois leur premier d’ailleurs) caracoler dans les listes de prix tous azimuts. Et pour ne rien gâter, une collection d’essais traitant aussi bien de l’athéisme ou du suicide écologique, la bien nommée « Avis de tempête », va au devant des attentes de ces grands enfants qui bientôt seront aux manettes de notre monde. La distribution est assurée par les Belles Lettres, ce qui ne gâte rien (vous connaissez ? renseignez-vous).

Et Aria des Brumes, là-dedans ?
Ben… Hélène a dit que les plus grands parmi son public chéri auront sans doute plaisir à le lire. Disons à partir de 16 ans et jusqu’à la presbytie (après, faut des lunettes). Alors c’est la prochaine nouveauté sur l’agenda du Navire, office du 18 janvier pour les pointilleux.
Vala. Mais ça ne s’est pas fait tout seul. Il a fallu se contacter, se tourner autour, se tomber dans les bras, se… mais il est tard.
On en reparlera.


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