Comme ça s'écrit…


Très Chère Politique

Posted in Réflexitude par Laurent Gidon sur 1 février, 2017
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Première image sortie par une recherche sur le mot

Première image sortie par une recherche sur le mot « politique »

Chers, très chers femmes et hommes politiques (faut-il accorder en nombre ? allez savoir…), voici pourquoi vous m’êtes si chers alors que vous battez la campagne.
Tout d’abord, réglons son compte à l’acception financière : tout ce que vous proclamez, décidez, engagez, gagnez, dépensez, s’est fait et se fera à mes frais. Les politiques sont mes employés. N’y voyez pas un aveu d’imposition, voire d’ISF. Entre la TVA, les taxes locales et la CSG à tous les étages chacun paie pour la politique, et c’est très bien, c’est notre affaire à tous.
Le drame serait que notre droit de regard se limite aux élections. Ne puis-je garder un œil sur vos repas, vos émoluments, vos retraites, vos conflits d’intérêt, vos budgets de fonctionnement ? En cela pourtant vous me coûtez très cher.
Vous m’êtes chers car vous prenez en charge ce qui m’incombe mais dont je ne veux pas m’alourdir. Ceux qui proclament ne pas vouloir faire de politique car « c’est tous pourris et compagnie » ne font qu’entériner sans s’excuser en rien.
Vous m’êtes chers car vous représentez à grande échelle les mamans et papas dont j’ai besoin aussi bien pour m’enthousiasmer que pour râler. Grâce à vous, à vos grandes positions, à vos petites phrases, je reste un perpétuel adolescent disposant d’un réservoir inépuisable de repoussoirs pour passer ma crise.
Vous m’êtes chers car du marigot où vous frétillez se dresse parfois une figure, une personnalité complexe mais droite, un discours et des actes qui me donnent envie de dire oui, au lieu de si souvent non, non, non ! Il en faut de la friction et du fumier pour que cette figure émerge, sinon elle ferait comme moi et resterait au fond, à râler sans se mouiller, croyant ne pas se salir.
Vous m’êtes chers car même si les plus lointains d’entre vous occupent les médias, d’autres plus proches me sont accessibles. Ces femmes et ces hommes vivent là, près de chez moi, et travaillent à faire de ce chez moi un lieu où je peux vivre aussi. Elles et ils font ce que je ne veux pas faire, décider de l’heure du passage des éboueurs comme de l’affectation des crédits à mon mur d’escalade ou l’autorisation de telle parcelle à la construction, faire tourner la cantine comme la ronde policière qui rassure mes voisins, prendre langue avec les communes d’à côté pour tenter de résorber les bouchons quotidiens vers la grande ville et retour (laissez tomber, vous n’y arriverez pas, les conducteurs du matin et du soir adorent leur voiture et le temps qu’ils y passent).
Vous m’êtes chers parce que, pour gérer ces petites questions qui pourtant sont les plus influentes sur ma vie de tous les jours, vous écoutez, réfléchissez, proposez, réécoutez, réfléchissez encore, au lieu de disposer de solutions toutes faites comme la plupart d’entre nous, nous qui ne faisons rien pour nous mettre d’accord, mais savons tout et le clamons au comptoir avec de grands gestes définitifs.
Vous m’êtes chers enfin car, au moment où vos errements incitent le plus grand nombre à ne plus croire en rien et encore moins en vous, je vois justement une opportunité à partager : vous rejoindre, prendre notre part, agir aussi et ne plus seulement contester.
Très chère politique, tu peux compter sur nous. Peut-être pas dans les urnes, il ne faut pas exagérer, mais sur le terrain, là où ça se passe. À tout de suite.

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Ayant laissé à mes vœux tout le mois de janvier pour s’exprimer, je me retrouve en février à lire Le Dieu Fleuve, de Wilbur Smith.

A quoi ça sert, la littérature ?

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 14 septembre, 2010
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Billet coup de vent pour vous inviter à lire le billet d’un autre, celui de Marco.

Pour les pressés, je résume : dans le match entre littérature et politique, la littérature gagne si elle se contente d’être elle-même – une façon de passer du temps en partageant l’esprit d’un autre, que nous appellerons l’auteur – au lieu de tenter l’attaque, la dénonciation, le pamphlet… A la question de David Abiker « que lisez-vous ? » Marine Le Pen n’a pas su répondre. Elle fait de la politique, Môssieur, et n’a pas le temps de partager l’esprit d’un autre.

C’est bête, cette histoire de temps bien ou mal employé. Et ça vous fait passer pour un plouc, candidativement présidentiable, mais plouc quand même.

Merci Marco.

Bon, il faut y aller…

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 21 décembre, 2009
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Voilà, ils ont réussi. Quinze jours de corrida à banderilles mouchetées, avec claquements de portes et rappels larmoyants (je sais, on passe dans le registre du boulevard, mais on n’est plus à ça près), pour clore des mois de négociation sur un non-accord. On promet de ne rien changer et de se retrouver dans 6 mois pour en parler à tête reposée. Ils sont très forts.

C’est vrai. Nos dirigeants ont fait la seule chose sensée à l’issue de la conférence de Copenhague. Vous savez, cette conférence sur un sujet qui nous touche tous : le climat et l’environnement en général. On baigne dedans, c’est notre patrimoine à tous et à chacun, rien qu’en respirant (et on respire, rappelez-vous) on sent bien que ce qui nous entoure entre en nous, c’est nous, et si ça pue on pue.
Donc, là où je les attendais sur une manifestation honteuse de plus, nos chers dirigeants m’ont pris de court avec un succès incontestable.

Lequel ?

Je vous sens pantelants d’impatience. Qu’ont-ils donc mené à bien au cours de cette immense tartuferie mondiale ? Qui peut lire dans ce naufrage attendu et multi-commenté une réussite explosive ? Moi. Et vous aussi. Nous tous. Voici.

En refusant de prendre les engagements que tous les peuples attendaient pour avoir une chance de survivre, les dirigeants ont pris la seule décision courageuse : nous passer la main.

Ils n’y arrivent pas ? OK ! Ils ne peuvent pas, au nom justement de l’intérêt supérieur (Ha, Ha !) de ces peuples qui justement les supplient de ne plus tergiverser, ils n’arrivent pas à se mettre d’accord pour arrêter le massacre ? OK ! On va s’en charger.

J’appelle – ouais, je fais mon grand Charles quand je veux – j’appelle donc à une insurrection climatique générale.

On va leur montrer, à ces Jean-Foutre politiques que les peuples qu’ils protègent ont reçu le message. Insurrection ! ! !
Pas en brûlant des voitures (cela rejette du CO2, réfléchissez un peu), mais en réduisant de nous-mêmes notre empreinte climatique. Sans leurs décisions à la con. Une insurrection positive.

Insurrection : voter avec nos porte-monnaie, puisque les bulletins ne servent à rien !
Insurrection : consommer moins, se limiter sur le superflu pour mieux choisir l’indispensable !
Insurrection : réinvestir les économies réalisées sur des produits locaux, saisonniers, utiles !
Insurrection : ne plus écouter les discours abêtissants et prendre notre destin en main, chacun selon ses convictions, mais y aller !
Insurrection : couper la radio, la télé, garder les journaux pour démarrer le feu et recommencer à se frotter aux autres pour voir de quoi on a vraiment besoin !
Insurrection : se tourner vers ses voisins, ses proches, qui sont plus vrais et pourtant plus difficiles à convaincre que ceux qui, par la magie de l’Internet, sont d’accord avec vous de l’autre côté de la planète !
Insurrection : prendre le risque de l’humain et du contact pour mener un travail de fond que les politicards viennent de remettre entre nos mains !

Insurrection : merci à eux !


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